Cinq enfants dans la tourmente

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Le regard de cinq enfants sur les guerres des adultes : - Alphonse Baroz (22 ans), soldat de la guerre de 1870-71 est prisonnier des Prussiens et envoyé à Könisberg. - Alexandra (13 ans) et Henri Pupponi (11 ans) écrivent à leur père, alors sur le front de l'Argonne, un journal aux accents de patriotisme exacerbé. - Madeleine Pupponi (10 ans en 1941), fille d'Henri Pupponi et épouse d'Emmanuel Le Roy Ladurie évoque les activités résistantes de ce père et les siennes durant la dernière guerre. - Marie Le Roy Ladurie (16 ans), sœur d'Emmanuel, rédige un journal relatif au débarquement des alliés en Normandie, rare document sur la sensibilité. Une chaîne généalogique étroite relie ces récits, réquisitoires de l'absurdité du monde. Au soir de sa vie, Emmanuel Le Roy Ladurie nous offre ce cadeau.
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782336395616
Nombre de pages : 188
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d’Henri Pupponi, lequel épousera plus tard la petite-îlle du soldat de
Pupponi, îlle d’Henri Pupponi et épouse d’Emmanuel Le Roy Ladurie,
Marie Le Roy Ladurie, sœur d’Emmanuel Le Roy Ladurie, est à son
cette jeune îlle. Celle-ci s’est-elle inspirée, inconsciemment, du célèbre
Emmanuel
Emmanuel Le Roy Ladurie
l’histoire du climat et à l’histoire des paysans. Il vient de publier un volume
ISSN : 1148-7933 ISBN : 978-2-917232-39-2
Prix : 22
Cinq enfants dans la tourmente Récits de guerre E. Le Roy Ladurie 1870-1915-1944
Textes établis par Madeleine Le Roy Ladurie Avant-propos, notices et notes par Emmanuel Le Roy Ladurie
Cinq enfants dans la tourmente
SPM
Éditions S.P.M.
Cinq enfants dans la tourmente
Récits de guerre 1870 - 1915 - 1944
Illustration de couverture Le beau drapeau de la France qui nous apporte la délivrance inLe Petit Intimen° 6 du 14 juin 1915, de Alexandra et Henri Pupponi Archives de l’Institut de France, photo T. Claeys
Cinq enfants dans la tourmente
Récits de guerre 1870 - 1915 - 1944
Textes établis par Madeleine Le Roy Ladurie
Avant-propos, notices et notes par Emmanuel Le Roy Ladurie
Quatre-vingt-neuvième volume de la collection Kronos fondée et dirigée par Eric Ledru SPM 2015
On ne peut pas tout dire dans le titre d’un livre. Parmi les cinq personnages, évoqués dans l’ouvrage, trois d’entre eux sont des enfants ; il y a une adolescente. Le cinquième est en réalité un jeune homme de 22 ans, soldat dans l’armée française pendant la guerre franco-prussienne de 1870. On dira simplement de lui qu’il est en effet un enfant de la Patrie, selon l’expression qu’emploie en l’occurrence notre hymne national.
Remerciements
Les familles respectives de Madeleine et Emmanuel Le Roy Ladurie et en particulier Dominique Normand, ont apporté leur aide à la mise au point du présent ouvrage. Qu’elles en soient remerciées ainsi que Francine-Dominique Liechtenhan ; celle-ci a joué un rôle essentiel dans la mise au point des docu-ments qui constituent la partie fondamentale du livre ci-après. On peut dire que c’est en grande à partie grâce à Françine-Dominique Liechtenhan que ce livre a pu être composé, vérié et publié.
Origine des illustrations
Les portraits des auteurs proviennent de la collection de la famille Le Roy Ladurie. Les dessins du chapitre II,Le Petit Intime,lettres d’Alexandra et Henri Pupponi à leur père, ont été photographiés par Thierry Claeys sur le manuscrit original déposé aux Archives de l’Institut de France. Le château de Villeray dans son état actuel a été photographié par F.-D. Liechtenhan.
© SPM, 2015 Kronos n° 89 ISSN : 1148-7933 ISBN : 978-2-917232-39-2
Editions SPM 16, rue des Écoles 75005 Paris Tél. : 06 86 95 37 06 courriel : Lettrage@free.fr - site : www.editions-spm.fr
DIFFUSION – DISTRIBUTION : L’Harmattan 5-7 rue de l’Ecole-Polytechnique 75005 Paris Tél. : 01 40 46 79 20 – télécopie : 01 43 25 82 03 – site : www.harmattan.fr
Avant-propos
Le quadruple document ci-après présente un intérêt familial, et plus général. Il traite en effet des trois guerres qui ont causé tant de souffran-ces aux Européens sans que la faute en revienne nécessairement aux uns ou aux autres en chaque occasion, Hitler excepté en tant que principal responsable en 1939 et 1941. Chacun de ces cas dans les trois occurrences guerrières envisagées mériterait une étude particulière qu’il n’est pas possible de présenter ici en détail dans le présent Avant-propos.
 Ces textes sont l’œuvre pour l’essentiel de cinq personnes dont quatre enfants ou adolescents et un jeune homme. Aucun d’entre eux n’est bien sûr écrivain professionnel ni ne le deviendra. Une brève notice biographique précède chaque document dès lors qu’il émane d’une des personnes mises en cause. Il s’agit d’abord, comme on s’en rendra compte, de notes prises pendant la guerre de 1870-1871, par un soldat nord-alpin âgé de 22 ans, Alphonse Jean Baroz, devenu ensuite prisonnier de guerre en Prusse orientale ; le document que nous laisse Alphonse Baroz note un épisode tragique : il s’agit de marches forcées effectuées dans des conditions très difciles par les camarades de notre auteur ; elles se traduisent dans l’immédiat par de nombreux décès (de telles occurrences, ultérieures, à marche forcée, se produiront également lors lors de la deuxième guerre mondiale). En second lieu, on est en présence de lettres d’enfants, Alexandra et Henri Pupponi respectivement âgés de 13 et 11 ans, déjà « gran-dis », sinon physiquement du moins intellectuellement, au cours de la Première Guerre mondiale. En troisième lieu, s’agissant de la Deuxième Guerre mondiale, Madeleine Pupponi mon épouse qui, à l’époque envisagée, était âgée de 13 ans, est l’auteur d’un textepost-factumautrement dit d’une réexion sur la Résistance, celle de sa famille et la sienne propre en 1943-1944. Au terme de l’ouvrage, nous présentons le journal de notre sœur et belle-sœur Marie Le Roy Ladurie (plus tard épouse de Roger Fauroux),
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Cinq enfants dans la tourmente. 1870-1915-1944
journal tenu par elle lors du débarquement anglo-américain dans sa Normandie natale pendant l’été 1944.
L’unité du livre qu’on va découvrir tient à cette succession des trois guerres. Par ailleurs le quatuor des documents est quelque peu hétéro-gène d’un strict point de vue familial ou même multifamilial ; le premier d’entre eux, répétons-le, se compose de notes diverses dont certaines fontgure de journal intime, mais pas toutes ; le deuxième texte se rattache au genre éprouvé de la correspondance et des missives d’ordre privatif ; le troisième correspond à une réexion sur la Résistance fran-çaise en 1943-1944 ; enn le quatrième est tout simplement le journal d’une adolescente quasi quotidien d’une adolescente au cours du débar-quement des alliés en Normandie et pendant les mois qui l’ont suivi. L’unité triplement belliqueuse est évidente, mais il s’agit aussi simultanément d’une synthèse d’un autre genre et de type familial : les documents en question émanent d’individus originaires de trois familles extrêmement différentes par leurs origines respectives, tant sociales que familiales et régionales : l’une essentiellement populaire, en Dauphiné ; la seconde, de classe moyenne à Aix-en-Provence ; la troisième, bourgeoise, et même châtelaine en Normandie. Il se trouve pourtant que diverses unions conjugales ont uni ces lignages ; en effet le ci-devant soldat dauphinois de 1870 est en première ligne l’auteur d’un texte ou plutôt d’une sorte de journal concernant effectivement sa guerre de 1870 et sa captivité ultérieure en Prusse orientale, il a noté au passage l’épreuve absolument essentielle des marches forcées. Revenu au pays, il se marie et devient par succession généalogique le grand-père de Suzanne Rafn ; celle-ci épousera en 1927 Henri Pupponi. Lequel fut lors de son enfance, en compagnie de sa sœur Alexandra, l’un des auteurs d’un certain nombre de lettres que l’un et l’autre envoyaient à leur père alors soldat dans les tranchées de l’Argonne. Du mariage entre Suzanne Rafn et Henri Pupponi naquit unelle Madeleine Pupponi, plus tard épouse d’Emmanuel Le Roy Ladurie. Celui-ci à son tour est le frère de Marie Le Roy Ladurie, plus tard épouse de Roger Fauroux ; elle avait 16 ans lors du débarquement des Alliés dans sa Normandie natale et elle a laissé un journal relatif aux opérations militaires et à sa propre vie lors des mensualités cruciales, celles qui vont de juin à septembre 1944 sur le Front opérationnel tout proche de sa résidence de Villeray. Ainsi, des liens extrêmement étroits se sont noués entre les trois familles alpine, méridionale et normande. Ces liens correspondent de facto à la succession des trois guerres que l’on sait, soit 1870-1871,
Avant-propos
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puis 1914, enn 1939 et pour l’essentiel 1944, un trio de campagnes militaires, la première étant strictement intra-européenne ; les deux dernières se rattachant aux conits mondiaux que l’on sait. On trouvera les indications nécessaires sur ces divers auteurs aux commencements respectifs de chacun des textes qu’ils ont laissés, en témoignage de leur enfance ou de leur adolescence, selon le cas, le soldat de 1870 étant d’ores et déjà un jeune homme au sens classique du terme. Ces considérations, si brèves soient-elles, concernant divers membres de ma famille proche m’incitent, par-delà ces témoignages existentiels, à rééchir sur des questions certainement plus vastes concernant l’Allemagne dans ses relations historiques, paciques ou plus d’une fois fâcheusement belliqueuses avec notre pays. Tout ceci en fonction des aléas et modications de ma culture personnelle, qu’elle soit historique ou existentielle. Bizarrement, mes souvenirs historiques sur ces questions débutent… il y a deux millénaires environ, au temps des réexions de Tacite sur la Germanie, dont je pris connaissance lors des années 1940, à l’occasion de mes études, notamment en khâgne. Je découvrais, grâce à Marc Bloch également, que Tacite avait donné une première appréciation sur ce qu’on pouvait déjà appeler l’espèce de féodalisme antique de la Germanie d’autrefois avec ses paysans serfs ou semi-esclaves selon leur situation sociale. Ultérieurement, lors de ma formation d’historien, je négligeais quelque peu le Moyen Âge allemand et je m’intéressais, sous les auspices de Fernand Braudel, à l’empereur Charles Quint, enserrant la France par son double Pouvoir en tant que Souverain simultanément e germanique et ibérique. Le XVII siècle ensuite m’intéressait moins ; je pris pourtant conscience du désastre qu’avait subi la nation allemande pendant les guerres de Trente Ans, la Germanie perdant ainsi près d’un tiers de sa population du fait de ce conitredoutable dont le théâtre essentiel se situait effectivement entre Rhin et Danube, entre Alsace et Prusse régionalement parlant. Il se termina avec le traité de Westphalie e (1648). Le XVIII siècle outre-Rhin sans aucun doute sera plus sédui-sant, avec sonAufklärung,époque des Lumières, couronnée sur le tard par Goethe et Schiller. Mais déjà la Prusse, aimée par les intellectuels d’outre-Rhin laissait entrevoir un prol très attractif pour nos collè-gues allemands, mais quelque peu redoutable pour les hexagonaux que nous étions, fussent-ils privés momentanément de l’Alsace-Lorraine. Bismarck faisait ainsigure de Janus «bifrons », positif à Berlin certes ; mais négatif et dangereux pour notre pays, lui-même humilié par ce
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