Amo Afer

De
Publié par

Face aux atrocités rencontrées par les Africains, certaines personnalités fortes décident de se mesurer à l'anathème : Amo Afer est de ceux-là. Kidnappé dans un village de bord de mer en Afrique occidentale (Gold Coast) vers l'âge de trois ans et embarqué pour la Hollande, un duc allemand le reçoit en cadeau. Grâce à cette famille ducale, il fait de bonnes études et devient professeur d'université. De tels hommes de caractère doivent être connus et Amo devrait, dans cette perspective, être rangé dans le peloton de tête : il mérite d'ailleurs de servir de modèle à ses congénères.
Publié le : samedi 1 mai 2010
Lecture(s) : 73
Tags :
EAN13 : 9782296253070
Nombre de pages : 221
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

AmoAfe
UnNoir,professeurd’universit
enAllemagneauXVIII siècl
éreeLogique, SciencesetPhilosophiedesscience
Collection dirigée parSimon Mougnol
Lac ollection «Logique, SciencesetPhilosophiedess ciences»réunitde
œuvresquidéveloppentdesq uestions enrapportavec lalogiqueetl e
mathématiques,less ciencestellesq uelaphysique, lac himie, lab iologie, le
technologiesq uifont directementappelàlamathématique, àlaphysique, l
philosophied essciences,labioéthique.
Elleaparailleurs uns oucide vulgarisation:de nombreusesp ersonne
veulent comprendrel’univers hermétiquequelest raitésr édigésp ardesavant
scientifiquesmaintiennent inaccessible.Nos auteurs s’efforceront de rendr
accessiblel’analysed ess ujetsp arfois complexesqu’ils exposent dans leur
écrits.Cettec ollection ambitionneainsi de toucherunl arge lectoratdésireux
de sef amiliariseravec lesbranchesq uin ourrissent lesévolutions dont notr
siècles’honore.
Lavulgarisationdess avoirs prônée parlaphilosophiedess ciencesn’est pa
vaine:elleest l’undesdéfis quecettecollection entendrelever.
Dernièresparution
Jean-Claude TCHASSE , Manuelde physique, TerminalesC,DetE(Afrique),
2008 .
sssssassesesSimonMougnol
AmoAfe
UnNoir,professeurd’universit
eenAllemagneauXVIII siècl
reéUMÊMEA UTEUR
ChezL’Harmatta
Cettesoirée quelapluieavait renduesilencieus ,2006
Poursauverl’Occident,2007
Souspseudonym
Àcontre-couran ,2005
Lecombatpourl’essentiel, 2006
ChezConnaissancesetSavoirs
Lechampde Bourdieu:épistémologieetambitions herméneutiques, 2007
Souspseudonym
Poursauverl’Afriqu ,2005
©L’Harmattan,2010
5-7,ruede l’Ecole-Polytechnique, 75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.f
harmattan1@wanadoo.f
ISBN:978-2-296-11545-3
EAN:9782296115453
teeneDrreRemerciement
Jeremerciel’universitédeDüsseldorfausein de laquellej’aipumener
sont ermeceprojetvieux de plusdevingtans.Mareconnaissance vaa ussi
MmeAgnèsUllrich,mon amie, monanciennec ollègueàlaMaximillian
Universitätde Munich,pourlarelecturedutexteets esconseils avisés.
Ungrandmerciaussi àMmeMingers,laresponsabledelabibliothèqued
mab onnevillede Meerbusch-Strümp .
Éternelleg ratitude àtousceux qui,citésounon,m’ont assistéd ’un
manièreoud’uneautreaucours de ce travail.
S.Mougnol
esàeààJoël,mon fils uniqu
eAbréviations
Deh umanae Deh umanae mentis apatheia .
Dea rt Tractatusdeartesobrieetaccuratephilosophand .
Dea rt ,I.2,§1 Dea rt ,partieg énérale, chapitreI,titre2,paragr. 1.
Deart 3,IV.5, §8: Deart ,partiespécialesection3,chapitre4,titre5 ,
paragraphe 8 .
:ee:ei:eeAvant-propo
Letextequetuv aslire, cheramilecteur,teproposeàlafoisunportrait de ce
personnage singulierq u’est Amo etunevulgarisationde sapensée.
Portrait
C’est unp ortrait,parcequ’Amoest peuconnuenAfriquef rancophone,
hispanophoneetl usophone.Ilm’ad oncparubienàpropos de présenterde
étapesdesavie, puisquemonambitionest de leh isseràlaplace quilu
revient:laplace de modèlepoursesfrèresafricains. Ceciveutdirequec
texten’est pasunebiographie: unebiographiesupposeunt ravail
d’interrogationdesdocumentsappelésàrendrec ompted esm omesd’un
parcours.Pourmapart,jemesuis contentédesolliciters esbiographes.
Lavied ’Amocomportedenombreuseszonesd’ombre.Nos historiens e
autresbiographesde métiero nt làunchantierq uip ermettrait de mettreen
lumièrecertainsfaits marquants de laviedec etaîné.Leurs conclusions
seraient d’uninestimablea pportàuneplusgrandec ompréhensionde lapensée
d’Amo etm iliteraient poursonétablissementp armil eshommesde géniequ
comptenotrec ontinent .
Vulgarisation
Cetexteseveutaussi êtreunessaide vulgarisationde sest ravaux:Amofut,
commeWolff sonm entor,unencyclopédiste.Lesdomainess url esquels il s
pencha leplussont,pourcertainsd’entree ux,considéréscommerébarbatifs.
C’est lec asdelamétaphysique, desm athématiques,delalogique.Ent ant qu
philosophe, Amo s’était alignésurlestoïcisme.Cetalignement fit miroiter
sesyeux lesvertusdeladémocratisationde laphilosophieetdess avoirs.Un
tentativede vulgarisation,c ommecelle-ci,cadrepoint pourp oint avec l
tournured’esprit d’Amo .
C’est pourquoi uneffortp articulieraportésurlalisibilitédeson
échafaudage.Suis-jeparvenuàatteindremonbut? C’est lapostéritéquil
dira .
Jet’inviteàmesuivreetàmonteravec moidans lapirogueavec laquellej
vais explorer,soust esyeux,cettebelleflorea quatique, carvivantee
vivifiante.Ellemérite, ami lecteur,quetusacrifiesàunr ituelq uejemesuis
employéàsimplifieraumaximum;ellelemériteparce qu’ellef ait l’honneu
de touteunefratrie.
Simon Mougnol
eeeiàtteeaeesrsDasKernstückderPhilosophieAmosi st di
Erkenntnistheorie/Lec œurde laphilosophi
d’Amo,c ’est lathéoriedelaconnaissance.
BurchardBrentjes.
Introduction
L’universitaired ont il est iciq uestionénonça desi déesn ovatricesdans son
domaineetonattribuaàd’autres,parlasuite, lapaternitédesconceptsqu’il fu
l’undesp remiers àutiliserdans uns ystèmedepensée organisée:il proposae n
philosophied ess ciencesetenlogique, entrea utresaspects de sonœ uvrequ
j’essaied ’explorer,uneprésentationetdesanalysesq uip ermettentde voiren
luiunesprit brillant,a uqueldesgrandess ignaturesvénéréesp arsapostérit
auraient dûreconnaîtreunedette.Ilest unm odèlepourlesj eunesNoirs:non
pasquetoutAfricain doived evenir ungénied ans uns avoirouunautre;m ais
parcequ’il réussitàpuiserenl uil esénergiesnécessairespourvaincr
l’anathème, sec onstruireetatteindrelataillequifutlasienne.Anton Wilhelm
Amo (~1700-1756),c ’est sonn om,é tudiaenAllemagneauXVIII siècleety
enseignalaphilosophie.Mabetient àcequ’onl uiaccorde letitretantélevéd
‘professeur’
«Cen’est qu’en1819 quefutintroduiteenPrussel’habilitation. Ladésignation ‘Privatdozent’
(qu’onl uiareconnue)remonteenp rincipeà1810.…Denos jours,lePrivatdozent est un
enseignant deshautesécolesdont lesvacations nesont qu’unemplois econdaire.Ilperdcette
appellationdèsq u’il obtient led roit de portero fficiellement letitredeprofesseur.Christian
Wolff (1679-1754)aussi servit commePrivatdozent jusqu’àsanominationen1710comme
professeurtitulaireàlaf acultéde droit de l’universitédeLeipzig.Onest toutàfait fondé à
1appelerA.W.Amo ProfesseursurlabasedesaqualificationobtenueàHalle» .
Brentjesp arledeluicommed ’ungrande nseignant reconnu,affirmant qu
lesuniversitésoùil futenpostec omptaientaveclui .
«Acest raditions,il convient d’ajouterl ’histoiredupremierj euneAfricain quio fficiadans un
instituts upérieur,àHalle,WittenbergetIénaetq uec hacunede cest rois universitéscompte
2parmil esgrandespersonnalitésdeleurhistoire:Anton Wilhelm Amo …» .
Selonce biographe,leschosesdel’esprit neluiétaientp asétrangères:il
avaitcommeunedispositioninnée quilesluirendait familières.
1 «DieHabilitation wurde in Preußenerst 1819 eingeführt. DieBezeichnungPrivatdozent geh
allgemein auf1810zurück. ... HeutesindesPrivatdozenten,d.h.nebenberufliche
Hochschullehrer. SieverlierendieseBezeichnung,sobaldsied enProfessorentitelo ffiziell tragen
dürfen. Auch ChristianWolff dientea ls Privatlehrer,b is er1 710z umOrdinariusderj uristischen
FakultätderUniversitätLeipzigb erufenwurde.…Esi st daherberechtigt,Anton Wilhelm Amo
aufgrundseinerinHallee rworbenenLehrberechtigungProfessorzu nennen».MabeJ.
Emmanuel , Wilhelm Anton Amo interkulturell gelesen,InterkulturelleBibliothek,Nordhausen,
2007,note31,p. 25.
2 «ZudiesenTraditioneni st auch dieGeschichtejeneserstenAfrikaners aneinereuropäischen
Hochschulezurechnen,d erinHalle, WittenbergundJenag ewirkt hatunddenalled re
Universitätenzu großenPersönlichkeitenihrerGeschichterechnen:Anton Wilhelm Amo …» .
Brentjes .,Anton Wilhelm Amo.DerschwarzePhilosophin Halle,Leipzig, 1976,.p.8.
13
et:eBeeeeéeit«Cecim ontreeneffetsag rande capacitédec omprendre(ce qu’onl uienseigne)e
d’enseigner(àd ’autres):preuvequelef ait qu’il occupeuneposted ’enseignement àl’université
3nef utp asuneimposture» .
LeprofesseurAmo est peuconnudugrandpublicet,cequiest plusgrave ,
lesp rogrammesde philosophieenAfriquee mboîtent lepasauxanthologiesde
lapensée occidentale:ellesnefont jamais allusionàcetesprit génialquiquitt
sonp ays,on peutled ire, commelef ait nombrede sescongénèresaujourd’hui,
etilt intbon. Lemigrant africain de ce siècleetAmo ont encommunde
n’avoirp aschoisi librementd’abandonnerleurmonde pourl’Europe:Amo est
kidnappéett ransportéenHollande;lemigrant s’éloignede sonuniversp ou
fuir led émonexterminateurq uiysévit.
Mais,a -t-onr aison de considérerAmo commeunm odèlepourl’enfant de
l’Afriquequivit souslecielancestralouailleurs,sousd’autrescieux
Commetousseshomologuesàtraverslemonde, lejeuneAfricain quimont
enâgeabesoin de modèles. L’hommequesonenvironnemento ffr
journellement àsonr egardest unêtred échude sad ignitéd ’homme:c’est un
individuàqui,dans lemeilleurdescas,on jetteindéfiniment soni nsignifiance
auv isage;t oujours dépossédé de ce quiest àlui,il est victimed ’humiliations ,
de brimades,debrutalités…
Unedesdestinations prisedenosj ours parlejeuneafricain atteint duv iru
de l’exodee st laFrance: c’est lepaysd’Europequipossède ungrand
contingent d’anciennescoloniesdans lec ontinent noir. Leslienscréésn’ont
4pasétérompusmalgrélafin officielledelaprésence de l’anciencolon :lesor
de cespaysdépendde laFrancequiyfait lapluieetleb eautemps.
Tandis qu’ils errent,obéissant aux directivesdel’ancienmaître,leurs
économiesfont dusurp lace:il leurmanqueled ynamismeindispensableà
l’absorptiond’unejeunesse, toujours plusnombreuse,quiaccèdeàlavieadult
Cesjeunesbrasetcesjeunest êtesrêvent tousdel’Europeets ingulièrement
de laFranceoùvivent déjà, depuis desdécennies,d esarméesde travailleurs
invitéspourreleverlaterredesGaulois malmenée,terrassée, violée, ruinée, pa
l’Allemagneh itlérienne.Avecc eux quiydébarquent encorec haquejoure
3 «Diesaberzeigteseinee bensogroße FähigkeitimBegreifenwieim Lehren,undererwiess ich
nichtals ungeeignet,e inmalanderUniversitätdasLehramtzu übernehmen».Brentjes(1976),p.
10.
4
LaFrance n’avait jamaisp enséa ccorderl ’indépendance aux paysde l’Empire.SelonA.Gerbi,
Histoireoccultée de lad écolonisationfranco-africaine,Paris,2006( ets urd’autresaspects de la
questiondesdessousde lad écolonisation,c onsulterSamuelMbajoum, Entretienss url esn on-
dits de lad écolonisation,Paris,2007,seulesdesconsidérations financièresetbassement raciste
conduisirent lesp olitiquesfrançais,g agnésaux théoriesde Machiavel,àimposerl ’indépendance
àl’Afriquef rançaise.Alasuitedeceb rillant chercheur,j’ajoutequec etted écolonisationavait
germéd ans lesesprits enm êmetempsq u’unegénialetrouvaille, lac oopération,quiétaitcensée
leurp ermettredec onserverunemainmisesurl eurs anciennescolonies. Aujourd’hui,lecommun
desAfricainsnes’expliquepascomment deshommesintelligentsetdotésd’uncœurp euvent
continueràfairef onctionnerl ’assistance quis ous-tendl’œuvredec oopération,a lors quec ette
œuvreneportepasde fruits depuis desdécennies. Ceux quip ensent qu’ellee st infructueuse
n’ont touts implementp ascomprisq u’elletient merveilleusement sesp romesses:e llef u
imaginée pourinstaureretassurerlamaintenanced ’unemainmisee t,decepoint de vue, ellee st
uns uccèséclatant .
14
?tststteeerraceux quiysurvivent déjà, ce paysfourmilled ’Arabesetde Noirs qu’il netient
pasàconsidérercommed esFrançaisàpart entière .
Certes,il fait appelàe ux,usant de mots quicontredisent ceslignes,quand
l’urgence est là:quelquesmédaillesde plusàs’offrir dans lesarènesdumonde
oudusangàverserp ourlamèrepatrielorsquedesbruits de bottesp arviennent
àseso reilles. Bienqu’ils nereculent devant aucuns acrifice, lesAfricainss
voient ravalés,d ans leschampsd’honneur,aurangde combattants ingénus,
puisquelenomparl equelonlesdésigne, lesp ensions duesaux anciens soldats
qu’onl eurverse, traduisent enclair unevolontéa ffichée de nelescompterq u
commequantiténégligeable.
Ilparaîtquecettepatries’apprêteàlessolliciterànouveau:ellecommence
comprendrequesoni ndustriemanquedeb rasetdetêtesetq ue, plusl
consommateurest démultiplié, mieux marchelavieé conomique.Dureste, ell
n’arriveplusàorganiser«l’élevage» de sesr ejetons,c ’est laraison pou
laquelleellenesaurait fairelafineb ouched evantunenounouunp eutrop
bronzée;de lamêmemanièreetp ourlesm êmesr aisons,lespectaclede se
vieillardsdécatis,g rabataires,d evenant insoutenable, laFrancenepeuts
payerleluxedeb ouderunenégresse, mêmesi on lamoque,e lleetceuxde s
race,lessoirsaprèss on départ.
EnFrance, lesj eunesFrançais dont lesp arents sont originairesd’Afriquen
veulent pasl’entendredecetteoreille.Ilarrivedoncqu’ils semettentencolère.
Aulieudeleurp arlerlelangage de laréunion desforcespourqu’ils redressent
pareux-mêmesl eurtrajectoired éviéepardesesprits malveillants,leurs aîné
médiatisésl esencouragent àplusde vandalisme: c’est unedéperdition
d’énergiequinesert ni leurcause, ni leurcommunevolontéc laméedes
libérerde lasujétion,nil ’ambitionl égitimedec hacunde sec onstruireent ant
qu’homme.L’aînéneleurp arlejamais de ce qu’il yade positifdans leu
histoire;iln ’attirejamais leurattentions url esgrandsn omsdont lasimpl
évocationp ourrait fairenaîtreeneuxl’espoirde donnerpareux-mêmesun
sens àleurvierabougriequedesêtresinhumainsveulentm aintenirratatinée.
L’aînéjoue, sans lesavoir,lejeude l’ancienm aître:celui-ciaappris aux
Africainsàselimitereti ls parlent d’eux-mêmesentermesdeSénégal,
Gambie, Malawi,etc.;s urleplanhistorique, il ae nseignéquel’îledeGorée
existe, mais jamais il nef ait allusionàcelled’Unguja: chacunsait qu’en
ramenantàquatresièclesladuréed ’unehorreurquicourutdesm illénaires,il
chercheàd élesterq uelquepeusac onscience dupoidsdesesinhumanités.
Nos congénèresm édiatisésdoivent parlerde ceux desn ôtresq uit inrent bon
malgrélatempêteetq uidéfièrent l’anathème, l’horreur,l’innommable.Nos
jeunesdoivent savoirq uelemot efficacitéexisteetq uesaf éconditén’est pa
vainement illusoire:il nesertàriend’agir sans sesoucierdesfruits quese
œuvresp euvent porter. Lesfruitsq uenoussommesendroitd’attendresont lié
ànotrelibérationetd’ailleurs,pours’enprendreàlanégationde l’homme, est
il besoin de nuiremêmeàsonbourreau?Ilsuffit de s’employeràpuiserensoi,
commelef it Amo,dequoi défierhumainement lad ictatureduplusfort. Nel
perdons pasde vue:notrec ombatest d’abordintérieur .
15
àesersresasee-eeeseAnton Wilhelm Amo doitêtrec onnu,a iméetp ris pourmodèle: ens on
temps,il avaitaffrontéunesituationencoreplusdéstructurantequec ell
d’aujourd’hui. Maiscetteconfrontationavec l’horreur,qu’il convient de
maudire, nel’empêchapasde resterdebout,de fairemarquersonn om parm
nos aînésdont lesparcours contredisent tousl ess avants propos tendant
montrerl’inférioritéduNoir .
Lemouvement anti-esclavagistedelafin duXVIII sièclea ppuyait,surtou
enAllemagne, sonargumentations urlaf igured ’Amo. Lestextesdec ertain
de cesdéfenseurs de l’égalitédesr aces,tels queceux de Blumenbach, furent
traduits etp ropagésaux USA:ils servirent de référencesaumilitantismea nti-
racistequicontestait lesdiscoursdesactivistesdudéveloppements éparé.
Plusieursl ivress url esNoirs quiont comptépourl ess avoirs placents ouvent
Amo ent rèsbonneplace.C’est lec asdeFlemingBeatrice etPryde Marion,
DistinguishedNegroesabroad,Toronto1 946,etde quelquesautres.
Nos jeunesdoivent savoirq uelesenfantsde notrec ontinent ont marquéde
leursempreintesl ’aventurehumainedeladécouverte:quelalogiquef ormell
d’Aristote(384-322)etdess toïciens,quifait aujourd’huileb onheurde l
mathématiqueetde larechercheinformatique, connutunregain de vitalitéavec
Apulée (125-~180),unMaghrébin;q uelareligionde l’Occident reposesu
lesidéesdéveloppéesp ardesNègresetdesBerbères,tels quePlotin (~205
270)qui,sans êtrec hrétien,était lepèredunéoplatonismequifonde l
christianisme, tels Tertullien(~155-222),StAugustin (354-430),etc.;q u
FélixEboué(1884-1944)était unNègreets elonDeGaulle(1890-1970),l
hérosde lalibérationfrançaise, dans sesm émoires,ceNégro est,aumoin
autant quelui,artisandecetriomphe épique.
Ilexistee ncoreb iend’autresn omsde valeurdont nos parentsm édiatisé
doivent enseignerl’histoireetlesleçonsqu’ellecolporte.Voilàlapanacée pou
sortir toutuncollectifdelaspiraleinfernaleàlaquelleexposel
conditionnement.Amo,enp articulier,mérited ’êtreportéd ans lepelotonde
têtede cesnomsq uenousdevons sortir de l’oubli. Commeled it undese
biographes,ils ’était préoccupé, entreautres,deproblèmesliésàl
connaissance humaine.Cettepréoccupationl’avait amenéàsefamiliariseravec
lalogique.CommentAmo avait-il bâti salogique?Jevais levoiren
interrogeant saphilosophieet,surtout,samétaphysique.
Chacuns ait quelalogiqueoccidentalea vait commencé àseconstituerenun
domaineorganiséd ans laGrèce antiqueetfutn ourrieparlespenseurs de
l’Ecoleetleurs prédécesseurs despremiers sièclesdenotreère.Amo sepénétr
desenseignementsdec esprestigieuxprécurseurs pourconstruireson
échafaudagedelogicien. Maisiln ’est pasqu’uni ntellectuel,il est aussiun
hommegénialq uivécutdans uncontextespécifique, uncontextequ’il
convient d’explorerp ourpouvoirleprésentercommeunm odèlederéussite,
mais encore, pourmieux comprendresaconceptualisation. Cec ontexte,c ’est
l’esclavage.Ilest impossiblede sepenchers url est ravaux de quelqu’unq u
évoluad ans cettehorreursans s’attarderq uelquepeusurunetellenégationde
ladignitéh umaine.
16
eeeeeatse-àaissresairRéflexions autourdec etteé tud
Ainsi quejeviens de led éclarer,il est déraisonnablede nepasp rendrel
tempsde s’inscrireenfaux ausujetd’unec ommuneetm onstrueusee rreurde
discernement,a nciennemais toujours d’actualité: l’esclavage continu
aujourd’huiencoreàfairesesr avages. Nousallons voirq u’il avaitp ris,à
l’époqued ’Amo,unvisagequeb eaucoupnec herchent pasàattribuer
certainesdesesvariantes:lef ait quelesNoirs achetéscommeesclave
exercent enEuropelemétierdelaquais,percevant unerémunération,modique,
encontrepartiedestâchesquileurincombent,poussedenombreusespersonne
àtempérerlesj ugements qu’ellessont endevoirde porters url ’abomination
qu’est laservitude .
Lec oncept mêmedesujétion,é dulcoréounon,resteliéàuneidée:c ell
d’uneh iérarchisationdeladignitéde l’hommeetc’est celaquiest
inadmissible.Rousseaus’insurgec ontrec eux quipersistent ànepassaisir qu
5laservitude nepeutrésulterd’unec onventionn ormaleetl ibr .Ilaffirmequ
l’esclavage n’ad’autrefondement quelaloide lajungle .
«Ainsi,dequelquesens qu’onenvisageleschoses,ledroit d’esclavagee st nul,non seulement
parce qu’il est illégitime, mais parce qu’il est absurde etnesignifierien. Cesm ots, esclavage,e
droit,sont contradictoires;ils s’excluent mutuellement,soit d’unhommeàunhomme,soit d’un
hommeàunp euple, ce discours seratoujours également insensé. Jef ais avec toiuneconvention
touteàtac harge ettouteàmonprofit,quej’observeraitant qu’il meplaira, etquetuobservera
6tant qu’il meplaira » .
Avecless iècles,leg éniedel’Occident aimaginéd esvariantesàl’antiqu
servitude etcertainsde sespenseurs sesont montrésinfatigablespourdénonce
lescourtesvuesq uip résident àl’adoptiond’untelregardsurlaf amill
humaine.Onr encontrea ussi,a ujourd’huiencore, desécrivainsn oirs quis
félicitent de ce queleurscongénèresavaienteuxaussi,d ans less ièclesp assés,
7subjuguédesBlanc .L’esclavaged oitêtreb anni,peuimportelacouleurde l
peaude celuiq uilesubit;est malinspiréc eluiquijubiled evantlaservitude
passée, présenteouàvenir:il nef autjamais perdredevuequelejougd ’un
hommeest,demeurelejougdel’homme, deshommes,detousleshommes.
5JeparleiciduRousseaudu Contrats ocia .
6 RousseauJean-Jacques, Ducontrats ocia ,Paris,2001,p. 54.
7 Unp eucommece quisepassed ans Voltaire, Histoired esvoyagesde Scarmentado:d e
Blancss ’étonnentd’êtremartyrisésp ardesNoirsenAfriqueetcesbourreaux leurexpliquent
qu’ilsnef ont queleurr endrelamonnaiede leurpièce;c’estp ourquoi,‘quandnousvou
rencontrons etq uenouss ommesplusforts,nousvousfaisons esclaves,nousvousfaisons
labourernos champs.
17
saseseràeseleselIeeest’eI.1 –NègreetphilosopheauXVIII siècle?
Onl’appelait exclusivement ‘Nègre’enFrance etchezlesAllemands ,
‘Mohr’. Cesdeux mots signifient àlafois,‘hommede couleurnoire’,
‘esclave’,‘individuqu’onachète, vend,d onneenhéritage, offreenp résent ,
…’. Silesiècled esLumièresest celuidesp hilosophes,on peutdirequel
Nègreytientlaplace de l’intrusetq uelemot philosophe neluis ied pas:e n
luiserésumeetsec oncentretoutceàquoi renvoielemoti gnorance;ilest
l’idéalde l’immoralité.Onnetarit passursesm œurss auvages,a ux antipode
desp olicesde lac ivilisation;on radotesurs on irrationalismequil ’installeà
jamais dans l’obscurantisme.
Iln ’yadonc,pourl’hommedecesiècle, aucunrapprochement possibleentr
Nègreetp hilosophe.Tintillo,personnage du philosophe nègr de Gabrie
Mailhot (1725-1791),e st obligé de signaleràsoni nterlocuteur,enlelu
martelant,qu’il est philosophe, commepourmontrerquece n’est pasparc
qu’il est Noirq u’il nesaurait êtrephilosophe
« Mais,monsieur,ajoutai-je, ens oupirant,vousi gnorezquejesuis philosophe …mais
8
répliquai-jea vec étonnement,unvraiphilosophe nepeuttuerp ersonne » .
Lasuitede sonhistoiremontreTintillo telq u’il sed éfinit:d ans lesr égions
traversées,sescamaradeshussardss’enrichissent malhonnêtement,etl ui,i
préfèredemeurerpauvreetphilosophe.Ceromanprendainsi lecontre-pied de
encyclopédistesq uis ’alignèrent suruneopinion généralequ’ils ratifièrent;en
effet,pourunepensée commune, homologuéeparundiscourss avant,
l’insignifiance duNoirdevintunevéritéscientifique: cesvalidations sont
développéesdans certainsarticlesduDictionnaireuniverseldeTrévouxetde
l’Encyclopédie;ils rendent réellement comptedelanullitédetouteunerace .
Cestextess’attardent d’abord, etonpeuts’yattendre, surlacouleurdelapeau ,
l’aspectextérieurq ualifiédelaid, de répugnant. Lasuiteportesurdesm œur
ditess auvagesq uiconfinent cespeupladesàl’islamouaufétichisme.Ce
bellesenvoléesaffirment,pourfinir,quecessimili hommessont enfait
dépourvusde sentiment religieux .
L’observateurpeutconstaterunchangementde tonchezJaucourt:d ans
l’articlequ’il proposesurlatraitedesNègres,il sed istanciedec eluide
Fourney;Jaucourt dénoncepêle-mêleuncommerce dans lequelonconsidèr
leNègrec ommeunevulgairemarchandise,leCode noir,…
Malgréce petitchangementde ton,onp eutdirequelesp hilosophesde
Lumièresr épandirent l’idée quel’individuenq uestionest laidphysiquement ,
moralementetnepeutpensernil eschosesabstraitesnip arl ui-même, ce qu
reprendraa llègrement leb raveHegel. Pourmapart,il yaunp oint qu
j’aimerais vraiment éclaircir:d écouvrirq uellesénergiesAmom it en
œuvrepourréussir,d ans unt elenvironnement destructeur,àdevenir ce
philosophe duconcret,cethommequis’inventalamissiond’ouvriràse
8 Mailhot Gabriel(1764), Lephilosophe nègreetl ess ecretsdesGrecs. Ouvrage trop nécessaire ,
Paris,1764, partieII,c hap. 12.
19
sseelsesei:elsseeesemblableslessecrets de lavraiephilosophie;iln’yvoyaitpasunespéculation
creuseets pécieuse,mais uncondenséd esconclusions auxquelleslaréflexion
philosophiqueétait parvenueetauxquelleslevraip hilosophe peutrecourir,le
mêlant àsaréflexion propre, pourouvrir àl’hommelavoied ’unemeilleur
adaptationàlavie .
Maisautourd’Amo,lesNoirss ont trèsn ombreuxetl’existencequil eurest
imposée offrelascèned ésolantedelanégationde l’homme, ce quiéquivau
pourluiàundéni de philosophie.Carrémentr éduit àl’étatd’objetet,a vec un
présence de plusenp lusr emarquable, leNoiralimentait desconversations qu
neselimitaient passeulement àdiredeluitoujours plusdemal.
Héritierdesi déesduXVIII siècle, leX I sièclelesr evisitaenle
inscrivant dans d’autreso rientations:il s’illustraa insi enfermant lesyeux su
lad érivequ’est l’éloge de lathéoried ’uneéchelledesr aces;cett
indéfendableaberration serépandit plusrapidementetplusdurablement qu’un
traînée de poudre:ellefit sonl it dans toutelasociétéquibuvait,commedu
petitl ait,lesdélirespseudoscientifiquesde cesesprits savantsq u
s’investissaient dans lac onfectiondeleurfondsde commerce.Maisl
deuxièmeguerremondialeest venueramenert outlemonde àlaRaison
chacunavaitvu jusqu’oùpouvait allerunesociétéquiavaits avammen
construit unehiérarchieetérigé desbarrièresentreleshommes.
Dansl esl ignesq uivont suivre, jetiens àmontrercequelesglairesdel
répugnance de ladifférence ont commecapacitéded estructionde destins,avec
leurpropension àimposerunconditionnement aux personnesq uel’onp erçoit
différentes.
I.1.1 –Leconditionnement etsesméfaits àlong
term
Beaucoupvoient dans l’Africain uni ndividuàquilavolontédesemesurer
sesdéfis fait défaut. Eneffet,malgrésadisgrâce, seséchecs,leshumiliations ,
lerejet,l’êtreh umain prouveg énéralement sadispositionàrecouriràuneforce
quiluip ermetderedresserlatête, de rebondir,de renaître, de relancerlalutt
envuedelaconquêtede saliberté.Ceux quifont auNoirlereprochedepasse
sont empsàaccusersad ouleurp erdent de vuequeleconditionnement,l
suggestion,sont desprocédéstrèsefficacesdans lec ontrôledumentalhumain .
Lapsychologietraitesurtoutduconditionnement psychologique, effectu
pendant unespace de tempsdonné.Ence quiconcerneleNoir,il serait
d’ailleurs inappropriédeparlerde conditionnement,mais de condition:l
conditionq uelesautresr acesimposent auNoirn ’est ni verbiage, ni lef ruit
d’uneimaginationfollement fleurie, entretenueparceux quisedisent
confrontésàcettecondition; ellen’est pasnon plusunalibi,unehonteus
échappatoirec ollectivement sollicitée pourexcuserlaparesse;ilnelavit pa
pendant unespace de tempsdonné, mais depuis desm illénaires. Sil ’ont ient
comptedec ela, il devientdéraisonnabled’attendredeluiq u’il développede
20
taàee:aXieeseasreeeesiartsécomportementsp ositivementconstructeurs:d evantl ’indicible, chacunneme
enp lace quedess tratégiesdont l’efficacitédans lapréservationde sasécurit
est nette;s eulsouciici:s’entourerd’instrumentsfiablesenvuedesasécurit
ouquidonnent l’illusiond’êtreensécurité, c’est-à-dire, de neplusavoiràvivr
l’innommablequeceux de sonespèce ont toujours connu.
Toutlemonde est aucourant ducasdesJuifs:l’observateural’impression
quece peuplenec roit plus,d ésormais,qu’aux vertusde laprévention;c’est
unepréventionquilerendvigilantetféroceàl’égardde celuichezquiillit–e
il préfèreicisetromperplutôtq ued ’avoir àrevivrecequeluiavait serv
l’hitlérisme–d esvelléitésde s’enprendreàsoni ntégrité.Aunom de cett
intégrité, il jouad escoudesp ouravoirunpied-à-terre;c’est encoreett oujours
ens on nom qu’il est prêtà‘vendrechersapeau’. Laterreentièrevien
d’assisteràuneguerrequ’il alivrée contreleHezbollah.Cegroupes’était
9amus àprendred eux de sess oldats eno tage.LaripostedeTsahalfutun
guerred ont vasouffrir pendant de longuesannéesce groupusculeetleLiban
dans sonentièreté.Lesbombesdéverséesdans lepaysducèdreétaient pourl
plupartàfragmentation:leb elligérantvoulait,parlec hoixde cettearme,
montrerq u’il bombarde leHezbollah indéfiniment,puisquece genred ’engin
continueàexploser,d oncàtuer,desannéesaprèsleshostilités.
Cepeuple, chacunlec onstate, s’est résoluàs’attaqueràsesennemis,réels
oupotentiels,recourant parfoisàdesinhumanitésdignesdunazismed ont il fu
lui-mêmevictime.Voilààquoi conduit l’expositiond’ungroupehumain àun
conditioni nhumaine:elleagit surlapsychologiedesp ersonnesconcernéesen
leurindiquant lesvertusdelasauvegarde de leursécurité.Peut-onévaluerl e
sommesd’argent quelesp aysde laterremettentdans lac onstruction de leu
sécurité?Onpourrait seposerlamêmequestionparrapport aux entrepriseset,
biensûraussi,a ux personnesp rivées. Toutescessommesd’argent sont
dépenséessans états d’âme, etchacunede cesdépensesp eutêtredujourau
lendemain doublée, sans quepersonnenecrieaudélire
Dansl ’espoirde réglerleproblèmede sasécuritéets elonlesavant suiss
Jean-JacquesBabel,l’hommealivré, dans les56derniers siècles,14500
guerresquiont causé3milliardsetdemi de morts.Pourquoi lesÉtats etl e
personnesm oralesouprivéessacrifient-ils sans oppositionàce rituel?Pou
éloignerd’eux tousceux quipourraient facilement leurimposerdesconditions
commecellesdans lesquelleso nt vécuetvivent encorelesAfricains
I.1.2–LeNoir:cibleidéaledepromoteurs de l
négationhumain
LeNoirn ’est pasplusp rotégéc ontrelesm éfaits dutypede conditionnement
dans lequelonl ’ainscrit. C’est unconditionnement dontilest lac iblelaplu
désignée;illesubit indéfiniment eti maginesasurvieencomptant surun
9 Lec hefduHezbollah diraa prèslec essez-le-feuqu’ili gnorait qu’enprenant deux de se
soldats,Israëlr éagirait d’unefaçon aussi démesurée.
21
éés!reetsieeeatetteéar!sssécuritéqu’il n’arrivepasàorganiserenréunion:c hacuns’yattelleàpart soi,
c’est pourquoi lesfonctionnairesm illiardairess ont légionenAfrique.
Cesmilliardsdétournéso nt pourrôledec onjurerlesort:a vec sesm illiard
enp oche, on al’impression soudaineded evenir invulnérable, immortel,tou
puissant,desetrouveràbonnedistancedelamaladieetde l’infortune.Chacun
auracompris quechezlesm illiardaires,personneneregarde àlacouleurde l
peau:toutdétenteurasaplace dubon côtédelabarrière;nuln’ajamais vu
repousséhorsd’unm agasin,sousleprétextequ’il est Noir,unclientquiachèt
unebonnepartiedesacoûteusemarchandise!
Lereprochef ait auNoirde nepass avoirseprendreenm ain netient pas,
mais il yenaunautrequ’ondoit luifaire:sons eulvraitort est qu’il n’arriv
pasencoreàserendreàl’évidence quesonaventureest uneaventur
collective;sasurviee st,àsesyeux,d’unenjeuplusfortq uec eluide l
libérationde toutesafratrie.C’est l’espoirde cettesécuritéindividuellerévéré
quipoussed esm illiers d’Africains,pourgagnerl’Occident,àbraverlamer,l
froid, lasoiflétaledans led ésert,lafaim,l’inhumanitéd esgarde-frontière
européens,leviol,l’incompréhensiondurestedumonde.
Encoreplusj eunequelesp lusj eunesNoirsq uiveulent aujourd’huiréalise
leursr êvesd’Europe, Amo futcapturéàl’âgedetroisans,sevrésans vergogn
de sonenvironnementn aturel,passant desespacesverdoyants àl’obscurité, l
promiscuité, d’unec aledeb ateau.Ace niveau,jetiensàrappelerqu’Aristot
(384-322),lepèredéclaréd esjustifications de l’esclavage,a bominait
l’esclavage parcapture:mais cettepratiquec oncerneicidesNoirs,a lors on
10peutselapermettrea vec bonnec onscience
11SelonAristoteeneffet,seull ’esclavageparn atur était dans l’ordrede
choses. Maisce qu’aabominélemaître,sesfrèresderace, quipourtant croient
àsest héoriess url ’esclavageparn ature, vont lepratiquerallègrement,refusant
de comprendrequ’ils prennent desl ibertésp arr apport aux doctrinesde leu
mentor. Lesesclavagistessont surtoutdépourvusde toutsens moral,ils rangent
iciunn ourrissonp armil eurmarchandiseetletransportent dans leventred ’un
navire,c ommee sclaveparmid’autresesclaves,pourlevendreenHollande.S
conditiond’esclave,il valavivrepleinement ;ilnefautp ascroirequ’il est un
exception:lesEuropéenssesont livrésàce traficd epuisl est empsl esp lu
immémoriaux etl esNoirs,touss ujetsde laservitude,nepeuvent êtr
12considéréscommeraresdans cespays-l .
10 «Jamais hommedeb on sens netraiteraenesclaveunhommequin ’apoint mérité
l’esclavage;s ’ilnetenait qu’àprendrelesgens etàlesvendre, on verrait dans l’esclavagele
personnagesduplushautr ang, eux etl eurs enfantsq uit ombent commelesautresaupouvoirdu
vainqueur».Aristote,Lapolitique,trad.M.Prélot,Paris,1971,p. 24 .
11 «Parlesl oisde lanature, il yadeshommesfaits pourlalibertéetd’autrespourlaservitude ».
Aristote, (1971),p. 23.
12 Rienqu’àlac ourq uiaccueilleAmo,on compteplusieurs Noirs :«Résumons-nous,nousen
sommesà23 valets àlac our,d eux servantes,28soldats noirs dont 5a vaientchacununeé pouse
siècle/Fassenwir zusammen,so kommenwir auf23schwarzeHofbediente, zweiMohrinnen
und28Negersoldatenm it fünfa merikanischenFrauen,diezwischen1 653u ndd ererstenHälfte
des1 9. Jahrhunderts in BraunschweigundWolfenbüttell ebten».KittelIngeborg, «Mohrenals
22
e!saaetsaseaeseàeeersere

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.