Cette publication est uniquement disponible à l'achat

CAMPAGNE DE L’ARMÉE IMPÉRIALE Jean-Claude Lorblanchès
DU PAYS BASQUE À TOULOUSE (1813-1814)
Campagne
de l’Armée Impériale
Contraints d’abandonner l’Espagne après le désastre de Vittoria, du Pays Basque à Toulouse
le 21 juin 1813, les Français vont tenter de s’opposer à l’invasion
du territoire national par les armées anglaises, espagnoles et (1813-1814)
portugaises réunies sous les ordres de Wellington.
En dépit de leur infériorité numérique, ils mèneront jusqu’à
Toulouse, sous le commandement du maréchal Soult, une retraite
exemplaire, ne déposant les armes que deux semaines après que
l’abdication de Napoléon, le 6 avril 1814, eut mis fn à la guerre.
Assiégées, les garnisons de Bayonne, de Saint-Jean-Pied-de-Port
et de Navarrenx résisteront quant à elles jusqu’à la fn du mois
d’avril.
Successivement livrés sur la Bidassoa, la Nivelle, la Nive, la
Bidouze, le gave d’Oloron, l’Adour et la Garonne, les combats
témoignent par leur âpreté de l’intensité de la lutte armée, et
ils attestent l’ampleur des soufrances qu’ont dû endurer les
populations.
Dans le droit fl de ses précédents ouvrages sur la guerre d’Espagne et l’épopée
des vétérans napoléoniens exilés aux Amériques, Jean-Claude Lorblanchès
nous livre une chronique documentée et vivante de la campagne, singulière
à bien des égards, que l’armée impériale a menée dans le sud-ouest de la
France. Familier du terrain sur lequel elle s’est déroulée, il en dissèque, avec
compétence, les péripéties les plus marquantes.
Image de couverture : Attaque du grand convoi ramenant les dames de la cour du roi
Joseph en France par les guérilléros du général Mina dans le déflé de Salinas en Biscaye
conduisant au col d’Arlabon, pendant la manche de Vittoria à Bayonne, le 25 mai 1812,
Lejeune Louis François (1775-1848). © RMN-Grand Palais (Château de Versailles).
ISBN : 978-2-343-00112-8
9 782343 00112814 €
Campagne de l’Armée Impériale du Pays Basque à Toulouse (1813-1814) Jean-Claude Lorblanchès





Campagne de l'armée impériale
du Pays basque à Toulouse
(1813-1814)

Jean-Claude LORBLANCHÈS








CAMPAGNE DE L'ARMÉE IMPÉRIALE
DU PAYS BASQUE À TOULOUSE
(1813-1814)














L’Harmattan







Du même auteur :

Les soldats de Napoléon en Espagne et au Portugal (1807-1814),
L’Harmattan, Paris, 2007
Napoléon – Le faux pas espagnol, L’Harmattan, Paris, 2009
Soldats de Napoléon aux Amériques, L’Harmattan, Paris, 2012






















© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-00112-8
EAN : 9782343001128


Avertissement au lecteur
Cet ouvrage est une réédition partielle du livre "Les
Soldats de Napoléon en Espagne et au Portugal 1807-1814",
paru chez L'Harmattan en 2007, et toujours disponible en
librairie. Il reprend les chapitres traitant de la campagne
qu'a menée, jusqu'à Toulouse, l'armée impériale défaite le
21 juin 1813 à Vitoria.
Le souvenir de ces événements reste vivace, mais
souvent imprécis. D'un format plus maniable que le livre
original, cette chronique se propose d'en faciliter la
compréhension, ainsi que le suivi sur le terrain. Elle
s'inscrit dans le cadre des commémorations de leur
bicentenaire.















Introduction
Défaites à Vitoria le 21 juin 1813, les armées que
Napoléon avait engagées dans la Péninsule ibérique ont
dû se replier sur le territoire national. Le pont en bois de
Béhobie, que leurs premiers éléments avaient emprunté
pour franchir la Bidasoa le 18 octobre 1807, était incendié
le 2 juillet 1813. La guerre n’était pas finie ; elle allait se
poursuivre jusqu’à la chute de Toulouse, le 10 avril 1814,
et même trouver un prolongement avec la résistance de la
citadelle de Bayonne, dont la garnison effectuera une
sortie mémorable quatre jours plus tard, le 14 avril.
Qu'étaient donc allées faire les armées impériales à
Madrid, alors que l'Espagne était une alliée de la France ?
Des événements imprévus, dont les conséquences
devaient se révéler dramatiques, avaient incité l'Empereur
à privilégier une intervention par les armes plutôt que la
diplomatie.
La paix précaire qu'il avait signée en mars 1802 avec
les Anglais n'avait tenu qu'à peine plus d'un an. Pour
faire plier l'Angleterre, qui demeurait son principal
adversaire, il avait décidé de l'envahir. Le 21 octobre 1805,
l'anéantissement des flottes françaises et espagnoles à
Trafalgar devait toutefois rendre impossible la traversée
de la Manche.
Pour subjuguer cet ennemi intraitable, Napoléon
choisissait alors de le frapper là où il était le plus
vulnérable : en ruinant son commerce extérieur. Le 21
novembre 1806, il décrétait le Blocus continental qui
devait interdire aux Anglais tous les ports du continent.

7


Depuis plus d'un siècle, les Britanniques utilisaient
sans contraintes ceux du Portugal, royaume qui leur était
étroitement inféodé. Il fallait donc exiger des Bragance, la
dynastie régnante, une stricte application de l'embargo.
Les pressions diplomatiques ayant échoué, l'Empereur
lançait sur Lisbonne un corps expéditionnaire aux ordres
de Junot. Le général faisait son entrée à Lisbonne le 30
novembre 1807. Mais il arrivait trop tard pour mettre la
main sur les Bragance qui venaient de s'enfuir au Brésil
avec l'aide des Anglais.
L'Angleterre ayant la maîtrise des mers, les liaisons
avec Lisbonne ne pouvaient s'effectuer que par voie
terrestre. Napoléon, qui ne faisait pas confiance à ses
alliés espagnols, décidait, sans toutefois solliciter leur
accord, de déployer trois corps d'armée sur leur territoire,
sous le prétexte fallacieux de soutenir l'armée du
Portugal.
Encouragé par l'absence de réactions des Espagnols à
cette épreuve de force, et prenant pour de la pusillanimité
ce qui n'était que de la prudence, l'Empereur convoquait
à Bayonne le roi Charles IV et son fils Ferdinand VII qui
se disputaient le trône. Les grugeant l'un et l'autre, il
confisquait la couronne d'Espagne à son profit, puis il la
remettait à son frère Joseph.
Les Espagnols allaient relever le défi. Encouragé par la
capitulation d'un corps d'armée français à Bailén, en rase
campagne, le pays se soulevait. Junot était chassé du
Portugal par une armée anglaise fraîchement débarquée.
Joseph devait quitter précipitamment Madrid, quatre
jours seulement après son intronisation solennelle.
Conscient du désastre qui s'annonçait, l'Empereur
gagnait l'Espagne au début du mois de novembre 1808, et
en soixante-seize jours il rétablissait la situation. Il pensait
avoir mis définitivement le pays sur les rails, mais il n'en
était rien. À plusieurs reprises, dans les années qui
suivront, il envisagera de revenir à Madrid. Il se faisait
fort de résoudre, en quelques mois, les problèmes que son
frère Joseph se révélait incapable de traiter. Il ne
reviendra pas, et il laissera la situation aller à vau-l'eau.
8


Dans un premier temps, l'arrivée en masse de soldats
aguerris avait donné une impulsion décisive aux
opérations militaires : de juillet 1808 à février 1811, les
Français remporteront dans la Péninsule dix-neuf
victoires majeures. Ils ne s'inclineront que huit fois devant
leurs adversaires, les alliés anglais, espagnols et
portugais.
La situation se détériorera à partir de mars 1811. Ils ne
seront plus vainqueurs qu'une seule fois, à Valence, le 9
janvier 1812, alors que les alliés remporteront cinq
victoires, dont trois sous le commandement en chef de
Wellington.
Le système de commandement que l'Empereur avait
institué en Espagne faisait la part belle aux maréchaux.
Sur les vingt-six que comptait l'armée impériale, seize
serviront en Espagne. Excellents tacticiens, courageux au
combat, remarquables chefs de guerre, ils donnaient le
meilleur d'eux-mêmes quand ils étaient placés sous le
commandement direct de Napoléon.
Dans la Péninsule, la bride sur le cou, avant tout
soucieux de jouir des avantages de leur commandement,
avides de butin, ils se laisseront aller à la facilité. Se
jalousant les uns les autres, ils perdront la notion de
l'intérêt commun. Dépendant directement de l'Empereur,
avec lequel les échanges de correspondance prendront
des semaines, surtout lorsqu'il sera en Allemagne et en
Russie, ils se sentiront abandonnés.
Napoléon aurait dû nommer l'un d'entre eux
commandant en chef de ses armées dans la Péninsule. Il
ne s'était pas résolu à le faire. En février 1812, il avait
investi Joseph de cette responsabilité, mais c'était trop
tard. Les maréchaux, qui ne reconnaissaient au roi aucune
compétence en matière militaire, s'affranchiront d'ailleurs
de cette subordination.
Omniprésente, la guérilla ne s'était certes pas montrée
capable d'affronter les armées impériales dans des
combats conventionnels, mais elle les avait épuisées par
ses harcèlements et ses embuscades, les forçant à
immobiliser des effectifs importants pour assurer la
9


protection des convois. En se généralisant, les actes de
cruauté, perpétrés des deux côtés, avaient créé un climat
délétère, néfaste pour le moral des soldats.
Au printemps de 1811, les Français étaient toutefois
encore en mesure de se maintenir sur la plus grande
partie du territoire espagnol. Ils pouvaient même espérer
réduire les derniers bastions de résistance. Les
prélèvements d'effectifs effectués par Napoléon pour
constituer la Grande Armée lancée sur la Russie en juin
1812, puis ceux qu'il rappellera pour contenir l'offensive
des armées coalisées, devaient dramatiquement changer
la donne. La défaite des Arapiles, en juillet 1812,
préjugeait de temps difficiles à venir.
C'est dans un état de déliquescence, de négligence et
de lassitude que les armées impériales vont se laisser
surprendre, en mai 1813, par l'offensive de printemps de
Wellington. Le 21 juin, moins d'un mois plus tard, la
défaite humiliante de Vitoria, au Pays basque espagnol,
les contraignait à un retrait précipité d'Espagne.
Engagé dans la campagne d'Allemagne, Napoléon
avait perdu sa liberté de manœuvre dans la Péninsule.
Quelques mois plus tôt, il aurait pu, comme il l'avait
envisagé, rappeler l'essentiel de ses armées après avoir
rendu son trône à Ferdinand VII. Mais il avait tergiversé,
espérant conserver toute la rive droite de l'Èbre. Ces
troupes lui auraient été très utiles pour la campagne
d'Allemagne qui venait de s'ouvrir. Il était maintenant
trop tard.
Suchet, qui menait une retraite exemplaire dans le
Levant et en Catalogne, semblait, quant à lui, à même de
contenir l'invasion de la France par l'extrémité orientale
de la chaine des Pyrénées.
La situation était beaucoup plus délicate du côté
Atlantique. Si rien n'était fait pour l'arrêter, Wellington,
qui avait atteint la Bidasoa beaucoup plus vite et plus
facilement qu'il ne l'avait envisagé, pouvait constituer, à
court terme, une double menace sur Bordeaux et sur
Toulouse. Il fallait réagir, et vite !
10


erLe 1 juillet 1813, dès qu'il avait été informé de la
défaite de Vitoria et du retour de ses armées sur le
territoire national, Napoléon, qui était alors à Dresde,
destituait Joseph et nommait Soult commandant en chef
des troupes qui venaient de se retirer d'Espagne.
Une nouvelle campagne était lancée. Elle va débuter
par de vaines tentatives de s'imposer en Pays basque
espagnol, en se portant au secours de Pampelune et de
San Sebastian. Inexorable, la retraite qui suivra sera
effectuée dans l'ordre, l'armée impériale subissant avant
tout la rude loi du nombre.
Après le franchissement de la Bidasoa, le repli sera
marqué par les combats de la Rhune, la bataille de la
Nivelle, le passage de la Nive, les combats d'Arcangues et
de Bassussary, puis la bataille de Saint-Pierre-d'Irube et
l'investissement de Bayonne.
La Bidouze franchie, les combats se poursuivront en
Béarn, avec la bataille d'Orthez. D'Aire-sur-Adour, les
armées descendront en Bigorre, livrant bataille à Vic-en-
Bigorre et à Tarbes. Puis ce sera la marche sur Toulouse
où, le 10 avril 1814, seront livrés les derniers combats.
Enfin, pas vraiment, car, le 14 avril, la garnison de la
citadelle de Bayonne effectuera une sortie mémorable.
Sans doute était-elle inutile, mais l'honneur était sauf.
Napoléon avait abdiqué le 6 avril.
11