Vies croisées

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Tandis qu’elle étudie le comportement des individus sur Internet, très vite le dialogue s’installe entre elle et un jeune homme qui retient son attention. Il souhaite la connaître mais elle refuse. Peu à peu, prise au piège à son propre jeu, elle décide de le rencontrer. Quelle tournure prendra ce moment de curiosité? Le piège se referme doucement sur ce couple qui désormais vit une relation ambiguë et pleine de passion.
Publié le : vendredi 30 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748368314
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748368314
Nombre de pages : 106
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Alexandre De Col
VIES CROISÉES
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0116608.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
« Pour réussir ce que tu nas jamais réussi, fais ce que tu nas jamais fait. »
Anonyme
Pourquoi pas Le saule pleureur du voisin a versé cette nuit sa dernière larme, comme si les éléments ne le supportaient plus. Il aura lutté jusquà son dernier souffle mais la foudre eut le dernier mot. Plus dune nuit je lai vu batailler, seul, armé de patience, bravant des pluies déclairs, le regard rivé vers le ciel, accroché à cette terre qui lavait vu naître, vociférant que lui seul déciderait de sa fin. Au rez-de-chaussée, ma mère fait écho à la tempête, elle fulmine, le visage défait, serrant à sen broyer les doigts, sa tasse de café. Je dévalais lescalier sous la pluie battante, pour évaluer les dégâts. Mon vieux compagnon dinfortune gisait inerte dans le jardin, la clôture lavait suivi dans sa chute. Le potager, fruit du dur labeur quotidien de maman, seule occupation apaisante de ces dernières années, était littéralement éventré. Je mapprochai de larbre, posai ma main sur son tronc, jeus limpression que son cur battait encore sourdement à travers lécorce. Plein despoir, je limaginais déjà se relever. Mais le voisin, sapprochant de nous, tronçonneuse à la main, me ramena bru-talement à lhorrible réalité. Je regagnai ma chambre la tête basse, accompagné par les longs cris affamés de la machine infernale. Jessayai de trouver les mots pour décrire ma douleur, mais Svetlana ne trouvera que colère et amertume dans ce mail. Jaimerais quelle soit à mes côtés pour me consoler. Il était sans doute mon seul ami
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sincère, la seule branche sur laquelle je pouvais vraiment me reposer. Jallumais la chaîne hi-fi pour masquer les hurlements dagonie montant du jardin, les basses font vibrer les cloisons. Tout le quartier était en ébullition, des tuiles brisées parse-maient les jardins, lun des voisins saffairait déjà à sortir sa gouttière dun massif dhortensias. Un hêtre semblait avoir fu-sionné avec la voiture des Bartozzi. La tourmente fit la « une » des journaux télévisés, elle était dans toutes les bouches, pas un collègue névitait le sujet. Une telle gloire pour une si minuscule bourgade, cétait flatter lego de la tempête, qui sen allait en ricanant, vers dautres paysages à dévaster. Mon téléphone vibra au fond de ma poche, je mapprêtai à répondre quand une bagarre éclata au milieu de la cour de lécole. Ma présence ainsi que celle de deux autres collègues calment les deux protagonistes. « Cest pas moi qui aie commencé » ré-torque lun, alors que lautre continue à linsulter en le menaçant de représailles à 17 heures. On les emmène tous les deux pour quils sexpliquent dans le bureau de la conseillère principale déducation. Au fil des mois, on se fait une raison et on ne fait plus la morale aux élèves, en tout cas moi, jai abandonné. Je laisse le soin à la C.P.E. de leur rappeler les grandes lignes du règlement intérieur. Les jeunes sont plus agités aujourdhui, comme à chaque veille de vacances dailleurs Un numéro anonyme saffiche dans les appels en absence de mon téléphone portable. Aucun message sur le répondeur, ça ne devait pas être si important que ça Une fois le silence rétabli dans la salle internet, je peux in-former Svetlana que je ne serai pas sur le net ce soir. Pour une fois quune fille minvite à dîner, ce serait suicidaire de refuser. Jai beau ressasser mes souvenirs, je ne me souviens pas quune fille mait déjà invité où quoi que ce soit de sembla-
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ble. Je ne fais pas partie de ces hommes que lon aborde lors dune soirée. Je suis timide, complexé par mon physique, distant avec les gens que je ne connais pas. Parler de la pluie et du beau temps mhorripile. En fait, je ne fais pas beaucoup defforts pour être sociable Ça doit faire six mois que je nai pas dragué une fille. Il y a bien eu la fleuriste qui travaille au coin de la rue : à force de passer devant la boutique et de la dévorer du regard, jai fini par me jeter à leau. Je ne sais plus comment je lavais abordée, je me rappelle juste de bégaiements et dune impression de ne pas être au bon endroit. Je me voyais déjà essuyer un refus. À ma plus grande surprise, elle avait accepté. Était-ce un signe ? Le cycle de léchec prenait-il fin ? Il mavait fallu quelques secondes pour enchaîner la phrase suivante. En effet, je nétais pas prépa-ré à une réponse positive de sa part. Je bafouillai le nom dun restaurant, elle me sourit tout en me notant son numéro. Ce jour-là, je métais senti pousser des ailes. Rien navait pu marrêter, une nouvelle vie commençait : le compteur à zéro, fini dêtre un loser Mais tout nétait pas aussi simple, jaurais dû men douter. Le dîner fut une catastrophe. Je navais pas remarqué larrogance de cette petite peste méprisante. Elle était désagréable avec le serveur, pour lequel javoue avoir eu, un peu de pitié sur le coup. Elle prenait les gens de haut malgré sa petite taille. Elle parlait fort, et chaque phrase qui sortait de sa bouche commençait par « Moi je ». Une demi-heure, cest le temps que je lui ai accordé avant de couper court à son passionnant monologue imbibé de médio-crité. Je vais men aller sans remord. La sonnerie retentit, lexcitation est palpable dans les esca-liers. Les jeunes dévalent les marches deux par deux, se bousculent pour quitter létablissement  au passage, lun deux fait sonner lalarme incendie.
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Ce soir, le scénario est différent, je sais avec qui je sors. Cest lune des collègues que japprécie le plus. Alors que je rejoins mon domicile pour me changer, jai une pensée pour Svetlana qui na pas répondu à mon mail. Ça ne lui ressemble pas, laurais-je froissée sans le vouloir ? Tout le quartier était encore sous le choc de la tempête, et cest peu dire Jeus presque envie dannuler le rendez-vous quand japerçus toute cette sciure dans le jardin. Il ne restait plus rien du géant mélancolique, pas même ses racines. Ce vide, est celui que je ressens quotidiennement. Jai à peine le temps de me changer quune voiture klaxonne devant la maison. En plus de me faire inviter, ce soir, je me fais conduire. Je descends lescalier, ma mère me lance un : « le carrosse de monsieur est avancé ». Le sourire aux lèvres, je lui fais une bise en lui souhaitant une bonne soirée. Il fait encore 28 °C, alors quil est 19 h 30, événement rare dans notre région oùla grisaille filtre le soleil onze mois par an. Ma collègue était débordante de vie, son humour caustique accompagné par leuphorie de lalcool rend la soirée agréable. Javais une folle envie de lembrasser, mais quattendait-elle de moi ? Devais-je me soucier de ce quelle ressentait ? Éprouvait-elle quelque chose à mon égard ? Plus dune fois, jai mal interprété un sourire. Je sentais que jallais, une fois de plus, foncer dans le mur. Dans le doute, je ne tentai rien. Le moment tant attendu arriva. Nous étions devant chez moi, les rôles inversés : elle était venue me chercher, elle avait payé laddition. Bizarrement jaurai aimé partager ce moment avec Svetlana et non avec ma collègue. Mon téléphone sonne : cétait elle ! Son appel était-il un si-gne ? Je fis une bise à ma collègue, la remerciant pour la soirée. Son regard sembla déçu, comme si elle en attendait plus. Je fai-sais peut-être une erreur, mais il y a trop de « peut-être » dans
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