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1975 année sans pareille à Madagascar

De
284 pages
Le 25 janvier 1975, le général Ramanantsoa décidait de dissoudre le gouvernement qu'il avait formé le 27 mai 1972 après que le président Philibert Tsiranana lui a remis les pleins pouvoirs pour diriger le pays. Suivirent l'assassinat de Richard Ratsimandrava, son remplaçant, et la prise du pouvoir par Didier Ratsiraka: dès lors, la Grande île devait rapidement s'enfoncer dans les grands fonds de l'illusion révolutionnaire "socialiste" conduite par un pouvoir personnel et autoritaire jusqu'en 1992.
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André SAURA
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 1975  Année sans pareille à Madagascar
                        
   
                                                                                                                                 
Études africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa  
Dernières parutions  Coordonné par Céline LABRUNE-BADIANE, Marie-Albane de SUREMAIN et Pascal BIANCHINI, Lécole en situation postcoloniale , 2012. Jérôme TOUNG NZUE, Elites et compromission en Afrique. Légitimation dun système et sous-développement au Gabon , 2012. Joachim E. GOMA-THETHET, Histoire des relations entre lAfrique et sa diaspora , 2012. Amadou OUMAROU, Dynamique du Pulaaku dans les sociétés peules du Dallol Bosso (Niger) , 2012. Marc-Laurent HAZOUMÊ, Développement du Bénin. Léducation au cur de l « Émergence » , 2012. Andoche BAVUINDISI MATONDO, Le système scolaire au Congo-Kinshasa. De la centralisation bureaucratique à lautonomie des services , 2012. Djibril DIOP, Urbanisation et gestion du foncier urbain à Dakar. Défis et perspectives , 2012. Hygin Didace AMBOULOU, Histoire des institutions judiciaires au Congo , 2012. Serge TCHAHA, La francophonie économique. Horizons des possibles vus dAfrique , 2012. Godwin TETE, Histoire du Togo. Le coup de force permanent (2006-2011) , 2012. Ulrich Kévin KIANGUEBENI, Le droit du patrimoine culturel congolais , 2012. Cyriaque Simon-Pierre AKOMO-ZOGHE, Les esclaves Bantu de Colombie, Evangélisation et acculturation , 2012. Hygin Didace AMBOULOU, Pratique et déontologie notariales en droit positif , 2012. Hopiel EBIATSA , La monarchie de droit ancestral TEKE. Sacralité et autorité , 2012. Georges KIBONG A MIRA, Régulation du marché des télécommunications en Afrique , 2012. Mahamadou DANDA, Niger : le cas du Damagaram. Développement régional et identités locales , 2012. Ngimbi KALUMVUEZIKO, Congo-Zaïre, Le destin tragique dune nation, 2 e
 
 
 
 
André Saura   
 
 19  75   Année sans pareille à Madagascar    
              
  
 
 
 
     Du même auteur  Philibert TSIRANANA . Premier président de la République de Madagascar : Tome 1 A lombre de De Gaulle Tome 2 Le crépuscule du pouvoir                         
 
 
© L'Harmattan, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-99359-4 EAN  :  9782296993594  
 
 
 
 
                                          
 
A mon épouse, mes enfants et ma petite-fille
  
    
 
LHISTOIRE EN MARCHE
Le chant du cygne pour le régime Tsiranana
 
    Amoindri physiquement et intellectuellement par une grave maladie ayant nécessité son hospitalisation en France du 28 janvier au 26 mai 1970, le président de la République malgache, Philibert Tsiranana, avait donné alors aux observateurs de la vie politique nationale, le sentiment de ne pouvoir achever son deuxième septennat consécutif à la tête du pays depuis que la République y avait été instaurée en 1958. Au sein de la population on saccordait donc à penser quil devrait quitter la scène politique pour des raisons de santé évidentes et laisser André Resampa, son compagnon de route politique et dauphin de toujours, prendre en mains les destinées de la Grande Ile. Mal conseillé de surcroît, à son retour à Madagascar, par un aréopage incompétent ne pouvant cacher ses clivages internes sur fond de guerre de succession que beaucoup croyaient proche, bien sûr, le président Tsiranana allait devoir faire face également à des mouvements sociaux, ouvriers ou estudiantins, auxquels il nétait manifestement pas habitué. Moins préparé encore à de graves évènements survenant brutalement dans la région de Tuléar le 1 er  avril 1971, il  devait faire durement réprimer par la gendarmerie, commandée par le lieutenant-colonel Richard Ratsimandrava, le mouvement insurrectionnel déclenché et dirigé par le vieux leader nationaliste Monja Jaona, son adversaire de toujours. « Je crois, devait déclarer Jacques Foccart, secrétaire général en charge des Affaires africaines à la présidence de la République française, au président Georges Pompidou le 2 avril 1971, que tout cela vient de la sénilité et de la défiance de Tsiranana. Il a liquidé son ministre de lIntérieur et il renvoie les collaborateurs de celui-ci qui connaissaient bien leurs problèmes. Son pays est maintenant démantibulé. Logiquement, il devrait reconnaître à présent son erreur et reprendre Resampa. Mais tout porte à croire, au contraire, quil va sen prendre à Resampa et larrêter, ce qui serait une catastrophe ». « En tout cas, lui répondait Georges Pompidou, il faut nous tenir dehors de cela Je ne veux pas, à aucun prix, voir les légionnaires intervenir à Madagascar. Il nest pas question de mettre les doigts dans lengrenage ». 1  Brouillé en effet, durant la même période avec André Resampa, cheville ouvrière du gouvernement depuis onze ans et du parti social-démocrate quils avaient créé ensemble en 1956, Philibert Tsiranana lavait ostensiblement rétrogradé dans la hiérarchie gouvernementale et, comme lavait prévu Foccart,                                                  1  Foccart, Jacques, « Dans les bottes du Général, Journal de lElysée III », 1999, Fayard/ Jeune Afrique, pages 675 et 676.
 
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il devait le faire arrêter le 1 er  juin 1971 à lissue du conseil des ministres et placer en résidence surveillée dans la petite île de Sainte-Marie pour « complot et connivence avec une puissance étrangère », en loccurrence les Etats-Unis dAmérique. Lacte dautorité présidentiel, solennel et rigoureux  pour une faute dénoncée publiquement mais dont beaucoup doutaient au sein de la population malgache et ailleurs  navait cependant pu éviter à Tsiranana un profond déchirement personnel. « Dieu connaît la peine qui alourdit mon cur », confiait-il le lendemain dans son « Cahier bleu » 2 , recueil discret de ses moments dhumanité commencé lors de son séjour à La Salpêtrière à Paris, lorsquil réapprenait à marcher, écrire et parler après « lattaque » hémiplégique dont il avait été victime le 28 janvier 1970 à Yaoundé à loccasion dune réunion des chefs dEtat de lOrganisation commune africaine et malgache. Sublimant sa peine et les multiples contrariétés qui emplissaient son fragile quotidien, le « Père de la Nation » allait rapidement afficher sa détermination pour mener à bien un nouveau combat politique : remporter  lélection à la présidence de la République du 30 janvier 1972, puisque telle serait la volonté de Dieu ! Lhomme est croyant, en effet, et il a toujours présent à lesprit son questionnement dun soir : « Au plus profond de ma maladie, en ce sombre mois de février 1970, cest à Dieu que je me suis adressé. Du fond de mon âme je Lui ai dit : « Si Tu penses, mon Dieu, que je ne dois plus être le chef de mon pays, ne me laisse pas vivre, Reprends-moi. Mais si Tu estimes que je dois continuer, il faut me guérir complètement ». Le 9 mai 1970, sur le chemin de la guérison, il avait transcrit cet échange avec le Ciel dans ce « Cahier bleu » à spirales que lui avait apporté lépouse du premier ambassadeur de Madagascar en France, le professeur Albert Rakoto-Ratsimamanga, 3 et il avait alors ajouté : « Dieu ma laissé vivre, Il ma donné la force et le courage de lutter jour après jour contre la maladie. Cest pourquoi, plus encore, je crois en la vérité de ma mi i 4 ss on ». Un an après avoir retrouvé son bureau présidentiel à Tananarive, le temps était donc venu de mettre en uvre la volonté divine, même si, manifestement, le rétablissement définitif du patient montrait encore quelques limites. Les cérémonies marquant le onzième anniversaire de lindépendance de Madagascar, le 26 juin 1971, donneront à Tsiranana loccasion de réaffirmer solennellement sa volonté dunion nationale. Lancien petit berger Tsimihety, devenu professeur par un travail acharné, puis président de la République par dindéniables qualités dhomme et de tacticien politique qui navaient dailleurs                                                  2  Tsiranana, Philibert « Le Cahier bleu  Pensées, Souvenirs », Tananarive, 1971, Imprimerie Nationale, page 95. 3  Le cahier à spirales devait permettre à Philibert Tsiranana de tenir le journal de son hospitalisation, mais il avait surtout pour vocation de contribuer à la rééducation fonctionnelle du malade. 4 Tsiranana, Philibert (1971), page 40.
 
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pas échappé alors au général de Gaulle, à lheure où les emblèmes africains aspiraient à sélever pour leur première aube nationale, décidait donc, comme à ses débuts en politique, de parcourir à nouveau le pays à un rythme effréné, malgré lopposition de ses médecins malgaches et français, pour se faire entendre de la population de chaque province sur les thèmes de lunité nationale et du patriotisme. Il lui fallait en effet, réduire, à défaut détouffer, les ferments de la division politique qui avaient failli briser son Parti et qui sajoutaient évidemment aux rivalités ethniques déjà bien ancrées dans la Grande Ile, tandis que se faisait plus précise la perspective de lélection  présidentielle  devant lui permettre de demeurer à la tête de la Grande Ile, sa terre de mission. Après les multiples allocutions et discours « unitaires » entendus au gré des déplacements effectués par le chef de lEtat tout au long du deuxième semestre de lannée 1971, les diverses cérémonies de vux du début de lannée 1972 puis la « triomphale » réélection de Philibert Tsiranana à la présidence de la République le 30 janvier 1972, pour un troisième mandat de sept ans, avec plus de 99% des suffrages exprimés, devaient laisser espérer, comme en écho aux propos présidentiels, quelques signes dapaisement dans une nation jusqualors à labri des heurts déplorés dans plusieurs pays de lAfrique toute proche. Du moins le pensait-on, surtout dans les milieux officiels !   La fiabilité des résultats de lélection présidentielle nétant toutefois évidente pour personne, tant à Madagascar quà létranger, la presse dopposition allait saisir aussitôt lopportunité de dénoncer lampleur de la victoire du Ray aman dreny 5  du fait de  linvraisemblance de certains chiffres comptabilisés dans les bureaux de vote, en province et dans la capitale. La notion de devoir civique avait en effet dû savérer tout à fait étrangère à une forte mobilisation de lélectorat et il fallait donc toute la propagande gouvernementale pour faire croire à un grand élan national, alors que le vote sétait déroulé, au mieux, dans la plus grande soumission pour ceux qui navaient rien à perdre ou à gagner à travers les résultats du scrutin plébiscitaire, mais plus concrètement encore dans lirrégularité générale pour une consultation sans enjeu. LHebdomadaire catholique « Lumière »  pouvait donc affirmer très logiquement le 6 février 1972 : « Quand on voit que, dans neuf sous-préfectures sur dix, le nombre de votants est égal au nombre dinscrits, les chiffres perdent toute crédibilité. Ils signifieraient que depuis la clôture des listes électorales, il ny a eu aucun décès, et ils obligent déjà à conclure que les morts ont voté ! » Le succès facile de Philibert Tsiranana, candidat unique à sa succession, aurait en effet gagné, tant à légard des Malgaches que vis-à-vis de la communauté                                                  5  Formule respectueuse, voire même affectueuse, désignant une personnalité revêtant les qualités de « père et mère » dans la société malgache.
 
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