Auteuil et Passy, de l'Annexion à la Grande Guerre

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Cet ouvrage raconte comment s'est formé le 16e arrondissement, qui, de 1860 à 1914, est passé de 37 000 à 150 000 habitants. Il s'appuie sur les textes administratifs du Conseil municipal de Paris pour aborder différents thèmes : l'urbanisation - le désenclavement de l'arrondissement, les grands travaux de voirie, le Trocadéro - , la vie économique - tramway, métro, téléphone, industries et commerces -, la vie culturelle - musées, bibliothèques, théâtre, et la vie sociale.
Publié le : jeudi 1 octobre 2009
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EAN13 : 9782296236110
Nombre de pages : 288
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Introduction
Auteuillois, Auteuilloises Chaillotins, Chaillotines Passyssiens, Passyssiennes ; En résumé : Seizièmois, Seizièmoises,
e Si Paris ne s’est pas fait en un jour, le XVI arrondissement non plus. Dans un ouvrage précédent A>eil e> Pav : de la Résol>ion à l'Anneuion, nous avions vécu le passé de ces deux villages, de 1789 à 1860, grâce aux doubles des comptes rendus de leurs conseils municipaux qui avaient été conservés à l’ancienne sous-préfecture de Saint-Denis. Rappelons que Chaillot n’a jamais été une commune puisqu’il a été annexé en 1659 commefau-bo*gde Paris sous le nom er de Faubourg de la Conférence, et fut donc rattaché au I arrondissement de Paris lors de la création des communes en décembre 1789.
Aujourd’hui, nous poursuivons notre promenade dans le temps, toujours d’après les délibérations du conseil municipal. Mais Auteuil et Passy ayant été rattachés à Paris, ce sont toutes les délibérations du Conseil municipal de Paris de 1860 à 1914, soit environ 70.000 pages, qu’il a fallu dépouiller ; travail d’autant plus complexe qu’il n’est généralement pas fait mention de l’arrondissement mais seulement du nom des rues. Or les noms des rues peuvent concerner différents arrondissements : boulevard, avenue et villa de e Montmorency sont dans le XVI , mais la rue de e Montmorency est dans le III , la villa de la Réunion dans e e le XVI mais la place et la rue de la Réunion dans le XX , etc. De plus, les noms ont changé ou se sont déplacés : l’ancienne avenue d’Eylau devenue Victor-Hugo, l’ancienne place Victor-Hugo devenue square Lamartine, etc. Ces quelques exemples montrent combien il est aisé
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de se tromper si l’on n’a pas une bonne connaissance de e l’histoire de la topographie de notre XVI arrondissement.
1860-1914 : cinquante quatre années pendant lesquelles la population est passée de 36.728 habitants (recensement de 1861, dont 13.594 Chaillotins) à 150.174 habitants (recensement de 1911). Cet accroissement extraordinaire est dû à l’urbanisation de terrains essentiellement agricoles. Rappelons à ce sujet que c’est vers 1903 que la dernière ferme, située place de Mexico, fut supprimée.
e Le lotissement du XVI arrondissement s’est fait en grande partie par l’intermédiaire de grandes sociétés foncières, et par la volonté du Conseil de Paris de désenclaver la Porte de Saint-Cloud, gigantesque entreprise qui nécessitera près de 70 ans. Les sociétés foncières créaient des rues puis les offraient à la ville de Paris afin qu’elle en assure la pérennité et surtout l’entretien ; bien souvent les administrateurs prenaient la précaution de donner leur propre nom à ces voies nouvelles et même ajoutaient cette obligation à la donation (par exemple la place Possoz, la rue Erlanger…). Quant à la ville de Paris, elle procédait par achat à l’amiable, lorsque c’était possible, ou par expropriation, ce qui prenait un temps considérable. Lorsque la voie était ouverte, la Ville revendait les terrains non utilisés, réalisant au passage des bénéfices qui lui permettaient de continuer cette urbanisation, et imposait d’y édifier des constructions dans un délai de deux années, ce qui assurait des rentrées fiscales pour les années futures. A partir de 1892 s’ajoutait l’obligation «d'asoi* n abonnemen> au eau de la Ville po* l'age dome>iqe e> l'ésaca>ion >o>ale de ma>iè*e de sidange à l'égo> pblic» (demande du Conseil municipal en date du 7 mars 1887).
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Ce livre n’a pas la prétention d’être exhaustif sur cette période : 900 pages, sans illustrations, n’eussent suffi pour cette entreprise. Les locations des biens communaux, notamment dans le bois de Boulogne, l’aménagement des égouts et des canalisations, les édicules (baraques de marchands de journaux ou de fleurs, urinoirs, boîtes-bornes postales, bureaux d’omnibus ou de voitures de place…), les subventions aux caisses des écoles ou associations d’anciens élèves, les modifications des becs de gaz, les édifices religieux (qui ont déjà fait l’objet de monographies), les concessions parfois farfelues (vaches laitières, chemin de fer aérien, montagnes russes, un établissement de bains de mer, la demande de M Gouttes sollicitant en juin 1893 la concession d’un service aérien à voyageurs par aérostats métalliques libres ou captifs, sans oublier un projet de 1892 tendant à amener à Paris les eaux du lac Léman), les aménagements suite aux inondations de 1892 et de 1910 ou de l’ouragan du 12 novembre 1894, les nombreux logements insalubres, les pavages en bois (qui avaient l’avantage d’être moins glissants et surtout moins bruyants), les travaux dans les établissements scolaires, les courses vélocipédiques autour du champ de courses de Longchamp, les stations de voitures de place avec chevaux (puis volants) tournés vers telle rue, les nombreux legs, l’attentat contre le président Loubet à Auteuil le 4 juin 1899, les premiers véhicules automobiles dont la vitesse maximum autorisée au bois de Boulogne fut fixée à 12 kilomètres heure par la délibération du 24 e novembre 1899, la construction de la mairie du XVI (qui a fait l’objet d’un autre ouvrage), les bataillons scolaires, l’octroi, les casernes de pompiers et commissariats de police, l’aménagement des lignes de tramways et d’omnibus, la création du jeu de paume de la rue Lauriston, la translation du Fleuriste de la Muette au Parc des Princes, etc., n’ont pu trouver leur place ici, laissant ainsi la possibilité de rédiger un tome II.
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Quand on regarde l’immensité des travaux qui ont été réalisés entre 1860 et 1914, on ne peut s’empêcher d’essayer d’imaginer l’état de notre arrondissement pendant ces travaux : ouvertures de rues, constructions d’immeubles, éventrement des rues pour passer les égouts et les canalisations d’eau de rivière et d’eau de source, puis pour les canalisations de gaz, puis d’électricité et enfin le métro. C’était un gigantesque chantier d’autant plus épouvantable que tout se faisait à la main et avec des chariots et charrettes tirés par des chevaux. J’avoue que c’est cette idée qui m’a poussé à m’intéresser à l’urbanisation de notre Seizième.
Mais la vie à cette époque n’était pas uniquement l’aménagement du territoire, quelques anecdotes peu connues vous le montreront.
Enfin, rappelons que le décret du 21 juillet 1866 a er modifié celui du 1 novembre 1859 qui fixait les limites des quartiers. Si celles d’Auteuil sont inchangées, une nouvelle limite est fixée entre les trois autres : c’est désormais l’axe des avenues Henri-Martin, Georges Mandel et du Président Wilson qui fixe les limites entre les quartiers de la Muette, de la Porte-Dauphine et des Bassins (devenu Chaillot par la délibération du 4 mars 1895).
Nota : Pour faciliter la lecture, compte tenu des changements des noms des rues, il nous a paru opportun de mettre entre crochets les noms actuels, par exemple : « avenue d’Eylau [Victor Hugo] » pour la différencier de l’avenue d’Eylau actuelle.
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Urbanisation
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