ABUBAKARI II

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L'auteur réalise dans cet ouvrage la synthèse de plus de vingt années de recherches sur l'empereur mandingue Abubakari II, qui, en 1312, abandonna volontairement le pouvoir pour explorer les limites de l'océan. Sa flotte aurait mouillé sur les côtes du Brésil. Abubakari II fait partie des pionniers de l'ère des grandes découvertes... Avant Christophe Colomb, avant Magellan, avant Vasco de Gama.
Publié le : jeudi 1 avril 2010
Lecture(s) : 78
EAN13 : 9782336281018
Nombre de pages : 105
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À l’heure du cinquantenairedesindépendances africaines ,
certains esprits sont entrain de tenter decapturer l’énergie
dessociétés civiles et desmoindres groupesorganisés
pourles engager dans une «annéedefestivités ». Nous
proposons de laisser lafête là où elleest. De sortir la tête
de lafête. Pournous interroger,débattre, capitaliser ,
regarderl’Afriquedroit dans …ses réalités, construiredes
projets de société portésparle livreetl’écrit !
«50voix» est une collectionpour les texteslittéraires ,
les comptes rendus de travaux de recherches, les
témoignages, les biographies, la réflexion critique etla
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Siège social : Bako Djikoroni Ouest, Bamako(Mali)
E-mail : sahelienneedition@yahoo.fr
Tél.: + 223 66 79 2440
ISBN: 99952-54-28-X
Dépôt légal : Bibliothèque nationaledu Mali, 2010 .
Conception graphique de couverture :
© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-11139-4
EAN: 9782296111394SommairE
Introduction .......................................................................7
Invitation au voyage .........................................................11
Sur les traces d’Abubakari II .............................................19
Abubakari II dans les sources orales ..................................29
Une histoire d’Abubakari II ..............................................67
L’âge d’or du Mandé ...........................................................79
Conclusion .......................................................................93
Hymne à Abubakari II .....................................................97
Bibliographie ....................................................................99Aux jeunes du Mali, d’Afrique et du monde.
Remerciements
Je dois beaucoup aux historiens maliens et à leurs collègues de par
le monde pour leurs travaux de recherche qui m’ont été d’un apport
considérable. Notamment le professeur Sékéné Mody Cissoko, dont
la citation suivante sert de clé d’accès à ce livre :
« La mort de Soundiata en 1255 fut pleurée par tout le Mandé et
son nom ne tarda pas à entrer dans la légende. Ses enfants et ses suc-
cesseurs ne furent pas de grandes personnalités ; Djourouninkoun ou
Mansa Oulé (1255-1270) dont les généraux conquirent le Bambouk,
le Konkodougou et le Gangaran. Kalifa, médiocre et cruel, et Abuba-
erkari I , frère de Soundiata, régnèrent sans éclat.
« En 1285, à la suite d’une crise de succession, le chef des esclaves
impériaux, Sakoura, usurpa le pouvoir. Ce grand capitaine agrandit
l’Empire en conquérant le Tekrour jusqu’à l’Atlantique, le delta cen -
tral nigérien et le petit royaume des Dia de Gao. Il périt en 1300
en retournant en pèlerinage. Le pouvoir revint aux princes légitimes,
erGawa, puis Mamadou I et ensuite à Abubakari II. »
Histoire de l’Afrique Occidentale, p. 49-50.introduction
Les historiens, avec des approches parfois diférentes mais tou -
jours complémentaires, se sont investis dans la réécriture du passé
1de l’Afrique . Par le caractère scientifque de leurs travaux et les ré -
sultats de leurs investigations, ils ont contourné le cap de l’histoire
événementielle et apporté au monde un regard nouveau pour com-
prendre le continent noir. Mais des points obscurs restent encore
à élucider pour évaluer à sa juste valeur le rôle majeur de l’homme
africain dans le processus de développement de l’humanité.
Des spécialistes s’accordent sur le fait que l’infuence africaine
a profondément marqué la civilisation amérindienne précolom-
bienne. Chez les Aztèques, le serpent à plumes précieuses, Quet-
zalcÓatl, n’est-il pas le pendant du Bida à sept têtes du Wagadou,
boa du panthéon animiste mandingue ? Les divinités du panthéon
aztèque regorgent de similitudes avec celles des panthéons africains
(dugudasiri, esprit de la terre ; funufunu, esprit du vent ; takami,
esprit du feu ; bafaro, génie de l’eau), tout comme les divinités des
peuples maya et inca Viracocha, Inti, Illapa et Pachamama.
La nécessité s’impose dès lors de faire découvrir par les jeunes
générations les fgures mythiques, emblématiques de notre vécu so -
cial, avant, pendant et après la colonisation.
Nos héros anciens et modernes méritent d’être connus, non
pour être déifés mais pour allumer en nous, en permanence, la
1. Voir les travaux de Tor Heyerdahl, navigateur norvégien et anthro-
pologue, Ivan Van Sertima, anthropologue, Pathé Diagne, sociolinguiste,
cités en bibliographie.
7abubakari ii
famme du patriotisme et du civisme, pour exalter le sens profond
de la vie communautaire : l’amour de la terre natale et le respect du
genre humain.
C’est dans ce sentiment que réside l’idéal d’Abubakari II Keita,
qui partit en 1312 des côtes mandingues de Gambie pour une ex-
pédition transocéanique sur les côtes du Nouveau Monde. Il igno-
rait tout de son lieu d’arrivée, mais il savait dès le départ que toute
rivière a deux rives, que tout feuve, que toute nappe salée a deux
rivages. En s’attaquant au « baaba » ou « gueidji », l’étendue d’eau
salée, il espérait rencontrer de nouvelles frontières, de nouvelles ter-
res pour transmettre le message de Farafna (l’Afrique Noire), au
reste du monde.
à l’époque, l’intention était démesurée. C’était 180 ans avant
Christophe Colomb. Abubakari II a pourtant osé l’aventure, pour
prouver que l’univers ne s’arrêtait pas aux limites d’un pays. Il a osé
ouvrir « dunya », l’ici-bas, à sa dimension planétaire.
La vie et l’œuvre d’Abubakari II s’inscrivent dans les grands
mythes fondateurs du monde qui entretiennent la mémoire collec-
tive, source d’inspiration des grandes œuvres qui nous font décou-
vrir l’univers des civilisations. De grands peuples comme les Man-
dingues, les Songhaïs et tant d’autres ont produit dans l’histoire des
héros mythiques.
Hors de l’Afrique, les mythes scandinaves, vikings, nous re-
tracent les conquêtes maritimes des peuples du Nord. L’Antiquité
gréco-romaine nous enseigne le courage philosophique de Promé-
thée, nous a laissé le mythe d’Orphée, l’Iliade et l’Odyssée. Avec
l’é gypte ancienne nous découvrons Osiris (6 000 ans avant J.-C.)
ainsi que les cosmogonies héliopolitaine, hermopolitaine, memphi-
te, thébaine. Que dire de l’Inde avec les Védas, les divinités Brahmâ,
Vishnu, les Purāna ? La Chine s’appuie de nos jours sur ses héros
civilisateurs dont Huangdi, Shun, ceux du microcosme A’An Kou
et du microcosme humain. Nous ne passerons pas sous silence le
Japon avec la mythologie impériale, la colère d’Amaterasu, et la
descente d’Izanagi aux enfers.
8introDuction
La mission fondamentale du mythe est la même partout au
monde : quérir, moraliser, instruire. Dans le droit fl de cette mis -
sion, la vie d’Abubakari II est, pour les jeunes déboussolés, un repè-
re dans l’océan des difcultés qu’ils doivent surmonter pour donner
un sens positif à leur existence.
à la recherche d’Abubakari II dans l’histoire tumultueuse du
Mandé, nous nous sommes fxé des objectifs :
– réhabiliter l’image d’un personnage historique du Moyen â ge
africain, dont les œuvres restent de nos jours peu connues ou mé-
connues dans le processus de la rencontre des cultures et des civi-
lisations ;
– réécrire une étape occultée de l’histoire du monde noir afn de
favoriser l’éveil et la prise de conscience des générations nouvelles ;
– contribuer à une ère de paix dans le cadre de l’intégration des
peuples partageant une même histoire.
Des opportunités nous permettent de mener l’aventure. En
efet, en ce début du troisième millénaire, la stabilité sociale est as -
surée au Mali. L’unité nationale est consolidée. La recherche scien-
tifque, qui nécessite des déplacements sur le terrain, des contacts
et des rencontres ainsi que des ateliers, bénéfcie de cette heureuse
situation politique au Mali. Elle doit en profter sur le plan inter -
national. Le Mali, cité en exemple en Afrique, jouit d’un crédit
certain, et tout ce qui renforce son image de marque à travers un
passé honorable est à entreprendre.
La sous-région ouest-africaine, comme l’ensemble du monde
noir, retrouve, dans la recherche des fgures historiques importantes,
des étapes clés de la vie des peuples. Et tous ont besoin aujourd’hui
de ce ciment social pour rêver d’un monde futur porteur. L’action
politique au plus haut degré des dirigeants maliens constitue un
vecteur qui favorise les activités de recherche. Les valeurs positives
du passé d’un peuple lui sont indispensables dans l’édifcation de
son présent, de son futur, dans le processus d’un développement
9abubakari ii
durable. à ce titre, la revalorisation de la conscience historique
s’avère nécessaire.
D’où la revalorisation de la tradition orale comme forme de
transmission du savoir. Les nouvelles générations ont le droit de
savoir ce qui s’est passé dans leur pays et dans leur continent pour
trouver des repères dans les actions quotidiennes qu’elles seront
amenées à entreprendre.
D’autre part, beaucoup de peuples africains ont en commun
un patrimoine. L’éclairage de cette richesse collective est facteur de
rapprochement, d’enracinement et de culture de paix, d’entente et
de solidarité.
Voila pourquoi Abubakari II est le début d’un retour en nous-
mêmes, au nom de la mémoire. La mémoire qui selon les griots
garde vivant le souvenir, fait passer la vie dans la mort et la mort
dans la vie.
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