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Bulletin de la société historique du VIe arrondissement de Paris

300 pages
Le 122e congrès du Comité des travaux historiques et scientifiques sur les sociétés savantes, qui s'est tenu en octobre 1997 à la Sorbonne a mis l'accent sur leurs travaux et le patrimoine. Cet intérêt renouvelé a incité la Société historique du VIe arrondissement, lors de la commémoration de son centenaire, à laisser une trace durable de ses activités et à insister, en les replaçant dans le contexte historique, sur les personnalités qui l'ont créée et ont assuré son développement et sa continuité.
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BULLETIN
D'ELA

,

,

SOCIETE HISTORIQUE
DU VIe AR,RONDISSEMENTDEPARIS
CENTEN,A,lRE 1898 - 1998

MAIRIE: I)U VIe AI~RON[)ISSErvlENT 78 rue Bonaparte PARIS

2002
L'Harmattan me de rÉcole-Polytechnique 75005 Paris FRANCE L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE L'Harmattan Italia Via Bav~ 37 10214 Torino ITALlE

SOMMAIRE
pages
Bureau de la Société:
.iv1en1bresdu Consei I cr adrninistration : :
~

Liste des melllbres (années 1998-1999-2000)

8 13 17 30
30
.3()

Préface par Serge Le l'eHier, président :
Préanlbule par Geneviève CJiIle, Vice-présidente:

Personnalités responsables de la Société depuis sa fondation :
l)résidents :
".." H

et
Secrétaires Sccr6ta ires généraux: adj 0 ints :
, ,..

.~ '.

,

30 .3 1

Secrétaires de séances:
!\rch ivistes : C~()nservatellrs :.. Trés()riers : ... Trésoriers adjoints:

31 .31
31 32 32 .32

Bibi iothécaires-at'chi vistes :

l

re

PARTIE - Analyse des publications :
1898 1899 1900...
1901 1902 1903
1904 1905

33
95 99 102 105 107 108 1928 ] 929 1930 J931-32 J932 1933 1935 J936 1937 J938 1950 1951 1952 125 128 130 133 134 135 138 140 142 144 146 148 150 151

35 40 46
51 56 " 61
65 69

1912 19I3 1914-15 1916 1917 1918
1919-20 1921 1922 1923 ,

" 110 III 114 115

1906 1907 1908 I909 1910 1911

74 77 80 84 87 91

1924 1925 I926 1927

118 120 122 124

1953 1954 1955 1956 1957

152 154 155 159 161

1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1973-74 1974-75 1975-76 1976-77 "

J79 181 183 185 187 190 192 194 197 99 J 200 201 202

1977-78 1978-79 1979-80 J980-81 J98 J-82 1982-83 ) 983..84 1985..86..87 ) 988-89-90 199) -92-93
) 994-95,.. >c

203 204 205 206 ............ ... 208 210 212 214 216 218
221 225

1958
"

163
164 166 168 172 175 ... 177

1959 1960 1961 1962 1963 1964 ...

1996-97

2e PARTIE - Fonds documentaire

de la Société:

229

A.- Classement thématique:

Section

J. ",Généralités
I. 11. -Documents sur Paris en général

- Documents sur la rive gauche et le VIc arrondissenlent

Section

2. -Rues

Section Section Section

3. - Grands édifices et institutions 4. - Commerces (principalement du XIXe siècle) 5. - PersonnalÜés ayant habité le vr

B.- Classement chronologique: Section 6. - Ancienrégime
Section Section Section 7. - Période révolutionnaire_ 1789-1799 8. - Du Consulat à la Monarchie de Juillet 9. - De la Révolution de 1848 à la fin du second Etnpire

Section 10. - Guerre de 1870 et COmlTIUne Section Il. c.- Bibliothèque: - Troisième République

3e PARTIE -Exposition du centenaire:
e

237

4 PARTIE - Index général :
Plans de l'aITondissement et des anciennes subdivisions administratives:

247
251-252

5

Bureau de la Société

Présidents d'honneur
Pierre RÉCA!\1IER
Ancien maire du y"f arrondissefnent.

Christian LANGLOIS
Menlbre de l'InstÎtut, Architecte en chefï1onoraire du Palais du Luxelnbourg.

Président Serge LE TELLIER
la (lour d'appel de Pal"is.

Vice-présidentes Geneviève GILL.E
(~onservateur en che.f honoraire des Archives de la Région d'lle-de-France, Directeur honoraire des services d'Archives de Paris.

Jacque1ine OUY
Présidente du C0111Îtédes.fêtes "Les An1is du V{ Tf, Présidente de l'Associa/ion "Foire .<')aÎnt-(Jerl11aÎn".

Secrétaire général Georges GAILL,.ARD Trésorier PhilippeT,ARNEA tJD

Conservateur
Jea11-Marc LÉRI
Conservateur général, directeur du musée C'arnavalet.

6

Membres du Conseil d'administration
Yves BOIRET
Architecte en che.f, Inspecteur général des Alonu111enls historiques.

Michel BRISAC:IER
Docteur en science ]Jolitique.

Jea11-Pierre CASSEYRE
Inspecteur général des bibliothèques.

Marie-Claude

DANE

CYonservateur en chef honoraire des 111uséescie la Ville de Paris.

François ESCOUBE
Président de l'Association des anciens élèves du fh3nri 1 J<

lVlichelFL,EURy t
cie laC'ol1ul1fssion du Vieux {Jaris.

Jean-Claude GARRET A
Ancien bibliothécaire de l'Arsenal. Vice-présiclent de la Féclération des sociétés historiques cie Paris et de I '1Ie-de-France.

Christian GENTY
Archiviste honoraire du Théâtre de l'()cléon.

Jacqueline GRISLAIN -LANTUEJ 0 UL Andrée JACOB t

Journaliste, 1\1enlbre de la C~Ollll11ission u Vieux Paris. d

Nicolas LABR1JHE
Expert en bibliophilie.

Philippe MARTIAL
Bibliothécaire en che.lhonoraire du Sénat.

Marie-France

de PEYRONNET

Vice-pré.s'idente du (Yercle anIical du BerlJ'.

Mic11el PORTAL Ancien secrétaire tie l'Association pour le rayonnen1ent culturel et spirituel de l'église Saint-Sulpice.

7

LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ
Années 1998 - 1999 - 2000
Mme Frère Mme Mlle Mme M.
Mme M. Mme M. Mme [)I' Mme
!"v1adeleine

ADAM ALBARIC AMElL ANDRÉ ANDRIEUX ANDRIEUX ANDRIVEAU ARGENCE-LAFUE ARNOUD AUDEBERT AURilLAC AUXEMERY BABOULET BAIGTS BARBÉ BARBEAU BAREI BA.RTHOLtN~ME'rrEl'AL BASSERIE BECK BEGUIER BELLEDAME 8~~OS.IÈRE BERBINAU BERG BERNARD BERTHEMET BERI'HOD BERTHOD BERI'INA BERTRAND BERTRAND BESAGNI BEVIERE BilLION BIRABEN BÔ BOIREI' BONFAIT BONTEMPS BOUDET BOUDOUBE BOUJEI' BOULONGNE BOURASSIN BOURDON BOYENVAL BRETTON BRIAN BRISACJER BRULEAUX BRUNO

M. Abbé M. Mme M. Mme M. Mme M. Df M. Mme M. Mme

Dr Mme M Mlle Mme

Michel Lucile Marie-Thérèse Denise Philippe Jean-Marie Yolande d' Simone PielTe Martine Jeannine François Régine Anne-Marie Andrée- Hélène Luce Françol$ê Renée Andrée Femand Isabelle Odile f\'1arcelle Catherine Fernande Marie-Reine Hélène Henri Rosalie-Marie Jacques Philippe Jean Denise Michel Anne Geneviève Yves
Gabriel Georges Jean..Louis Jacqueline Marie-Claire Nicole de M.-Huguette Sylvie Jean Monique Françoise !"tiehel Jean-PietTe Jeml-François

Jt~an lean- Yves Fnmçoi5 PietTe Arlette Henri Yves Annick Yvette Geoffi-ev Philippe Jeanne .Jean~PicITe Renée Bemard Bemard
Frmn;oise

BUFFARD
BlJISSON BUREL BURGY CACAULl CACHIN

CADILHAC
CAILLiER CAMBOULIVES CAPNER

CARTON
CASA~I CASSEYRE CAUSSE-DUFAU CA Y LA CHAMBY CHAMBY CHArv1PNEUF CHAPUJS CHAPUIS CHASSONNET CHAUCHA T CHEMIN CHRESTEIL ClARINVAL CLEMENT-BERNÈDE

M. Mlle Mme M. Mlle M.

M. Mme M. Mme

M.
~'V1e \TI M. Mlle M. Mme M. Mme M. Mme

Mme M. Mme M.

Mme Mlle Mme M. rv1me M.

Jean Jacqueline Monique Lucette Denise Michel Denise Louis-Joseph Paule Marie-José Marie-Véronique Jacques René-Claude Bemadette de Jean-Louis Jeannine Paul Paulette Roger Georges Christine Marie-Hélène de Bem~d Marie-Claude Paulette Gcorges Jeanne Françoise Gu\' Paul-Jean Paul-lean Cyriaque Marie-Lollbe Henriette Geneviève

CLERMONT
CLIN COESTER COLAS COMMINES CORTOT COR VAISIER COSAR COSTES

COURBEY
COURMONT AGNE CROZAFON CROZA1.5 CZARNY DANE DANNENMULLER DARAS DA VrD DAVOINE DEBRINC AT

M. Mme M. Mme

DEBRUT
DEBRUT-GÉL y DECAMIvtE DECHAUX DELAGRANGE DELAMARRE-LANDMANN

8

M. Mme

M. Mme M. Mme

Dr M. Mme M.

Mme M. Mme M. Mlle M. Mmc

rvt Mme

rv1. Mlle Me M. Mme

M. Mme M.

Bruno Henri Gennaine Marguerite Anne-Marie Jean-Jacques Chantal Jacques Thérèse Anne Simone Yves Claude R. AnneUe Piene Pierre Régis Marcelle Pascal Paulette Nicole François Michèk Yves Marie-Andrée Simone Gisèle François-Xavier Claude Jean-Belllard Christiane Danielle de Françoise Bertrand Charles Marie-Catherine Thien.\' Jean Anne Jacqueline Gennaine Nicole Jean Jacques Mm)' André Didier Georges Odette Geneviève Marie-Lise Mavis tvlicheline Jean-Claude Louis Marcel Nelly

DELMAS DELMAS DEMAUX DENISOW DEROCLE DESCHA!v1PS DESCOURS DESJEUNES DESMARTIS DESSAUX DOMINA TI DORDAIN DOUMIC DROUAN DUBAIL DUBOIS DU CHALARD de TAVEAU
DUCHEI'vHN

DUFOUR DUNOYER DU SAUSSOIS DU JONC ESCOUBE E1'01' ElANNO FABIÉ FARGUES FAVRE FÉRAL FÉRON FESTAL FEVRE FLEURIEU FLIPO FLOBERT FLOBERT FLOBER T FLOBERT FONKENELL FOUGERA y du COUDREY FOUSSAT FRANCOIS FREHIERG FRIEDEL FRIEDEL GAGLIO GAGNEPAIN GAILLARD GAILLARD GAILLARD GAILLET GALL GALLANT GALLENNE GARRETA GARRIGA GASSER

M. Mme

1)1' M. Mme

Roland Monique Odile Nadine M. Henri Mme Geneviève Magdeleine M. Roger Jean~Pierrr Dr Charles Mme Lise Gisèle Général Philippe M. Bemard Philippe Baron Baronne Philippe M. Jean et Ab'l16s PielTe Jean Claude Mme .Anne-Marie M. Jacques Mme Geneviève Odile M. Bcmard Jean-Louis MUe JoëIIe Mme JacqueHne Claude Jeanne Denise M. Marcel Philippe Dominique Mme Gabrielle Jacqueline Gisèle M. René Mme Suzanne Jacqueline M. Frédéric PicITe Mme Noële Jeanne M. Max Jean Jacques Mme Françoise M. Nicolas MUe Suzanne M. André Libraide l__éol1ce M. Marcel Mme Marie-Loui~e M. Jacques 1\1me Nknle

M. Mme

GASSER GEFFRÉ GÉNIN GENTA GEORGE GILLE GLOMAUD GOIN C1ÛNDfNET GRA GRAF GRANGIÉ GRANOTIER-CHASTEL GRANOTIER-CHASTEL GROUVEL GROUVEI.. GUELLEC GUÉNARD GUEROtJ "I GUEZ GU ILLO GUINARD GUNTZBERGER GUYOT HAAS HAUTCOEUR HÉLARY HÉMAR HERBEY HIBON HOMERIN BORCLOIS JABAUD JARDILLIER JARRE JARRET JA VILLlER JEANNE JOBERT .IOUAN JOUFFRAULT .IOUVEN JULIA JUSTIN-BESANÇON KAR KÉG I KESSLER KLEIN KOTZE de MONTIGNY LABRUHE LACARRIÈRE LACOINT A LAGET LAHAIX LALLIER LAMBALAIS LANDOLT SANDOZ

9

M. Mme M. Mme

[\1. Mme [\1. Mme

Cluistian Lucien Jacqueline Etienne Christiane Nina lVlichelle Jean-Éric Jean Simone Jean-PietTe Annie Gu\' Élisabeth Renée Suzanne Eliane '{vonne Jean-Marc Jean André Claude de Servane d~ Serge Jacqueline Françoise Panavotis Christian André Colette FrançoÎs Jacqueline Jacques Thérèse Christine Dominique Anne-Lise Jean-Pierre Lolita Philippe Charles Luce HenrieHe Désiré Gisèle Monique Bernadette RavlTlonde Simonne Philippe Nicole Claudie Magdeleine Hélène Marie-Thérèse Robert Jean

LANGLOIS LANIER LANOY LANVIN LAUDE LA VALUSSIÈRE
LA VLALLE

M.

Mlle Mme M. Mme. [\111 e M.

LEBELT LECLAN'T LECOANET LECOQ LEFEVRE- f\10ULEN Q LEFORT LEMAIRE LEMIRE LEPAGNOT LEPKE LÉP'{ LÉRI LEROUX LE ROY LESTANG

Mme M. Mme M. Mme Dr Mme M. Mme M. 1\/1 IIIe M. Mme

M. Mme Mlle Mme
1',,1.

LÉVÈQUE L.EYGONIE UACOPOULOS LIBRON LINN LIVOIS LOMBARD LORIOT LOUGNON LOYER-TESSIER LUCHAIRE LUCIANI LUCZKIE\VfCZ LURf MAGNE MAILLARD MAISONNfER MANDEViLLE MARCAfS MARCEL MARCETEAU MARCHAND-GRUFFY MARIE MARIN LA MESLÉE MARSAC MARTIAL MARTIN MARTINET MARTRE MASSA MATHIEU MAUMET MAYEUR

rvfEUNIER MEUNIER MICHARD-BARRAL MIGNON MILCENT-BAUDOIN M. MIOTA MODOT MONGROLLE Prof r MONOD-BROCA Mme MONSARRAT M. MONTCLOS MORANGE Mme MOREL MOREL M. MORIN MORIN Dr Jean-Jacqut.'s MOSCOVITZ Mlle Lucienne MOSSUZ Mme Monique MOUREU M. André MUSSIER Mme Monique NIELSEN Annick von NORMAN NUGUE Lucienne OBÉ Baronne Nathalie ORDIONI Mme Jacquel ine OUY Hélène OZIOL Charlotte PARIAS M. PARIS BemaI'd Mme Geneviève PAULl'RE Elisabeth PAULY M. Pascal PAYEN APPENZELLER Mme Marguerite PENN EC Simone PERCEPIED Mlle Janine PEREIRA Mme Jeanine PERNOT Pyong- Y oon PERRIN M. Jean PERSONN AZ Georges PÉTIARD Piene PÉTRÉ Mme PEYRE Eh'ette Marie-France de PEYRONNET Irène PIC Marie-Paule PICANDET Gabrielle PICARD Claudie PIERRELLE M. François PIGEAUD Alain PILLEPICH Mme Andrée-Anne PINDER-GUÉRAUL l' M. Jean PLANTUREUX Piene PLATROZ Mme Marcelle PLOTKINE Mlle Renée PLOUIN M. Michel POISOT Jean- Paul POISSON Alexis POLIAKOFF

1\1. Mme

Charles Eliane Simone Eliane Denise Frédéric Pien"e Yves PhWppe Colette Claude de Guv Geneviève Renée Philippe de Roger

10

POLIAKOFF PORTAL POTONNIÉE Mlle Hemiette POUPET Mme Alice POUR M. Jean POUVET Émile PRADEL lVtarguerite Mlle PRINEI Mme Christiane PRIOU-MENARD Librairie PRIVAT-DUNOD M. Huber1 PROUTf-~ Mme ~1ichèle PROlJTÉ Anne-Marie PRUDHON Claire de PUYBAUDET M. André QUÉ,BRIAC-CARAlVtICO Mnle Danièle RADAULT Gennaine RATEL M. PielTe RÉCAMIER Mme Danielle REIJERS M. Alain RENARD Georgette RENAUDIN Mme Anthony M. RHODES Mme Claude RICHARD Eliane RICHARD Gabrielle RICHARD I\111 e Pauline RICHARD lVtme Marie-Hélène de RlENCOURT Nicole RIFFLET Louise ROBERT Françoise ROCHETTE 1\1 André ROMŒU Georges ROSSI Mme Thérèse ROUAULT ROUSSEAU M. Michel Général ~1aurice ROUTIER M. René-Marc ROYER Mme Geneviève RUÉ Suzanne SABATIER Eliane SAFFROY M. Benoît SAINT-HILAIRE Mme Simone SALIN SALMON Edith-Jean M. Yves SAMBI de RAVENNE Mme Gabrielle SAPElJER Philippe M. SARONAL Françoise Mlle SARDON Odette Mme SAULEAU Colette SAURBON Mlle Colette SAVARY Mme Mat1ine SCALABRE ~1arie-Lollise SCHEFER M. Jean-Louis SCHERRER Mme M Alexis ~1ichel Philippe

Mlle ~1me M.

Marie-France Paule Jean-Pierre BemaI'd Thomas Christian Bemard Suzanne Alice Henry Laurence Francine Claudette Philippe Piene Katherine Margot Jean Mariette Anne Jean Simone Bemard France Anne-Marie Yvette Marie Régine Michel Paul Jean-PierTe Christiane

Mme M. Mlle Mme M. Mme M. Mlle Mme M. Mme M. Mme

M.

Mme Marquis Pien"ede André M. Mme Alice Paule M. Jean-Claude Joachim Jean-Pierre Françoise Mme Marie-France M. Bemard Mme Céline-Elisabeth M Jean-Marc Alain Bertrand

SCHMIDT SCHOULLER SCHWEISGUTH SEGUY SHEPARD SIBILLE SIMON SIMON SIVARD SORENSEN SOUQUES SOUTEYRAND STEINER TARNEAUD TEISSÉDRE TEYSSIÉRAS THOMA THOMAS TOUGARD TOURY TSAMlS '[URPIN VALADE VALLE VALLIN VAN NUFFELEN VATTEVILLE VÉTEL VIALARD VICENTE VIDEAU VINCENT~LA-FORCE VOGÜÉ VOISIN WALDMANN WAROT WATrEAU WESTHOFF WILLES~'fE WOLSHOFER WULFlNG-LUER WYBO ZANNI ZAORSKI ZUBER ZUBER

A.D.V.C. - Paris-Week-End A. F. P. C. R. T. Les Amis de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris Cercle Amical du Benv Commission du vieux paris

II

PRÉFACE

En1pruntant avec son assentiment I'heureuse formule que Marc FUll1aroliemployait en 1997 pour n1arquer le centenaire de la Société des all1is du Louvre, je voudrais dire ici qu'atteindre sa centième année est toujours une victoire sur la nature des choses humaines aussi bien pour un individu que pour une perSOnnelTIOra]e. La Société historique du VIe arrondissement de Paris fait partie de ces gagnants. Il n'y a pas de nlystère : si de bons génies, je songe à Félix Herbet et à Charles Saunier, se sont penchés sur son berceau en 1898, de bonnes fées ont pris le relais. Je pense particulièrement à Geneviève Gille et à Jacqueline Ouy nos deux vice-présidentes actuel1es qui, avec Pierre RécaIl1ier, alors Il1airede l'arrondissen1ent, l11irenten 1975 leurs compétences et leur détermination au service d'une dynall1ique nouvelle qui n'a pas faibli depuis. Il faut dire que le nlagnétisme issu de la respiration 111êmede ses pôles d'activité fait de notre arrondissement un lieu magique qui explique les passions qu'il suscite. Ici, intérêt historique et vie de chaque jour se rejoignent en perll1anence. Pensons au Palais du Luxembourg, animé par les travaux du Sénat., aux splendides bâtiments de Le Vau légués par Mazarin qui accueillent désofll1ais l'Institut, ses cinq Académies et la bibliothèque Mazarine, à l'Hôtel des Monnaies, siège des ateliers de frappe des u1édailles et lieu de n0l11breuses expositions, ainsi qu'à la toute proche Acadétnie de Inédecine. Songeons à l'enseignement n1ême de la médecine, à celui de l'art dentaire et de la pharlnacie, à l'École des beaux-arts, à l'École des Mines, à celle des Ponts et chaussées, à J'Institut catholique et aux nOll1breux établissements secondaires de renonl qui animent nos quartiers. Évoquons la salle de l'Odéon devenue Théâtre de l'Europe et celle, plus 1110destenlais bien vivante, du Vieux-Colombier. N'oublions pas que r édition Jl'ançaise est représentée içi plus qu'ailleurs et qu'elle déborde sur des cafés et brasseries qui partagent avec elle une renonll11éepour ainsi dire universelle.

COnlt11entOtnettre ce foyer religieux etîntellectuel que fut Fabbaye de Saint-Germain-des-Prés qui, de proche en proche, nous a apporté la paroisse Saint-Sulpice et la cotnnlunauté sulpicienne, toutes deux bien vivantes à notre époque ?Et quels lieux de mouvelnent penllanent nos espaces ouverts ne sont ils pas? Le jardin du Luxembourg, la passerelle des Arts, les abords de Saint-Gennain-des-Prés et la belle place Saint-Sulpice siège~ non seu)elnent d'urIe activité de tréteaux tout le long de J'année mais, surtout, cadre chaque printelnps de la célèbre Foire Saint-Germain. En cent ans d'existence la Société historique a eu à cœur d'étudier l'évolution de cette vie et de se consacrer à la mélnoire de centaines d'hOnllTIeSet de feITImeSqui en on été les acteurs, voire les Ülitiateurs. Ceci était du reste dans le droit fil des intentions statutaires déclarées en 1898 où la proposition «d'étudier l'histoire des rues, des nlonuments, des œuvres d'art et des hotntnes célèbres se rattachant par quelque lien à la partie de Paris cOlnprise dans les linlites de l'arrondissement» était crânetnent claironnée. Cette activité centenaire a été nlarquée so]ennellenlent le 10 décenlbre 1998 par une soirée festive. Placée SOliSle haut patronage de Christian Poncelet, président du Sénat, cette cérénlonie a réuni plusieurs centaines de personnes dont de nOll1breuxreprésentants de la vie culturelle de Paris et d'Île-de-France. Visible ce soir là en particulier line exposition dont Michel POlial a été l' âlne et deux élèves de l' E.S.A.G. de la rue du Dragon les scénographes, a retracé durant un Inois l'histoire de la Société en la plaçant dans son contexte historique.
Etait-ce suffisant?

Adieu la fête, adieu le saint dit l'expression populaire. I) est très vite apparu que vis-à-vis de tous ceux qui, année après année., avaient bâti et l' œuvre COlTIll1Une également de tous nos Inelnbres actuels ainsi qu"à l'égard des curieux et des chercheurs qui s'intéressent ou s'intéresseront dans les décennies à venir à notre « ville dans la ville» nous avions le devoir de laisser line trace plus tangible del' événement.
L"idée d"une pub Iication particul ière devant prendre la fornle d'un ouvrage de référence s"est imposée très rapidement.

Dresser le tableau de toutes les études imprimées dans les bulletins annuels depuis la création de la Société a sClnblé être une tâche de base, et cela a été fait. Résumer les débats à caractère historique de tous les comités

14

tenus a paru novateur et essentiel. La besogne était rude et de nature à désespérer les courageux bénédictins de DOln Mabillon. C'est donc le très grand 111éritede Geneviève GiBe d'avoir conduit l'œuvre à tenne et je de"" n1eure là frappé d'én1erveillement. L'exploration rationnelle du fonds dOCulllentaire de la Société était devenue nécessaire. Il était tentant, au passage de la borne centennale, de hâter les choses et, grâce à une étude luéticuleuse, à un classement tnéthodique et à l'édification d'un authentique répertoire, de permettre un accès aux témoignages imprÎlllés ou manuscrits constituant la InétTIoÎre directe des grands et petits événements de l'arrondissement. Les c.lés de cet accès font partie de la publication. Il a enfin été décidé d'établir un index général commun à toutes les parties de I'ouvrage. Jerne pertllets d'insister sur I'in1portance de ce dernier; c'est lui qui sera dans l'avenir le véritable guide du lecteur à l'intérieur de notre patrimoine cOlnme au cœur de nos publications. Pour avoir eu le privilège d'être accueilli par les équipes qui ont élaboré r œuvre C0t11InUne, dois exprimer maintenant les l11arquesde n10n je adn1iration personnelle et, au nom de la Société, celles de ma reconnaissance. Que soient cités ici Jean-Claude Garreta qui, avec Geneviève Gille, a été omn iprésent dans toutes les parties de l'ouvrage, Georges Gaillard, Nicolas Labruhe, Michel Portal qui se sont attachés à rendre les archives exploitables, Pierre Gibour qui a donné une forme hOlnogène à des éléInents venant d'horizons différents et Jacqueline Ouy qui a continué durant ce temps à assurer, avec notre secrétaire général, la bonne marche des activités quotidiennes de la Société. Il ne faut pas oub1ier non plus les apports précieux de Jacqueline et Monique Chapuis, François Escoube, Michel Brisacier et Philippe Tarneaud. L'énergie interne n'a pas été le seul moteur de la réalisation de l' ouvrage. Nous avons été encouragés et financièrement soutenus par la direction régionale des affaires culturelles d'lIe-de-France et par ladirection des affaires culturelles de la Ville de Paris. Que ces deux organisl11estrouvent ici la marque de notre reconnaissance et qu'ils sachent que c'est dans un esprit de gratitude et une volonté de transparence que nous leur présentons ce volun1c. Bien entendu la qualité habituelle des relations entre la Mairie d'arrondisselnent et la Société n'a pas fait défaut. Jean-Pierre Lecoq, conseiller de Paris, Inaire de l'arrondissement, ne nlanque jan1ais dans son action Inunicipale de prendre en compte le patrimoine historique de l'arrondissement ni l'occasion de nous apporter le tétnoignage de son amicale et attentive
so II ici tu de.

15

Notre récompense sera de savoir que notre publication a rendu service aussi bien au chercheur qu'au piéton de Paris et qu'elle a contribué à l11Îeux faire connaître les facettes nlultiples de notre activité. Enfin puisque nous en SOtllInes,pour conclure, au registre des vœux je rappellerai que lorsqu'une journaliste m'avait demandé, au moment n1ême de la célébration du centenaire, quels étaient nos espoirs pour 1escent ans à venir, j'avais répondu: que la Société soit en aussi bonne santé en 2098 qu'elle l'est aujourd'hui.

Serge LE TELLIER.

16

PRÉAMBULE
Le I22e congrès du Comité des travaux historiques et scientifiques sur les Sociétés savantes, qui s'est tenu en octobre 1997 à la Sorbonne, a IllÎS l'accent sur leurs travaux et leur patrimoine. Cet intérêt renouvelé nous a incités, lorsque nous songions à la comn1émoration du centenaire de la Société historique du VIe arrondissement, à laisser une trace durable de ses activités et à insister, en les replaçant dans le contexte historique, sur les personnalités qui l'ont créée et ont assuré son développeulent et sa continuité. Ses origines et son histoire ont déjà été évoquées dans le Bulletin nouvelle série, n° 5, année J977-1978, à J'occasion de son 80e anniversaire; nous renvoyons donc à ce numéro d'il ya vingt ans. Peut-être est-ce l'occasion d'insister sur les auteurs de sa fondation. Sans doute l'idée était-elIe dans l'air; mais il semble que Charles Saunier, homme de lettres, ait été un précurseur. Dans Le Parisien de Paris, journal hebdonladaire illustré « défense de tous les intérêts de Paris », on lit le 22 août 1897 (nO33 p. 511-512), un article sur les sociétés d 'histoire de Paris: «on ne saurait trop encourager les sociétés locales qui se créent dans le grand Paris, formé d'une agglomération d'anciennes petites localités, car, lorsque les comités locaux sont dévoués, ils font de la bonne besogne, cOlnme vient de le prouver la Société du Vieux Montmartre qui a réussi à empêcher la démolition de l'église Saint-Pierre et cela contre le clergé coal isé avec r admin istration ». Il prône donc la naissance d'une Société du Faubourg Saint-Germain et lance un appel au Inaire « iJ faut un lieu de réun ion... les lnairies ne sont-elles pas tout indiquées?». Dans le 111ême journal, le 14 novembre] 897 (nO 45, p. 7] 2), sous la rubrique «VIe arrondissement », un entrefilet anonyme, mais très probabletnent de la plume de Charles Saunier, prévient: «il est f0l1ement question de la création d'un société locale comme celles qui fonctionnent déjà dans le XVIIIe, Ve et XVIe arrondissement. Nul doute que notre arrondissement ne fournisse immédiatement un contingent très appréciable d'adhérents sérieux et éclairés ». Le 2] nove111bre(nO 46, p. 720), dans un article documenté sur le « Sixième arrondissement », il annonce avec joie qu'une nouvelle société est en fOfll1ationdans le VIe arrondissement. Les choses vont ensuite très vite; Fé1ixHerbet, archiviste-paléographe, avocat et maire, adresse le 4 février] 898 un appel à ses concitoyens, appel reproduit dans Le Parisien de Paris du 13 février. Le journal rend compte des diverses étapes de sa constitution; élaboration des statuts, réunion générale convoquée pour le Il Inars 1898, statuts~ cotisation, conseil d' ad-

ministration, assemblée générale, règlement intérieur. tie 24 novenlbre, Le Parisien de Paris annonce qu'il s'est mis à la dispositi@11de la Société historique pour insérer et envoyer gratuitement aux adhérents les convocations qui les intéressent. Il continue ainsÎ de servir de relais aux actÎvités de la Société. Le succès est Îlnmédiat : la prédiction du futur secrétaire général se trouve confirmée. Il faut noter que le maire, Félix Herbet (1847-1917), avait la forn1ation et les qualités requises pourll1ener à bien cette entreprise. Après de brillantes études universitaires en droit, il était sorti, en 1860, de l'École des chartes. C'est toutefois le barreau qui fixa son activité, à l'in1age de son condisciple plus âgé, Jules Périn (1834-1900). Avec un cursus parallèle, égalel11entavocat, et maire du Ve, il avait fondé en 1895 la Société historique et archéologique des Ve etXJIIe arrondissements, dite de la Montagne Sainte-Geneviève, et s'est trouvé près de Félix Herbet au moment de la fondation de la Société \< sa bonté et sa bienveillance ouvraient à tous Iibéralement les trésors de son expérience et notre Société, lors de sa constitution en a largenlent profité» (notice nécrologique de Jules Périn par Félix Herbet). Quant à ce dernier, licencié en droit en 1870 et docteur en 1874, il devenait, en 1875, secrétaire de ]a Conférence des avocats à la Cour d'appel. Ses succès avaient attiré l'attention de l.Jéon Cléry, gendre du nlarchand de tableaux Adolphe Goupil: Félix Herbet devint son secrétaire~ un secrétaire spécialisé dans les litiges artistiques. En ] 892, il ren1plaçait Hetzel comme adjoint à la Inunicipalité du VIe et deux ans plus tard, il était nOll1mé nlaire. Il donna une ill1pulsion très heureuse aux travaux de la Société. Nous connaissons l110ins bien la personnalité de Charles Saunier (1865-1941), secrétaire général de 1898 à 1931, qui appartenait à une famille d'artistes. Historien, publiciste, homme de lettres, il avait tous les talents. A son décès, Inais l'époque ne s'y prêtait guère, aucune notice nécrologique ne lui fut consacrée. On entrevoit une carrière longue qui lui fit gravir tous les échelons du secrétariat des Postes et Télégraphes: en 19] 9, sous-chef de bureau chargé des fonctions de bibliothécaire, puis chef de bureau à la Caisse d'épargne, enfin inspecteur général des Postes. Il faisait partie de la Comlnission des tnusées, était très lié avec des personnalités artistiques et littéraires de son époque, certaines d'avant-garde. En parcourant les Bulletins, on perçoit l'importance de son rôle au sein de la Société: sans doute, 11liseau point des volumes, rédaction des « notules» et de la plupart des notices nécrologiques.. lien entre les Inenlbres

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et le prés:ident. Lors de son départ, il est nomn1é par acclamation général fondateur».

« Secrétaire

A l'origine, les adhérents n'étaient pas passifs. Ils s'attachaient à toujours en vigueur: « La Société historique du VIe arrondissenlent", (Luxenlbourg), a pour objet d'étudier l'histoire des rues, monuments, des œuvres d'art, des hommes célèbres qui se rattachent par quelque lien à la pal1ie de Paris cOlnprise dans les limites de cet arrondisselnent.ElIe se propose, dans ce but, d'organiser des conférences et des promenades, de publier un bulletin et de créer une bibliothèque et un Inusée, et généralement de favoriser par tous les moyens la recherche et la conservation de souvenirs du passé ». Gérée par un conseil de vingt membres, son bureau se cornpose d'un président, de deux vice-présidents, d'un secrétaire général (parfois aidé par un adjoint), d'un bibliothécaire-archiviste, d'un conservateur, d'un trésorier; leurs fonctions sont Ininutieusement définies dans J'article 4 des statuts. Après discussion, la Société passera sous le régime de la déc laration; le récépissé de la Préfecture de police est daté du 3 février 1905. A cette époque oÙ les nlelnbres disposaient certainelnent de loisirs assez étendus, iIs étaient des chercheurs à part entière, répartis entre quatre c0l11itésselon leurs zones d'intérêt. Ces comités se réunissaient une fois par mois, le vendredi soir à 21 heures; ils traitaient:

répondre aux buts assignés à leur Société dans l'article 1er de ses statuts,

- Comité A : archéologie, topographie, anciens hôtels, beaux-arts.
- Comité B : arts religieux, églises et couvents. - Comité C : institutions (col1èges, hôpitaux, l11archés),théâtres. - COlnité 0 : histoire générale, biographie, bibliographie, iconographie. Chaque comité nommait son bureau qui établissait le progralnnle des recherches, écoutait les communications de ses melnbres sur des sujets divers et « faisait ainsi de chacun de ses l11embresle collaborateur de tous ». Les sociétaires pouvaient assister aux réunions de tous les comités. Le conlpte rendu de leurs travaux paraissait dans chacun des fascicules du Bulletin de l'année, comlne d'ail1eurs celui des séances de l'Assemblée générale et des Conseils d'administration qui décidaient de la l11archede la Société et dela publication des travaux et des doculnents, sous le contrôle du secrétaire général. Toutes ces indications COl11posaientla partie admÎnistr{ltive du BulletÎn alors que les textes élaborés constituaient la partie historique.

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En 1899, Félix Herbet émet le vœu de voir mettre à l'ordre du jour des séances une ou deux questions sur lesquelles chacun apporterait« le tribut de ses connaissances ». A la même date, une commission est chargée de présenter un rapport sur les anciens nOfilSde rues, de relever ce qui se voit dans les rues, plaques, sculptures, enseignes, balcons. On signale également l'intérêt d'étudier les anciens théâtres et lieux de plaisir, les industries locales, inlprinleries, librairies, orfèvreries. En 1900, Félix Herbet propose COJllme sujet de conversation les petits hôpitaux et les incendies dans les théâtres. En 1900 toujours, on décide que chaque l11embredu Conlité A doit étudier une rue ou une portion de quartier: les rues sont ainsi réparties entre les différents membres. En 1904, l'éditeur Henri Baillière annonce son intention de dresser une nOlnenclature des maisons historiques du VIe avec la liste des notabilités qui les ont habitées. En 1908, Albert Vuaflart insiste sur l'intérêt que présenteraient la biographie d'Alexandre Lenoir et l'histoire du Illusée des Monuments français oubliées par les historiens. Pour faciliter la recherche, on remet à chaque sociétaire une carte d'identité et on va jusqu'à déterminer le flJrrnat de travail qu'on souhaite voir déposer ensuite dans les archives de la Société. Une médaille est offerte à la Société en 1905; elle est J'œuvre de Henry Nocq. Il existe aussi une volonté novatrice de certainsmetnbres et on assiste ainsi à la naissance des enquêtes précédées de questionnaires; c'est le cas, en 1902, où Gabriel Demombynes veut faire préciser les souvenirs des adhérents sur la Garde nationale pendant la guerre de 1870-1871. Selon la définition des buts de la Société (cf. supra), on s'attache à la protection du patrimoine. La législation sur les Monunlents historiques était encore insuffisante (il faudra attendre la loi de 1913 révisée en 1940); le patrillloine était exposé, mais ne l'est-il pas toujours ?Les problèmes d'urbanisIlle sont aussi pris en compte. En 1903, Georges de Nouvion rappelle le vœu én1is le 9 janvier 1902 contre la prolongation de la rue de Rennes qui écornerait l'Institut. Tous les Comités proclament leur hostilité à ce projet. En 1911, au nom des quatre (~omités, un rapport de Demombynes contre le prolongel11ent de la rue de Rennes est déposé auprès des autorités, président du Conseil municipal de la Seine, sous-secrétaire d'État aux BeauxArts, ministre de J'Instruction publique. La mên1e année une pétition est adressée aux Chambres pour la protection des anciennes églises offrant un intérêt archéologique, pittoresque ou seulement traditionnel. La pétition provient de la Société historique du Vexin qui invite les autres sociétés à la signer (Félix Herbet). 20

Les sociétés, qui font des recherches de prelnière main, s'attachent au prob lèllle de l'élargissement des sources.

Dès 1898, Potin, secrétaire général de la Société d'Auteuil et de Passy, forme le vœu que les sociétés historiques de Paris se coalisent pour obtenir que les 111inutes notaires, antérieures auXIXe siècle, soient déposées dans de un lieu spécÎal où les érudits pourraient les con suIter. La proposition est agréée. Potin souhaite que chaque société, après avoir étudié la question, désigne des cOlllmissaires chargés avec leurs collègues des sociétés correspondantes, d'obtenir satisfaction. Malgré ces vœux fréquemment renouvelés, il faudra attendre la loi de 1928 pour obtenir le dépÔt des archives notariales dans les services d'archives. Cette première époque, dite des COlnités, correspond à peu près aux règnes d'I-Ierbet et de Saunier; elle ne Inanque pas de SOUCIS financiers. Les dirigeants ont vu grand au départ: bulletin étoffé qui leur vaut en 1911 le prix Berger de l'Académie des sciences morales et politiques d'une valeur de Inille francs; le rappel de cette distinction figura pendant une très longue période au début de chaque Bulletin. Grâce à cette manne due à la valeur scientifique de la publication, on rééquilibre le budget. Les responsables sont~ malgré tout, obligés de réduire le tirage (trois cents exemplaires dès 1899), le nombre de pages, et d'y adjoindre des pages publicitaires. Les collections s'accroissent et on se préoccupe d'en dresser l'inventaire. En 1906, Léo Mouton (1858-1954) nomnlé bibliothécaire-archiviste, classe livres et documents; il établit un double jeu de fiches, ordre alphabétique et ordre méthodique (voir p.247). Les membres de la Société ont des intérêts et des cOlnpétences diverses. Eugène Toulouze (1838-] 908), l'archéologue de service, étudie les objets de fouilles trouvés dans les sous-sols (Bulletin, 1901, p. 45-120). Des architectes, des historiens publient des études détaillées et doculllentées sur les rues, rues de Buci (ibid., 1903-1906) et du Cherche-Midi (ibid., 1908-19] 3J, pour Paul Fron1ageot, la rue Hautefeuille pour Henri Bail1ière.Le quai Malaquais est l'objet des recherches de Léo Mouton de 1913-1914 à 1938. La lecture des Bulletins révèle bien d'autres sujets d'études. En ce qui concerne le nombre d'adhérents, les conseils d'adlllinistration, jusqu'en 1938, nous permettent d'en retracer J'évolution. Dès 1898, 212 Inelnbres souscripteurs, 6 membres fondateurs ou perpétuels; le nombre évolue autour de 200; il atteint 234 en 1913, qu'il convient d'augmenter,

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pendant cette période, d'environ 15-20membres fondateurs. A partir de 1914, il décroît légèrement, 226et 21 nlembres perpétuels, 203 encore en 1917. La din1Înution est sensible en 1919 (151) pour tomber à 11gen 1924, ri rClnonte à 150 (plus 28) en 1928, 161 en 1930 et stagne dans les années 1934..1937 pour descendre en 1938 à moins de 120. Les ressources de l'association sont heureusement accrues à partir de 1924 par une subvention de deux cents francs et par une autre de cinq cents francs de la rnairie, dont nous évoquerons l'origine. La Soc.jété se préoccupe de la communication avec les autres sociétés d'arrondissenlent; dès 1912 elles se concertent sur leurs travaux respectifs. En 1913, le Président Félix Herbet rappelle l'ilnportance du congrès réuni à l'initiative de Marcel Poète, inspecteur des travaux historiques et conservateur de la Bibliothèque de la Ville de Paris, pour expérirnenter des I1téthodes de travail; n'est-ce pas là la première ébauche de la Fédération des sociétés historiques et archéologiques? En avril de la même année, le Dr Philippe Dally signale la fondatio.n d'une ~S.()ciétées études locales ayant pour objet d d'encourager les instituteurs à travailler avec les ressources locales aux recherches historiques; d'autres initiatives du Inême ordre voient le jour. L'ère des Cot11itésva s'achever au début de la Grande Guerre. On leur substitue des réunions lnensuelles qui regrouperont les Inembres des différents comités. Les activités seront très di1ninuées jusqu'en 1918 et ll1ême au-delà car des difficultés matérielles diverses (restrictions d'éclairage et de chauffage) obligent à reporter leur reprise jusqu'en novembre 1921. La prenlière période, dite des Comités, avait été menée par le Président fondateur et par Charles Saunier. Après 1917, date du décès de Félix Herbet, le Président, toujours le maire, est encore un avocat Louis SimonJuquin (1869-1936), au départ seulen1ent «Simon »; on découvre dans son dossier conservé au Palais de justice qu'il avait demandé au bâtonnier, pour éviter les homonymies, d'accoler à son nom celui de sa mère. Ce publiciste normand, avocat-conseil de nombreuses tualiste dans l'âme, prêta son concours à de nombreuses Républicain sincère et convaincu, il se présenta en 1904 élections municipales dans le quaI1ier de l'Odéon, nlais il fut ques voix par un monarchiste. sociétés, muassociations. et 1908, aux battu de quel-

A côté de Flers, sa ville natale, se tenait à Guibray une foire Îlnportante. La lecture de Fromageot et la découverte inopinée d'un vieux registre de la Foire, )'incitèrentà ressusciter J'ancienne Foire de Saint-Germain 22

des-Prés. Dès 1922, avec raide de quelques étudiants des Beaux-Arts qui brossèrent des toiles pour dissimuler la fontaine de Visconti, et con fectionnèrent de légers baraquelnents, il réussit son entreprise~ L'année suivante, la foire s'amél iora sensiblen1ent sur tous les plans; le fi1aire décida de verser une subvention de cinq cents francs à la Société historique sur les bénéfices du COlnité des fêtes; .ualgré des résultats financiers inégaux dans les années suivantes, il tint parole. Au début de la présidence de Louis Simon-Juquin, 1918-1936, Charles Saunier continue à jouer un rôle essentiel. En 1930 cependant, son état de santé et un délnénagement à Lozère, dans la COmlTIUne Palaiseau, de oll Le Corbusier lui avait construit une maison, l'obligèrent à dérnissionner; en 1931, il est nommé par acclamation secrétaire général fondateur. En fait, il poursuit partiellement ses activités puiqufon retrouve encore dans les Bulletins postérieurs des notules (1932, 1933, ] 935 et 1936), notices nécrologiques et bibliographiques de sa plume (1935, 1936). n décéda à Lozère en 1941, dans les sombres journées de l'Occupation. Ses collections étaient encore en place .en 1948 quand Jean t1riou lui consacra une notice dans la revue duV7eux ]>apier,mais depuis, tout a disparu. Il nous faut évoquer ici quelques-unes des personnalités nlarquantes de la Société. Nous devons signaler la générosité de nonlbreux n1en1bresrnais nous devons aussi déplorer les pertes et lacunes survenues dans nos collections pendant le siècle écoulé. 11nle plait de souligner, entre autres, le flair et la générosité d'un 111enlbre, enri Laschett (1844-1923)~ facteur de pianos, qui était très sensible H au patrimoine et à ]a disparition de certains de ses éléments. 11a pris en outre la peine de réunir un grand nonlbre de dossiers, de nécrologes qui nous conservent la trace de ses contelnporains, dossiers précieux, encore présents dans les archives. Au tll0Jllent de sa disparition, il ne fut pas honoré d'une notice nécrologique en bonne et due forme, n1ais nos archives conservent un discours du maire, Louis SÏ111on-Juquin, aux melnbres du bureau de bienfaisance. Cinq jours après son décès, il évoque ses activités diverses et honore ses grandes vertus: « Laschett était profondénlcnt charitable et bon, et sa vie fut, comme ces chefs-d'œuvre de la I1111siquerançaise dont il goûtait f l'élégance et ]a clarté, un nl0dè]e d'hannonie et d'unité », et il concluait: « de tels hOInnles honorent au plus haut point notre falllille municipale, et si c'est une douleur amère de les perdre, c'est pour nous un véritable orgueil de les avoir possédés ».
Les vice-présidents de cette première époque eurent également un rôle Înlportant par leurs interventions au sein des COJnités et de leurs publications.

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Deux ecclésiastiques, les abbésElzéarMéritan (1828-1899), curé de Saint-Sulpice, et Émile Camus de l..JaGuibourgère (1833-1919), curé de Saint-Gerlnain-des-Prés de 1900 à ]917, se succédèrent à la première viceprésidence avant d'être relayés par Numa Ratlin puis par Léo Mouton, qui préféra revenir à cette vice-présidence, inaugurée par les ecclésias-tiques. Quant au second vice~président, Etienne Charavay (1848-1899), il appartenait à la Inêlne prolnotîon de l'École des chartes que Félix Herbet. Responsable à dix-neuf ans de la maison d'autographes fondée par son père, il fit en Inên1e temps œuvre d'érudition. Tout naturellement le président fit appel à lui au mOInent de la fondation de la Société. Expert en écritures, il intervint dans le procès Dreyfus. Comme le note Félix Herbet dans sa notice nécrologique, « il y donna le plus bel exemple de courage civique en plaçant le culte de la vérité au*dessus de toute préoccupation et en reconnaissant pub1iquelnent ce qu'il estin1ait être une erreur », ce qui hâta sa fTIOrturvenue s à cinquante ans. Un autre chartiste, Alexandre Sruel (1841-1920), chef de service aux Archives nationales, lui succéda avant de délTlissionner en 1911.
Pau 1 FrOtllageot (1 837-1 914), avocat et historien talentueux, élu par acclanlation, lui succéda; son œuvre fut importante. Par respect pour sa ménl0ire, C0l11111eela s'était déjà produit pour Félix Herbet, il ne fut pas c ÎITltnédiatetnent remplacé. C'est en 1917 seulement que Léo Mouton, bibliothécaire-archiviste depuis 1906, reprit le flambeau qu'il conserva jusqu'à son décès.

Revenant en arrière, nous suivrons Louis Simon-Juquin dont nous avons vu qu'il avait grand soin des finances de la Société et qui, de surcrüÎt, avait Je goÜt de l'histoire. En ]935, il den1anda au secrétaire généra] Georges Huard., un résumé historique du Vie arrondissement. En effet, chaque année, selon un usage récent, une des municipalités parisiennes recevait dans un banquet, maires et adjoints de la capitale, ministre de l'Intérieur, préfets et élus de J'arrondissement. Il était de tradition d'offrir aux convives une plaquette retraçant le passé de l'arrondissement. Le tour du VIe arrÎvant en J'année] 936, le lT1aire décida d'offrir à ses hôtes non pas une plaquette,ITlais un livre composé d'études demandées à des notabilités, membres de l'Académie française, rnelnbre de l'Académie des beaux-arts, de l'Académie de médecine, et à plusieurs érudits de la Société historique. Le réSUtl'léhistorique devait ser-vir d'introduction. Malheureusement Louis Simon-Juquin, 111alade, écéda le 12 d février, avant la date prévue pour le banquet. Son successeur Jacques-Ernest Bulloz, poursuivit son œuvre, mais le volume ne fut pas prêt pour le banquet

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de l'Union atnicale des ]naires tenu le 29 mai 1936. En fait, le volun\e édité par Flanlnlarion, ne sortit qu'en 1937, Le V'f arrondissement de Paris à travers les âges., in-4°, 213 p.,fig., pl., plan. De ]nalheureuses interversions dans les légendes des illustrations, effectuées à l'insu des auteurs et après leur bon à tirer, déprécièrent le volume et consternèrent Georges Huard. Cette mésaventure nous n1ène jusqu'au ralentissernent deja Société historique. Les volumes imprinlés s'arrêtent à 1938, après quarante ans d'une activité Inaintenue à un bon niveau grâce à la vigilance manifestée par ses dirigeants, pourtant peu nombreux, et par ses adhérents. La guerre de 1939 allait ouvrir un hiatus important; le secrétaire général Georges Huard assura la charnière jusqu'en 1962, date de sa disparition. Les comptes rendus furent confiés à des feuilles dactylographiées ronéotypées qui parurent à partir de janvier 1950.Le maire duVr~.~ traditionnellenlent président dela Société, était depuis 1946 un avocat, Victor Faure, né à lJssel en 1901. Pendant l'Occupation, il fut membre du réseau C0l11batet appartint au Comité de Libération du VIe. n était très sensible aux activités culturelles et artistiques de son arrondissel11ent. Il restera en poste jusqu'à son décès enjuin 1966. Le Dr Édouard Delavenne lui succédera alors. C'est en 1970 que Pierre Réca]nier, un de nos actuels Président d'honneur~reprendra sa suite et aura un rôle déterminant dans la réorganisation de la Société historique. Charles Lochmann (1872-1969), membre du Conseil, qui avait été de 1900 à 1910, responsable du Journal du 6e, avait fait ensuite carrière à la Compagnie générale des eaux où il avait gravi tous les échelons de la hiérarchie. Veuf en 1942, très lié à la vie du quartier, il eut une responsabilité ilnportante dans la Société à laquelle il était très attaché et dont il fut nOlnmé vice-président en 1955 malgré un âge déjà avancé. Sa falnille dut insister pour qu'il accepte de s'éloigner de ces activités vers 1960 alors qu'il atteignait ses 88 ans. Il présidait souvent les réunions. Le secrétaire général Georges Huard (1887-] 962) eut un rôle important dans ce renouveau. Sorti de l'École des chartes en ] 920, il travailla à la Bibliothèque nationale et publia de nombreux travaux sur l'art et l'histoire de Paris. Beaucoup ont paru dans le Bulletin de la ,.Sociétéhistorique du vr dont il était secrétaire général depuis le départ de Charles Saunier (et non pas Baucb:v de Saunier), ou dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de France dont il futl'ul1 des quarante fne]nbres résidants. « HistorÎen, archéo-

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logue d'une érudition inépuisable, il était aussi un grand lettré. » Il s'est
intéressé à Anatole Franc,e,Victor Flugo et Balzac, auxquels il a consacré des séries de conférences, cornme en térnoigne Je Bulletin ronéotypé. Malheureusenlent nous ne connaissons que les dates et les sujets traités Les textes de ces conférences ont été à jaulais perdus. Dans la nécrologie parue dans le Bulletin de la Conl111 ission du TfieuxParis, Victor Bucaille l'évoque en ces termes: «Nous l'avions connu à cette Société historique duVr~ qu'jJ soutenait de son dynamisme, à laquelle il apportait science sans défaut et son inlassable curiosité. Il était la modestie et l'obligeance tnênlCs, toujours prêt à mettre ses vastes connaissances à la disposition d'autrui, à aider qui, COITImeui, aimait l l'histoire, la grande et la petite ».

Le second demi-siècle de notre Socjété débute avec la parution de résumés trimestriels des procès-verbaux de ses séances. Ils couvrent les activités des 1er,2e et 4e trimestres, le 3eétant celui des grandes vacances. Les titres des com.ll1unications à venir doivent être signalés un BlOisà l'avance au secrétaire

Tant que Georges Huard vécut, les conférences étaient souvent données par des personnalités qui reprenaient parfois des sujets déjà traités. Après son décès en 1962, on perçoit une certaine dérive. A l'Assemblée générale du 21 janvier 1965, on évoque un certain ralentissement de l'activité; les conférenciers se font rares et la disparition de Georges Huard est toujours sensible: « Cette année plusieurs séances ont été supprimées, soit du fait de leur coïncidence avec les fêtes, soit faute de conférencier ». l.,es ITIelllbresne sont plus qu'une centaine. Le poste de secrétaire général, vacant depuis 1962, est confié tenlporairelllent à Solange Doumic.

Une lettre adressée par Edmond François au Inaire, en cette époque difficile, fait quelques propositions de bon sens. Alors trésorier en titre (depuis 1949), il semble qu'il assul11aiten outre les fonctions de bibliothécairearch iviste : «MonsÎeurMézière assurait ces fonctions et a passé les consignes et les clefs des anlloires et bibliothèques au trésorier ». De pJus, il ne faut pas perdre de vue que le « trésorier actuel qui assun1e les fonctions de secrétaire généralintérilllaire est âgé et seul à connaître les us et coutulTIeSde la Société, ses archives et à assurer la tradition ». Cette si-tuation ne pouvait perdurer et lors de l'Assen1blée générale, on nomlllera Pierre Gendrel secrétaire général et, à Charles Lochmann nOInmé alors vice-président honoraire, succédera Henry Aux Cousteaux de Conty. En 1970, après auglTIentation de la cotisation à dix francs, car les ressources manquent, on évoque les disparus dont Charles Lochnlann. Le nOITIbre es adhérents stagne aux environs de 60. d

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En octobre 1970, Pierre Récamier est nOtTIHlé maire~ en reHlplaceInent du Dr Édouard Delavenne. [.lorsde l'Assemblée générale dull février 1972, des postes du bureau sont attribués à de nouveau.x responsables. Pierre Récanlier assure la Société de son intérêt et de son dévouement mais l'invite à élire un autre président que lui-même, surchargé qu'il est par la présidence de très nombreux organislnes de J'arrondissement. Il souhaite J'élection d'un bibliothécaire-archiviste pour tTlettre en ordre et inventorier la bibliothèque et les archives de la Société. En tnars 1972, JacquelineOuy, nouvellement nOlnlnée Inaire adjoint, est priée par le maire de suivre désormais les travaux et l'activité de la Société. Un certain regain d'activité perçu lors del'l\sselnblée générale du ] 6 mars 1973 par Pierre Gendrel~ (secrétaire général depuis 1966), fut sans doute déterminant pour la reprise de la publication du Bulletin: son prelnier numéro sort en 1975. Dès le 28 janvier 1974, Pierre Récamier, dans une lettre circulaire, retrouvée dans les arch ives conservées par l'auteur, établ it le diagnostic: depuis la mort de Georges Huard,« cette association a du mal à poursuivre ses activités~ la charge de son aninlation, retombant entièrement sur son vice-président Fernand Le Pelletier ». Il poursuit par son désir de recruter de nouveaux tnelnbres, de définir de nouvelles lignes d'actÎon afin de participer plus activeInent à la conservation du patrimoine artistique et historique du VIe. « C'est pourquoi je lance un appel à tous ceux qui s'intéressent à notre histoire locale, et plus particulièrenlent aux archivistes-paléographes qui ont été longtelnps les anilnateurs de la Société et les garants de la qualité de ses activités». L'Assenlblée générale du 22 février 1974 au restaurant Le t,)(!\'oJJardaisait le point sur les bonnes volontés et nommait un conservateur f et lIne archiviste. Grâce à l'action volontariste du président, la Société put donc repartir avec 51 adhérents et Pierre RécanlÎer indiquait dans la lettre citée supra: « la décision de poursuivre ou d'arrêter nos activités dépendra de l'intérêt que vous lui portez ». Petit à petit, les conférences traitèrent essentiellenlent de sujets proches du VIe arrondissement; des expositions furent organisées dans les salJes de la mairie. Il faut noter que l'activité culturelJe de la mairie du VIe est une tradition ancienne, qu'elle a eu tendance à s'accroître au fil des années grâce à l'organisation d'un service spécialisé, et que la Société historique a toujours apporté son concours à ces manifestations. 11serait trop long de citer les expositions qui, tout au long du siècle, ont ry1hnlé la vie culturelle de notre arrondissement. En 1976, Jean-Marc Léri, alors conservateur à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, et depuis peu conservateur-archiviste de la Société, prenait la responsabilité d'une exposition organisée par le Comité des Fêtes et traitait de manière brillante Le l-)ixiè111e penche sur son passé. En 1979, la Société historique se

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pal1Îcipe avec le Comité des Fêtes à l'exposition: Le Vf d'hier et d'aujourd'hui. En 1989 enfin, la Société historique organise à la Monnaie, en partenariat avec la Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, une exposition Deux palais sur un quai, qui traite de la MonnaÎe et de l'Institut, institutions n1ajeures situées dans notre arrondissement. Les collections de la Société sont utilisées en 1996 dans l'exposition consacrée à Saint-Sulpice.
Nous avons vu, dans la prenlière période, cOlnbien les l11embres de la Société étaient attentifs au patrimoine de l'arrondissen1ent et faisaient partager par des études de première main leur savoir aux autres adhérents. La plupart d'entre eux étaient très actifs.

Cette attitude est devenue plus rare à notre époque, mais nous voulons encourager ce retour aux sources en citant l'exemple d'Élisabeth LebeauSébille. Bien qu'elle n'ait eu apparetnment aucune expérience antérieure, en 1980, alors qu'elle C(lllServateur en chef honoraire à la Bibliothèque nationale, cette ancienne élève du collège Sévigné effectuait des recherches de prenlière rnain aux Archives de Paris et au Minutier central des Archives nationales et arrivait à reconstituer avec exactitude l'historique de la maison du n° 10 rue de Condé, oÙ vécut un nl0ment son ancien collège. En 1983, elle recol11mençaÎt et étudiait, d'après le Manuscrit français] 1695 de la Bibliothèque nationale, le Faubourg Saint-Germain-des-Prés et la paroisse Saint-Sulpice en 1689. Sa conférence, importante pour l'étude du patrimoine de nos quartiers, était publiée. J'espère que nos membres seront ainsi encouragés à poursuivre des études sur leurs maisons et sur les monuments de notre arrondissement, car il y a toujours des documents à découvrir et à exploiter. Le chemin leur est ouvert grâce à cette dernière décennie favorable. En effet, Inalgré certaines bonnes volontés et 111anifestationsde personnalités, r année 1987 n'était pas brillante: quelque cent vingt adhérents et une situation financière déficitaire. Dès 1988, les choses s'amélioraient peu à peu. Les adhésions augmentaient lenternent et, à l'occasion des expositions ou de certaines manifestations, la caisse se renflouait grâce à la vente de Bulletins, de cartes et surtout des inscriptions en plus grand nonlbre. Donc, dix ans plus tard, le Bureau se composait d'un petit groupe de fidèles et bénévoles, dont la persévérance, une bonne disponibilité et une saine gestion, avaient pennis d'atteindre le chiffre de trois cent membres cotisants sans cOlllpter les « Amis» et un compte en banque positif. C'est donc un avenir plein de promesses qui s'ouvre à nous au début du second centenaire de la Société historique. 28

Nous avons mis en lumière le rôle éminent joué par un de nos Présidents d'honneur, Pierre Récamier qui a choisi de s~éJoigner en 1977, suite aux turbulences causées par le sort du Marché Saint-Gernlain. C'est un ardent défenseur du patrimoine, disparu en juillet 1998, Yvan Christ, qui lui a succédé. La présidence a été reprise, après la démission d'Yvan Christ en novembre 1980, par Christian Langlois, membre de l'Institut, dont chacun a pu admirer l'œuvre architecturale au Sénat et dans ses abords.L'inlportance croissante de ses obligations professionneIJes J'a incité à nous quitter en 1998; il est depuis notre second président d'honneur. Les vice-présidentes ont alors pressenti Serge Le Tellier qui a bien voulu céder à leurs objurgations; on a pu apprécier son intense et efficace activité dans la célébration du centenaire lors de la soirée du 10 décembre 1998 et de l'exposition qui J'a accompagnée.

Geneviève GILLE

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PERSONNALITÉS RESPONSABLES DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE
PRÉSIDENTS
Félix Herbet. Louis Sin10n-Juqu in. Ernest Bulloz. Victor Faure. Dr Edouard Delavenne. Pierre Récamier. Yvan Christ. Christian Langlois. Serge Le Tellier.

maire. maire. Inaire. maire. maire. maire.
melnbre de l'Institut.

1898-1917 1918-1936 1937-1941 1946-1966 1966-1970 1970-1977 1977-1980
198 1w1997

1998-

VICE-PIŒSIDENTS
Ire Vice-Présidence. AbbéElzéar Méritan. Abbé E1TIileCalTIUSde La Guibourgère. Numa Ratlin. Léo Mouton. Charles Lochmann . (Vice-Président honoraire.) Henry Aux Cousteaux de C:onty. Geneviève Gille. 1898-1900 ] 900-1 91 8 1919 ] 919-1954 1955-1966 1966-1 969 1966-1974 ] 975-

2me Vice-Présidence. Etienne Charavay. Alexandre Bruel. Pau I Fron1ageot. Léa Mouton. Numa Ratlin. Dr André Robinet. Fernand Le Pelletier. (V ice-Président honoraire.) Pierre Gendrel. (V ice-Président honoraire.) Jacqueline Ouy. 1898-1899 1900-1910 1911-1914 1917-1918 1919-1954 1955-1961 1962-1974

1975-] 976
] 975-1976 1977-1987

1976-

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Secrétaires Charles Saunier. (Secrétaire général fondateur.) Georges Huard. Solange DOUI11ic. Pierre Gendrel. Jeanne Bayle. Christiane Vincent. Georges Gaillard.

générauxt<
1898~ 1929

1930-1941 1930-1962 ]965 1966-1974 1975-1984 ] 985-1987 1988-

Secrétaires généraux adjoints.
Eugène de Ménorval. Henry Nocq, Henri Guérin. Georges Huard . Christiane Vincent.

1898-1900 1901-] 917 1918-1923 1924-1929 1972-1987

Secrétaire des séances. Henri Guérin. 1924-1938

Bi blio th écai res- Arc bivistes. Chargés du classenlent et du catalogue desl ivres, dessins, pièces d'archives appartenant à la Société. Henri Bouchot, Inen1bre de l'Institut. Léo Mouton. Henri Masson. JeanPorcher. René Coutelier. GastonPrinet. Joseph Mézière. Edul0nd François. Hubert-["éon (Jautier.

1898-1906 1906-1916
1 91 7 -1 923

1924-1926 1927 1928-1930 1931-1963 1963-1972 1972

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Arcbivistes$ Madeleine Gros. André Rétif. ] 974-1977 1978-1990

1974

Christian BaLldoux.

Conservateurs. Chargés du classement et du catalogue des objets d'art et des objets d'antiquité appartenant à la Société. Alfred Caussinus. Henry Nocq. René Coutelier. Jean Prinet Geneviève Gille. Jean-Marc Léri.
1898-1 91 7 191 8- 1927

] 928-1936 ]937-1955 1974 1975-

Trésoriers. Auguste Vaillant. Jean Vaillant. Edmond Lesage. Lucien Bertrand. Gaston Peigné. Edmond François. Pierre Billy. Charles Deltheil. Marie-Louise Bradier. Philippe Tarneaud. 1898-1920 1921-1923 1924-1926 1927- 1936
1937- I 949

1949-1972 1972-]974 1975-1984 1987-1988 1988-

Trésoriers adjoints.
Jacques Chartrey. Lucien Bertrand. Pierre Billy. Hubert -1.Jéon Gautier. 1924-1925 1926-1927 1970-1971 1972

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