WESTEND

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WESTEND est un road-movie littéraire hanté par des looser magnifiques, inspiré par les romans de Kerouac, Easton Ellis ou Buckowski et Philippe Djian, Westend est un point de rupture, désillusionné et plein d'espoir, ironique. Westend est une frontière, là où tout s'arrête et tout recommence. Westend est un symbole.
Westend vous fera voyager d'Est en Ouest, en compagnie de Paul, acteur de voix off, la quarantaine, inconsolable d'un amour perdu dix ans auparavant, à la recherche d'un passé qui le hantera pour toujours. Des côtes atlantiques jusqu'à Las Vegas en passant par la Californie, Westend vous fera vivre un voyage que vous n'oublierez jamais...
Paul, la quarantaine, partage sa vie entre la capitale et une petite station balnéaire qui l'a vue grandir, à l'Ouest, où il vit seul. Après avoir achevé le doublage d'une série américaine, une de plus, Paul décide de fêter l'événement en allant faire une balade à moto, dans le soir qui s'éteint, avec une bouteille de whisky, une de plus, coincée dans sa ceinture.
Quand sa mémoire d'outre-tombe le réveille en pleine redescente.
Il ne le sait pas encore, mais sa vie va basculer, à nouveau, comme dix ans plus tôt.
S'engage alors un voyage initiatique qui l'entraînera jusqu'au désert de Mojave, en Californie, d'où il ne reviendra pas indemne, au cours duquel il va recroiser ses vieux démons qu'il croyait enfouis à jamais, dans un passé déchiqueté.
Alors, quand le petit Otiz lui tient la main en réclamant un double-cheese burger, pendant que sa mère rejoint le ciel en s'échappant par la cheminée du crematorium de Los Angeles, Paul se dit que le fantôme d'Helena n'a pas fini de venir hanter sa vie...
Publié le : samedi 7 juillet 2012
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Nombre de pages : 224
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CRY DEMARK
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ROMAN
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À mes perdus… Des ans parés…
… Se réfugier là contre ce vertige dans lequel il la perdait toute entière…
Des nuages très bas, lourdement massés, arrachés par places, ne laissaient plus paraître les dernières étoiles que dans la profondeur de leurs déchirures.
(André Malraux, La condition humaine)
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CRY DEMARK
E.MAIL : demarkdeveloppement@yahoo.fr Tel : 00 33 6 12 61 80 43
Dépôt S.G.D.L
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 Je me souviens lorsque j'étais enfant, le poison qu'inoculait en moi le sentiment des années futures. Quels amis aurais-je, de quoi parlerions-nous, aurions-nous toujours le langage fleuri des paradis ? Faudrait-il apprendre une nouvelle langue, s'habituer à ne plus rire, de tout ? Est-ce que c’était vrai que les garçons mettaient leurs zézettes dans les bouches des filles ? Et pour quoi faire ?! C'était comment quand on était grand ? Mes parents se battraient-ils encore ? Est-ce que je serais toujours somnambule ? Je n’ai pas le souvenir tangible d'avoir quitté mes tendres années. Le choc de la transition s’est opéré souplement, en un chaos muet, une sorte de mur du son passé au ralenti, en un étirement infini, jusqu'à ce que l'élastique de
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la vie se rompe, comme un claquement de fouet qui vous revient en pleine gueule. Une glissade, une mort lente. Une maladie incurable. Enculée !
Un Big Bang cruel. Je ne pouvais pas me douter que c'était ça la vie, qu'un jour j'en arriverais là. (Comment aurais-je pu ?) Les arbres étaient en fleurs, éclataient par séquences stroboscopiques. On aurait dit des explosions immobiles, des attentats multicolores aux ralentis artificiels, des éclaboussures lentes oranges et mauves, des feux de signalisation qui annoncent que la voie est libre et que le trafic est fluide, puis traverser à nouveau l'éternelle saison avant le blanc manteau. L'aire des loups. J'avais la sensation que dans ma nuit des temps, les empreintes de pas dans la neige restaient plus longtemps. Les arbres étaient en fleurs et je basculais mes volets, c'était le printemps.
Le calme qui régnait dans la maison venait jouer les trouble-fêtes en ce début de saison, mais après tout ne l’avais-je pas cherché ? À tous crins ? Lors, j’ai décidé qu’une balade à moto dans le jour qui s’éteint me serait secourable. J'ai agrippé mon blouson qui flânait sur la rambarde, puis j'ai relevé mes bottes dispersées sur le sol tiède, des Rios of Mercedes. Je ne sais pas pourquoi, peut-être une prémonition, mais en passant devant ma Lancia bleue marine dans le garage contigu, un sourire aux forceps est allé rebondir sur la portière de ce cercueil ambulant. Elle aimait bien cette couleur, celle de ses yeux lorsque les nuages filaient. J'ai enfourché mon Electra Glide, puis j'ai entamé la descente vers la ville. Au loin, quelques chiens hurlaient à la mort à cause du ramdam d'une fête foraine aux néons jaunis, aux manèges détraqués, de quoi s’en faire péter les colliers étrangleurs. Dans le soir parfumé au super sans plomb, le vrombissement de ma moto couvrait de plus en plus les aboiements, les tirs à 6
la carabine et les sirènes de police, qui ne m'appelaient plus de leur chant depuis belle lurette. L'air épais me fouettait la face, emplissant mes rides d'Aral. J'avais pris précaution d'emporter dans ma virée nocturne, une de ces bouteilles de pure malt que j'affectionnais tant. Elle supportait mon errance, pendant que la maison était sereine, trop sereine peut-être, abandonnée. Elle aurait pu l'aimer cette maison, pensais-je à nouveau, peut-être même que des gamins auraient pu y jouer. Je venais de finir le doublage d'une nouvelle série américaine, j'avais laissé la proie pour l'ombre, j'étais pas pressé. J'ai poussé jusqu'au Rubiz, j'y avais pas foutu les pieds depuis une éternité.
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_ ... Samantha,... tu bois un verre ? _ Avec plaisir, whisky sans glace s'il vous plait, et vous ? _ Tu peux me tutoyer tu sais... hummm, Champagne ?! _ ... Champagne ! Je sirotais mon verre en m'appliquant de ne penser à rien, à nulle part, une petite idée d’île déserte derrière la tête. Je n'arrivais toujours pas à trouver la faille entre mon envie d’amour et ce désir de solitude. Je m'enroulais dans les algues des grands fonds, je frottais mon ventre à la silice, je nageais sur le dos... _ T'es pas causant dis donc ! _ ... Oh, excuse-moi, je... _ J'te plais pas ?  _ Non, non, enfin si si, c'est pas ça,... je, je pensais à des vieux trucs sans importance... des trucs quoi !... Santé ?! _ Santé ! _ Je m’appelle Paul…
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 _ C'est joli comme prénom... mon père s'appelait comme ça aussi, ça te va bien... J'ai entendu dire que le prénom le plus sensuel pour un garçon, c'était Louis... BLAH BLAH BLAH… J’étais comme un lapin pris dans la lumière des fards à paupières. Pendant que mon cerveau superposait des images perdues, une succession de diapositives sur un écran flottant, j'ouvrai la grande armoire aux souvenirs. La virtualité sentimentale me guettait au coin du bar, sous les jolis contours embrumés de Samantha la mante. C'était une sensation étrange, une impression qui me plongeait pour moitié dans le macabre, et pourtant me hissait vers la vie. C'était exactement ça, j'étais hissé vers la lumière, j'allais me brûler les ailes. Ce n'est guère qu'après quelques verres, que je me rendis compte tant bien que mal que je lui parlais comme à Helena, comme si elle était près de moi. Les alcools forts ne m'aidaient pas à faire surface, j'avais plutôt jeté l'ancre dans la mer des souvenances. Dans mon crâne battait la sirène d'un submersible prêt à plonger pour je ne sais quel abysse, c'est ce que j'ai fait.
Quand je me suis réveillé, j'étais dans une sorte d'alcôve, de back-room dans les tons gentiment pourpres, baigné d’une lumière chaloupée, pendant qu’un soupçon de techno m’engourdissait. J’avais mon froc au ras des chevilles, un préservatif sur mon sexe mou et gluant. À première vue il avait servi. Une bouteille de champagne à moitié vide ornait une table basse en panthère, sur laquelle se trouvait également une coupe à moitié pleine, portant les empreintes de lèvres purpurines diluées avec leurs promesses, puis enfin une autre coupe, sur ma poitrine, abandonnée par une main à bout de force, apparemment comme le type à l'extrémité. À mieux y regarder, je crois bien que c’était moi. Au bout d'un couloir d'éternité, j'ai fini par trouver un lavabo oasis. La tête écroulée contre un sèche-mains automatique, mes doigts se mirent à 9
fureter à l'intérieur de mes poches à la recherche d'une cigarette. J'avais besoin que quelque chose me transperce le corps, quelque chose de réel, pour admettre que c'était bien moi qui étais accouplé à ce torchon électronique. Après avoir allumé ma gitane à l'aveuglette, m'être cramé les yeux par la fumée et toussé trois fois, je décidai de reconnaître l'enfant que j'avais mis au monde nouveau, dans le miroir que me tendaient les lieux. "Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est le plus laid..." Mes cernes me dévisageaient et la lumière du néon n'arrangeait pas les choses. La vue de mes cils impeccablement tenus me fit sursauter de joie, toutes proportions gardées. Ils avaient en effet échappé avec succès à mon briquet réglé sur chalumeau. Alors que la tendresse m'envahit, je me suis passé la main sur la figure puis j'ai frotté en rond, terminant par ma bouche, que j'ai serrée entre mon pouce et mon index, sans arrières pensées. Je me regroupai petit à petit, quand par réflexe, je me pris à fouiller frénétiquement les poches de mon blouson. J'avais beau retourner mes vêtements ankylosés de moiteur, que l'effroi me saisit à bras le corps, comme une pieuvre de dégoût, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Je n'avais plus mes papiers, ni ma carte de crédit, envolés. Je bondis comme une torpille hors des commodités, enfin... c'est une image, puisque définitivement titubant, je me ramassai la première marche venue. J'entendis vaguement un type me signaler que ça n'était pas cet escalier, mais celui d'en face que je devais emprunter, si je voulais revoir le jour. Je le remercie gaillardement de ses bonnes grâces dans un salto compliqué, puis j'atteins la cage et elle m'aspira. Deux mastards me retinrent sèchement par les bras, à peine avais-je pointé mon nez en haut des marches. J'avais failli retomber, en arrière ce coup-ci ! Les deux cerbères qui m'aidaient à évoluer, puisqu' apparemment par moi-même j'avais du mal, me firent visiter le bar sans toucher terre, et me larguèrent face à la caisse enregistreuse. Je pensais qu'avoir les membres 10
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