Cahiers de guerre

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Auguste Vonderheyden, ancien combattant de la guerre de 1870 côté français, se retrouve en 1914 dans la position du vétéran qui commente le conflit. Son fils aîné, Henri, jeune lieutenant de 29 ans, Saint-Cyrien, meurt lors du premier mois de la guerre. Malgré le drame son père suivra les opérations militaires avec régularité, acuité et parfois même une « vision prophétique » des événements. À travers ses écrits personnels l'auteur se révèle un observateur informé et un père animé par la douleur profonde d'avoir perdu un fils. Un témoignage passionnant et poignant.
Publié le : vendredi 15 avril 2016
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EAN13 : 9782140007484
Nombre de pages : 420
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moirese duXX siècle
Auguste Vonderheyden
CAHIERS DE GUERRE (1914 1918) Témoignage présenté et annoté par MarieChantal LhoteBirot et Pierre Lhote
Série SPremière Guerre mondiale
CAHIERS DE GUERRE (1914- 1918)
e Mémoires du XX siècle Déjà parus Sabine CHERON et Marie-Hélène PRECHEUR,Les coquelicots au vent de la liberté. De Varsovie à Nancy : un rêve réalisé,2016.Rafael MONREAL,Le chemin de Rafael. Un républicain espagnol dans la guerre civile,2016. Anna Senik,Une famille juive de la Pologne à la France de Vichy, Penser ce qui nous est arrivé,2015. Bernard GROUSELLE,De la ligne Maginot à Berchtesgaden. Souvenirs d’un français libre,2015. Viktor GEIGER,Viktor et Klára. Camp de travail en Ukraine dans le Donbass (1945 – 1946),2015. Henri CHENNEBENOIST, Carnets de campagne 1914–1918,2015. Paul GRISON,Un soldat écrit à sa famille depuis le Maroc, l’Algérie, l’Indochine (1944 – 1953),2015. Jean GRIBENSKI,De Suwałki à Paris. Histoire d’une famille d’origine juive polonaise : les Gribinski/Gribenski (vers 1840-1945),2015. Pedro CANTINHO PEREIRA,Un « Malgré nous » dans l’engrenage nazi, Les sacrifiés de l’Histoire ,2015.Fernand THOMAS,Mémoires de guerre, La vie malgré tout (1914 – 1918),2014. e Renaud de BARY,La 4 batterie. Journal intime d’un appelé en Algérie (1 mars 1961 - 5 janvier 1963),2014. Richard SEILER,Charles Mangold, chef de l'armée secrète en Périgord,2014. Henri FROMENT-MEURICE,Journal d’Egypte, 1963-1965,2014. Joseph-Albert di FUSCO,Fusillé à Caen en 1941, Lettres d’un otage à sa famille,2014. Tahîa GAMÂL ABDEL NASSER,Nasser ma vie avec lui, Mémoires d’une femme de président,2014. Fernand FOURNIER,Paroles d’appelés. Leur version de la guerre d’Algérie,2014.
Auguste VONDERHEYDENCAHIERS DE GUERRE(1914-1918) Témoignage présenté et annoté par Marie-Chantal LHOTE-BIROT et Pierre LHOTE L’Harmattan
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07931-8 EAN : 9782343079318
Introduction
er Le 1 août 1914, la mobilisation généraleest annoncée. Cette date a fait basculerl’Europe et le mondedans la Grande Guerre. Si la mobilisation n’cependant un pas décisif quiest pas la guerre, elle est installe le mécanismede l’armée universelle de conscription. Les cahiers d’Auguste Vonderheydenconstituent pour la période du conflit un témoignage exceptionnel :c’estd’abord uqui s’exprimen civil mais aussi un homme cultivé, passionné par le fait militaire et très au fait des mouvements de troupe. Il a participé au conflit franco-prussien de 1870 et il a été très marqué par la défaite françaisede Sedan. Il commence ses carnets le 22 août 1914, soit une vingtaine de jours après l’ordrede mobilisation générale et les poursuit pendant toute la durée de la guerre et même au-delà ;chaquejour, il décrit minutieusement les événements militaires, mais aussi personnels, auxquels il est confronté.
Nous avons retranscrit les cahiers des années 1914/15, une partie de l’année 1916 et de l’année 1917,en prenant comme références les événements les plus marquants pour cette dernière année,c’est à dire les Révolutions russes : celles de Février etd’Octobre,en guerreet l’entrée des Etats-Unis. Pour l’année 1918, nous nous sommes attachés aux cahiers du début de l’année et de la fin de l’année en insistant surtout sur l’armistice du 11 novembre. En revanche, étant donné l’importance des cahiers, nous avons procédé à une « sélection », soit les années 1914/15/6/7 /8 et ensuite les années 1919/20, soit la fin de la guerre et le règlement du conflit.
Le service militaire
er L21 à 48 ans sont appelés à quitterles hommes âgés de e 1 août 1914, leur foyer pour se rendre sur les frontières delEst. L’laannonce de mobilisation s’est faite en deux temps. Les maires ont d’abord reçuune note confidentielle le 31 juillet pour préparerl’acheminement des troupes et er ensuite, la population a été informée le 1 août.Au moment où l’Allemagne déclare la guerre à la Russie,le tocsin sonne et l’ordrede mobilisation générale apparaît sur tous les murs. La mobilisation prend effet le lendemain et les hommes se dirigent vers leur dépôt où ils reçoivent leur uniforme, avant d’êtreenvoyés sur le champ de bataille.C’est un enrôlement massif,le
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premier du genre, « contrairement à celui de1870où des colonels s’étaient 1 retrouvés sans régiment et des régiments sans officiers »
À la fin du mois d’août, la Vème Armée000 hommes, soitcompte 250 l’équivalent à elle seule de la totalité des troupes qui avaient affronté les Prussiens en 1870.
Àl’été 1914, la mobilisation concerne toutes de lales couches 2 société, la plupart des 3, 7 millions de Français mobilisés sont alors persuadés que la guerre sera courte : 3, 7millions de mobilisés sur une 3 population totale en France de 39, 6 millions .
Une armée de conscription : du côté français
Depuis la Révolution et la loi Jourdan de 179française8, l’armée s’appuiesur le système de la conscription,c’est-à-dire l’enrôlement obligatoire des citoyens pour le service militaire de 20 à 48 ans. Les bacheliers, jusque-là exemptés,après la réforme dedoivent servir à l’armée 1905. En 1914, ils ne sont que 8000, ce qui est très faible par rapport au nombre global de mobilisés. De plus, on proposait plutôt aux bacheliers d’entrer dans un peloton d’officiers lorsqu’ils arrivaient à l’armée.La défaite de 1870 permetd’instaurerservice1905, un et de de 1889 , par les lois militaire universel sans exception pour les hommes. Les jeunes hommes d’une même classe d’âge passent, à l’âge de 20 ans devant le conseil de révision et sont désignés, ou non, « bons pour le service ».L’adage «bon pour le service, bon pour les filles » assimile le temps de la caserne à un rite 4 de passage essentiel de la masculinité . Depuis 1913, le service actif dure 3 ans afin que le nombre d’hommes formés soit plus important.loi de« La retour aux trois années de service militaire, adoptée le 7 août 1913, constitue 5 le dernier élément dans la réflexion stratégique française » . La loi prévoit un service actif de trois ans, dans la réserve un service de 11 ans, dans la réserve territoriale, un serviced’une durée de7ans. Un citoyen français est
1 er Le Républicain Lorrainy a 100 ans, la marchede Robin Verner « il août 2014, article , 1 vers la grande guerre», le journaliste cite François Cochet, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lorraine-Metz. 2 er Le Républicain Lorrain,2014.1 août 3 Edouard Coeurdvey,Carnets de guerre 1914-1918, un témoin lucide, Terres Humaines, Plon, 2008, page 895. 4 François Cochet,La Grande Guerre, Perrin, 2014. 5 Opus citatus25., page 5 F. Cochet, 2014, page 44. 8
donc justifiable de services militaires durant 28 ans. Après son service, le soldat rendu à ses foyers resteencore disponible pour l’armée pendant 25 ans, dd’active, puis dans ’abord dans la réserve de l’armée l’armée dite territoriale, qui était formée par les hommes plus âgés, de 43 à 49 ans. Auguste Vonderheyden, au mois d’août 1914, mentionne à plusieurs reprisesla « territoriale », dont il fait d’ailleurspartie. Enaoût 1914, ce sont d’abord les soldats âgés de21 à 38 ans qui sont mobilisés. Puis, à partir de septembre, les hommes plus âgés. Les régiments de « territoriaux » ont pu 6 occasionnellement participer aux combats en cas d’urgence.Cen’est pas leur vocation essentielle,ils s’occupent de n’ont pas tâches qui de rapport avec les combats et leurs pertes sont très inférieures à celles des régiments d’active.Ala fin de l’année 1914, les soldats des classes 1914 et 1915 qui sont âgés de 19 et 20 ans, sont incorporés par anticipation pour combler les vides laissés par les combats meurtriers. Les forces en présence sont les suivantes : en France, aux 880 000 hommes des classes présentes au service militaire (1911-1913) s’ajoutent 2220 000 réservistes (classes 1900 à 1910) 7 et 1 540 000 territoriaux (classes 1886 à 1899) .
Du côté allemand
L’armée allemandeest sous les ordres directs du grand état-major, commandé par leKaiseren personne.C’de conscription, quiest une armée débute par un service actif de deux ans, trois dans la cavalerie et l’artillerie à cheval. Le conscrit appartient alors à la réserve de l’armée d’active jusqu’à 8 l’âge de 27 ans. Il passe dans lalandwehrdurant cinq ans,de premier ban avant de poursuivre jusqu’à l’âge de 39 ans dans lalandwehdeuxièmer de 9 ban et de prolonger par laLandsturm,réserve de laLandwehrde deuxième ban jusqu’à l’âge de 43 ans , où il était enfin libéré de ses obligations militaires. L’armée en Allemagne jouitd’un grandprestige. Les effectifs étaient de 3 800 000hommes organisés en huit armées aux ordres du maréchal Von Moltke, neveu du vainqueur de la guerre de 1870.L’armée du 6 F.Cochet,Idées reçues sur la Première Guerre mondialebleu, 2014,Le Cavalier , éditions page 93. 7 F. Cochet, 2014, page 61. 8 A .Vonderheyden, «Mon évasion guerre de 1870du camp de Mayence durant la », témoignage présenté et annoté par M.C.Lhote-Birot et Pierre Lhote, collection Mémoires du XIXe siècle, L’Harmattan, 2012.L’auteur mentionne la landwehr dans son récit d’évasion.9 Landwehr : littéralement : garde du pays selon Pierre Montagnon,laDictionnaire de Grande Guerre, page 482. Cela réservistespartir des désignait des troupes constituées à de vingt- trois à trente-neuf ans. 9
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