De la Somme à Verdun

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Août 1914, alors jeune instituteur à Laval, Pierre Crocq se retrouve comme toute une génération d'hommes, pris dans l'horreur de la guerre. Au soir de sa vie il ressent la nécessité d'écrire ses souvenirs de guerre. Ce sont ces mémoires-là que ses trois fils ont entrepris de publier, en les confrontant, bataille après bataille, à l'impersonnel Journal de marche et à l'exalté Historique Glorieux. Trois écritures pour relater les mêmes faits, pour mieux situer le destin d'un homme au milieu de la grande Histoire, celle de la Grande Guerre.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140001697
Nombre de pages : 172
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Pierre Crocq
De la Somme àVerdun,épreuves d’un poilu de 1418
Souvenirs de guerre Collectés par Henri, Louis et Claude Crocq, ses trois fils
De la Somme à Verdun, épreuves d’un poilu de 1418
De la Somme à Verdun, épreuves d’un poilu de 14-18
Pierre CROCQ
De la Somme à Verdun, épreuves d’un poilu de 14-18
Souvenirs de guerre
Collectés par Henri, Louis et Claude CROCQ, ses trois fils
L’HARMATTAN
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08312-4 EAN : 9782343083124
INTRODUCTION
Nous présentons dans ce qui suit les souvenirs de guerre rédigés au ème soir de sa vie par notre père Pierre Crocq, simple soldat au 124 régiment d’infanterie de Laval, depuis son appel sous les drapeaux en août 1914 jusqu’à sa grave blessure reçue lors de son deuxième séjour à Verdun le 17 mars 1917 et ses hospitalisations dans plusieurs hôpitaux militaires. Il était né le 22 septembre 1893, et il mourut le 2 juin 1983, dans sa quatre-vingt-dixième année. Après avoir reçu sa formation militaire en août et septembre 1914 à la caserne Schneider de Laval, le soldat Pierre Crocq fut envoyé en octobre rejoindre son régiment, en renfort pour combler les hécatombes des premiers combats de Belgique et de la Marne. De novembre 1914 à mars 1917, il participa à huit batailles : Andéchy (novembre 1914), Perthes-les-Hurlus, (février-mars 1915), grande offensive de Champagne du 25 septembre 1915, combats de la Main-de-Massiges (janvier 1916), Verdun-Etang de Vaux (mai-juin 1916), Champagne-Mont Têtu (juin-octobre 1916), front de la Somme (janvier-février 1917), et Verdun-Bois des Caurières (mars 1917). Grièvement blessé au Bois des Caurières le 17 mars 1917, il fut alors évacué sur Bar-le-Duc et soigné dans divers hôpitaux de l’arrière, et, invalide, réformé définitivement en mars 1918.En contrepoint, à chaque bataille, nous avons d’abord situé le lieu et le déroulement des actions à partir d’extraits duJournal de Marche et des Opérations du124ème Régiment d’Infanterie(JMO), et ensuite confronté à son récit les extraits correspondants relatés dans ème l’Historique du 124 Régiment d’Infanterie, sorte de journal « glorieux » écrit au lendemain de la guerre, vraisemblablement par un officier du régiment. C’est donc un ensemble de trois écrits, relatant les mêmes faits, chacun à sa façon : leJournal des marches et des ème opérations du 124 R.I., rédigé au jour le jour dans un style concis, ème sobre et impersonnel, l’R.I.Historique du 124 , relaté dans un style « glorieux », exalté et grandiloquent, et lesSouvenirs de guerre de Pierre Crocq, resurgis cinquante après la guerre, et racontés dans un journal irrégulier et lacunaire, mais surtout empreint de simplicité et de résignation. En fin de compte : trois facettes des mêmes événements, et trois langages pour les rapporter.
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PREAMBULE
Qui était Pierre Crocq ?
Notre père Pierre, Eugène, Marie Crocq était né le 22 septembre 1893 à Rennes (Ille-et-Vilaine). Il était le fils aîné de Pierre, Marie, Julien Crocq, commis voyageur, et de Rose, Eugénie, Marie, Zélie Gasnier, épouse Crocq, institutrice à Rennes. Pierre, Marie, Julien Crocq, le commis voyageur, était né en 1870 et mourut en 1898 de tuberculose pulmonaire, à l’âge de vingt-huit ans. Aucun de nous trois ne l’a connu, mais il nous reste deux photographies sépia de lui jeune homme, une en civil, coiffé d’un chapeau melon, et une en militaire, accoudé à une console (il avait été appelé au service en 1890 et avait servi dans un régiment d’artillerie). Notre père Pierre Crocq avait un frère cadet, Louis, Pierre, Aimé Crocq, né posthume en février 1899, qui occupa un emploi de bureau à la Régie du Métro à Paris, vécut à Saint-Mandé et mourut encore jeune en 1956. Rose Crocq, née en 1868, survécut longtemps à son mari et décéda en 1954 à l’âge de 86 ans dans une maison de retraite à Bain-de-Bretagne, à 30 km au sud-est de Rennes. Les Crocq étaient originaires de cette région, et les registres d’état civil départementaux - et, avant 1790, paroissiaux -mentionnent beaucoup de naissances et de mariages des Crocq dans les communes de Bain-de-Bretagne, Janzé, Piré-sur-Seiche et surtout Amanlis, village qui semble être le berceau de la famille. En 1983, lorsque Pierre Crocq mourut, une dizaine de Crocq figuraient encore sur le bottin au village d’Amanlis. Les Gasnier étaient originaires de la même contrée. Eugène Gasnier, maître de forges à La Bouexière (quinze kilomètres de Rennes), fils d’un sabotier et père de Rose, était né en 1834 à Piré-sur-Seiche. Rose Gasnier avait une sœur aînée, Malvina, née en 1860, qui devint directrice de l’Ecole Primaire Supérieure de jeunes filles de Rennes et y laissa le souvenir d’une femme consciencieuse et énergique. Elle s’était mariée à un homme de lettres normand, Léon Berthaut, qui publia divers romans et nouvelles, ainsi que deux pièces en cinq actes et en vers sous le pseudonyme de Jean de la Hève. Il écrivit aussi divers ouvrages sur la marine et fut président de la société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons (sauvetage en mer). Léon Berthaut avait tenu son journal pendant toute la première guerre mondiale, journal qu’il fit éditer en 1935 sous le titre «Journal d’un
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