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Petite chronique du 1 juillet

Plus qu’une éphéméride, retrouvez la Chronique d’un jour sur toute l’histoire de l’humanité.

Éditions Chronique
EAN : 9782366023398
Éditions Chronique
Mediatoon Licensing
15-27, rue Moussorgski – 75018 Paris
E-mail : contact@editions-chronique.com
Site Internet : http://www.editions-chronique.com
1903 - Tour de France, première !
Montgeron, France

Le rendez-vous avait été fixé, cela ne s’invente pas, devant le café Le réveil-matin à Montgeron dans l’Essonne. C’est de là que s’élance aujourd’hui le premier tour de France à vélo de l’histoire. Enorme cohue et ambiance bon enfant. Les femmes accompagnent leurs hommes, les gosses roulent des mécaniques devant les bécanes de leur père.

Si la course part de Montgeron, c’est parce que le préfet Louis Lépine interdit toutes les courses sur « son » territoire parisien ! A 15 h 16, top départ dans une joyeuse pagaille ! Direction Lyon, à 467 km de là ! A l’époque personne ne se plaint d’une étape trop longue… Les cyclistes de l’époque courent pour la gagne, pas forcément pour décrocher de gros contrats publicitaires.

La course va durer trois semaines, et quelque 2 428 km, répartis sur six étapes. 80 coureurs sont inscrits mais 60 seulement sont présents sur la ligne de départ ! Ca commence mal pour cette compétition cycliste inédite co-imaginée par Henri Desgrange, ancien coureur cycliste et journaliste au quotidien sportif L’Auto, ancêtre de l’Equipe. Déjà que trouver des coureurs acceptant de se lancer dans une telle épreuve n’avait pas été facile ! Faute de candidats suffisamment nombreux, Desgrange a déjà repoussé d’un mois le départ initialement prévu le 1er juin. Puis il a baissé les frais d’inscription. Et augmenté les primes. Puis il a doublé le défraiement journalier versé à chaque coureur (soit 10 francs par jour). Finalement, Desgranges a ses 80 cyclistes. Chacun court pour lui, l’époque n’est pas à l’équipe. Seulement 21 coureurs sont sponsorisés par un fabricant de vélos.

Et la petite histoire rejoint la Grande… On dit en effet que sans le capitaine Dreyfus, cette course n’aurait sans doute pas existé, ou en tout cas, pas si tôt. C’est qu’à l’époque, en pleine affaire Dreyfus donc, le seul quotidien sportif – le Vélo – publie à longueur d’édito un plaidoyer en faveur du capitaine accusé d’espionnage. Pas de chance, les annonceurs du journal, industriels du cycle et de l’automobile, sont, eux, plutôt anti-dreyfusards (ces années-là, la France se déchire - à 50/50 - sur le cas du capitaine). Ils décident alors de cesser leurs parutions publicitaires dans Le Vélo, et de créer leur propre quotidien – L’Auto-Vélo, qui devient rapidement L’Auto – et d’en confier la direction à Henri Desgrange.

On retiendra pour l’anecdote que Le Vélo est publié sur papier vert. Du coup Desgrange fait éditer son quotidien sur papier jaune. Quelques années plus tard, c'est cette couleur qui donnera naissance au maillot jaune... Mais n’anticipons pas.

«  Comment lutter contre le (très) connu et (bien) vendu Le Vélo ?  » se demande en 1902 le nouveau rédac-chef. Il arrive aux journalistes, parfois, d’avoir des idées exceptionnelles. L’un d’entre eux, Georges Lefèvre - Géo Lefèvre pour les initiés de la petite reine, 26 ans, ancien du Vélo, est depuis janvier 1901 chef de la rubrique cyclisme de l’Auto. Interrogé par son patron entre la poire et le fromage lors d’un déjeuner sur la façon de « lancer » la nouvelle rubrique deux roues du quotidien, il répond : «  Pourquoi pas une course qui ferait le tour complet du pays en plusieurs étapes ?  » «  C’est l'expression que j'ai employée en premier, » raconte t’il, « et qui m'a traversée l'esprit, ce fut une sorte de réflexe pour dire quelque chose !  ». Henri Desgrange trouve l'idée folle et le projet « assassin » pour les coureurs de l'époque. Mais si l’on ne devait faire que des choses raisonnables ! L’idée est...