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Vous avez dit célibataire ?

De
384 pages

Vous avez dit célibataire ?, Wendy Markham

Célibataire, moi ? Jamais de la vie ! Depuis trois ans, je suis la petite amie de Will McCraw, un comédien en passe de devenir un grand acteur... Bien sûr, il tarde un peu à me passer la bague au doigt, mais c'est imminent !

J'en suis sûre, moi, au contraire de mes amies, qui me répètent sans arrêt que je me fais des films, et que Will ne s'engagera jamais. Mais je vais leur prouver qu'elles ont tort !

Et pour ça, je vais sortir le grand jeu : séances abdo-fessiers trois fois par semaine dans une salle surchauffée, régime forcé de yaourts 0 % sans saveur. et un petit tour dans les magasins, histoire de renouveler ma garde-robe.

Avec un plan pareil, Will ne me résistera plus.

Enfin, j'espère.

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A mon mari que j’aime tant,
et à mes deux magnifiques enfants.
Et avec toute ma gratitude à Will,
sans lequel je n’aurais jamais pu écrire ce livre,
et surtout sans lequel je vis tellement
heureuse aujourd’ hui…
1
Voici comment je vois les choses :
Je me marierai avec Will.
Il deviendra un grand comédien et je renoncerai à faire carrière dans la pub pour rester à la maison avec les enfants. Nous habiterons à New York plutôt que dans le Sud ou sur la côte Ouest, parce que j’ai un besoin vital de quatre saisons par an, et un jour, nous ferons partie de ces retraités vieillissant paisiblement, assis côte à côte sur une banquette de chez Friendly’s à Manhattan…
Je dois reconnaître, à ce moment-là du récit de ma vie, que ce serait une grande première, car jamais, au grand jamais, nous n’avons, jusqu’à présent, partagé la même banquette dans aucun restaurant.
Jamais.
Après tout, Will a besoin d’espace.
Au restaurant en particulier… Et dans la vie en général.
Moi, c’est tout le contraire, je n’ai absolument pas besoin d’espace. Et c’est ce que je me tue à dire à mon amie Kate chaque fois que, comme aujourd’hui, nous nous retrouvons en tête à tête chez Starbucks.
Pendant que je bois mon double café-caramel au lait écrémé, elle entame son éternelle rengaine sur le thème : « Tout le monde a besoin d’espace. »
— Pas moi !
Kate secoue ses cheveux blonds décolorés et lève les yeux au ciel. Des yeux d’une incroyable couleur aigue-marine, grâce au miracle des lentilles de contact.
Kate a grandi dans le Sud profond où, quand on est une jeune fille, la vie vous sourit davantage si vous êtes mince et blonde aux yeux clairs. Moi qui suis une New-Yorkaise plutôt bien portante, brune aux yeux bruns, j’aurais tout donné pour être différente…
— Si. Tu as besoin d’espace, Tracey, insiste Kate avec une pointe de cet accent traînant du Sud qu’elle a tant de mal à gommer. Crois-moi, tu ne devrais pas avoir envie d’être tout le temps collée à Will.
Elle a raison bien sûr, mais le problème c’est que c’est justement ce dont je rêve, à chaque seconde de chaque journée qui passe !
Mais pour rien au monde je ne le reconnaîtrai.
Surtout pas devant Kate, qui s’inquiète déjà beaucoup trop pour moi. Elle pense que ma relation avec Will est à sens unique.
— Non, quand même pas à chaque seconde, lui dis-je en mentant effrontément pour éviter de nouveaux reproches. Mais je ne suis quand même pas prête à le laisser partir en tournée sans moi dans les Adirondacks pendant les trois mois d’été.
— Malheureusement, je ne crois pas que tu aies le choix. Tu ne vas quand même pas le suivre ?
Je me concentre sur ma tasse fumante, tentant vainement de mélanger la mousse sucrée du lait au liquide noir. Peine perdue, la mousse refuse de se dissoudre et forme au contraire un nuage épais autour du bâtonnet de bois, évoquant bizarrement les grappes floconneuses infestées d’insectes qui s’agglutinent aux tiges de mon philodendron à la maison.
— Tracey…
Kate prend sa voix la plus chaleureuse.
— Oui ?
Je m’absorbe dans la contemplation de mon briquet Bic jaune, que j’allume et éteins en repensant avec nostalgie au bon vieux temps où l’on pouvait fumer librement n’importe où.
— … tu n’envisages pas sérieusement de suivre Will cet été ?
— Et pourquoi pas ?
— Parce que tout simplement tu n’es pas actrice. Tu as déjà un job. Tu te souviens ?
Oh, oui ! J’allais oublier ma brillante carrière… Et mon superjob chez Blaire Barnett Publicité, où, à cause d’un titre ronflant et de ma tendance à me jeter dans l’aventure tête baissée, je n’ai réalisé qu’après plusieurs semaines de travail que je n’étais qu’une simple assistante administrative. Le pire, c’est que je m’en suis rendu compte quand mon patron m’a offert une plante le jour de la fête des secrétaires.
Plante qui se trouve être le fameux philodendron infesté d’insectes trônant dans mon salon. Comme mon job à l’agence, il semblait pourtant très prometteur le premier jour, ses feuilles luisantes emballées dans un papier Cellophane entouré d’un magnifique ruban.
Et la carte qui l’accompagnait :
« Chère Tracy (notez la faute d’orthographe au passage), merci pour tout, Jake. »
Je l’ai rapporté à la maison, et installé avec soin sur le rebord de ma fenêtre… Et une semaine plus tard, les pucerons affamés commençaient à le dévorer.
— Je pourrais arrêter, dis-je à Kate tout en continuant à jouer avec mon briquet.
— De fumer ?
— Grands dieux, non ! Je parle de mon boulot.
Je pose le briquet sur la table en notant mentalement de m’arrêter pour acheter un paquet neuf avant de retrouver Will.
— C’est bien ce que je craignais.
Kate, une de ces très rares non-fumeuses tolérantes, me décoche un petit rire narquois :
— Donc tu quitterais ton travail après deux mois d’essai seulement ?