De Tunis à Paris

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Se définissant lui-même, dans une lettre inédite à son ami Claude Roy , «juif ... non pratiquant... non croyant ... français par l’état civil ... par la culture ... par les sentiments ... marxiste ... communiste ... anti-impérialiste ... tunisologue ... “patriote tunisien”... enraciné dans sa terre natale...», Paul Sebag (Tunis 1919–Paris 2004) reste indissociablement lié à l’histoire de la Tunisie, depuis ses premiers travaux de sociologue dans les années 1950, jusqu’à ses plus récentes publications historiques autour du judaïsme tunisien et de la ville de Tunis à partir de 1990. Son action en faveur de l’indépendance lui fera prendre part à l’organisation de la nouvelle université tunisienne, et tout particulièrement du département de sociologie, où il enseignera jusqu’en 1977, date de son arrivée à Paris. Ce volume collectif à l’initiative de la Société d'Histoire des Juifs de Tunisie se veut un hommage à la fois à l’homme “au simple sourire”, au professeur rigoureux et à l'infatigable érudit qui a marqué durablement plusieurs générations de chercheurs et d’étudiants.
Publié le : lundi 14 juillet 2014
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EAN13 : 9782841623211
Nombre de pages : 176
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Sous la direction de Claude Nataf

De Tunis à Paris

Mélanges à la mémoire de Paul Sebag

Présentation

Se définissant lui-même, dans une lettre inédite à son ami Claude Roy , «juif ... non pratiquant... non croyant ... français par l’état civil ... par la culture ... par les sentiments ... marxiste ... communiste ... anti-impérialiste ... tunisologue ... “patriote tunisien”... enraciné dans sa terre natale...», Paul Sebag (Tunis 1919–Paris 2004) reste indissociablement lié à l’histoire de la Tunisie, depuis ses premiers travaux de sociologue dans les années 1950, jusqu’à ses plus récentes publications historiques autour du judaïsme tunisien et de la ville de Tunis à partir de 1990. Son action en faveur de l’indépendance lui fera prendre part à l’organisation de la nouvelle université tunisienne, et tout particulièrement du département de sociologie, où il enseignera jusqu’en 1977, date de son arrivée à Paris. Ce volume collectif à l’initiative de la Société d'Histoire des Juifs de Tunisie se veut un hommage à la fois à l’homme “au simple sourire”, au professeur rigoureux et à l'infatigable érudit qui a marqué durablement plusieurs générations de chercheurs et d’étudiants.

Table des matières

  • De Tunis à Paris
  • I. Histoire et politique (Cette première séance de la journée d'hommages consacrée à Paul Sebag, qui s'est tenue le 2 avril 2006 à l'Hôtel de la Monnaie nationale, était présidée par Monsieur Habib Kazdaghli, Vice-Doyen de la Faculté des Lettre
    • Entre Tunis et Alger(Yaron Tsur)
      • Sectorisation plutôt qu’ethnicité
      • Les relations de clientélisme
    • Alger à la veille de la conquête française(Jacques Taïeb)
      • L’organisme urbain et le peuplement
      • Des institutions politiques singulières
      • La vie économique
    • Ahmed Ier, bey de Tunis chez Louis-Philippe Ier, roi des Français(Prince Fayçal Bey)
    • La politique française à l'égard des Juifs de Tunisie sous le protectorat (1910-1923)(Armand Maarek)
      • Deux mises au point préalables
      • Caractéristiques de la politique française à l’égard des Juifs de Tunisie en 1910
      • Répercussions de la Première Guerre mondiale et infléchissement de la politique française (1917-1923)
      • Conclusion
  • II. Culture et religion (La deuxième séance était présidée par Madame Mireille Hadas-Lebel, Professeur à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV).)
    • La question linguistique dans la presse judéo-arabe de Tunis à la fin du XIXe siècle(Joseph Chetrit)
      • La naissance de la presse et de la littérature judéo-arabes et ses répercussions socio-culturelles à Tunis à la fin du xixe siècle
      • Le judéo-arabe tunisien et ses transformations à Tunis à la fin du xixe siècle
      • Le programme linguistique concurrent d’al-Naḥla
      • Conclusions
    • Joseph Cohen-Tanugi Ḥadria, un rabbin moderniste à l'époque du Protectorat(Denis Cohen-Tannoudji)
      • Introduction
      • Contexte historique
      • Contexte familial
      • Les écrits de Joseph Cohen-Tanugi Ḥadria
      • Y a-t-il eu une Haskala tunisienne ?
      • Conclusion
    • « Le Complot des juifs de Khaybar »(Paul B. Fenton et Ahmed-Amine Dellaï)
      • Introduction
      • Les ghazwât
    • Osiris et le projet de la grande synagogue à Tunis(Dominique Jarrassé)
      • Osiris et les synagogues : un projet de francisation
      • Le projet Tondu (1909) : monumentalité et christianisation de la synagogue tunisienne
      • Le concours de 1912 : la quête d’un style franco-tunisien, Art Déco avant l’heure
  • III. L'homme, le professeur, l'érudit (La troisième séance était présidée par Catherine Nicault, professeur d'Histoire contemporaine à l'Université de Reims.)
    • Paul Sebag sociologue ?(Lilia Ben Salem)
    • Tunis dans l'œuvre de Paul Sebag(Abdelhamid Larguèche)
    • Paul Sebag et l'histoire des Juifs de Tunisie(Claude Nataf)
      • L’histoire des Juifs de Tunisie avant Paul Sebag
      • Le dessein de Paul Sebag
      • La méthode de Paul Sebag
    • Ecrire l'histoire des Juifs de Tunisie(Colette Zytnicki)
    • La Bibliothèque transportée de Paul Sebag(Jean-Claude Kuperminc)
    • Paul Sebag par lui-même...(Renée Sebag)
    • Trois souvenirs de Paul Sebag(Michel Valensi)
  • Bibliographie selective de Paul Sebag

De Tunis à Paris

Éléments de biographie

Paul Sebag est né le 26 Septembre 1919 à Tunis. Son père Victor, éminent avocat au Barreau de Tunis et érudit, a demandé et obtenu la nationalité française, conformément aux dispositions de la loi du 3 octobre 1910. La famille de Victor Sebag est juive et solidaire de la communauté (Victor Sebag sera vice-président du Conseil de la Communauté de 1922 à 1926), non pratiquante, bourgeoise et cultivée. Aussi, après des études primaires et secondaires au lycée Carnot, Paul entreprend des études de Droit et de Philosophie à Paris, mais il est déjà gagné à la pensée marxiste et au communisme puisqu’il a adhéré au parti communiste à l’âge de 17 ans. De retour à Tunis en 1939, il est réformé pour raison de santé. Il milite au sein du parti communiste devenu clandestin et prend une part active à l’action engagée contre Vichy et la collaboration. Dénoncé en janvier 1942 comme « agent de liaison » chargé de transporter des tracts du parti clandestin à Ferryville pour les ouvriers de l’Arsenal, il est arrêté et torturé. Il ne faiblit pas et nie les faits qui lui sont reprochés. Jugé par la Section spéciale du Tribunal maritime de Bizerte le 28 février 1942, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité et détenu à la prison civile de Tunis. Mais il ne fait que 10 mois de prison. En effet, le 14 novembre 1942, les autorités françaises libèrent les prisonniers politiques, gaullistes et communistes français et tunisiens pour ne pas les livrer aux forces allemandes qui pénètrent sur le territoire tunisien à la suite du débarquement allié en Algérie et au Maroc. Il devient alors clandestin et le demeurera jusqu’à la libération de Tunis le 8 mai 1943. Devenu l’un des cadres du parti clandestin, il prône l’union contre l’occupant, le sabotage des exigences allemandes et la lutte contre les collaborateurs. Il rapportera son expérience politique pendant la guerre dans Communistes de Tunisie : 1939-1943, publié en 2001. Après la libération de Tunis, en mai 1943, il devient secrétaire du Comité de la France Combattante qui regroupe toutes les tendances de la Résistance. Il publie des éditoriaux dans le journal du Comité, Victoire, et participe également à la rédaction du journal du Parti Communiste : L’Avenir Social. Le 27 mai 1944, il ­épouse Diana Gallico, également militante communiste, de nationalité ­italienne, qui a été comme lui incarcérée pour son action clandestine en 1942 d’abord en Tunisie puis en Algérie. Après la naissance de sa première fille en 1945, il reprend des études de philosophie à Paris, puis en 1947, après avoir terminé sa licence, il retourne à Tunis et enseigne les lettres (latin-français) au lycée Carnot tout en continuant son action et sa réflexion politiques au sein du Parti Communiste Tunisien. Plaçant l’idéal de liberté au cœur de son engagement, il sera très vite partisan de l’indépendance de la Tunisie avant même que son Parti, alors associé au Gouvernement français, ne se départisse de son engagement en faveur de l’Union française. Ayant très vite eu des doutes sur le modèle soviétique, il restera néanmoins membre du Parti communiste jusqu’en 1955, lorsque les statuts exigeront que ses membres soient de nationalité tunisienne. Il prendra alors ses distances avec le mouvement communiste. Dès son retour en Tunisie en 1947, il s’attachera à connaître et à comprendre le pays dans lequel il est né et il vit. Il lui consacra l’essentiel de ses travaux de recherches. C’est ainsi qu’en 1951, il publie son premier livre La Tunisie. Essai de monographie, qui présente une analyse de la société et de l’économie tunisiennes. Il dépose ensuite un sujet de thèse de doctorat sur Tunis. Dans le cadre de la préparation de cette thèse, il publie de nombreuses études de sociologie et d’histoire urbaines comme par exemple La Hara de Tunis, en collaboration avec Robert Attal, en 1959. Ce sont ces différents travaux qui lui valent d’être appelé à enseigner la sociologie à l’Institut des Hautes Etudes de Tunis en 1957, puis à la Faculté des Lettres de la nouvelle Université tunisienne née après l’Indépendance. L’organisation du département de sociologie et les programmes d’enseignement de cette discipline seront essentiellement son œuvre. Il y enseigne jusqu’en 1977. En effet, à cette date, son contrat de coopérant français n’est pas renouvelé par le gouvernement tunisien. Il est donc remis à la disposition de l’Université française, s’installe à Paris et termine sa carrière à la faculté des Lettres de Rouen où il enseigne pendant deux ans en qualité de maître-assistant, puisqu’il n’a pas soutenu sa thèse, avant de pouvoir prendre sa retraite. Dès lors, il se consacre entièrement à son activité de chercheur et publie plusieurs ouvrages chez L’Harmattan (voir bibliographie sélective). Il reprend également le travail global sur Tunis, qui correspond à la thèse de doctorat qu’il n’a jamais soutenue, dans l’ouvrage de toute une vie : Tunis, histoire d’une ville, publié en 1998. Enfin paraît Les Noms des Juifs de Tunisie, en 2002. Il est décédé à Paris le 5 septembre 2004, à près de 85 ans.

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