Veillées en larmes

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Mon premier mariage avait été tout le contraire de mon rêve de jeune fille et à l'opposé de mon désir de jeune femme. Contrainte de quitter l'école afin que je rejoigne un foyer polygame où le maître des lieux était aussi âgé que mon propre père, je n'avais pas eu à choisir dans le tas des hommes, surtout parmi ces jeunes à la mode qui tournoyaient sans cesse autour de moi telles des vautours et leur proie. J'avais vraiment de la peine à avaler cette amère pilule de "c'est comme ça qu'on a toujours fait ici". Mais mes parents quant à eux se félicitaient d'avoir bien fait de m'ôter à la chasse pas toujours fair play que mènent aujourd'hui les garçons aux jeunes filles.
Publié le : dimanche 19 juin 2011
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EAN13 : 9782748182842
Nombre de pages : 175
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Titre
Veillées en larmes
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Titre Hamidou Berthé
Veillées en larmes
N ouvelles
5 É ditions Le Manuscrit
© É ditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com ISBN : 2748182847 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748182842 (livre imprimé) ISBN : 2748182855 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748182859 (livre numérique)
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LE RENDEZ-VOUS MANQUÉ
1 LE RE NDE ZVOUS MANQUÉ
Nous étions certainement tous contents de nous revoir entre anciens amis et camarades de classe. Mais chez moi, la joie des retrouvailles était encore plus prononcée. C’était d’ailleurs une passion qui me rongeait depuis que le soleil des trois mois de grandes vacances scolaires avait commencé à se décliner en laissant la voie libre au temps des études. Contrairement aux enfants du fondamental, la reprise pour les étudiants n’était pas cette cérémonie aux deux tendances contraires. Une fête pour les uns et une tristesse pour les autres. Majeurs, nous avions d’autres ambitions pour notre vie que les jeux d’enfants. Surtout nous savions pourquoi nous étions là. À l’école, nous savions déjà ce que nous y cherchions. Les nouveaux venus n’étaient pas aussi angoissés qu’ils le seraient au primaire. Pourtant, même au cycle supérieur les « bleus » restent ce qu’ils sont. Dépaysés, ils gardent dans le regard cette inquiétude de la chose inconnue.
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Veillées en larmes
J’étais arrivé assez tôt ce jour. Car pour moi cette rentrée de 19… s’annonçait comme un événement spécial. Le petit déjeuner que je rate rarement par discipline gastronomique avait été séché comme un cours que je jugeai ennuyeux et très facultatif. E ffectivement me restaurer ce matin me parut vraiment facultatif. Sinon guère nécessaire. J’avais plus à gagner ailleurs, à l’école. Raison pour moi d’y aller tôt. Ainsi, j’enfourchai ma vieille mobylette d’étudiant, mit le maximum de gaz en cours de route. Je filai avec toute l’allure qu’elle pouvait se permettre, cette compagne mécanique avec qui je partageais ma maigre bourse. E lle m’ennuyait bien des fois, mais je savais que la maintenir coûte que coûte en état de pouvoir circuler était plus que nécessaire. La preuve ce matin ! E n fait sur mon trajet habituel les dourouni, « camionnettes bâchées faisant office de véhicule de transport en commun », ressemblaient plutôt à un luxe, non pas à cause de leurs tarifs, mais du fait de leur rareté. À cela s’ajoutaient les embouteillages monstres, souvent longs de trois kilomètres. La voie, on dirait un corps mal guéri de varicelle, où, les nids de poules et les boursouflures, ces croûtes issues de colmatages fréquents et mal exécutés, rivalisaient en nombre. Au bout, l’unique pont
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