Une promesse (Harlequin Prélud')

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Une promesse, Elaine Grant

Lorsqu'elle apprend qu'un certain Cole vient d'acheter la maison dont elle comptait faire l'acquisition, Sarah est furieuse. Il lui a coupé l'herbe sous le pied ! Prête à tout pour lui racheter la demeure, elle va le trouver. Mais, diablement dur en affaires, Cole ne lui accorde qu'un mois pour rassembler la somme nécessaire et le ton monte. Au bord de l'explosion, Sarah remarque soudain la présence dans l'ombre de Cole d'un petit garçon. Timide, presque peureux, l'enfant pose sur elle de grands yeux trop sages. Emue, gênée de s'être emportée, Sarah s'adoucit. Quelque temps après, alors que, contrainte et forcée, elle continue de côtoyer Cole pour affaires, elle apprend que le garçonnet est son neveu : tandis que son frère mourait dans ses bras, Cole lui a fait la promesse de s'occuper du petit. Mais il est débordé, désemparé, et envisage de trouver à l'enfant une famille d'accueil...

Publié le : mardi 1 septembre 2009
Lecture(s) : 18
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280275033
Nombre de pages : 352
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Chapitre 1

Sud de la Louisiane Juin

— Attends-moi là sans bouger. Je reviens tout de suite.

Reconnaissant la voix de basse de son frère, Cimarron Cole leva les yeux de la pile de documents amoncelés devant lui. Fronçant les sourcils, il jeta un coup d’œil à la pendule accrochée sur le mur de la cabine de chantier qui lui tenait lieu de bureau ; l’heure de l’embauche était déjà passée depuis longtemps. Il soupira. Un ventilateur apportant un semblant d’air frais lui ébouriffait les cheveux et rendait l’atmosphère un peu plus respirable. Dehors, en revanche, la chaleur était accablante.

La poignée de la porte tourna, et la tête de R.J. apparut.

— Salut, frérot. Euh… Désolé, je suis un peu en retard.

— Un peu ? Tu devrais changer de disque, tu commences franchement à me taper sur les nerfs ! A cause de toi, les peintres n’avancent pas. Qu’est-ce que tu attends pour les rejoindre ?

— C’est-à-dire que… j’ai un petit problème aujourd’hui.

Il ébaucha une grimace et jeta un coup d’œil derrière lui.

Cimarron resta de marbre et attendit les explications de son frère. Il avait l’habitude. Avec R.J., les « petits problèmes » étaient monnaie courante. Très beau garçon avec ses cheveux frisés et ses yeux noisette aux longs cils légendaires dans la famille Cole, il était la coqueluche des femmes. Séducteur impénitent, à trente-huit ans il continuait à courir le guilledou, sans donner le moindre signe de vouloir s’assagir. Sauf que, depuis quelque temps, il avait bien été obligé, par la force des choses, de ralentir un peu la cadence.

— Voilà, en fait… Erika est partie ce matin, laissa-t-il tomber. Enfin, pour être plus précis, elle m’a plaqué. Elle m’a dit, euh… Bon, je ne vais pas entrer dans les détails.

Cimarron balaya l’air d’un geste impatient.

— Dis-moi pourquoi je ne suis pas étonné ? Tu t’attends à quoi ? Tu changes de petite amie comme de chemise ! Oh ! Et puis, ne laisse pas la porte ouverte comme ça. Entre ou sors, mais fais quelque chose !

R.J. fit signe à quelqu’un de s’approcher. Wyatt, un garçonnet de cinq ans, portrait en miniature de son père, s’avança timidement dans le petit bureau.

Cimarron se raidit. Que faisait son neveu ici ? Quelle idée d’avoir accepté d’employer son frère sur ce chantier ! R.J. était une source perpétuelle d’ennuis. Que lui réservait-il aujourd’hui comme surprise ?

— Tu vois, elle est partie comme ça, sans demander son reste, et je n’ai personne pour s’occuper de Wyatt, poursuivit R.J. Alors je m’étais dit qu’il pourrait peut-être rester ici avec toi, pendant que je…

Sans un mot, Cimarron se leva, l’œil mauvais. Il contourna le bureau, prit son frère par le bras et le força à sortir, puis il referma la porte derrière lui. Sa colère était palpable.

— Si tu crois que je vais jouer au baby-sitter pour toi toute la journée, tu te trompes lourdement. Je n’ai pas que ça à faire, figure-toi. J’ai tellement de boulot que j’en aurai sûrement jusqu’à minuit. Je t’avais prévenu : si tu voulais travailler ici, je devais pouvoir compter sur toi.

R.J. recula d’un pas, essayant de mettre un peu d’espace entre eux.

— Je sais, je sais. Mais maintenant je suis là…

— Avec plus d’une heure de retard ! Et pour tout arranger, tu débarques avec ton môme ! Ce n’est pas une garderie ici ! C’est un chantier, R.J., un endroit où l’on est censé travailler, si toutefois tu te souviens de la signification de ce mot.

— Ecoute, c’est juste pour aujourd’hui. Demain, j’aurai une baby-sitter. Et si ça se trouve, Erika sera revenue. Il est mignon, tu sais, il ne t’embêtera pas, je te promets. Il s’occupe très bien tout seul, tu n’auras aucun problème.

— N’insiste pas. Tu vas prendre ta journée et t’occuper de ton fils. Moi, je trouverai quelqu’un d’autre pour finir de peindre la corniche.

— Cimarron, tu ne peux pas me faire ça ! Tu sais que j’ai besoin du fric, encore plus si je dois payer une baby-sitter. Garde-le avec toi pendant que tu travailles et je filerai pendant mon heure de déjeuner pour trouver quelqu’un. S’il te plaît… Juste pour ce matin…

Cimarron sentit ses épaules s’affaisser. Il était incapable de résister bien longtemps au regard implorant de son frère. Des problèmes. Toujours des problèmes. Rien que des problèmes. Toute sa vie, sa famille n’avait été qu’une source incessante de problèmes. Et cela continuait.

Le visage de R.J. s’éclaira d’un large sourire.

— Je savais bien que tu ne me laisserais pas tomber, petit frère ! Je te revaudrai ça !

— Pas de promesse que tu ne pourras pas tenir, s’il te plaît. Allez, va faire ton boulot ce matin et reviens chercher ton gamin le plus vite possible. Je ne sais pas pourquoi tu m’as demandé ça, tu sais très bien que je ne sais pas m’y prendre avec les gosses.

— Je t’assure qu’il est adorable. Tu ne t’apercevras même pas de sa présence. Et puis, reconnais qu’il est mignon, non ? ajouta-t-il d’une voix empreinte de fierté.

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