De la médecine magique et religieuse à la médecine rationnelle

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L'Antiquité classique a connu la médecine magique, religieuse et, la plus importante, rationnelle. La première place est donc accordée à cette pratique incarnée par Hippocrate et parfois indûment qualifiée de scientifique. Ce livre, réunissant plusieurs essais, aborde des sujets aussi divers que le Serment (d'Hippocrate), l'alimentation, la rhumatologie, la gérontologie, la phrenitis, le traitement de la douleur ou encore la thérapeutique par l'odeur végétale ou par le miel...
Publié le : mardi 1 novembre 2011
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EAN13 : 9782296471832
Nombre de pages : 322
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De la médecine magique et religieuseà la médecine rationnelle HIPPOCRATE
Sciences et Sociétéfondée par Alain Fuchs et Dominique Desjeux et dirigée par Bruno Péquignot Déjà parus Raymond MICOULAUT,La Lumière,Le Temps, L’Espace, 2011. S. CRAIPEAU, G. DUBEY, P. MUSSO, B. PAULRÉ,La connaissance dans les sociétés techniciennes, 2009. François LAROSE et Alain JAILLET,Le numérique dans l’enseignement et la formation. Analyses, traces et usages, 2009. Martine QUINIO BENAMO,Probabilités et statistique aujourd’hui. Nouvelle édition 2009, 2009. Sezin TOPÇU, Cécile CUNY, Kathia SERRANO-VELARDE (dir),Savoirs en débat. Perspectives franco-allemandes, 2008. Jean-David PONCI,La biologie du vieillissement, une fenêtre sur la science et sur la société, 2008. Michel WAUTELET,! Comment nous vivronsVivement 2050 (peut-être) demain, 2007. Claude DURAND,Les biotechnologies au feu de l’éthique, 2007. Bruno PINEL,Vieillir, 2007. Régis MACHE,La personne dans les sociétés techniciennes, 2007. Alain GUILLON,Une mathématique de la personne, 2005. Marie-Thérèse COUSIN,L’anesthésie-réanimation en France, des origines à 1965.Tome I : Anesthésie.Tome II :Réanimation. Les nouveaux professionnels, 2005. Fernand CRIQUI,Les clefs du nouveau millénaire, 2004. Karine ALEDO REMILLET,Malades, médecins et épilepsies, une approche anthropologique, 2004.
Simon BYLDe la médecine magique et religieuseà la médecine rationnelle HIPPOCRATE
Ouvrages du même auteur Vocabulaire grec de base,Bruxelles, Dessain-De Boeck, 1965-2006. Initiation à la civilisation grecque,Dessain, 2 vol., 1966-1967 Liège, (avec rééditions). Tableau synoptique des principales racines grecques,Dessain, Liège, 2 1966-1976 . Initiation à l’art grec,Liège, Dessain, 1966. Petite anthologie de la Biologie d’Aristote,Liège, Dessain, 2 vol., 1974. (En collaboration avec Claire Préaux et Georges Nachtergael)Le paysage grec,Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1979. Recherches sur les grands traités biologiques d’Aristote : sources écrites et préjugés,Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1980. (En collaboration avec Robert Joly)Hippocrate. Le Régime, Berlin, 2 Akademie der Wissenschaften (CMGI, 2, 4), 1984-2003 . Mythe et Philosophie dans les Nuées d’Aristophane, Bruxelles, Ousia, 1994 (ouvrage collectif publié en collaboration avec Lambros Couloubaritsis). Hippocrate et sa postérité(éd.), Bruxelles, Ousia, 2001. Les Nuées d’Aristophane : une initiation à Éleusis en 423 avant notre ère,Paris, L’Harmattan, 2007. Le rire d’Aristophane, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2010.© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56141-0 EAN : 9782296561410
INTRODUCTION Parmi tant de progrès accomplis dans la connaissance du monde antique au cours des dernières décennies, l’un des plus notables est assurément constitué par le renouveau des études consacrées à l’histoire de la médecine. Sans doute Hippocrate de Cos, universellement qualifié de père de la médecine, a-t-il toujours figuré en bonne place sur la liste des grands noms de la pensée antique, mais il fallut attendre longtemps pour qu’un effort sérieux soit fait afin de situer de manière précise et nuancée Hippocrate dans l’histoire de la pensée et de la science médicale grecques. En matière historique, une telle tentative n’a de chance d’aboutir que si elle s’accompagne d’une étude nouvelle des documents mêmes sur lesquels s’appuie notre connaissance ; aussi l’édition pionnière — et admirable pour son temps — des Œuvres d’HippocrateÉmile Littré (qui parut en dix par volumes de 1839 à 1861) fut-elle peu à peu remplacée par diverses éditions partielles, souvent pourvues d’un commentaire et bénéficiant de tous les progrès de la science philologique moderne (ce travail de réédition est toujours en cours aujourd’hui). Dans cet ordre d’idées, peuvent être mentionnées l’édition deLa nature de l’hommetraduction et commentaire par Jacques avec Jouanna (CMG1,3, Akademie der Wissenschaften, I 2 Berlin, 1975-2002 ) et celle duRégimeavec traduction et 7
commentaire par Robert Joly et Simon Byl (CMG I 2, 4, 2 Akademie der Wissenschaften, Berlin, 1984-2007 ). Le présent volume est néanmoins centré davantage sur les autres aspects des recherches récentes en matière d’histoire de la médecine antique. Formé d’une réunion d’essais tous publiés antérieurement en revue ou dans les actes de congrès internationaux, il s’articule autour de plusieurs axes : 1 – Quoique la pratique de la médecine fût bien moins réglementée dans l’Antiquité gréco-romaine qu’elle ne l’est de nos jours, elle obéissait cependant déjà à certaines règles d’ordre quasi institutionnel. C’est la plus connue qu’étudie le chapitre 5, consacré au Serment hippocratique. L’activité du médecin était en outre plus itinérante qu’elle ne l’est ordinairement aujourd’hui : le chapitre 3 est consacré à un examen de l’aire géographique dans laquelle se plaçait la pratique médicale hippocratique. 2 – Des trois types de médecine qu’a connus l’Antiquité classique (magique, religieuse et rationnelle), c’est sans nul doute le troisième — la médecine rationnelle — qui est à nos yeux le plus important : c’est que le nom d’Hippocrate, qui lui est traditionnellement attaché, a été extrêmement valorisé pendant plus de deux millénaires, et il a influencé l’histoire de la médecine e jusqu’à la fin du XVIII siècle. On ne sera donc pas surpris que la première place ait été accordée ici à cette pratique rationnelle, parfois indûment qualifiée de os scientifique. Les chapitres concernés (n 3 à 16b) étudient des sujets aussi divers que l’alimentation, la rhumatologie, la gérontologie, la phrénitis, le traitement de la douleur, la thérapeutique par l’odeur végétale et par le miel. 3 – Bien des aspects de cette médecine rationnelle demeureraient toutefois incompréhensibles si l’on ignorait l’existence des médecines magique et religieuse, dont l’influence se fait encore sentir au cœur même de l’époque dulogos: les deux premiers chapitres permettront au 8
lecteur de se faire une idée de cette médecine pré-rationnelle, dont l’Antiquité est toujours restée, peu ou prou tributaire. Ainsi, dans l’Odyssée IV, 210-232, Hélène, qui est une magicienne, pour rétablir de la gaieté dans un festin, verse une drogue magique dans le cratère où l’on puisait à boire. Ainsi aussi, Eschyle, dans lesEuménides (v. 60-63), met dans la bouche de la Pythie les paroles suivantes : « Qu’en doit-il advenir ? Je m’en remets au maître de cette demeure, à Loxias tout puissant (= Apollon) : il sait guérir par ses oracles (iatromantis). » Si Apollon est assez souvent appelé le Médecin (iatros), comme dans le Serment,fut éclipsé dans cet office par Asclépios dont il les principaux sanctuaires étaient à Épidaure, à Cos et à Athènes. 4 – Une place exceptionnelle a été dévolue à la médecine de la femme ; en effet cette dernière, définie pourtant par Aristote comme une « défectuosité naturelle », est indispensable à la reproduction et celle-ci passe aux yeux des Anciens pour la principale fonction biologique. Un essai (cf. le chapitre 8) illustre ici ce secteur de la médecine antique. Dès lors, il ne faut pas s’étonner si les traités gynécologiques apparentés à ceux de Cnide (Nature de la femme, Maladies des femmeset I II etFemmes stériles) occupent le quart duCorpushippocratique. 5 – Un autre progrès marquant de la recherche qui porte sur les œuvres médicales antiques réside dans l’attention accrue qu’a reçue la langue même dans laquelle les médecins anciens ont consigné leurs travaux. Une telle étude, rendue possible par l’achèvement récent d’importants ouvrages de référence (Concordance complète des œuvres hippocratiques;Index hippocraticus,etc.), nous permet non seulement de mieux connaître le vocabulaire médical proprement dit (cf. le chapitre 4), mais aussi de mesurer son influence sur les œuvres d’autres écrivains anciens, par exemple sur celles
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d’Aristophane. Deux chapitres (16a et 16b) relèvent de ce champ, fort neuf, des études hippocratiques. Dans un livre remarquable,Le niveau de la science hippocratique,Paris, Les Belles Lettres, 1966, Robert Joly s’est insurgé contre une idée trop répandue, tant par des médecins que par des philologues, et trop facilement acceptée selon laquelle la médecine grecque classique, n’étant plus magique ni religieuse, est scientifique. Nous ne saurions trop recommander la consultation des deux livres suivants : Mirko D. Grmek,Les maladies à l’aube de la civilisation occidentale,Paris, 1983 et Annie Verbanck-Piérard (éd.),Au temps d’Hippocrate. Médecine et société en Grèce antique,1998 (avec de Mariemont, nombreuses illustrations). Au seuil de ce livre, il nous faut exprimer de tout cœur notre gratitude à trois de nos élèves, Anne Bargibant-De Fonvent, Anne-Françoise De Ranter et Bruno Vancamp, aujourd’hui professeur à l’ULB : tous trois ont été des collaborateurs fidèles et enthousiastes. Le chapitre 13, consacré à laphrénitis, a bénéficié du concours du docteur A. Willy Szafran, professeur émérite de la Vrije Universiteit Brussel, psychiatre et psychanalyste.
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