//img.uscri.be/pth/810648a17a25b4d76a67a64be7cb983669c704c2
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Vous n'êtes pas venus au monde pour rester seuls

De
304 pages
 
Une voiture approche et le temps semble s’arrêter dans la petite ville de Foldnes, en Norvège. Nous sommes le 29 juillet 2011, une semaine après le massacre perpétré par Anders Breivik sur l’île d’Utøya où soixante-neuf personnes, des jeunes pour la plupart, furent abattues. Sella observe ses voisins dans le véhicule  : la mère au volant, le père à côté, les deux garçons à l’arrière et une place restée vide. Ils rentrent chez eux sans leur fille, leur sœur, assassinée au cours de l’attaque.
Sella et son mari vivent depuis longtemps près de cette famille qu’ils ne connaissent pas. Pourtant, eux aussi ont perdu un enfant il y a plusieurs années. Leur fils adoptif, d’origine philippine, était parti à dix-huit ans sur les traces de ses parents biologiques. Il ne rentra pas. Dévastée par cette disparition, Sella aimerait aujourd’hui être présente pour ses voisins, mais peut-on être solidaire de la douleur de l’autre  ?
Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls interroge le sens du deuil collectif, du deuil intime et du deuil par procuration. Evjemo installe une atmosphère hyperréaliste au service d’une histoire dont le terrorisme n’est pas l’objet mais le cœur. Une fiction sur l’état de nos sociétés post-attentats. Un texte important, poignant..
Voir plus Voir moins
Ah, nous pensions avoir trouvé le bonheur !
WENCHE BEHRING BREIVIK
PROLOGUE
29 juillet 2011
Une dernière tondeuse à gazon se tait, il est quatr e heures et demie et le jardin s’épanouit soudain dans un rayon de soleil, avant d e replonger dans l’ombre. Quelqu’un sort une table et des chaises, un voisin serre les cordes d’un hamac pour éviter qu’il frôle le sol. Les câbles des enceintes sont assez longs pour atteindre la porte de la terrasse, on le constate avec satisfact ion. Des notes d’un jazz lent se faufilent entre les lilas et les essaims de moustiques, entre les bassins gonflables et les cibles à fléchettes. Sella arrive avec un plate au de verres, d’assiettes et de couverts, elle apporte aussi un cendrier, car elle a trouvé un paquet de cigarettes dans la poche d’une veste et veut se remettre à fum er après plusieurs années sans tabac. Un oiseau en verre orne la table de jardin, son ventre est ébréché. Sur l’aire de jeux, un adulte donne un coup de pied dans un ba llon, il s’envole si haut qu’il semble ne jamais vouloir retomber. Les enfants vont bientôt se battre pour tenter de l’attraper avant qu’il touche le sol, l’un d’entre eux va trébucher sur la bordure métallique d’une pelouse et se mettre à saigner. Plus tard, pendant le dîner, un autre se blessera avec son couteau ; on lui mettra un spa radrap sur le doigt. Plus tard encore, au moment du coucher, un troisième verra so n père ou sa mère pénétrer dans sa chambre pour lui faire la lecture avant qu’il s’endorme.
Pendant ce temps, après plusieurs heures de route, une voiture familiale quitte la nationale pour se diriger vers le lotissement. Le c onducteur ralentit avant de s’engager dans les petites rues aux nombreux pannea ux « ATTENTION AUX ENFANTS » fixés aux arbres et aux réverbères. Les occupant s de la voiture ressentent la fatigue du trajet, l’air de l’habitacle est confiné, sur le plancher traînent des papiers gras et des boîtes de hamburgers avec d es restes de sauce figée. Ils n’ont pas besoin de se serrer, car il manque une personne. Les bouteilles d’eau sont vides. Côté passager, le porte-gobelet de la portiè re contient une bouteille de soda éventé. La voiture est de couleur claire, les arbre s, les arbustes et les façades des maisons se reflètent dans le pare-brise, on disting ue à peine les gens assis à l’intérieur. Tout paraît normal, les stickers de ch iens sont toujours sur la lunette arrière, c’est la jeune fille qui les y a collés qu elques années plus tôt, les nids-de-poule n’ont pas disparu, mais le conducteur s’énerv e moins quand sa roue droite passe dessus, et il s’abstient de jurer quand la bouteille de soda tombe par terre. Et le soleil est là, immuable. Sur le détroit, le ferry ramenant les habitants de l’île attend qu’un cargo finisse de manœuvrer. Sur le pont, les passagers s’impatientent.
Arild se retourne le premier, il est en train de verser de l’allume-feu sur le charbon de bois, mais il suspend son geste pour manifester une sorte d’empathie discrète. La voiture descend la rue avec une lenteur démonstrati ve, comme si elle voulait se rendre plus importante qu’elle ne l’est. La remorqu e est secouée par les nids-de-poule, les bouts des courroies traînent sur l’aspha lte comme des animaux tristes incapables de relever la tête. Un coup de pied envoie le ballon de foot par-dessus la clôture de l’aire de jeux ; il retombe sur la chaus sée, obligeant la voiture à freiner pour éviter l’enfant qui court l’attraper. Pendant quelques secondes, la scène se fige ;
l’enfant ne bouge pas, le jet d’eau rotatif a le te mps de tourner quatre fois sans que rien se passe. Quelqu’un répand des écorces de pin sur un terrain en pente. L’enfant finit par rompre l’enchantement ; il traverse la rue, récupère le ballon sous un arbuste fruitier et se dépêche de rejoindre ses camarades. Pour les occupants de la voiture, le trajet reprend.
Sella sort de la maison. Curieuse de voir comment l a situation va évoluer, elle s’arrête sur la marche la plus haute. Elle apporte un plat contenant un morceau de viande entouré de papier aluminium. Et des petits r écipients en verre avec des tranches de citron, des amandes hachées et du basil ic fraîchement cueilli. Elle distingue le père et la mère sur les sièges avant ; la mère s’agrippe au volant. Elle aperçoit les deux frères ; le plus jeune porte un coussin cale-nuque autour du cou. Ils sont partis une semaine plus tôt, et ils rentrent aussi pauvres qu’à leur départ. Dans leur maison, les rideaux sont tirés ; un voisin est allé prendre le courrier et tondre la pelouse pendant leur absence. Ils n’ont même pas eu besoin de le lui demander. Ils sont allés la chercher, se dit Sella. Et maintenant ils la ramènent.
Elle retourne dans la maison et baisse le volume de la musique. Sans faire de bruit, elle rejoint Arild, qui vient de jeter une allumett e sur le charbon et se penche en arrière pour éviter les flammes. Le feu crépite, Ar ild plisse les yeux et agite avec impatience les pinces à barbecue. Ses lunettes de s oleil traînent près du pied du parasol, il manque de les piétiner chaque fois qu’il se retourne.
Sella cherche un endroit où elle pourra observer le retour des voisins sans se faire remarquer. Elle les voit faire une marche arrière p our approcher la remorque de la porte d’entrée. Elle voit la grand-mère assise sur le perron. Elle voit les frères de la jeune fille s’engouffrer dans la maison puis réappa raître avec des gants de travail. Elle voit les rideaux de la maison d’à côté bouger légèrement, comme des alevins remontant à la surface de l’eau. Des sacs en plastique noirs, une tente, des baskets mouillées, un tapis de sol s’étalent maintenant dans le jardin, les hommes travaillent avec la rapidité des machinistes de théâtre ayant seulement quelques secondes pour changer le décor avant que le rideau se lève de nou veau. Les sacs débordent de vêtements qui sentent encore l’humus, le sel, l’herbe et l’eau de mer. Ils ont dû caler la porte du sous-sol, se dit Sella ; tout ça va êtr e enfoui là-bas. Ensuite seulement, les garçons pourront tendre un filet entre l’arbre et le mur de la maison pour jouer au badminton. Ensuite seulement, ils pourront se préparer des jus de fruits, apporter des chaises et des coussins. Car il faut que la vie continue, malgré tout.
Sella et Arild se mettent à table. Il y a du chorizo et des saucisses bio achetées à la ferme, plus chères que les knacks ordinaires. Il y a un filet de veau mariné pendant vingt-quatre heures avec de l’ail. Il y a de la feta, des olives farcies aux amandes et de l’aïoli fait maison. La focaccia sort du four et ils ont carafé une bouteille de rioja. Le repas est très copieux.
— Il y a trop à manger, dit Sella.
— Comme d’habitude. — Chut ! — Il se passe quelque chose ?
— Non, rien.
Sous la table, la chatte quémande.
Sella et Arild mangent. Ils mangent avec bon appéti t. Ils terminent le vin, ne mentionnent pas les voisins, n’évoquent ni leur ret our ni ce que cela signifie. Mais Sella est incapable de penser à autre chose. Elle imagine le couloir rempli de vestes et de chaussures, la cuisine où on se bouscule auto ur des tartines, elle trouve étrange que Arild n’en dise pas un mot ; depuis le jour de la tragédie, il ne pense qu’à ça. Il ne manque pas un article de journal, cesse t oujours de manger quand on en parle à la radio.
Lorsque les premières gouttes lui tombent sur le front, il prend un air incrédule et lève les yeux vers le ciel : est-ce bien de la pluie ? Ou le système d’arrosage des voisins ? On rappelle les enfants, on rentre les coussins des chaises de jardin, on décroche le linge et on l’entasse à l’intérieur. Et de nouvelle s gouttes tombent, de plus en plus nombreuses ; le ciel s’ouvre, déverse une chaude pl uie d’été, c’est le début d’un orage qui s’approche enfin, mais que les hommes du quartier ont vu se préparer en scrutant les montagnes avec leurs jumelles. La pluie frappe les toits et les voitures, d’abord doucement, puis de plus en plus fort, elle tambourine sur les boîtes aux lettres ; dans les bassins gonflables l’eau semble bouillir comme si des millions de têtards étaient en train d’éclore. On voit les chiens s’abriter sous les auvents, on voit l’eau pénétrer par les lucarnes des toits, tout ça fait du bien.
Les voisins ont allumé la cuisine, mais ils prennen t leur repas devant la fenêtre donnant sur l’arrière, où se trouvent une maison de poupée et une balancelle. Sella est passée par là quelques jours plus tôt. Elle s’est cachée dans les broussailles pour observer le jardin. Elle a pu voir qu’ils avaient installé la table de la salle à manger devant une large baie vitrée occupant presque tout le mur, leur donnant sans doute l’impression de dîner en plein air. Elle a découver t l’existence de la maison de poupée et de la balancelle, elle a pu se rendre com pte que les plates-bandes débordaient de fleurs. Elle avait fait attention ; elle avait couru jusqu’au garage des voisins, attendu d’être certaine que personne ne l’avait vue, pris le raccourci que les enfants du quartier empruntent pour se rendre à l’aire de jeux. Elle avait traversé un petit champ, puis elle s’était accroupie derrière u n rosier du Japon. Elle voulait tout voir avant qu’il ne soit trop tard, contempler le jardin tel qu’il était quand rien ne s’était encore passé. Et elle l’avait vu : c’était un jardi n aménagé pour des enfants ardemment désirés. Ce qui avait emporté la jeune fille n’avait rien à voir avec tout ça. Cette pelouse, ces arbres n’avaient rien fait de ma l, on ne pouvait blâmer ni la poignée de la porte de la terrasse, ni les rideaux en dentelle de la maison de poupée, ni les épines des rosiers qui avaient tant de fois éraflé la peau des enfants. Elle a imaginé un garçon débouler dans le jardin en faisan t des moulinets avec ses bras. Elle a imaginé le père sortant de la maison, les ma ins dans le dos, à la recherche d’un piquet de tente égaré. Ou la fille apparaissan t au coin, belle, si belle ; elle leur manquait si cruellement à tous. Elle trimbalerait l a housse de la tente, elle serait vêtue d’une veste légère et d’un short multipoche, elle aurait les mollets blancs et des baskets jaunes aux pieds. Sur sa tête, une lampe frontale maintenue par un élastique formerait une sorte d’excroissance. Son visage serait calme. Elle regarderait autour d’elle, humerait l’air, soulèverait une pierre ou d eux ; peut-être passerait-elle une main sur le tronc du cerisier, découragée par tant de silence. Peut-être s’allongerait-elle par terre quelques instants pour regarder le ciel. Mais elle se relèverait d’un bond en sentant l’humidité contre sa peau. Elle se débarrasserait des brins d’herbe collés à ses vêtements, puis elle se moucherait avec ses doigts avant de partir à la recherche d’un endroit plus agréable. Et la lumière de sa lam pe frontale la précéderait sur le sentier.
C’était avant tout ce sentiment d’insouciance que S ella avait voulu capter, cette vie qui devait bien être présente si seulement on y éta it suffisamment attentif.Une coquille d’escargot. Devant elle s’étalait le jardin, se dressait la ma ison, le soleil pourrait à n’importe quel moment inonder le lotissement, les marquises pourraient se déplier comme sur commande et personne ne serait obligé de plisser les yeux contre la lumière. Même une phrase anodine, «passe-moi la salade, s’il te plaît », deviendrait alors porteuse d’un sens indicible : ils sont encore tous vivants.
Sella ouvre le réfrigérateur, promène son regard sur les clayettes. — Tu veux un dessert ?
— Merci, je n’ai plus faim.
— On a de la crème à la vanille. — Merci. Elle pourrait peut-être faire quelque chose pour le s voisins, pense-t-elle. Des gâteaux, par exemple. Ce serait une façon de marque r leur retour, de s’ériger en ambassadrice de ceux qui voudraient leur direnous sommes avec vous.Elle referme le réfrigérateur, ouvre le tiroir où sont rangés la farine, les noix, les tacos et le muesli d’Arild. Si Arild avait pu lire dans ses pensées, il se serait peut-être moqué de cette manie de vouloir manifester sa bonté sans y être in vité. Mais il n’aurait pas réussi à l’en dissuader : il devait admettre qu’ils étaient différents.
Elle pose un paquet de farine sur le plan de travail sans avoir une idée précise de ce qu’elle veut en faire. Elle pense à sa grand-mère, qui préparait toujours des gâteaux pour les familles en deuil. Elle se présentait à la porte de gens qu’elle connaissait à peine, leur offrait des pâtisseries, des petits pains et des brioches, estimait qu’ils ne devaient pas avoir à se préoccuper de la nourriture quand leurs proches envahiraient la maison.
Elle sort ses livres de cuisine, les ouvre, un nuag e de poussière s’envole. Elle cherche le bon chapitre, le parcourt lentement. Des macarons, c’est plutôt une friandise de Noël, se dit-elle. Des biscuits à la c annelle conviendraient mieux, mais des petits pains au lait tout simples seraient peut-être préférables, en fin de compte. On peut les manger tels quels, avec un bout de fromage ou un peu de confiture. Elle lit et relit la recette. Elle sort les œufs et le beurre du réfrigérateur, en coupe un bon morceau, le jette dans une casserole et le fait fon dre en s’aidant d’une fourchette. Tout en remuant le beurre, elle est prise d’un doute :ces gens-là, est-ce que je les connais réellement ?ion Vont-ils considérer son geste comme une manifestat d’empathie ou comme une intrusion dans leur vie pri vée ? Ou encore comme une manière de profiter de leur chagrin pour se donner bonne conscience ? Elle éteint la plaque de cuisson, s’affale sur une chaise.Je dois être prudente, pense-t-elle.Leur tragédie dépasse tout ce qu’on peut imaginer, je ne peux pas m’imposer comme ça.
— Tu ne veux pas une gaufre, au moins ?
On ne lui répond pas. Elle se lève, casse quatre œufs dans un bol, les mélange avec du beurre et de la farine, remue l’ensemble jusqu’à obtenir une préparation lisse et homogène. Puis elle allume le gaufrier. Quand il es t bien chaud, elle le beurre et y verse de la pâte. Elle en met trop, ça coule sur le s bords de l’appareil quand elle le referme. Quand elle le rouvre, la gaufre se déchire au milieu, elle doit gratter les alvéoles pour enlever les résidus. Sa deuxième tent ative est plus réussie, et les
dernières gaufres sont parfaites. Sa grand-mère appartenait à une autre époque, se dit-elle. De son temps il y avait moins de distance entre les gens, on trouvait naturel de se voir offrir des choses sans avoir rien demandé. C’était même un geste auquel on était en droit de s’attendre.
Sella fait cuire toute la pâte, car ils aiment bien les gaufres froides, Arild et elle. Elle ne peut pas en offrir aux voisins, c’est trop ordin aire, elle en aurait presque honte ; des gaufres, ils sont bien capables d’en préparer eux-mêmes. Elle les enveloppe de papier aluminium, les range dans la huche à pain, e nlève son tablier et le suspend derrière la porte. Puis elle range la farine, essuie le plan de travail, éteint la lumière et quitte la cuisine.
Si elle se retournait pour jeter un coup d’œil par la fenêtre, elle verrait que la table de jardin a retrouvé son aspect habituel. On a lissé la toile cirée et repoussé les bancs. Le cendrier n’a pas servi, il déborde maintenant d’eau de pluie, et le grand pot rempli de fleurs orange est posé par terre. Elle s’assied, joint les mains sur son ventre et rabaisse légèrement le dos du fauteuil pour être plus à l’aise. Mais elle ne reste pas longtemps sans bouger. Elle se lève d’un coup, pose les plaids bien pliés sur l’accoudoir du canapé. Puis elle descend au sous-so l, change la litière de la chatte – pourquoi faire ça en premier ? elle n’en sait rien – ferme le sac à ordures et le pose sur le perron. Elle s’agenouille devant le four, entreprend de nettoyer les parois avec une éponge à gratter. Elle se souvient d’une truite en papillote : le gras du poisson avait coulé à travers le papier aluminium, donnant un sale goût aux pommes de terre à la crème. Elle essore son éponge dans un seau jus qu’à ce que l’eau devienne noire, fait chauffer le four à deux cents degrés po ur le sécher. Arild la rejoint ; il se penche vers le four dans le secret espoir de voir lever de bonnes choses à l’intérieur. Mais il n’en est rien. Il s’affale devant la télévi sion, dans le coin du canapé normalement occupé par Sella ; elle range de ce côt é-là les magazines et les journaux qu’elle n’a pas lus. La chatte ne va pas tarder à sauter sur ses genoux. Dès qu’elle s’y installe, elle se met à ronronner.
La table de jardin est à l’ombre. Le barbecue est à l’ombre. De petits grêlons se mêlent à la pluie, heurtent les tuiles des toits et s’engouffrent dans les descentes comme des bouts de verre dans le tuyau d’un aspirateur. Les habitants de l’île sont enfin rentrés chez eux, mais dans leurs salles de b ains les serviettes s’obstinent à tomber par terre. Vu du ciel, rien ne semble avoir eu lieu.
er 1 janvier 2014