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DAMES ET CAVALIERS DANS LA CITÉ IBÉRIQUE

Collection Histoire Ancienne et Anthropologie dirigée par Monique et Pierre Lévêque

Cette nouvelle collection cherche à tirer parti des considérables possibilités de recherches croisées dans les secteurs des sociétés de l'Antiquité et des sociétés traditionnelles. Elle envisage de publier des études analytiques de cas, comme des réflexions plus théoriques dans un domaine où s'ouvrent de vastes perspectives de renouvellement des problématiques.

@ L'Harmattan,

1997

ISBN: 2-7384-5899-8

DAMES ET CAVALIERS DANS LA CITÉ IBÉRIQUE
Les céramiques d'Edeta-Liria (Valence, Espagne)

Carmen ARANEGUI GASCa
avec la collaboration de Consuelo MA TA PARRENO, José PÉREZ BALLE,STER et Ma Angeles MARTI BONAFÉ (Université de Valence)
Présentation de Pierre LÉVÊQVE

Traduction de Jeannette VILLA Institut Français de Valence (Espagne)

Édité par Évelyne GENY

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

SOMMAIRE Présentation. La céramique peinte d'un oppidum ibérique. Pierre Lévêque. Avant-propos. Carmen Aranegui Gasco. 1.- LA VILLE IBÉRIQUED'EDETA. Consuelo Mata Parrefio. 1.1.- Une ville ibérique. 1.2.- Une production céramique prestigieuse. 1.3.- Une céramique de circulation restreinte. 11.-LE DÉCOR FIGURÉ. Carmen Aranegui Gasco. 11.1.-Les Ibères et l'assimilation des thèmes décoratifs: État de la question. 11.2.- Les plats à poissons. 11.3.-L'image du guerrier. II.4.- La chasse. 11.5.-Les scènes de danse. II.6.- Les scènes féminines. III.- DÉCOR GÉOMÉTRIQUE,VÉGÉTAL ET FIGURÉ. José Pérez Ballester. III.l.- La disposition des motifs végétaux et géométriques. III.2.- La structure décorative. II1.3.- Le décor géométrique. III.4.- Analyse des principaux motifs végétaux. IIL5.- Originalité et influences dans les motifs. III.6.- Sériation et singularité dans les décors. III.7.- La différenciation d'ateliers. III.8.- Deux styles picturaux à Liria et la même intention narrative.

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IV.- LA SOCIÉTÉ IBÉRIQUE DANS LES IMAGES SUR CÉRAMIQUE 141 DE LIRIA. Carmen Aranegui Gasco. 141 IV.l.- L'autoreprésentation chez les Ibères d'époque hellénistique. 148 IV.2.- Les ensembles de vases figurés d'Edeta-Liria. V.- Bibliographie. 153

PRÉSENTA nON La céramique peinte d'un oppidum ibérique

C'est un problème redoutable que celui de l'identité du peuple ibère, d'autant que ses textes écrits ne sont pas compréhensibles pour nous, faute d'une grille de lecture. On avancera sans doute mieux vers des solutions en analysant la céramique figurée qu'il a fabriquée sur plusieurs sites de la zone centrale, notamment à Edeta (Sant Miquel de Lliria), près de Valence, où l'on a exhumé le lot le plus important. La question de sa datation est maintenant résolue. Depuis un siècle, on la transportait sur plus d'un millénaire, depuis la période mycénienne jusqu'à l'époque romaine, en passant par le 5e siècle... On sait désormais qu'elle a été fabriquée sur un bref espace de temps (environ de 250 à 150 av.n.ère), et qu'on doit considérer ces vases souvent fascinants comme le produit d'une culture ibérique déjà très évoluée. Les thèmes évoquent de la manière la plus claire une société aristocratique du second Âge du Fer, qui se complaît à s'auto-représenter: parades militaires, combats (même un combat naval), chasses, processions, danses, cérémonies de fiançailles, c'est la "cité" qui s'offre son propre spectacle dans des scènes collectives, où il est question de sa défense et de sa reproduction. Rien d'original et qu'on ne puisse retrouver sur des images de Grèce et d'Italie. On notera cependant l'absence ici de figurations de banquets ou de funérailles. L'impression très forte qui se dégage est celle d'un monde solidement hiérarchisé, dominé par les hommes, sans que pourtant soient absentes les femmes sous une double forme: matrones à la fleur ou à l'éventail, jeunes filles dansant ou célébrant leurs noces. Les armes, les bijoux, les vêtements témoignent d'un artisanat de luxe: ils donnent le prestige qui se révèle comme un facteur classificatoire prévalent. Ce sont vases de pouvoir, et l'hypothèse est avancée qu'il s'agit de commandes faites par des familles nobles pour des circonstances très particulières. Mais il n'y a pas de pouvoir stable sans l'appui du surnaturel et la céramique se trouve concentrée, pas monopolisée, dans un édifice religieux qu'on a d'excellentes raisons de considérer comme un sanctuaire et dans de "grandes demeures" nobiliaires. Tout renvoie ici à une société de classe, où un groupe de dominants peut entretenir des ateliers céramiques susceptibles d'effectuer un travail toujours très soigné de modelage, de dessin et de peinture (si on laisse cependant de côté une série de chasse au cerf, probablement la plus ancienne, de facture passablement négligée).

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La proximité de la côte ouvre Edeta à de multiples influences, qui sont helléniques ou qui sont puniques (avec le relais bien clair d'Ebussa). Il y a donc "imitation" de thèmes largement répandus dans la Méditerranée occidentale, où s'impose par exemple le plat à poissons, sans qu'on sache bien pourquoi. Mais les analyses minutieuses qui ont été poursuivies par les chercheurs de Valence invitent à ne pas se contenter d'explications simples. Il faut sans aucun doute récuser le terme d'imitation, qui serait réducteur. Dans le très vaste champ des possibles, les artistes choisissent ce qui est de leur goût et associent des motifs qui peuvent être très éloignés les uns des autres dans le temps, mais qui sont en harmonie avec les besoins de leurs commanditaires. Saufles premières ébauches de cerfs, il n'y a pas d'évolution sur ce siècle où cet art a produit. Ce qui impose une réflexion aiguë et attentive sur le principe même de l'iconographie ibérique. Le décor joue un rôle de premier plan, qu'il soit géométrique, végétal, animal ou humain. Les vases nous plongent dans un univers où domine une décoration de fleurs, de rinceaux, de guirlandes, ce qui leur donne un charme bien spécifique. Là encore, et plus encore que dans des scènes à personnages, il n'était pas possible d'innover vraiment, et cependant les artistes jouent avec les feuilles et les fleurs au répertoire écrasant. Contrairement à ce qu'on lirait d'un coup d'œil rapide, ce ne sont pas des feuilles de lierre qui sont partout utilisées, mais les feuilles d'une plante très répandue dans l'Ibérie antique, la salsepareille, une smilax. Ici encore on ne copie pas, mais on introduit dans un ordre immémorial ce que l'on choisit et privilégie, d'où l'originalité de cet art, même par rapport aux céramiques ibériques d'autres sites. Reste une difficulté. Pourquoi cette céramique, comment s'expliquent son apparition et sa disparition? Besoin de s'affirmer, d'assurer son prestige parmi les communautés voisines, de consolider la structure du pouvoir dans la société même de cette cité-État avant la lettre: ce sont des réponses qui satisfont, en partie tout au moins. Mais la conquête romaine transforme vite les rapports de force: les affrontements ne sont plus du style rangé et rituel de nos vases; fleurs et guirlandes disparaissent. Une civilisation d'oppidum jette ici ses derniers feux. Pierre LÉVÊQUE

AVANT-PROPOS Carmen Aranegui Gasc6

"... Une image isolée a de grandes

chances de rester muette; un réseau,
d'images en revanche, ... commence à livrer des significations". C. Bérard, J.-L. Durand, Entrer en imagerie

Ibérie est le tenne choisi par les auteurs grecs pour désigner l'espace de terre ferme qui boucle à l'occident la Méditerranée d'une part, et les confins orientaux du Pont-Euxin, d'autre part. Il s'agit là de lieux lointains et mal connus où il existe des richesses fabuleuses et où jaillissent des mythes. Le 'Jardin des Hespérides' est à l'Occident ce que le mythe de 'Jason et la Toison d'Or' est à l'Extrême-No rd-Oriental. Jadis ils représentaient les frontières du monde connu: des espaces mythiques proches de régions lointaines. Le développement culturel de la façade méditerranéenne de la péninsule Ibérique entraîne une intégration particulière de l'Ibérie occidentale dans le monde gréco-punique. Et c'est ce processus qui permet de voir les Ibères comme les agents d'une culture qui renvoie seulement à une partie de la péninsule. Des facteurs internes et externes entrent en jeu dans cette élaboration culturelle. Depuis la fin de l'Âge du Bronze la dynamique des populations péninsulaires est très active. Des changements en tous gemes se produisent dans des domaines caractérisés par la connaissance d'une métallurgie avancée, comme à Tartessos (YUle-VIe siècles av.J.-C.) dans le Sud-Ouest de l'Ibérie, exceptionnellement riche en ressources minières. De cette façon, lors des premiers voyages des Phéniciens et des Grecs en direction de l'Ibérie, les habitants de l'Extrême-Occident assimilent de bon gré et facilement plusieurs progrès technologiques et s'intègrent ainsi très vite dans le circuit de l'écriture, comme dans l'économie productive avancée. C'est sur cette base que se produit ce que nous appelons, entre l'Andalousie orientale et le Languedoc, la culture ibérique, datée entre le VIe et le 1er siècles av.J.-c. La céramique constitue l'un des éléments les plus caractéristiques de la culture ibérique. Quand on a commencé à s'intéresser à l'archéologie de terrain vers la mi-XIXe siècle, les érudits et les voyageurs ont pu recueillir quelques tessons sur les sites ibériques. Il s'agissait de vases faits au tour et décorés de motifs géométriques peints en rouge.

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Or la civilisation mycénienne venait d'être découverte, à laquelle on associait une céramique géométrique dont la technique et l'aspect étaient comparables à l'ibérique, ce qui a conduit des savants à se prononcer en faveur de la présence mycénienne en Ibérie sur la base des ressemblances entre les deux céramiques. Le diffusionnisme était alors l'explication de la plus lointaine histoire de l'humanité et, en ce qui concerne la céramique ibérique, il a donné l'explication qui a rendu la culture ibérique compréhensible: sa splendeur était le résultat d'une relation avec la Grèce pré-hellénique, indiscutable berceau de toute civilisation. Mais cette interprétation a bien vite révélé sa fragilité puisqu'on a: pu remarquer que la céramique ibérique apparaissait à la fois avec des vestiges grecs d'époque classique (Ve et IVe siècles av.J.-C.) et avec des vestiges puniques ou italiques antérieurs au changement d'ère. La chronologie propre des céramiques géométriques de Grèce, qui tourne autour des amlées 1000, ne pouvait donc s'adapter en rien au cas ibérique. Cette observation s'est imposée en même temps qu'étaient mises au jour de nouvelles modalités décoratives dans la céramique ibérique. Des éléments floraux, des représentations animales, des mises en scène avec des persolli1ages humains, reléguèrent progressivement au deuxième plan les motifs géométriques du début, dont l'origine ne pouvait plus être mise en rapport avec les Mycéniens. A partir des années trente plusieurs archéologues dans la lignée de Bosch Gimpera mirent en relation les décorations céramiques complexes des Ibères avec les céramiques attiques, dont elles auraient constitué une dérivation. Mais une interprétation opposée à la dépendance par rapport au monde classique se présenta parallèlement. Elle affirmait chez les Ibères une autonomie en tant que peuple et une originalité artistique, démontrables à partir justement de ces décorations céramiques, sollicitées par différentes tendances scientifiques et idéologiques. Garcia 'y Bellido prétendait interpréter dans l'optique de la romanisation les tableaux représentés sur les céramiques ibériques, reflet, d'après lui, des luttes de la conquête, avec une datation sous Auguste. Dans l'actualité, l'archéologie ibérique est solidement enracinée dans une recherche théorique et pratique de haut niveau qui éloigne le recours à des patrons diffusionnistes, ou bien nationalistes. C'est pour cela que l'approche de la culture ibérique que propose ce texte doit être comprise dans le cadre d'un débat plus ample. L'application de modèles à l'habitat, aux nécropoles, et au territoire permet une nouvelle lecture des images. Plusieurs points de vue convergent vers l'existence de groupes aristocratiques archaïques, propres à l'étape ibérique ancienne (Vie et Ve siècles av.J.-c.). Les tombes monumentales décorées de sculptures en sont le meilleur exemple. La prééminence de la cité suit dans le temps (IVe-lIe siècles av.J.-C.) et elle donne lieu à des

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fonnes de représentation différentes, de valeur collective, visibles dans les sanctuaires et sur les céramiques peintes à partir de 300 av.J.-C. Les céramiques d'EdetaILiria (Lantier,1935, 94-95) constituent un ensemble exceptionnel pour comprendre la société de la fin de cette deuxième étape chronologique (Ille siècle et première moitié du lIe siècle av.J.-C.). Tel fut l'objectif d'un projet* des auteurs de ce livre. L'ancienne ville d'Edeta, capitale du pays des Edétains (Pline HN, 3, 20), constitue le foyer d'où part
subventiolUlé par la Direction Générale pour la Recherche Scientifique * Projet PB89-C02-02 et la Technologie (Madrid). La partie graphique correspond à ce projet; les dessins originaux et les négatifs photographiques sont déposés aux archives du Servicio de Investigaci6n Prehistorica de Valencia (S.J.P.).

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l'idée d'utiliser la céramique comme support d'un langage figuratif, largement répandu par la suite (Elche, Azaila, ...). Nous avons réuni quatre essais dans lesquels sont analysés le lieu, le temps, la forme, le thème et la composition des décorations figurées présentes sur les vases du Tossal de Sant Miquel de Liria. La conclusion à laquelle aboutit ce travail assigne une valeur somptuaire aux vases de décoration complexe. À partir de là, le choix des motifs, des scènes, des inscriptions ou des formes, nous plonge dans l'auto représentation sociale des élites de la ville qui nous conduit à considérer les images du guerrier, du chasseur, des danses ou des représentations féminines à la lumière de l'utilisation qu'en firent d'autres cultures en contact avec les Ibères. Tout cela nous dévoile une civilisation qui n'est point mimétique par rapport aux prototypes qu'elle utilise, parce que ce qu'elle partage avec les cultures qui auraient pu lui fournir les images, est seulement l'idée qui émane d'elles, puisqu'il manque un autre type d'équivalence, dans la chronologie et les rythmes d'évolution. C'est ainsi que nous nous tournons vers les Ibères en reconnaissant dans leur langage une certaine assimilation de ce qui les entourait, suffisante pour nous faire comprendre un univers formel exclusif et unique.
Valence, septembre 1996

Bibliographie

en français

sur les céramiques

ibériques peintes

G., Chipiez, Ch., 1894: Histoire de l'Art dans l'Antiquité VI : la Grèce primitive, Paris. - Paris, P., 1903-1904: Essai sur l'Art et l'Indl/strie de l'Espagne primitive, Paris. - Pottier, E., 1905 : Le problème de la céramique ibérique, JOl/rnal des Savants, 584, Paris, 281-294. - Albertini, E., 1906 et 1907: Fouilles d'Elche, Bulletin Hispanique VIII, 333362 etIX, 1-17; 109-130, Bordeaux. - Vasseur, G., 1906: Poteries ibéro-mycéniennes, XVIIIe Congrès International d'Anthropologie et d'Archéologie Préhistoriques, Monaco. aux environs - Vasseur, G., 1907: La poterie ibérique pseudo-mycénienne d'Arles, Bulletin de la Société Archéologique de Provence, Marseille.

- Perrot,

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- Paris,

P., 1907b: Note sur la céramique ibérique, L'Anthropologie XVIII, Paris, 626-632. - Paris, P., 1907c: Quelques vases inédits (Musée Municipal de Barcelone et Musée du Louvre), Anuari de l'Institut d'Estudis Catalans, 76-88, Barcelona. - Siret, L., 1907: À propos des poteries pseudo-mycéniennes, L'Anthropologue XVIII, 207-299, Paris. - Deche1ette, J., 1908-1909: Essai sur la chronologie préhistorique de la Péninsule Ibérique, Revue Archéologique II, 218-265 et 1909 I, 15-38, Paris. - E. Philippon, 1909: Les Ibères. Études d'histoire, d'archéologie et de linguistique, Paris. - Paris, P., 1910: Vases ibériques du Musée de Saragosse, Monuments et Mémoires Piot XVII, fase. 1, Paris. - Joulin, L., 1912: Les nécropoles des différentes régions. 1er groupe. Toulouse, Revue Archéologique 19-20, 5-59, Paris. - Paris, P., 1913 : Vase ibérique trouvé à Carthage (Musée St. Louis), Comptes Rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris. - Paris, P., 1917: La poterie peinte ibérique d'Emporion (Ampurias), Revue Archéologique II, 75-94, Paris. - Pottier, E., 1918: Le problème de la céramique ibérique, Journal des Savants, 218-294, Paris. - Lantier, R., 1935 : Peintures des vases de San Miguel de Liria, Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 94-95, Paris. - Pericot, L., 1936: La céramique ibérique de San Miguel de Liria, Revue Archéologique VII, 95, Paris. - Jannoray, J-J., 1950: Les fouilles d'Ensérune (Hérault) et la connaissance des civilisations pré romaines de la Gaule méridionale, Bmxelles. - Benoit, F., 1953: Chevaux du Levant ibérique. Celtisme ou Méditerranéisme?, Archivo de Prehistoria Levantina IV, 211-218, Valencia. - JuBy, J.-J., 1962: Éléments d'étude comparative de la poterie peinte de type ibérique dans le sud de la Celtique et de la poterie ibérique de la péninsule Ibérique, VII Congreso Arqueol6gico Nacional, 287-303, Zaragoza. - Nordstrom, S., 1969 et 1973 : La céramique peinte ibérique de la province d'Alicante, Stockholm. - Schubart, H., 1970: Les Ibères, dans Civilisations Anciennes du Bassin Méditerranéen, Paris. - Nicolini, G., 1971 : Les Ibères. Art et Civilisation, Paris. - JuBy, J.-J, Nordstrôm, S., 1972: Une forme de céramique ibéro-languedocienne, la jarre bitronconique, Archivo de Pre historia Levantina XIII, 93-102, Valencia. - JuBy, J-J, 1980: Quatre formes de vases de type ibéro-languedocien représentés à Ruscino, dans Ruscino (Suppl. 7 à la Revue Archéologique de Narbonnaise, 205-215. - Tarradell, M., Sanmarti, E., 1980: L'état actuel des études sur la céramique ibérique, Céramiques hellénistiques et romaines 1, 303-330, Besançon.

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G., 1981 : La gladiature en Occident. Des origines à la mort de Domitien, 49-50, Rome. - Solier, Y., 1981 : La culture ibéro-Ianguedocienne aux Vle-Ve siècles, dans Els Origens del mon ibèric, 211-264, Barcelona. - Guérin, P., 1986 : Le problème de la diffusion des céramiques ibériques peintes dans le sud de la Gaule au lIe et au 1er siècles avant J.-C. : l'exemple de Ruscino, Revue Archéologique de Narbonnaise 19,31-55, Paris. - Moret, P., 1989: Les 'araignées d'eau' de la céramique peinte ibérique, Mélanges de la Casa de Velazquez XXV, 5-29, Madrid. - Girard, P., 1989: Femmes et divinités à travers préromaine, Le serment des Horaces 2, 141, Paris. la céramique ibérique

- Ville,

1.- LA CITÉ ffiÉRIQUE D'EDETA ET SES DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES Consuelo Mata Parrefio

1.1.- UNE VILLE IBÉRIQUE Depuis les années 80 on a constaté que les Ibères étaient organisés en une mosaïque de territoires autonomes qui ne paIVint pas à réaliser une unité politique, mais constitua une unité culturelle. Les recherches menées à bien sur quelques contrées montrent comment l'organisation des différents territoires évolue peu à peu au cours des six siècles que dure la civilisation ibérique, mais toujours sous le dénominateur commun de l'existence d'un site principal dont dépendent d/autres plus petits, ou qui se transforme en lieu de concentration de tous les oppida voisins. Ces sites centraux jouissent de toutes les caractéristiques qui en font de véritables cités. El TossaI de Sant Miquel (TSM) (Liria), identifié comme l'ancienne Edeta, est le seul site de la contrée habité depuis le deuxième millénaire av.J.-C., ce qui illustre déjà son importance (fig. 1.1.). À la fin du Ve siècle, il devient nettement le noyau dont va dépendre presque la moitié d'une centaine de sites moins importants avec des fonctions bien spécifiques, telles l'exploitation agricole et l'élevage, pratiqués dans des bourgades et des hameaux, ainsi que la délimitation et le contrôle du territoire, grâce à un réseau de tours de guet situées de façon stratégique. Entre la fin du Ve siècle et le début du lIe, Edeta jouit d'une extension avoisinant les 10 à 15 hectares, et devient le plus grand site ibérique de la région. Bien qu'elle ne frappât pas monnaie comme d/autres cités ibériques, son nom correspond à l'une des régions ibéro-romaines, Edetania (Polybe 34-35, 1-3 ; Pline, HN 3, 20), dont le chef Edecol1 dirigea la cité au profit de Rome pendant la deuxième guerre punique (218-202 av.J.-C.).

L'habitat se développe au flanc d'une colline, d'où un urbanisme qui
épouse les courbes de niveau et entraîne la réalisation de travaux d'aménagement d'envergure, tels que la construction de terrasses sur lesquelles sont construites des maisons qui peuvent avoir deux étages et dont les murs conseIVent une hauteur de presque 4 m. Les rues, qui suivent les courbes de niveau, communiquent entre elles par des transversales qui comportent quelquefois des escaliers (fig. 1.2). Les fouilles du TSM ont mis au jour des équipements et des instruments qui renseignent sur les activités économiques de production et de transformation, comme les moulins, les fours, l'outillage agricole, qui permettent l'auto suffisance. Les activités primaires ne sont pas absentes, mais elles ne

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Fig. 1.1.- 1. Carte topographique

du TSMlEdeta

; 2, Détail

de l'aire fouillée.