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Chronique d'un temps

De
68 pages

Dans son récit autobiographique, Mokhtar Hanitet présente son parcours individuel comme indissociablement lié au destin de son pays, l'Algérie. Il porte un regard critique sur les différents régimes politiques qui s'y sont succédés depuis l'Indépendance. Après avoir raconté son enfance, marquée par la guerre et l'influence de son frère aîné, il évoque les combats de sa jeunesse. Dans les années soixante, il s'engage sur le plan politique et se découvre une passion pour le cinéma et la musique. S'il tente d'abord de faire carrière dans la chanson, il opte bientôt pour une formation en géologie. Fin observateur des changements politiques, il décrit le passage du socialisme à la mondialisation culturelle, puis la prise de pouvoir d'un parti islamiste. Il fustige la société de consommation à outrance, l'hypocrisie des dirigeants corrompus, la mauvaise gestion des finances, la complicité des hauts fonctionnaires, l'incompétence de l'administration. L'avenir appartient selon lui à la société civile qui doit s'impliquer pour améliorer ses conditions de vie.


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Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-03447-0

 

© Edilivre, 2016

Citations

 

 

Ils adorent être en avant sans disposer d’aucune instruction

Ils se scellent derrière un temps où ils n’étaient même pas figurants

Ils sont prêts à vous estropier si vous essayez de les persifler

Le maraudage doit faire naufrage au pays des justes et des sages.

 

Extrait de la chanson de l’auteur

Les vautours
M. Hanitet

 

 

Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même.

Or, quand ton regard pénètre longtemps au fond d’un abîme, l’abîme, lui aussi, pénètre en toi.

 

Friedrich Nietzsche

Préface

L’homme au chapeau, de la ville de Sidi Bel Abbes, auteur du présent livre, et qui allie sciences et art, n’est autre que celui qui avait voulu transmettre tout l’intérêt et la spécificité de la caractéristique humaine, confisquée à tout honnête homme du XXe siècle, et comprendre celui de l’acte de réagir. Il se caractérise par la culture de base de son quotidien bien développé, la solidité de son bagage de connaissances dans des disciplines aussi multiples et diversifiées que la géologie (minéralogie), la musique, les droits de l’homme, et son mode de raisonnement. L’homme écrivain de ce livre, convaincu par l’idée que, si l’on voulait trouver une règle, ce ne serait que celle de la vérité, présente une attitude sceptique, critique et incrédule vis-à-vis de collections de pseudo-novateurs qui créent dans la quiétude d’un environnement sans nuages, faisant triompher leurs idées dans l’acquiescement général et qui ont vu leurs mérites immédiatement reconnus et honorés.

Il essaye par ce livre d’entrer au panthéon de la mémoire collective, en fouinant les zones d’ombre de l’information pour accumuler une collection aussi impressionnante de contributions variées, parfois difficilement identifiables, mais mêlée à des débats violents et souvent cruels.

Il ne s’agit en fait pas de témoignages intéressants au niveau anecdotique mais des informations fondamentales que doit connaître tout citoyen aspirant à une vie, néanmoins, juste normale.

Le livre se présente tel un édifice dont les plans sont soigneusement cachés, pour montrer les cheminements des idées et rapprocher l’abstrait de l’humain, et ainsi lui faire part de cette indispensable imagination créatrice, trop souvent paralysée par la peur du dogme et la rigidité de l’opinion. Bien entendu, une création irrévérencieuse, même impromptue, est souvent dérangeante. L’auteur présente son document où il met en relief le rôle de tout un chacun comme élément déterminant pour la germination et l’émergence d’un nouveau paradigme de développement, incitant chacun à sortir de son champ étroit d’intérêts, s’il veut être l’homme de son temps jouissant pleinement de son rôle dans la cité. Telle est l’œuvre maîtresse du chercheur isolé, presque amateur, et c’est dans ce contexte que vit l’écrivain, notre cher Hanitet Mokhtar.

A. Belmouhoub

Introduction

Hier je n’existais pas, demain je ne serai plus là.

Ma présence dans ce temps et cet espace, je ne l’ai pas choisie.

Les acteurs qui m’ont accompagné durant mon existence, idem.

Je sais une chose : les hommes bons ne meurent jamais mais vous accompagnent durant toute votre vie, ils étaient et seront des prototypes de toutes les générations confondues.

Ceux qui se sont sacrifiés pour le bien-être de l’humanité.

Au moment où j’écris ces paroles, des hommes veillent à vous rendre la vie plus belle à partir d’une idée ou encore d’une invention.

Par contre, d’autres agissent par la négation car, pour eux, tout ce qui brille leur fait peur.

 

 

Certains énergumènes essayent de vous imposer un mode de vie à leur façon et de vous faire croire que tout ce qui vient d’eux est irréprochable, car leur manière de voir les choses est tout à fait différente de la vôtre.

Ils veulent que l’héritage traditionnel ou l’histoire qu’ils ont vécue soient au-dessus de tout progrès et de toute pensée novatrice.

Le jour où on apprend à respecter l’autre, à faire la différence et à ne point abuser d’un pouvoir qui nous a été octroyé, là on fera un petit pas.

Nous savons tous que, dans le passé, la famille algérienne était repliée sur elle-même, et fut longtemps administrée par le cartel familial, avec à sa tête le chef de l’ethnie ou de la Kabila.

Cette effigie est loin de disparaître chez nous, elle prend même d’amples proportions expansives, car l’amalgame entre tradition et religion a germé depuis fort longtemps.

D’autres, pour ne point perdre le mal acquis, sont arrivés même à diviser le peuple algérien, entre familles révolutionnaires et le reste de la population.

Il est accablant de voir un pays comme le nôtre par son passé historique, ses richesses naturelles, culturelles et ethniques, une indépendance arrachée, un peuple particulier, distingué par l’amour de son prochain, sombrer devant la médiocrité de tous les jours.

Est-il si ardu de prendre une décision collective et de changer ce qui est prescrit ?

Nous devons considérer le temps plus que tout autre chose car celui-ci ne pardonne pas.

Nous devons aussi bâtir notre pays sur des bases réformistes.

Cet héritage est la propriété de tout Algérien, y compris nos descendants.

Nul n’a le droit de penser à la place de l’autre, nul n’a le droit d’imposer son mode de vie à autrui, nul ne détient la vérité ni le savoir, et nul n’est éternel.

La science et la culture m’ont inculqué, à travers mon existence, à bien voir le monde et à discerner le bon du mauvais.

Aujourd’hui, j’essaye d’étaler une page de ma vie, une expérience dans le temps et un savoir acquis au fil du quotidien pour évaluer un trajet et des hommes…

Durant la période coloniale, deux ans avant l’indépendance, je n’avais que six ans et, à cet âge-là, je ne comprenais pas toujours pourquoi je voyais constamment des patrouilles armées, inlassablement sur leurs gardes. Je ne connaissais rien en conquêtes, ni en histoire, ni en géographie, seulement que ces gens abjects qui nous terrorisaient étaient vite repérables, d’abord par leur uniforme, ensuite par leur différence faciale.

Ils étaient encore beaucoup trop loin de nous ressembler. Leur teint plus blond et leur physique plus fort, m’ont poussé à comprendre la dissemblance raciale, sans concevoir quoi que ce soit de leur présence. L’école coranique nous apprit que ces gens sont appelés Kofar (mécréants) et qu’ils sont destinés à être la proie du feu, le jour du jugement dernier.

Les conquêtes musulmanes, et la vaillance de leurs héros nous ont enseigné qu’il faut combattre ces sacrilèges.

Constatation surprenante ! À cette époque, on lisait beaucoup de bandes dessinées et on était de fervents admirateurs des grandes stars de l’époque, à savoir John Wayne, Errol Flynn, Gary Cooper, etc. Ces acteurs, qui détenaient les principaux rôles dans leurs films, non seulement nous excitaient mais nous paraissaient comme des anges libérateurs. On s’est tellement habitué à eux, qu’ils sont devenus d’indiscutables modèles pour nous.

Faut-il aussi combattre ces infatigables justiciers qui n’ont rien à voir avec ceux qui nous vilipendent ?

Curieux de ma vision quotidienne et victime d’une insolvable alternative, un jour j’avais posé une question à mon frère aîné, lui demandant pourquoi ces blonds, qui sont là, nous méprisent et pourquoi ne collent-ils pas à ceux qu’on voit sur les écrans, et encore pourquoi sont-ils toujours si éveillés ? Il me répondit que ce sont des envahisseurs, des ennemis et que nous devons les combattre. Puis il rajouta :

– Ne te fie pas au cinéma, ton Wayne et ton Flynn ne font qu’interpréter les rôles de ces pionniers sanguinaires qui ont souillé le sang d’innocents indiens et insulaires, les délogeant de leur sol tout en les...