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Architecture et éducation

De

Ce livre est une histoire des colonies de vacances avec un point de vue particulier : c’est l’histoire des bâtiments et des discours sur leur architecture. Faire l’histoire de l’architecture des colonies de vacances se révèle, en fait, une clé formidable pour saisir derrière l’hétérogénéité des pratiques et des formes, une évolution structurée et révélatrice de conceptions spécifi ques de l’enfance, et de sa prise en charge, pendant les temps de loisirs. Les auteurs nous invitent à parcourir 160 ans d’histoire : des bains de mer au préventorium, des écoles de plein air aux colos éducatives, du tourisme à la rationalisation des moyens budgétaires, jusqu’au déclin marqué des années 1990.

Auteurs : Jean-Marie BATAILLE, ancien directeur de colonies de vacances, sociologue, chargé de cours à Paris Ouest Nanterre La Défense, est pédagogue et développe depuis une quinzaine d’années les pédagogies de la décision. Audrey LEVITRE, ancienne directrice de colonies de vacances, titulaire d’un Master en géographie, est enseignante en histoire et géographie.


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Jean-Marie Bataille - Audrey Levitre

 


 
ARCHITECTURES

ET

ÉDUCATION

 

LES COLONIES DE VACANCES


MATRICE

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Présentation du livre : Ce livre est une histoire des colonies de vacances avec un point de vue particulier : c’est l’histoire des bâtiments et des discours sur leur architecture. Faire l’histoire de l’architecture des colonies de vacances se révèle, en fait, une clé formidable pour saisir derrière l’hétérogénéité des pratiques et des formes, une évolution structurée et révélatrice de conceptions spécifi ques de l’enfance, et de sa prise en charge, pendant les temps de loisirs. Les auteurs nous invitent à parcourir 160 ans d’histoire : des bains de mer au préventorium, des écoles de plein air aux colos éducatives, du tourisme à la rationalisation des moyens budgétaires, jusqu’au déclin marqué des années 1990.

Table des matières

REMERCIEMENTS

Introduction

I LA PÉRIODE SANITAIRE 1847-1947

I.1. Sous le discours sanitaire, la plage… (1847-1914)

I.1.4.1. PLACEMENTS COLLECTIFS OU PLACEMENTS FAMILIAUX ?

I.1.4.2. MAISONS, LOCAUX COLLECTIFS ET BÂTIMENTS SANITAIRES

I.1.5.1. PARTIR EN COLONIES DE VACANCES OU COMMENT RETROUVER SES RACINES

I.1.5.2. COLONIES DE VACANCES ET GRANDES VILLES INDUSTRIELLES

I.1.5.3. DES SÉJOURS SURTOUT À LA CAMPAGNE

I.1.6 La première guerre, transition du sanitaire à l’éducatif

I.2.1. L’influence anglo-saxonne

I.2.2. L’évolution de la ville

I.2.3. De l’hygiène à l’éducatif

I.2.4. Au travers de la colonie, un projet social ?

I.2.5. Une architecture moderniste

I.2.6. De l’hygiène à l’éducatif, émergence d’une colonie collective

I.3. Les colonies pendant la guerre dans le Département du Nord (1939-1945)

I.4. L’après seconde guerre mondiale (1944-1947)

I.4.2. Monnetier Mornex, monographie

II. DE L’ÉDUCATIF  AU « VIVRE ENSEMBLE »  (1945-2007)

II.1. Quel découpage opérer au sein de la période 1945-2007 ?

II.1.2. Du point de vue de la géographie sociale

II.2. L’accélération brutale 1945-1949

II.2.1. Les effectifs des colonies de vacances explosent

II.2.2. Une nouvelle réglementation des colonies de vacances

II.2.3. Les journées d’études des Ceméa

II.2.4. L’architecture éducative des colonies de vacances

II.3. Vers l’apogée des colonies de vacances 1950-1964

II.3.1. De la « colo » aux établissements et centres de placements

II.3.2. L’Etat et la planification des équipements socio-éducatifs

II.3.3. En Haute-Savoie, une évolution marquée par l’attrait de la montagne

II.4. De l’éducatif au tourisme (1965-1982)

II.4.2. Nouvelles perspectives pédagogiques

II.4.3 Les colos comme patrimoine : histoire de la rénovation des colos

II.4.4. Nouvelle perspective architecturale : polyvalence et unité de vie

II.4.5. Une période ambivalente

II.5. Période de retournement (1980-1995)

II.5.1 Colonies de vacances et économie sociale

II.5.3. Les départs en « autonomie »

II.5.4 L’insécurité dans la ville

II.6. Fin d’un modèle et nouvelles perspectives (1995-2007)

II.6.1. L’entrée en scène de la recherche

II.6.2. La transformation de la réglementation

II.6.3. La disparition des colonies, l’exemple de la Haute-Savoie

II.7 Conclusion : les colonies de vacances un certain rapport entre nature et culture ?

III  LES ARCHIVES DES COLONIES  DE VACANCES

III.1. Des fonds peu consultés, pourtant riches et importants

III.2. Les Archives Nationales

III.3. Les Archives départementales

III.4. Autres sources

VI  ANNEXES

VI.1. Le glossaire des colonies de vacances

VI.2. Congrès de 1933 Fac-similé Statut sanitaire des colonies de vacances : conditions minima d’installation

V BIBLIOGRAPHIE

 

REMERCIEMENTS

Ce livre est le prolongement de deux études réalisées en 2007 sur le patrimoine des colonies de vacances : en Haute-Savoie et sur les archives des colonies de vacances. Elles ont bénéfi cié d’un fi nancement du ministère de la Culture dans le cadre du projet européen Culture 2000 (agrément Nr. 2006- 1014/001-001) et d’un contrat entre le Ministère de la Culture et le laboratoire CIVIIC de l’Université de Rouen. Leur réalisation n’aurait pu voir le jour sans la supervision attentive et bienveillante de Jean Houssaye, directeur du laboratoire CIVIIC de l’Université de Rouen et auteur central de l’histoire des colonies de vacances, de l’analyse des pédagogies qui s’y développent, lui-même directeur de colonie de vacances et fondateur des pédagogies de la décision. Sans l’amical soutien de Bernard Toulier, conservateur en chef du patrimoine au ministère de la Culture ; la transmission d’un goût pour l’architecture communiqué par Valter Balducci, professeur à l’École d’Architecture de Bologne (Italie) ; les discussions passionnantes avec Maarten Liefgoohe, David Peleman, enseignants en architecture de l’Université de Ghent (Belgique) ; avec Jean-François Lyon Caen professeur à l’École d’Architecture de Grenoble ; Pierre-Louis Laget, spécialiste de l’architecture hospitalière ; l’aide de Pauline Blanchard de l’École d’Architecture de Grenoble ; Rudolphe Puygrenier, Directeur des Ceméa de Rhônes-Alpes ; l’accueil chaleureux de Philippe Callé, André Birraux, Inspecteurs, Rémy Duclos, Conseiller d’Éducation Populaire et de Jeunesse, et de toute l’équipe de Thierry Pothet, Directeur Départemental de la Jeunesse et des Sports de Haute-Savoie ; l’autorisation donnée par Jacques Henrard, Directeur de la Jeunesse au plein air de consulter les archives de son oeuvre ; la mise à disposition des documents et l’accueil de Laurence Bourgade aux Archives départementales du Val-de-Marne et du Pajep ; de même pour l’équipe des Archives départementales de la Haute-Savoie ; l’accueil, les discussions et les informations donnés par Anne-Marie Mogeny (Guébriant), Jean-Marie Boasso (Cité des jeunes), Gérard Lepère (Comité d’histoire du Salève), ce livre n’aurait pas vu le jour.  Le manuscrit a bénéficié de la lecture attentive d’Alain Vulbeau, professeur à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, auteur d’une des rares thèses sur les colonies de vacances : Du gouvernement des enfants (voir bibliographie). Stéphane Loriot a apporté son aide technique et son soutien tout au long de la rédaction de cet ouvrage. Jean-Lou Guérin et Marie Serrault ont apporté leur soutien sur la forme et l’orthographe. Que tous soient ici remerciés.  « Il y a des mots qui meurent, avec des situations qui ont cessé d’être, avec des croyances évanouies, ou parce qu’ils ne correspondent plus aux croyances et aux situations nouvelles. La vie et la mort des mots résument de lentes évolutions et ne sont pas moins significatives de ces évolutions que les plus minutieuses descriptions et les efforts les plus précis de mesure » Chevalier L., Classes laborieuses et classes dangereuses, Perrin, 2002, [Librairie Plon, 1958], p. 91-92

Introduction

Ce livre est la continuité d’un article que nous avons écrit pour le premier symposium sur les colonies de vacances et les centres de loisirs proposé par Jean Houssaye en 2005{1}. Nous évoquions alors l’idée d’un lien intime entre l’évolution de la ville et le développement des colonies de vacances. L’idée sous-jacente, la question du déplacement, aspect déterminant des colonies de vacances, nécessitait de s’interroger aussi bien sur le lieu de départ que sur le lieu d’accueil. D’autres auteurs avant nous avaient mis en lumière cet élément. 

Alain Vulbeau{2} émet l’idée du « mouvement » associé aux colonies de vacances avec la montée progressive de leur caractère éducatif et, plus encore, la norme du mouvement concrétisée dans un processus de mobilisation. Mais, c’est chez Laura Lee Downs{3} que ce point est le plus clairement abordé. Pour cette auteure, la colonie de vacances peut être considérée comme une structure d’accompagnement du passage d’un monde rural à un monde urbain. Différentes institutions, dont les colonies de vacances mais aussi les jardins ouvriers, les cités jardins, les dispensaires… vont permettre aux ruraux de « s’acclimater » à la ville et à ses modes de fonctionnement.  

Une étude sur le patrimoine des colonies de vacances aura permis de poursuivre cette réflexion. Au départ, Jean Houssaye s’est trouvé confronté à la fermeture de la colonie de vacances dans laquelle il avait développé, pendant de nombreuses années, sa pédagogie de la décision à Porsmilin, près de Brest. Ce bâtiment propriété du comité d’entreprise de la Snias a été rétrocédé, par cet organisme, à la ville de Porsmilin, pour un euro symbolique. Cette collectivité locale a, alors, décidé de vendre la colonie et son emplacement, à un organisme ayant des activités de loisirs à but lucratif. Il s’est avéré que le bâtiment pouvait difficilement être protégé comme patrimoine afin d’empêcher sa disparition. Jean Houssaye a décidé d’alerter, avec l’association Temps Jeunes avec laquelle les séjours étaient organisés, les pouvoirs publics sur la question de la disparition d’un patrimoine pédagogique d’importance. Ces démarches n’ont pas abouti, concernant ce lieu en particulier, mais elles ont permis de mettre en lien Jean Houssaye avec Bernard Toulier, conservateur en chef au ministère de la Culture, et Valter Balducci, professeur à l’école d’architecture de l’université de Bologne (Italie). Ces derniers participaient à un projet européen « Culture 2000 » visant à mettre en valeur le patrimoine des colonies de vacances en Europe{4} et à constituer une connaissance approfondie des bâtiments existants afin de pouvoir, dans un second temps, envisager leur conservation. C’est ainsi que l’un de nous s’est retrouvé engagé dans une étude du patrimoine des colonies de vacances en Haute-Savoie, département retenu car étant celui qui a le plus de bâtiments sur son territoire. Nous avons prolongé ce travail par une étude des sources d’archives en France concernant l’architecture des colonies de vacances{5}.

L’étude en Haute-Savoie nous a permis d’établir un premier niveau d’analyse de la situation actuelle de ce patrimoine et de sa disparition rapide. En effet, nous sommes passés pour ce département de 750 colonies en 1994 à 350 en 2007. Un des premiers résultats a été de découvrir l’hétérogénéité des types de bâtiments utilisés. Cette étude devait être explicitée afin de comprendre comment les ré-emplois, qui forment la majorité des colonies de vacances, se mettaient en place. Pour cela notre travail s’est basé sur une démarche systématique d’analyse des discours présents afin de comprendre leur changement au cours du temps et, éventuellement, en quoi ils rendaient compte des évolutions. Un travail portant sur les archives nous a permis de trouver les traces de ces transformations. Nous avions fait un grand pas en mettant à jour de nombreuses informations inédites et c’est grâce à une autre opportunité que notre travail a pu se prolonger. Audrey Levitre était intéressée par notre article du symposium{6} et souhaitait mener un travail de géographie sociale sur les colonies de vacances. Au départ, notre collaboration devait se restreindre à la constitution de cartes réalisées à partir des bases de données que nous avions créées. Puis, chemin faisant, nous avons pris conscience que les cartes « montraient » ce que nous développions dans nos travaux. Il est alors apparu de plus en plus clairement que nos travaux se complétaient. Au final, nous avons décidé de passer à une écriture à quatre mains. La géographie sociale ne viendrait pas illustrer le propos sociologique, mais, en dialogue entre ces deux approches, nous pouvions démontrer une thèse nouvelle concernant l’évolution des colonies de vacances.

Reprenons cette question. Le point de départ était donc un lien privilégié entre l’histoire des villes et celle des colonies de vacances. Ce faisant comment pouvions-nous rendre compte d’un micro-événement comme la fermeture de la colonie de Porsmilin aussi bien que de l’écroulement du nombre d’implantations de colonies de vacances en Haute-Savoie ? Cela exigeait deux chemins : comprendre comment le patrimoine des colonies de vacances s’était constitué et rendre compte des transformations qu’il avait subi au cours du temps.

Le premier, qui est le fil rouge de ce livre, c’est celui de l’architecture. Ainsi cette démarche nous permet de mettre en lumière bien des choses qui resteraient, sinon, recouvertes par les discours des multiples acteurs. Le deuxième chemin que nous avions posé comme nécessaire, dès le début de notre étude en Haute-Savoie, est de prendre en compte ces discours en élargissant la focale à des acteurs proches mais hors champs, comme les médecins, les architectes, les aménageurs… Pouvons-nous rendre compte d’une chronologie de ces discours et comment la mettre en lien avec celle de l’évolution des formes d’architecture, d’implantation, d’organisation des espaces de la colonie de vacances ? Comment les pratiques, trait d’union entre ces discours et les bâtiments, évoluent ? Une troisième piste s’est progressivement imposée. Nous avons alors découvert l’extraordinaire plasticité des colonies de vacances au cours du temps quant à leurs formes et aux pratiques qui y sont développées. Elles permettent de penser la place accordée aux enfants et aux jeunes selon les époques.

Analyser les évolutions dans le rapport à l’espace

Une des caractéristiques des colonies de vacances, quelle que soit la période que nous considérons, se situe dans l’acte de partir. Or cet acte n’est pas anodin{7}. Il suppose un site de départ caractérisé que l’on souhaite quitter pour des raisons précises, un site d’arrivée que l’on souhaite rejoindre parce qu’il possède des spécificités attractives, ainsi que des modalités de transports pour franchir la distance qui sépare les uns des autres. Autrement dit, partir « d’ici » pour trouver un «ailleurs » suppose des rapports à l’espace ou aux espaces concernés, des représentations de ceux-ci qui seront propres aux différents acteurs concernés et à leurs époques. De ce simple constat, les colonies de vacances constituent donc un phénomène à la fois social et spatial.

Le géographe Michel Bussi{8}définit différentes pistes d’études pour aborder les centres de vacances en géographie : leur rôle dans l’aménagement du territoire passé, présent et à venir – le cas de la Haute-Savoie, où l’on a vu apparaître dans certains villages de véritables « chapelets » de bâtiments s’alignant le long des vallées et destinés à accueillir des colonies de vacances faisant vivre le village avant que de disparaître, est exemplaire à ce titre –, leur rôle dans les processus de « socialisation et de différentiation spatiale », selon la formule de Jean-Pierre Augustin{9}il s’agit là de notion de ségrégation sociospatiale liée aux différences de qualités et de variétés de prestations proposées aux jeunes en fonction de leur provenance sociale et géographique (urbaine, rurale, intra-urbaine…) –, le rôle des centres de vacances dans « la formation sociospatiale{10}», c’est-à-dire dans « la découverte du jeune de son environnement proche ou lointain » et enfin leur relation aux vacances, au « départ » et au « dépaysement » qui soulève pour Michel Bussi « la question du « capital spatial{11}» développée par le géographe Jacques Lévy […] devenu décisif dans une société valorisant de plus en plus la mobilité et les intégrations multiscalaires ».

Pour les géographes, les colonies de vacances constituent donc un objet au croisement de plusieurs thématiques (les loisirs et le tourisme, l’aménagement du territoire, les espaces urbains et ruraux…). Cependant leurs contributions à l’étude des colonies de vacances sont relativement restreintes. Quelques mémoires universitaires y ont été consacrés, le plus souvent sous forme de monographie autour d’une ville ou d’une région et associant les centres de vacances aux centres de loisirs. Les travaux particulièrement riches de Jean-Pierre Augustin{12} sur la thématique des loisirs et des jeunes abordent peu la question des colonies de vacances et se tournent davantage vers les structures d’animation locale et le sport. Ils apportent cependant des éléments méthodologiques et conceptuels (notamment ceux évoqués plus haut) sur lesquels peuvent s’appuyer des travaux sur les colonies de vacances. L’approche que nous défendons ici est celle de la géographie sociale intégrant l’étude des rapports sociaux et spatiaux à la compréhension générale de l’objet. « Les rapports spatiaux correspondent aux liens affectifs, fonctionnels et économiques, politiques et juridiques ou purement imaginaires que les individus tissent avec les espaces géographiques où ils vivent, qu’ils parcourent ou qu’ils se représentent »{13}.

La dimension spatiale des colonies de vacances sera abordée ici par l’étude des lieux de départ et d’arrivée des colonies de vacances, du contexte spatial, social, économique et culturel propres aux différentes époques et à différentes échelles, nationale, régionale, locale.

Comprendre les liens entre architecture et éducation

Le titre de ce livre doit être explicité{14}. L’idée d’une relation mécanique entre éducation et architecture est réductrice, car, si un tel lien a pu exister, il représente en lui-même un modèle de relation. Il existe des effets repérés de l’architecture sur l’éducation et inversement des modèles pédagogiques dans les choix architecturaux. Aussi il nous paraît utile de distinguer plusieurs niveaux d’articulation de l’architecture et de l’éducation.

L’évolution des concepts opératoires et celle des colonies de vacances est notre premier questionnement. Nous entendons par « concepts opératoires » les idées qui dominent une période historique particulière et qui modifient de ce fait le sens d’un objet sur cette période. Nous nous inscrivons dans le champ de la socio-histoire{15}, pour laquelle l’étude des objets sur de longues périodes doit tenir compte du fait que l’usage d’un même mot, à des moments différents, est corrélative au sens accordé à ce mot pour chaque période. Ainsi le terme « patronage » ne signifie pas la même chose si on se situe au XIX° siècle, vers 1880 au moment de l’émergence des colonies de vacances, ou bien dans l’entre deux guerres.