Voyages en six dimensions

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Les héros de ces nouvelles sont confrontés aux six dimensions de l'univers. Trois dimensions, c'est facile à comprendre. La quatrième, c'est le temps, bien sûr. Mais la cinquième et la sixième? Issues de l’imagination, elles sont incarnées par l'anti-matière (qu'on retrouve notamment dans « la poupée de son » de façon évidente) et l'anti-temps, symbolisé par l'héroïne de « c'était demain », jeune femme venant du passé et vivant à contre-temps du monde dit « normal ». Laissez-vous surprendre par ces nouvelles dimensions, les unes jouant avec les autres à votre insu. Les éléments annoncés implicitement pourrons surprendre votre imagination et séduire votre subjectivité.
Publié le : mardi 7 mars 2006
Lecture(s) : 134
EAN13 : 9782748158304
Nombre de pages : 111
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Voyages en six
dimensions
Didier Fohanno
Voyages en six
dimensions





NOUVELLES






















© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-5831-8 (fichier numérique)
ISBN 13 : 9782748158311 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-5830-X (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748158304 (livre imprimé)








LA CABINE


Julien prit une cigarette. Il pensait qu’elle le calmerait.
Il s’assit dans un fauteuil et regarda par la fenêtre des
enfants qui jouaient.
De la cuisine, lui parvenaient des bruits de casseroles
qui ne voulaient pas s’arrêter de s’entrechoquer. Isabelle
cria une nouvelle fois. Julien soupira. Quand elle vint le
rejoindre dans le salon, ils ne se regardèrent pas. Elle
passa devant lui et alla ouvrir le buffet pour y ranger un
plat de porcelaine. Elle repassa devant lui, toujours sans
un regard, et elle dit, comme si c’était évident, que toute
cette histoire ne pouvait pas être de sa faute, qu’elle
n’était pas au courant. Et elle repartit dans la cuisine.
Julien se leva d’un bond.
– Comment, tu n’étais pas au courant ? Tu savais
pourtant bien que je devais laisser la voiture devant ton
bureau et que tu devais la reprendre pour revenir à la
maison, non ?
– Tu avais dit ça sur un ton, j’ai cru que c’était une
blague. Et puis, de toute manière, tu ne m’avais pas dit
le jour, je ne pouvais pas deviner que tu allais me laisser
la voiture aujourd’hui devant mon bureau. Alors, je suis
sortie par derrière, comme d’habitude. Et j’ai pris le bus.
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– Voilà ce que c’est de ne jamais vouloir me croire.
Et tu n’as dit à personne que la voiture devait être
devant le bureau ?
– Je t’ai dit que non ! Comment aurais-je pu le dire
puisque je ne le savais pas moi-même ?
– Bien sûr que si tu le savais !
– Oh, tu ne vas pas m’énerver avec cette histoire
toute la soirée. Tu t’en rachèteras une autre. De toute
façon, tu n’aimais pas les voitures étrangères, les Ford
encore moins, alors !
– Ce n’est pas une raison, elle valait quand même
cher.
– Eh bien, il fallait au moins la fermer à clé.
Julien alluma une autre cigarette. Ce vol l’avait rendu
nerveux. Isabelle s’en moquait royalement, mais Julien
ne pouvait supporter l’idée qu’il avait été victime d’un
vol. Il soupçonnait même sa femme d’avoir elle-même
dérobé la Ford pour préparer une future fuite avec un
amant hypothétique.
Il prit un blouson et quitta l’appartement. Isabelle
savait très bien ce qu’il allait faire. Il voulait appeler ses
parents d’une cabine pour se rassurer. Puis il reviendrait
auprès d’Isabelle, repenti, pour être cajolé et consolé.
A la sortie de l’immeuble, Julien prit la première rue à
droite en direction du centre commercial et entra dans
la cabine, en face d’une épicerie. Il composa le numéro
de ses parents après avoir introduit une pièce de un
franc et reconnut, après quelques instants, la voix de sa
mère.
– Maman ?
– Julien, c’est toi ? Tu viens encore de te disputer
avec Isabelle, n’est-ce pas ? Allez, raconte-moi tout. Ce
n’est pas grave au moins ?
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– Si, c’est grave. C’est au sujet de la voiture.
– Vous avez eu un accident ?
– Non, elle a été volée. Je l’avais laissée à Isabelle
et… Allô ?… Allô ? Saleté d’appareil !
Comme toujours quand il téléphonait d’une cabine,
Julien ne prenait pas garde au temps qui lui était imparti
et venait une nouvelle fois d’être coupé. Il raccrocha et
refit la même manœuvre avec une nouvelle pièce.
La sonnerie retentit quatre fois. Pourtant sa mère
aurait dû comprendre qu’il allait rappeler aussitôt.
– Allô ?
– Oui Maman, c’est encore moi, on a été coupé…
– Julien, mon Dieu, c’est toi ? C’est bien toi ?
– Mais oui, c’est moi, je n’avais mis qu’une pièce
dans…
– Enfin, tu te décides à donner de tes nouvelles.
C’est… à peine croyable, je vais appeler ton père.
Bernard, viens vite, c’est Julien !
– Mais enfin, Maman, je…
– Mon petit Julien, que s’est-il passé ? Où étais-tu
passé pendant ces dix années ? Ton père est à l’écouteur
maintenant, tu peux parler, nous t’entendons tous les
deux. Quand je pense que cela fait exactement dix ans
aujourd’hui, dix ans après cette histoire de voiture, alors
raconte-nous tout. Pourquoi es-tu parti ? Où étais-tu ?
– Je viens de la maison. Isabelle était…
– Oh oui, c’est vrai, mon Dieu, la petite Isabelle.
Alors tu t’es remis avec elle ? Quand je pense que tu
l’avais quittée pour cette pauvre Ford volée. Tu avais
disparu un soir et comme tu n’étais pas rentré, elle avait
eu peur, tu sais. Elle m’a aussitôt appelée. Moi je lui ai
dit que tu nous avais appelés aussi, mais comme tu avais
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