Canada-Québec

De
Nouvelle édition mise à jour
Tout ce que vous voulez savoir sur l'histoire du Québec ou du Canada; ce qu'on ne vous a pas enseigné ou que vous avez oublié. Ce qu'on ne vous a pas dit non plus, tout simplement parce que les études en cause n'étaient pas encore disponibles.
Pour cette nouvelle édition de Canada-Québec, la production historienne des vingt-cinq dernières années a été mise à contribution. Le texte de base est accompagné d'environ 400 gloses qui sont autant de commentaires, de précisions, d'explications ou de références.
Ouvrage original d'une formule inédite, Canada-Québec, 1534-2010 se présente comme une source exceptionnelle d'informations. Sa structure chronologique, sa langue claire et précise, une chronologie entièrement refondue et élargie et un index complet, comprenant les auteurs cités, sont autant d'éléments qui en font un précieux outil de référence.
Non seulement tout ce qu'on ne vous a pas dit, mais aussi tout ce que ne vous dira pas l'histoire propagande. Canada-Québec, 1534-2010 propose une histoire vraie, solidement documentée, qui renvoie aux plus récents et aux meilleurs travaux historiques.
Historien à plein temps, vulgarisateur et chercheur, Jacques Lacoursière a signé une oeuvre monumentale qui rappelle celle de François-Xavier Garneau. Conférencier recherché, animateur de radio et de télévision, il est devenu l'historien le plus connu et sans doute le plus lu au Québec.
Jean Provencher s'est également consacré entièrement à l'histoire. Il a relevé d'innombrables défis de recherche qui vont d'une passionnante enquête sur les émeutes de Québec de 1918 à une biographie de René Lévesque. Son oeuvre maîtresse, unique en son genre et dont le succès ne se dément pas, reste Les Quatre Saisons. Ne dit-on pas Les Quatre Saisons de Provencher?
Denis Vaugeois, pour sa part, partage son temps entre l'édition et la recherche. Il est le principal responsable de la présente mise à jour de Canada-Québec, 1534-2010.
Publié le : mardi 25 octobre 2011
Lecture(s) : 0
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782896646227
Nombre de pages : 608
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

LACOURSIÈRE • PROVENCHER • VAUGEOIS
•CANADA QUÉBEC
-153 4 2 010
Nouvelle
édition
mise à jourJacques Lacoursière • Jean Provencher • Denis Vaugeois
Canada • QuébeC
SynthèSe hiStoriQ ue
1534-2010
 Septentrionpour effectuer une recherche libre par mot-clé à l’intérieur de cet ouvrage, 
rendez-vous sur notre site internet au www.septentrion.qc.ca
Les éditions du Septentrion remercient le Conseil des a rts du Canada et la Société 
de  dévelop pement  des  entreprises  culturelles  du  Québec  (SodeC)  pour  le 
soutien  accordé  à  leur  programme  d’édition,  ainsi  que  le  gouvernement  du 
Québec pour son programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres. n ous 
reconnaissons  égale  ment  l’aide  fnancière  du  gouvernement  du  Canada  par 
l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Collaborateurs à la mise à jour : d enis Vaugeois, r och Côté, Gaston d eschênes, 
Simon Langlois et a nthony d eshaies.
Mise  en pages : Gilles  h erman et pierre-Louis  Cauchon.
révision  : Solange d eschênes.
Conception du cahier couleurs : bleu outremer.
Maquette de couverture : pierre-Louis Cauchon d’après la maquette originale 
de Claude bouchard.
illustration de la quatrième : Canoes in the fog, Lake Superior, 1869. h uile de 
Frances a nne h opkins (1838-1919). Collection du Glenbow Museum, Calgary.
Si vous désirez être tenu au courant des publications
des éditionS du Septentrion
vous pouvez nous écrire par courrier,
par courriel à sept@septentrion.qc.ca,
par télécopieur au 418 527-4978
ou consulter notre catalogue sur internet :
www.septentrion.qc.ca
© Les éditions du Septentrion  d iffusion au Canada :
1300, av. Maguire  dn d imedia
Québec (Québec)  539, boul. Lebeau
G1t 1Z3  Saint-Laurent (Québec)
H4N 1S2
dépôt légal :
bibliothèque et a rchives  Ventes en europe :
nationales du Québec, 2011  d istribution du n ouveau Monde
iSbn papier  : 978-2-89448-653-5  30, rue Gay-Lussac
iSbn pdF  : 978-2-89664-622-7  75005 paris1
2 3 Depuis mon arrivée aux éditions du Septentrion
en 1999, j’entends constamment parler de deux
ouvrages : le journal historique boréal  e xpress
4 (republié en trois volumes en 2009 et 2010) et
« le livre bleu-blanc-rouge », à savoir Canada- 
Québec, synthèse historique.
Pour la nouvelle édition publiée en 2000,
Denis Vaugeois avait proposé une couverture très
soignée avec une toile de Frances Anne Hopkins
représentant un canot indien piloté par un
équipage canadien travaillant pour une compagnie
anglaise, en route vers l’intérieur du continent.
La synthèse du volume en une seule image.5 6 7
Pour cette quatrième édition de la version
mise à jour de Canada-Québec, j’ai tenu à faire
un clin d’œil à la couverture de la v ersion origi-8
nale publiée en 1968 aux éditions du R enouveau
Pédagogique et ainsi boucler la boucle. Le
« Lacoursière-Provencher-Vaugeois » a encore de
9 10
beaux jours devant lui !
Gilles Herman, éditeur
1.  Louis-Joseph papineau, c1865. Collection Jacqueline papineau-d esbaillets.
2.  r ené Lévesque, le soir de l’élection du 15 novembre 1976. Collection Claude 
bouchard, fonds de l’éditeur, 2007-10-598.
3.  Gérald Godin, écrivain et pauline Julien, chanteuse, comédienne et 
auteure-compositeure. photo de Gabor Swilasi, bibliothèque et a rchives 
nationales du Québec, e6,S7,SS1,d690606.
4.  Samuel de Champlain. Suzor-Côté, Musée national des beaux-a rts du Québec.
5.  Marie de l’incarnation, fondatrice du monastère des u rsulines à Québec. 
Fonds de l’éditeur, 2008-04-379.
6.  détail de la sculpture de Louis-philippe hébert Halte dans la forêt siégeant 
devant l’hôtel du parlement à Québec. photo de Sophie imbeault tirée de 
n icole h annequart, Québec en 1608 cases, Septentrion, Sillery, 2008, p. 4.
7.  brian Mulroney et r obert bourassa lors du Sommet de Québec en 1987. 
Fonds de l’éditeur, 2007-10-2-287.
8.  « L’habitant, modèle de force calme et équilibrée… ». photo d’a lbert t essier 
tirée de r ené bouchard, Filmographie d’Albert Tessier, Les éditions du boréal 
e xpress, Sillery, 1973, p. 75.
9.  L’embarquement des a cadiens en 1755. Charles William Jefferys, c1925, 
bibliothèque et a rchives Canada, C-070232.
10.  Michel et Simone Chartrand. photo de r obert n adon, La Presse.Note de l’éditeur
Le texte de base de la présente édition est pour l’essentiel celui de la dernière édition 
de Canada-Québec, synthèse historique réalisée en 1983 par les éditions du  r enouveau 
 pédagogique. Les notes de bas de page (références, explications ou légendes) 
 proviennent aussi de cette édition. Les nouvelles notes sont toutes placées en marge, 
y compris les légendes des nouvelles illustrations.
Les ouvrages cités dans les gloses ne couvrent évidemment pas toute la p  roduction 
des dernières années. des ouvrages  importants ont sans doute été omis. L’éditeur 
accueillera avec empressement toutes informations à cet égard, tout comme il tient à 
s’excuser auprès des auteurs oubliés.
Certains ouvrages de base auraient pu être mentionnés à maints endroits. C’est 
le cas pour cette source unique et infniment précieuse que constitue le Dictionnaire
biographique du Canada que complètent à merveille la collection Les régions du
Québec publiée par l’institut québécois de recherche sur la culture (puL)  et L’Atlas
historique du Canada (puM).
 il faut mentionner aussi deux très importantes collections : les  Cahiers du Québec (h urtubise hMh) dus à l’infatigable r obert Lahaise et 
la prestigieuse Bibliothèque du Nouveau Monde (puM) où l’on trouve les textes de  
Jacques Cartier (Michel bideaux), F.-X. de Charlevoix (pierre berthiaume), d ièreville 
(n ormand d oiron), Lahontan (réal ouellet  et a lain beaulieu), Gabriel Sagard (Jack 
Warwick), Chrestien Leclercq (réal ouellet)  et Mathieu Sagean (pierre berthiaume).
enfn les  comptes rendus de la Revue d’histoire de l’Amérique française, fondée en 
1947 par l’historien Lionel Groulx, ont été d’une aide précieuse à la fois pour repérer 
les ouvrages cités et pour les présenter succinctement.
À partir de la page 480 du présent ouvrage, la matière est entièrement nouvelle, y 
compris la chronologie. u n cahier de 32 pages en couleurs a été ajouté avec l’intention 
de provoquer la réfexion  ou d’évoquer des aspects négligés dans le texte de synthèse. 
L’index est onomastique ; il comprend les auteurs cités, ce qui est délicat (parce que 
certains auteurs importants paraîtront avoir été négligés) mais tout de même utile 
compte tenu de la nature de ce livre qui se veut un ouvrage de base autant qu’un 
ouvrage de référence. première partie
NOUVELLE-FRANCE
I • La rencontre de deux mondes ..................................................................... 8
e eII • Mouvements de découvertes (x au xvi siècle) ........................................ 19
III • Tâtonnements français et anglais ............................................................. 24
IV • Les compagnies : nature et objectifs .......................................................... 33
V • La colonisation de l’Acadie ....................................................................... 36
VI • Champlain au Canada (1608-1635) ....................................................... 42
VII • La croix et le castor (1635-1663) .............................................................. 54
VIII • Bilan (1608-1663) ................................................................................... 61
IX • Une colonie royale (1663-1665) ............................................................... 67
X • Talon et l’essor de la Nouvelle-France (1665-1672) ................................. 73
XI • Retour à l’économie naturelle (1672-1682) ............................................. 80
XII • Première guerre d’expansion territoriale (1682-1701) ............................ 89
XIII • L’annonce du désastre (1701-1713) ......................................................... 99
XIV • « Fortifer le Canada » (1713-1744) ....................................................... 107
XV • La guerre et la paix (1744-1756) ........................................................... 122
XVI • L’affrontement fnal (1756-1760) .......................................................... 134
XVII • Bilan de civilisation (1663-1760) 146
e
r
è
l
l
i
d
r
o
C

a
l

e
d

e
c
a
l
g

e
d
Route côtière

e
h
Couloir libre de glaces
c
u
o
C
s
e
d
i
t
n
e
r
u
a
L

s
e
d

e
c
a
l
g

e
d

e
h
c
u
o
C
8 canada • québec : des débuts à 1760
I • La rencontre de deux mondes
Il y a quelque
15 000 ans, un
réchauffement du
Un continent coupé du reste du mondeclimat a permis
la formation de La terre compte six principaux continents : l’Afrique, l’Amérique, l’Asie, l’Europe,
l’équivalent d’un l’Australie (Océanie) et l’Antarctique. L’Asie est le plus étendu et le plus peuplé.
pont au détroit L’Amérique vient au deuxième rang pour le nombre d’habitants, suivie de l’Afrique,
de Béring et d’un de l’Europe et de l’Océanie. L’Amérique touche les deux pôles, arctique et antarctique.
couloir qui longea La calotte glaciaire du Nord repose sur l’eau, celle du Sud, sur la terre. L’Amérique
les Rocheuses pour est le seul continent à être pratiquement isolé des autres. Pour l’atteindre, il fallait
mener au centre des
franchir une grande distance océanique ou passer par la Béringie (voir p. 481 ou Amériques. Il est
carte ci-dessous).possible également
Pendant des milliers d’années, une population s'établit dans l’ensemble des qu’une migration
Amériques sans véritables contacts avec l’extérieur. Au moment de l’arrivée de ait eu lieu le long de
Christophe Colomb en 1492, la population, arrivée au compte-gouttes par la Bérin-la côte du Pacifque.
La domestication du gie à la faveur d’un réchauffement du climat, était sans doute comparable à celle
maïs eut lieu voilà de l’Europe, soit autour de 100 000 000 d’habitants répartis depuis l’île de Baffn
environ 5 000 ans. Sa jusqu’à la Terre de Feu.
culture se répandit
progressivement. L’Amérique n’est pas une partie des Indes
L’histoire de l’Amérique a été connue
par les récits des voyageurs européens. Sibérie
Ils se sont d’abord crus aux Indes et Béringie
ont nommé Indiens les habitants de ces
territoires. Le blé qui y poussait devint
du blé d’Inde ; les poules, des poules
d’Inde ou dinde au côté des cochons
d’Inde ; les îles à proximité furent
nommées West Indies. Quand la méprise
fut connue et que des explorateurs, tel
Amerigo Vespucci, furent convaincus
d’avoir atteint des terres inconnues
jusque-là, on décréta qu’il s’agissait
d’un nouveau monde. En hommage An 500 de notre ère
à Vespucci, des savants proposèrent
Amérique
de nommer ce continent America par du Nord
An 200 avant notre èreAn 1000 avant notre ère référence à Europa, Asia et Africa. Le
Nouveau Monde devient synonyme
d’Amérique.
Population Dès 1493, le pape s’en mêle et
propose un partage entre l’Espagne
Maïs et le Portugal des terres découvertes
Domestication
ddu maïs vu maïs veerrs l’an 3500s l’an 3500 et à découvrir. Rapidement, toutes les
aavvant notant notrre ère èree
puissances européennes sont dans la I • La rencontre de deux mondes 9
course et cherchent à s’en partager les richesses. Se considérant comme le berceau La contribution de
l’Amérique et de ses des grandes civilisations, elles se jugent investies de la mission de répandre la
civihabitants au progrès lisation et de favoriser l’évangélisation des populations indigènes.
de l’humanité a
inspiré plusieurs L’Amérique, un vieux monde à la rescousse d’un autre vieux monde
publications à La réalité est bien différente. L’Amérique est en effet le lieu de vieilles civilisations.
l’occasion des
Les Espagnols ont bien tenté de tout faire disparaître des empires aztèque, maya ou 500 ans de la
inca ; ils n’ont fait que retarder le moment de vérité. Le principal legs de ces éton- « découverte » de
nantes civilisations réside dans l’agriculture. Le maïs et la pomme de terre nour- l’Amérique. La place
rissent aujourd’hui la majeure partie des habitants du globe. La liste des produits qui d’honneur revient
proviennent de l’Amérique est longue : le manioc, l’arachide, le chocolat, la tomate, à Seeds of Change,
plusieurs variétés de piment, l’amarante, etc. Les premiers habitants, surtout ceux de de Herman J. Viola
et Carolyn Margolis l’a mérique centrale, avaient transformé savamment ce que la nature leur offrait. à
(Smithsonian, titre d’exemple, le maïs ne pousse pas à l’état sauvage. Les épis devaient être fertilisés
1991).à la main et les Amérindiens apprirent à créer de nouvelles variétés susceptibles de
s’adapter à des conditions de sol ou de climat extrêmement différentes. Il fut ainsi
Le maïs est moulu pour tout ce que la nature offrait, dont la pomme de terre et le manioc.
entre deux pierres Les grandes civilisations reposent sur une plante principale : le blé ou le riz. Celles
ou écrasé par un d’Amérique ont pu compter sur le maïs. Sa culture était plus exigeante que celle du
mortier. La farine blé, mais la plante était infniment plus généreuse et peut rendre 400 à 1200 grains
obtenue sert à
pour un grain, comparativement au blé qui en donne environ dix à vingt. Le maïs a préparer une
soutenu sans faille, écrit l’historien Fernand Braudel, l’éclat des civilisations des Incas, soupe ; les grains
des Mayas et des Aztèques. Il aurait pu ajouter que cette céréale a favorisé de fortes sont mélangés à du
poussées démographiques partout sur la planète, tout comme ce fut le cas pour la gibier pour donner
pomme de terre. On sait que son arrivée en Europe a sauvé les Irlandais de la famine, une bouillie dite
mais on ignore qu’elle a aussi nourri les Allemands, les Russes et même les Chinois. sagamité.10 canada • québec : des débuts à 1760
Que serait l’Afrique sans le manioc, l’arachide et le cacao ? Autrement dit, ce
qu’on appelle la « découverte du nouveau monde » a été le salut de « l’ancien monde ».
L’agriculture n’est qu’un aspect, car en réalité tous les domaines ont été touchés,
depuis la médecine jusqu’à l’univers des idées.
Dans ses voyages en Nouvelle-France, le baron Lahontan résumera le mode de
vie observée chez les autochtones par ces mots : liberté, égalité et fraternité. Il fait
rêver les Français.
Si les grandes civilisations de l’Amérique centrale étaient fortement
hiérarchisées, c’était tout à fait différent au fur et à mesure que l’on gagnait les communautés
vivant au Sud ou au Nord. Plus on s’approche des extrémités du continent, plus
la vie est diffcile. Pour s’en convaincre, il est intéressant de comparer les modes
de vie des Hopis, des Timucuas, des Mandanes, des Iroquois ou des Montagnais.
En Floride, les Français entrent en contact avec les Timucuas qui ne manquent
pas de les impressionner par leur organisation et leur agriculture. Lorsque Champlain Au lendemain
des voyages atteint la Huronie au nord de la baie Georgienne, il est également frappé par leur
de Cartier, les organisation. Au moment de raser un village tsonnontouan (iroquois), Denonville
Français tenteront s’extasie devant l’abondance des réserves. Tous ces peuples pratiquent la culture du
d’établir une maïs. Leur population augmente rapidement. Confantes dans la source alimentaire
colonie protestante que constitue le maïs, des tribus nomades se font peu à peu sédentaires, passage
en Floride où forcément long et lent. Cette évolution est en marche vers l’Acadie et le Bas-Saint-
ils entrent en
Laurent où les Européens rencontrent des autochtones dont le mode de vie est assez contact avec des
précaire. Ceux-ci vivent de chasse, de pêche et de cueillette.Timucuas chez qui
l’agriculture est
particulièrement
bien développée.
Le chef Atoré a
fort impressionné
l’artiste LeMoyne
de Morgues. Non
sans raison.
Les Hopis
(Arizona) sont
célèbres pour
leurs maisons
juxtaposées
en pierre. Les
Mandanes du
Haut-Missouri
ont aussi des
maisons très
solides.
✎ Hochelaga selon r amusio. a u premier plan, deux personnages se donnent la main. à gauche,
on distingue deux hommes qui en portent un sur leur dos. Cartier avait été accueilli ainsi par
un Indien robuste.I • La rencontre de deux mondes 11
Le témoignage de Jacques Cartier (1535)
Lors de son voyage de 1535 dans le Saint-Laurent, Jacques Cartier visite la ville
d’Hochelaga. Le dimanche 3 octobre il parcourt les environs et observe des « terres
labourées et belles, grandes champaignes, plaine de bledz, de leur terre, qui est
comme mil de Brezil, aussi groz, ou plus, que poix, duquel vivent, ainsi que nous
faisons du froument ». (Cartier mentionne des terres labourées et de belles grandes
campagnes pleines de blé qui est comme le mil du Brésil.) Les descriptions ne laissent
pas de doute, il s’agit d’une variété de « blé d’Inde » que Cartier a peut-être déjà
remarquée au Brésil, car il n’est pas du tout impossible qu’il ait voyagé là-bas ou à
tout le moins été en contact avec des compatriotes qui s’y étaient rendus. Si le blé
d’Inde est présent à Hochelaga, il est donc en route vers le royaume du Saguenay.
u ne éventuelle sédentarisation des peuples de cette région annonce une poussée
démographique semblable à celles qui se sont amorcées partout où s’est répandue
la culture du maïs. Avec une bonne alimentation, un taux de natalité de 3 % à 4 %,
une population peut doubler tous les vingt ans. C’est ainsi que quelques dizaines
de chasseurs arrivés par la Béringie ont pu donner naissance à de très importantes
populations.
Coïncidence malheureuse, l’arrivée du maïs survient à peu près en même temps
que celle des premiers Européens. Les Iroquoiens disparaîtront du Saint-Laurent.
Diverses explications sont possibles ; le choc microbien, expression un peu
mystérieuse pour désigner les ravages des épidémies, est, de loin, la cause la plus
dévastatrice. Les guerres comptent pour bien peu. L’isolement de l’Amérique avait gardé
ses populations à l’abri de maladies largement répandues sur le reste de la planète.
On a longtemps Le contact établi en 1492 mettra fn à cet isolement.
cru que les
contacts entre D’effroyables épidémies à la grandeur des Amériques
la France et u n retour sur les régions qui ont donné le maïs à l’humanité montre le caractère
l’Amérique
extrêmement dramatique des maladies en provenance d’Europe. Les Tainos, peuple avaient
paisible des Antilles, vont être pratiquement condamnés à la disparition, les Aztèques complètement
ou les Incas tombent sous les coups des Espagnols dont l’allié principal se nomme cessé entre les
variole. Cette histoire se répète à la grandeur de l’Amérique. voyages de
Des populations indigènes des Amériques ont été fauchées, dévastées, anéanties Cartier et ceux de
par la variole et aussi par de simples grippes et une infnité de maladies souvent Champlain. Or,
il n’en est rien. banales contre lesquelles leur isolement ne les avait pas prémunies ou immunisées.
Bernard Allaire, Contrairement à ce qu’on a longtemps cru, les Européens ne seront pas absents
dans Pelleteries, du Saint-Laurent entre Jacques Cartier et Samuel de Champlain. L’inséparable
commanchons pagnon de ce dernier, François Gravé, sieur du Pont, vient régulièrement dans le
et chapeaux Saint-Laurent à partir de 1580. Et il n’est pas le seul. Dans le golfe du Saint-Laurent,
de castor
des centaines de navires de pêche en provenance d’Europe sont également présents (Septentrion,
à la même époque. e ntre 1534 et 1603, les occasions ne manquent donc pas pour 1999), révèle
répandre la contagion. l’importance que
Quand on veut bien être attentif aux textes qui ont été conservés, la maladie et prit la traite des
les épidémies apparaissent au détour de maints récits. Les missionnaires eux-mêmes fourrures entre
en sont conscients et profondément inquiets. 1500 et 1632.12 canada • québec : des débuts à 1760
La rencontre de deux mondes
e n 1492 à Hispaniola, en 1535 à Hochelaga, en 1604 en a cadie, ce sera la
même histoire. Les maladies européennes déstabilisent les sociétés indigènes.
Les E uropéens se méprennent ; celles-ci semblent vulnérables sans doute
parce qu’elles sont de niveau inférieur, croit-on. L’illusion de cette supériorité
des E uropéens dominera longtemps les récits, depuis ceux des missionnaires, des
voyageurs, des explorateurs jusqu’à ceux des commentateurs, des historiens et des
spécialistes de toutes disciplines.
Malgré les épidémies dont l’ampleur n’échappe pas aux autochtones, les
contacts se multiplient et permettent des échanges. Les indigènes étaient preneurs
des produits européens, ils l’étaient tellement qu’ils cherchaient toujours à s’assurer
un rôle d’intermédiaires. C’est vrai partout, pour les Sioux le long du Missouri, les
Montagnais à Tadoussac, les Algonquins à l’île aux Allumettes.
Les Amérindiens ne se présentaient pas les mains vides ; ceux du Nord n’avaient
Les premiers
pas que des fourrures à offrir, ils frent don aux Européens de moyens de transport Européens qui
absolument géniaux. Les Européens pouvaient bien dire : « Les pôvres ! Ils ne connais-visitèrent l’Amérique
saient pas la roue ! » Sur un continent sans animaux de trait et avec un réseau fuvial avaient la détestable
aussi dense, le canot d’écorce devient une des grandes découvertes de l’histoire de habitude d’enlever
l’humanité. Facile à construire, à transporter en cas de portage, à réparer, il a permis des autochtones.
Cette femme inuite aux Français de pénétrer cet immense continent depuis Québec jusqu’à La
Nouvelleavait été ramenée Orléans. L’hiver, les Amérindiens se déplaçaient en raquette, il ne restait aux Français
comme captive par qu’à apprendre à s’en servir, sous le regard moqueur des Indiens.
l’explorateur anglais, Autrement dit, à la grandeur des Amériques, les populations indigènes vivaient
Martin Frobisher, en en harmonie avec leur milieu, elles s’étaient adaptées ; les unes de façon
phénomé1577. Tout comme nale au point de produire des civilisations qui tiennent la comparaison avec les
l’Inuit en page 7, elle
plus remarquables de l’histoire de l’humanité, d’autres plus modestes comme chez est vêtue de peaux de
les nomades du Nord, souvent en mode survie où l’ingéniosité et l’invention phoque. Tous deux
prenaient d’autres formes. Le cas le plus évident est celui des Inuits, sans portent de longues
doute un des peuples les plus inventifs de la planète. Nécessité oblige. bottes et ont la tête
Ils doivent tout inventer, depuis l’igloo jusqu’au kayac, en passant recouverte d’un
capuchon. Celui par une infnité de petits outils.
de la femme laisse La rencontre entre Amérindiens et
passer la tête d’un Français se fera sous le signe de la
comenfant. Tous deux plémentarité, de la c ohabitation, du
sont morts peu après métissage génétique et surtout du
leur arrivée à Bristol. mét issag e cult ur e l.
L’artiste John White
a choisi de montrer Profondément déstabilisés par les épidémies,
le nombril malgré les Amérindiens cèdent l’initiative aux nouveaux venusl’épaisseur des
Si les Amérindiens n’occupent pas une place plus importante dans l’histoire que vêtements sans doute
sous l’infuence raconte cet ouvrage, cela ne tient pas à la supériorité des Européens, mais bien
des artistes italiens au drame que vivent les communautés indigènes dont les effectifs seront réduits
qui aimaient bien d’environ 90 % en quelque deux siècles.
montrer les contours
du corps humain. ✎ L’artiste Tivi Etook résume bien son milieu : un kayak, un harpon et deux phoques.I • La rencontre de deux mondes 13
Les sceptiques pourront regarder le cas de
l’Australie, continent relativement coupé du reste du monde, qui
vivra le même féau avec l’arrivée des premiers colons à
partir de 1788. c e continent ne tient pas la comparaison
toutefois avec l’Amérique, lieu de grandes et vieilles
civilisations.
En 1492, deux mondes qui s’ignoraient entrent en
contact. Cette rencontre a permis des échanges qui ont
donné naissance à un véritable nouveau monde.
Les communications
u n des grands avantages que présente l’a mérique du
Nord pour la colonisation est la facilité de ses
communications. Si l’Afrique centrale est restée si longtemps
fermée aux entreprises de colonisation, c’est surtout à
cause de l’incommodité de ses routes fuviales sans cesse
coupées de rapides infranchissables. Le Canada
bénéf cie d’un réseau de voies navigables unique au monde,
surtout dans sa partie orientale.
à lui seul, le s aint-Laurent permet de pénétrer à 3 850 km à l’intérieur des terres. Il existe quatre
portes d’entrée Des portages relativement courts relient le bassin du Saint-Laurent à ceux de la baie
pour pénétrer d’Hudson, de l’océan Arctique et même de l’océan Pacifque. Ils ont permis une
l’intérieur de exploration rapide de l’Ouest et l’expansion du commerce dans ces régions. Vers le
l’Amérique du sud, le bassin du Saint-Laurent est encore relié par des portages faciles à celui du
Nord : la baie Mississippi, ce qui ouvre de bonne heure la voie vers le golfe du Mexique.
d’Hudson, le feuve
Les grandes voies de pénétration du territoire sont le Saint-Laurent, le Missi- Saint-Laurent,
ssippi, la baie d’Hudson et le feuve Hudson. La possession de ces dernières était le feuve Hudson
d’une extrême importance pour le contrôle du territoire. La perte d’une ou de et le Mississippi.
plusieurs de ces voies pouvait signifer l’asphyxie des établissements français de la Les Français en
vallée du Saint-Laurent. contrôleront trois
pendant quelques
Le climat décennies. Malgré
les apparences, Le climat canadien ne possède pas de caractéristiques générales : le pays est trop
la baie d’Hudson vaste. Si le climat de la côte atlantique peut se comparer à celui de l’ouest de l’Europe
est une voie continentale, le climat de la région du Pacifque s’apparente à celui de la côte
sudparticulièrement est de l’Angleterre.
importante qui Le Québec et l’Ontario reçoivent de 500 à 1 000 mm de pluie par année, alors
conduit au cœur
que les provinces de l’Est ont des précipitations de 1 000 à 1 500 mm. Le Québec et du continent.
le nord de l’Ontario sont couverts de neige pendant environ 4 mois. Le bassin de la
Le climat de la région de la Cordillère est beaucoup plus varié que celui des baie d’Hudson
autres provinces. Les courants provenant du Pacifque l’infuencent beaucoup. La se forme à la fn
région de Vancouver, si elle subit peu la morsure de l’hiver, reçoit près de 2 500 mm de la période de
de pluie par année. glaciation dite du
Wisconsin (voir La période de végétation, pour la vallée du Saint-Laurent, est d’environ 150 jours.
page 481).La chaleur est insuffsante pour qu’on y prétende à l’autarcie. Le climat ne permet
a
uri
ce
M
a
re
t
D
w
R
S
i
el
a
ena
y
v
Sagu
n
i
ai
s
èr
e
de
14 canada • québec : des débuts à 1760
Les Iroquoiens
entre 1500 et 1650
Olive P. Dickason
a produit un
classique avec Principales aires de peuplement des
nations iroquoiennes entre 1500 et 1650Les Premières
Pour distinguer les nations algonquiennes des nationsNations
iroquoiennes, les noms de ces dernières sont soulignés.du Canada
Exemple : Goyogouins MONTAGNAIS
(Septentrion,
Stadaconé1996). Il s’agit
d’un ouvrage
ALGONQUINS
incontournable
pour une bonne Hochelaga
OUTAOUAISintroduction
tracesNÉPISSINGUES
ALGONQUINSaux Indiens du d’occupationBaie
DE L’ÎLE iroquoienneCanada. Pour GéorgienneLac
HURONSla première
Huron PENOBSCOTSfois en 400 ans, Lac
Lac
Champlainla population Simcoe
PÉTUNS
amérindienne est
ABÉNAQUISmaintenant en
ONNEIOUTSaugmentation.
AGNIERS
NEUTRES MOHICANS
ONONTAGUÉS Orange
[Boston]
GOYOGOUINS
Dans un agréable ÉRIÉS TSONNONTOUANS
petit livre fort bien
illustré, l’historien
ANDASTES ouAlain Beaulieu
susquehannocks Newrésume le parcours Amsterdam
des communautés
autochtones du
DELAWARE OCÉANQuébec : échanges
[Philadelphie]et emprunts,
ATLANTIQUEalliances et
[Baltimore]confits, traditions
et transformations. [Washington]
Voir Les
Autochtones du
Québec, Fides
0 100 200 km
et Musée de la
tuscarorascivilisation, 1997.
Conception : Denis Vaugeois / Réalisation : Julie Benoit
Carte tirée du tome 1 d’Iroquoisie de Léo-Paul Desrosiers (Septentrion, 1998)
Lac Ontario
O
is
utaoua
Lac
Érié
e
u
h
a
nn
a
S a
L a u r
q
e n t
i
Ohio
n t
s
u
Hudson
Co
Richelieu
S
nne
u
t
c
t
i
cI • La rencontre de deux mondes 15
pas d’y trouver les produits tropicaux et, même dans ses régions tempérées, le froid « Le castor fait
limite la variété des produits. toutes choses
parfaitement Jadis, le froid hivernal interrompait la navigation fuviale sur le Saint-Laurent
bien, reconnaît un pendant près de 6 mois, isolant ainsi l’intérieur du pays. La brièveté de la saison
Montagnais dont de navigation sera un obstacle au développement rapide du territoire. Les navires
le père Paul Le français ne pourront faire chaque année qu’un seul voyage à Québec, alors qu’ils en
Jeune rapporte les font deux ou trois aux Antilles.
propos. Il nous fait
Par ailleurs, le climat est très salubre. Les jours de soleil sont plus nombreux au des chaudières, des
Canada que dans les pays situés aux mêmes latitudes en Europe. haches, des épées,
des couteaux, Les ressources naturelles du pain, bref il
Au premier abord, le Canada ne semblait pas offrir aux colonisateurs de grands fait tout. » Sous
avantages pour un établissement durable. Son climat rigoureux surtout paraissait le titre Le castor
fait tout (Société devoir en faire une terre à jamais inhospitalière.
historique du lac En réalité, les explorateurs se rendent vite compte de ses précieuses ressources.
Saint-Louis, 1987), Certaines régions se prêtent fort bien à la culture. Tous les produits des zones
Bruce G. Trigger, tempérées y viennent en effet sans effort et le territoire réunit les conditions requises
Toby Morantz et pour l’élevage.
Louise Dechêne
Dès les débuts, on peut aisément se faire une idée des richesses forestières du présentent
territoire. Les forêts couvrent environ un tiers du sol. un choix
impressionnant de La traite des fourrures
communications
ePendant plus de deux siècles et demi, la traite des fourrures sera la principale activité faites à la 5
commerciale. Vers 1739, elle représente 70 pour cent de la valeur des exportations ➊. conférence
nordC’est par millions que les peaux de castor sont envoyées en Europe. américaine sur
la traite de la La fourrure est l’apport le plus important à l’économie de la métropole. Cela
fourrure. Saviez-explique l’importance des privilèges de traite qui seront accordés à diverses
comvous qu’au cours pagnies. a vant 1760, la principale source de confit entre Français et a nglais est le
e du xvi siècle contrôle du Centre-Ouest, réserve importante de fourrures. Les profts à tirer de la
beaucoup plus de traite dépassent souvent 1 000 pour cent.
bateaux vinrent
On exporte, outre le castor, les peaux de ratons, de chevreuils, de rats musqués, dans le golfe du
de martres, de loups-cerviers, de loutres, d’ours, de renards, etc. Saint-Laurent que
On pratique le troc avec les Indiens. Eau-de-vie, fusils, chaudrons, poudre à dans le golfe du
fusil, vêtements, pacotilles permettent d’obtenir les peaux. Mexique ou même
des Caraïbes
La pêche (dixit Laurier
Turgeon) ? Mais Les eaux canadiennes abondent en poissons de toutes sortes. Depuis au moins le
e pour la morue, xv siècle, la pêche à la morue est la plus importante. à une époque où le nombre de
non pour le castor jours de jeûne religieux dépassait la centaine, le poisson était une denrée recherchée.
qui connaîtra plus Espagnols, Portugais, Basques, Anglais, Français, Hollandais viennent pêcher « le bœuf
tard son heure de de la mer » sur les bancs. Le plus connu, le Grand Banc, est situé au sud-est de
Terregloire.2n euve : il a une superfcie de 96 000 km . D’autres bancs se retrouvent également au
sud de la n ouvelle-é cosse et dans la région des îles de la madeleine.
➊ Les ouvrages valables sur le commerce des fourrures sont souvent en langue anglaise. Voir en
particulier H.A. Innis, The Fur Trade in Canada. t oronto, 1956.16 canada • québec : des débuts à 1760
La morue est verte ou séchée. La morue verte est conservée dans le sel, alors Selon Mark
Kurlansky, la que l’autre est étendue sur une sorte de tréteau, pour être séchée par le soleil et le
morue aurait vent marin ➊.
changé le monde.
Il lui a consacré Les Amérindiens, leur présence
un petit livre Du nord au sud de l’Amérique, on rencontre une population indigène disséminée
absolument sur différentes parties du territoire. Cette population est de faible densité.
magnifque dont
Le degré de civilisation des diverses familles est assez variable. La civilisation est le titre est tout
plus avancée dans la partie centrale de l’Amérique et va en décroissant à mesure que simplement Cod
l’on s’éloigne vers le nord et vers le sud. Ainsi, les civilisations inca (Pérou), aztèque (Walker and Co,
(Mexique) et maya (Yucatán) sont presque aussi développées que celles des peuples 1997).
européens. En certains domaines, elles sont même nettement en avance.
Les plus récentes découvertes archéologiques nous montrent que l’est du Canada
est habité depuis au moins 10 000 à 11 000 ans. On ignore la date d’arrivée des nations
La grande indigènes en Amérique. On ignore aussi leur origine. L’hypothèse la plus acceptée
question que
actuellement affrme que ces peuples auraient émigré d’Asie par le détroit de Béring plusieurs se
« n’emmenant avec eux qu’un seul animal domestique, le chien ». posent : à quoi
ressemblaient les Structures sociales et politiques
Indiens lorsque
Les nations indigènes du Canada sont soit nomades, soit sédentaires. Les Algonquiens Champlain fonde
de l’Est suivent les migrations du caribou et de l’orignal ; de même les Cris, les Sioux Québec en 1608 ?
Marc Laberge et et les diverses tribus de la Prairie pourchassent le bison. Les uns et les autres logent
François Girard sous des tentes d’écorces ou de peaux. Leur gouvernement sera en conséquence
en donnent beaucoup moins structuré que celui des sédentaires. Ils sont plus marqués du sceau
une bonne idée de l’individualisme.
dans Affchets, Les Iroquoiens vivaient dans des villages situés généralement sur des
élévamatachias et tions à proximité de cours d’eau. Appelées cabanes longues, les habitations étaient
vermillon.
multifamiliales. La maisonnée constituait l’unité sociale dont l’autorité reposait Ethnographie
sur une femme âgée, la structure familiale étant matrilinéaire. u n clan comptait illustrée des
plusieurs maisonnées, la tribu ou nation occupait un territoire défni et était dotée Algonquiens
d’un conseil de chefs.du nord-est de
Les Hurons et les Iroquois pratiquent un certain sédentarisme, grâce à l’arrivée l’Amérique aux
e exvi , xvii et du maïs, ce qui les amène à se donner une structure gouvernementale plus
dévelopexviii siècles. pée. L’unité sociale des Iroquois est la maisonnée ; un certain nombre de maisonnées
RAQ, 1999. Les forment un clan et quelques clans constituent une tribu. Cette dernière a un territoire
illustrations sont bien précis et elle est dirigée par un conseil de chefs appelés sagamos ou sachems,
superbes. élus par le peuple pour un temps déterminé.
Plusieurs nations peuvent s’unir pour former une confédération, telle la
confédération algonquine ou abénaquise, et la célèbre ligue iroquoise des Cinq-Nations.
Souvent, chacun des membres du groupement agit pour son propre compte, mais
d’ordinaire il y a unité d’action.
➊ Voir H.A. Innis, The Cod Fisheries : the History of an International Economy. Toronto, 1954.I • La rencontre de deux mondes 17
La famille
Dans la plupart des tribus, il existe un net partage des tâches. L’homme s’occupe de Vendetta ou
guerre de pourvoir à la subsistance des siens par la pêche et la chasse. Il prise les expéditions
capture ? Dans guerrières mais il laisse à la femme les soins domestiques et les travaux des champs.
Enfants du néant On élève les enfants dans une grande liberté. Le principal défaut de l’éducation
et mangeurs indienne est plutôt la faiblesse et la négligence que la trop grande sévérité. Dès son
d’âme (Boréal,
bas âge, l’enfant est soumis à tous les exercices propres à en faire un excellent chas- 1997), Roland
seur et un guerrier éprouvé. Viau examine
Alors qu’en Europe la jeune fille doit épouser l’élu de ses parents, chez les les rapports
Amérindiens, c’est elle qui habituellement choisit son futur mari. Le mariage est qu’entretiennent
facilement dissoluble. En cas de séparation les enfants demeurent avec la mère. les Iroquoiens avec
Alors que l’homme est relativement libre, l’épouse infdèle, dans certaines tribus, leurs captifs.
peut être sévèrement punie. De façon générale, il existe une
grande liberté sexuelle chez les Indiens et il n’est pas rare de
voir un père offrir ses flles à des étrangers, ou un mari offrir
sa femme, ou l’une de ses femmes en certains cas, à un visiteur.
La guerre
Il existe chez les Amérindiens une réelle tradition guerrière. Le
but des engagements est rarement l’extension territoriale, mais
plus souvent la recherche de captifs. Lorsqu’en 1603 samuel de
Champlain est invité à prendre position pour les Algonquiens,
le confit existe déjà entre Iroquois et Hurons-Algonquiens.
Certaines tribus sont presque continuellement en guerre.
Tantôt ce sont de simples partis, composés plus généralement
La parution du de jeunes gens qui partent en quête de chevelures. C’est la petite guerre où l’on
Pays renversé se contente de « lever la hache ». Tantôt c’est toute la nation qui se porte contre
(Boréal, 1985),
l’ennemi et ne rentre chez elle qu’après lui avoir tué ses meilleurs guerriers ou rasé de Denys Delâge,
ses bourgades. C’est la grande guerre où l’on suspend « la chaudière sur le feu ». a marqué une
Avant que les Européens ne fournissent des armes à feu aux Amérindiens, ces étape importante
derniers combattaient avec des tomahawks, des arcs et des fèches. La preuve d’une dans l’étude de
victoire sur l’ennemi est le scalp qui n’amène pas nécessairement la mort de la vic- l’histoire des
time. Après le combat, les guerriers reviennent au village, ramenant avec eux leurs Amérindiens au
Québec. L’auteur prisonniers. Celles et ceux qui ont perdu un fls ou un mari au combat peuvent en
y avance que la adopter un, lequel devient alors un membre de la tribu. Les prisonniers sont parfois
« découverte » soumis au supplice et mis à mort.
de l’Amérique Les négociations de paix sont soumises à un cérémonial bien précis. De façon
est un processus générale, les membres d’une fédération restent indépendants. Ainsi la signature d’un
de conquête. Cet
traité de paix avec une des cinq nations iroquoises ne signife pas que les quatre ouvrage s’inscrit
autres vont cesser leurs hostilités. Loin de là. Sous les prétextes les plus futiles, la dans la foulée des
paix peut être rompue et la guerre recommence. travaux de Francis
Jennings, à qui l’on Croyances des Amérindiens doit The Invasion
Les manifestations religieuses tiennent une grande place dans la vie des Amérindiens. of America
Ils ne possèdent pas de clergé structuré, ni de culte bien organisé. Ils n’en adressent (Norton, 1976).18 canada • québec : des débuts à 1760
pas moins de fréquentes supplications à leurs divinités pour les différents besoins À partir du
contact amorcé de l’existence.
en 1492, « les La plupart croient en une divinité supérieure, appelée Grand Esprit. Pour
Amérindiens les Algonquiens, c’est Michabou, le Grand Lièvre. Ce dieu a formé la terre et tiré
vivront des l’homme du corps des animaux. Les Hurons et les Iroquois expliquent la création
bouleversements par la chute d’une femme nommée Atæntsic, tombée des espaces célestes dans la
profonds dans mer. Les divinités principales portent généralement le nom de Manitous, chez les
leur vie culturelle,
Algonquiens, et d’Okki, chez les Hurons-Iroquois.économique
La volonté divine se manifeste expressément par les songes. On en suit les et politique ;
indications dans la vie pratique. Il va de soi que leur interprétation peut prêter à la les Européens
fantaisie et subir l’infuence des goûts personnels.y puiseront les
Les Amérindiens croient à l’immortalité de l’âme. Le paradis reproduit une vie sources d’une
impulsion quotidienne où tout est devenu facile. Le gibier et le poisson y sont très abondants
énorme donnée et faciles à capturer. L’hiver n’existe plus, c’est un printemps continuel. On a un culte
à des forces déjà spécial pour les morts. Les Hurons célèbrent en leur honneur, tous les 10 ou 12 ans,
en action : la une fête d’une grande solennité qui se termine par le festin des morts.
formation des Le jongleur ou sorcier est l’intermédiaire entre les hommes et la divinité. Il
proÉtats-nations, cure la guérison des maladies attribuées à un maléfce. Il prédit l’avenir, interprète
la montée du
les songes et prétend indiquer les événements qui se passent en des endroits éloignés.capitalisme et
l’impact d’idées Vie intellectuelle des Amérindiens
nouvelles ».
Les Indiens de la Méso-Amérique connaissent une forme d’écriture. Ceux du Nord Dans Le Mythe
en sont dépourvus, mais ils savent s’exprimer d’une façon imagée et poétique. Le du Sauvage
(Septentrion, père François Du Perron dit d’eux : « Ils ont quasi tous plus d’esprit en leurs affaires,
1993), Olive discours, gentillesses, rencontres, souplesses et subtilités, que les plus aisés bourgeois
P. Dickason et marchands de France. »
présente la genèse u n chef doit être très éloquent, d’une éloquence « simple et nue ». c apitanal et
d’un des plus Le Rat sont de célèbres orateurs ➊.
grands mythes Le chant occupe une place importante dans la vie des Amérindiens. Il en va de
de l’histoire
même pour la danse.occidentale qui a
construit l’image Lectures suggérées :
du « Sauvage Côté, Louise, Louis Tardivel et Denis Vaugeois, L’Indien généreux. Ce que le monde doit
américain. » aux Amériques. Boréal et Septentrion, 1992.
Elle en retrace Jones, David S., Rationalizing Epidemics. Meanings and uses of American Indian
les origines M ortality since 1600. Harvard u niversity Press, 2004.
dans des sources Litalien, Raymonde, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois, La Mesure d’un
aussi variées continent. Atlas historique de l’Amérique du Nord, 1492-1814. Septentrion, 2008.
que le monde Mann, Charles C., 1491. Nouvelles révélations sur les Amériques avant Colomb. Albin
gréco-romain, la michel, 2007.
Bible, le folklore Tremblay, Roland, Les Iroquoiens du Saint-Laurent, peuple du maïs. é ditions de
médiéval. Elle l’Homme, 2006.
s’en sert pour Vaugeois, Denis, « Quelques considérations sur les lendemains de 1492 et 1982 », dans
tenter d’expliquer osRecherches amérindiennes, vol. xxx VII, n 2-3.
l’attitude des
Européens envers
➊Plusieurs discours prononcés par des Amérindiens ont été colligés par André Vachon, Éloquence
l’Amérique. indienne. c oll. c lassiques canadiens. Fides, montréal, 1968.e eii • MouVeMent S de déCouVerteS (X  au XVi  SièCLe) 19
II • mouvements de découvertes
e e(x au xvi siècle)
Les Vikings
d e récentes découvertes archéologiques dans la région de l’u ngava, sur les côtes du  Voilà à peu près
Labrador et sur l’île de t erre-n euve montrent de toute évidence qu’il y eut, en ces  mille ans, les
endroits, des habitations humaines au début du deuxième millénaire. d es analyses  Vikings visitaient
la côte est du scientifques  révèlent que les objets trouvés à l’a nse-aux-Meadows, à t erre-n euve, 
continent nord-auraient été utilisés vers l’an 1000.
américain. Les La Saga d’Éric le Rouge et la Saga des Groenlandais contiennent le récit détaillé 
Presses de la des voyages d’éric le r ouge ou e irik t horvaldsson, de Leifr heppni e iriksson, de 
Smithsonian bjarni h erjolfsson et de plusieurs autres. Le décalage entre l’histoire et la légende se 
Institution
précise graduellement. À la venue hypothétique de moines irlandais dans la vallée  rappellent cet
du Saint-Laurent s’oppose la venue certaine des n orvégiens ou Vikings. anniversaire dans
Vers 981, éric le r ouge, à la suite du meurtre des fls de t horgest, est banni  un magnifque
d’islande pour une période de trois ans. il emploie son exil à explorer la côte ouest  ouvrage collectif
du Groenland, la terre verte. e n 985, un groupe de colons dirigés par é ric quitte  intitulé Vikings. 
l’islande pour le Groenland. À la fn de l’été,  un marchand norvégien, bjarni h er- t he n orth 
a  tlantic Saga jolfsson, décide d’aller rejoindre son père parti avec éric.  Mais le mauvais temps 
(2000). Voir l’écarte de la route tracée. il aurait alors navigué le long des côtes de t erre-n euve, 
aussi Le Canada du Labrador et de la terre de baffn.
au temps des Vers l’an 1000, Leifr e iriksson, le fls  d’éric le r ouge, après avoir acheté le navire 
envahisseurs de de bjarni, effectue le même voyage que ce dernier, mais à rebours. il atteint « d’abord 
Robert McGhee
des terres couvertes de glaciers puis, entre ceux-ci et le rivage, ce qui semblait être une  (Libre Expression,
étendue de roches hautes et plates. Leifr donna à cette région le nom de heLL uL and  1991).
(pays des dalles). poussant plus loin, il arriva près d’une région plate et boisée, bordée 
de nombreuses grèves de sable blanc ; il la baptisa du nom de MarKL and (pays  
des bois) ». d eux jours plus tard, l’expédition débarqua sur une île où abondaient 
le blé sauvage et la vigne. L’endroit reçutle   nom de VinL and  (pays de pâturage).  
t .J. o leson affrme  : « d es savants ont passé un temps infni à essayer d’identifer  
l’emplacement géographique des régions désignées sous les noms de h elluland, de 
Markland et de Vinland. Les deux premières ne présentent guère de diffcultés.  on 
peut, sans hésitation, identifer  le h elluland avec la terre de baffn  et le Markland 
avec le Labrador. Le cas du Vinland est plus diffcile […] dans la mesure où il est  
possible de s’entendre au sujet du Vinland, l’emplacement le plus vraisemblable 
est peut-être la région du cap Cod, mais on n’en sera jamais certain, à moins que 
l’archéologie ne fournisse des preuves nouvelles et irréfutables. » d ’autres historiens 
situent actuellement le Vinland sur l’île de t erre-n euve.
Les fls d’éric frent d’autres voyages au  Vinland. Mais, sans doute, l’hostilité 
croissante des Skroelings, a mérindiens ou esquimaux, de même que les faibles 
effectifs des Vikings vont signifer  la fn  des tentatives d’établissement « en territoire 
canadien ». Graduellement aussi, le Groenland se referme sur lui-même.20 Canada • Q uébeC  : deS début S À 1760
Les voyages des Vikings au Canada n’eurent pas de suite. il faudra attendre le 
exvi  siècle pour que le mouvement d’exploration recommence ➊.
Or et épices : motifs d’exploration
a
u début des temps modernes, les états européens voient s’accroître leur populaetion. À la fn du xv  siècle, la France compte 15 millions d’habitants, l’espagne 7, 
l’a ngleterre 4 et le portugal un million à peine. La civilisation de ces pays s’étant 
perfectionnée, leurs besoins augmentent. a
ussi les échanges tendent-ils à se développer avec les pays d’orient qui fournissent les soieries,  les pierres précieuses et 
les épices ➋➌.
Pour se mettre  Le commerce des épices est des plus importants à cette époque. elles servent  
dans l’esprit de non seulement à la cuisine, mais également à la préparation de médicaments. on  
l’époque, pourquoi importe aussi d’orient des produits nécessaires au tannage,  à la fabrication du 
ne pas se laisser savon, aux teintures, etc.
entraîner par
La prise de Constantinople par les t urcs, en 1453, ne ferme pas les routes Amin Maalouf
reliant l’orient à l’e urope occidentale, mais elle complique un peu les relations. dans Les 
Le point crucial n’est pas là : il réside dans une multiplication des intermédiaires, Croisades vues 
ce qui augmente considérablement le coût d’achat des produits. espagnols et  par les a rabes
portugais, puis a nglais et Français commencent à chercher la route maritime qui (Lattès, 1983).
Les plus curieux leur permettrait d’atteindre les indes, Cathay (la Chine) et Cipangu (le Japon) 
devraient suivre le plus rapidement possible. on croit pouvoir se rendre en ces lieux lointains en  
Paolo Carile dans contournant l’a frique. peut-être même, en acceptant de croire en la sphéricité de la 
la belle édition terre, pourrait-on atteindre l’orient  par l’occident,  d’où la recherche du passage de 
qu’il a préparée l’ouest.  L’immensité de la mer et la longueur des parcours effraient déjà moins les 
de Voyage autour  navigateurs, maintenant qu’ils connaissent l’usage de la boussole et qu’un nouveau 
du monde de 
genre de vaisseau, la caravelle, rend la navigation plus rapide et plus sûre.Francesco Carletti,  edans  la seconde moitié du xv  siècle, tous les pays de l’europe occidentale n’ont 1594-1606
pas le même degré de développement. L’italie est riche : elle contrôle une partie de (Chandeigne,
l’économie. Ses banquiers sont installés dans presque toutes les grandes villes euro-1999).
péennes. Même si l’unité politique n’existe pas, les villes de Gênes, Florence, Venise, 
Milan et r ome annexent les territoires voisins. Mais l’italie n’est tournée que vers 
le commerce méditerranéen.
L’espagne et le p
ortugal sont mûrs pour les voyages lointains. L’espagne, par 
le mariage de Ferdinand et d’isabelle de Castille, a presque complété son unifcation territoriale. e n 1492, les rois catholiques s’emparent du royaume de Grenade. 
il ne manque que la conquête du royaume de n avarre (1512) pour que l’unité 
➊ Voir t ryggvi J. o leson, Early Voyages and Northern Approaches 1000-1632. t he Canadian Centenary 
Series,  McClelland  and  Stewart,1968. a ussi,  Frederick  J.  pohl, The Vikings Settlements of North
America. n ew york, 1972. en  1971, l’éditeur britannique paul elek  publiait un magnifque  ouvrage 
sur le sujet, traduit en français l’année suivante sous le titre La découverte de l’Amérique du Nord. 
a lbin Michel, paris.
➋ Les principales épices, appelées les cinq drogues royales, sont le poivre, le gingembre, la noix de 
muscade, la cannelle et le clou de girofe.
➌Sur le commerce des épices, voir Ch.-a.  Julien, Les voyages de découverte et les premiers établissements
e e(xv et xvi siècles). puF,  paris, 1948 : 33-40.table des matières 607
xIv • l’IMpasse Population du Québec (en %)
constItutIonnelle 513 selon l’âge et l’année, 1961-2010 531
monde Langue maternelle et langue parlée à
Le mur tombe 513 la maison (français et anglais) et
La Communauté européenne 514 indice de continuité linguistique,
Deux nouvelles puissances : selon la province, 2006 532
la Chine et l’Inde 514 Distribution de la connaissance
L’Afrique menacée 515 des langues offcielles dans les
différentes régions du Canada, 2006 532
les états-unIs. l’alena 516 Population, variation de la population
et accroissement selon les régions
canada administratives, Québec, 1971-2010 533
Le rapatriement de la constitution 518 Divers indicateurs de fécondité,
Un front commun éphémère 518 Québec, 1960-2010 534
De Meech à Charlottetown 519 Divers indicateurs d’interruption
Le référendum d’octobre 1995 volontaire de grossesse, Québec,
et ses conséquences 5201976-2009 534
Nombre de mariages et de divorces,
Québec en milliers, Québec, 1970-2008 535
Réélection du PQ en avril 1981 521 Proportion (‰) des mariages rompus
Le retour de Bourassa en décembre par undivorce, à certaines durées
1985 522 depuis le mariage, selon l’année du
Second référendum sur la mariage (1964-2000), Québec 535
souveraineté le 30 octobre 1995 523 Population d’Amérindiens inscrits
dans les réserves et hors réserve,
xv • laguerreau terrorIsMe Québec et Canada, 1982-2008 536
(2001-2010) 525 Nombre d’immigrants au Québec
selon le pays de naissance, au total
Monde.états-unIs 525 (en nombre et en %) pour la
canada 527 période 2006-2010p et rang du
Québec 528 pays d’origine 536
en guIse d’épIlogue 531 tableaux synchronIQues 537
Population du Québec en nombre,
en indice et en % du Canada, Index 579
1961-2010 531
Évolution de deux groupes d’âge 531 source des IllustratIons 594composé en minion corps 10,5
selon une maquette réalisée par gilles herman
le troisième tirage de cette quatrième édition
a été achevé d’imprimer en novembre 2012
sur les presses de l’imprimerie marquis
à montmagny, québec
pour le compte de denis vaugeois
éditeur à l’enseigne du septentrion

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.