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De Verdun à la Somme

De
246 pages
À travers ce témoignage, nous retrouvons ou découvrons ici Auguste Vonderheyden, alsacien d'origine, qui a été fait prisonnier lors du siège de la ville de Strasbourg pendant le conflit franco-prussien de 1870. Envoyé au camp de Mayenne, il s'en évade en janvier 1871. En 1916, il a 67 ans et il est professeur d'allemand au lycée de la ville de Troyes. Ancien combattant de 1870, il connaît parfaitement la tactique et la stratégie militaire, s'imprègne des évènements liés aux batailles de Verdun et de la Somme.
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Mémoires e duXX siècle
Auguste Vonderheyden
DE VERDUN À LA SOMME La bataille de Verdun racontée au jour le jour Cahiers de guerre II (23 février 1916  novembre 1916)
Texte introduit et annoté par MarieChantal LhoteBirot et Pierre Lhote
Série SPremière Guerre mondiale
De Verdun à la Somme
e Mémoires du XX siècle Déjà parus Léon NOGUÉRO,Prisonnier de guerre en Allemagne (1940-1945), Récits de guerre et de captivité, Tome 2,2017. Léon NOGUÉRO,Soldat en Alsace-Lorraine(1939-1940), Récits de guerre et de captivité, Tome 1,2017. Éric BROTHÉ,Jacquelin deUn chevalier de la France libre, la Porte des Vaux,2017. Bouzid et Mehdi BOUMEZOUED,Mémoires de guerre d'un combattant kabyle, De la Deuxième Guerre mondiale à la guerre d'Algérie,2016.Grégory ROMINSKYJ,De l’Ukraine à la France, Mémoires d'un déplacé (DP) dans l'Europe de la tourmente (1939-1945),2016. Daniel BARON,Du Côté de la Vie. Correspondance de Maryse (1926-1940),2016. Micheline MAUREL,Danse au bord du précipice. Lettres et écrits des années de guerre (1939-1945),2016. Larissa CAIN,Souvenirs d’enfance et de Pologne,2016.Michel GASPARD,Eaux mêlées à Montmartre, Une histoire familiale, Deuxième période : 1936-1950,2016.Michel GASPARD,Eaux mêlées à Montmartre, Une histoire familiale, Première période : 1880-1936,2016.Henri CHENNEBENOIST,Carnets de Chine (1900-1901).Un Français dans la guerre des Boxers,2016.Auguste VONDERHEYDEN,Cahiers de guerre (1914- 1918),2016. Sabine CHERON et Marie-Hélène PRECHEUR,Les coquelicots au vent de la liberté. De Varsovie à Nancy : un rêve réalisé,2016.Rafael MONREAL,Le chemin de Rafael. Un républicain espagnol dans la guerre civile,2016. Anna Senik,Une famille juive de la Pologne à la France de Vichy, Penser ce qui nous est arrivé,2015. Bernard GROUSELLE,De la ligne Maginot à Berchtesgaden. Souvenirs d’un français libre,2015.
Auguste VONDERHEYDENDEVERDUN A LASOMMELa bataille de Verdun racontée au jour le jour Cahiers de guerre II (23 février 1916- novembre 1916)Texte introduit et annoté par Marie-Chantal Lhote-Birot et Pierre Lhote L’Harmattan
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11785-0 EAN : 9782343117850
Introduction Pourquoi Verdun ?C’est une ville-forteresse déjà à l’époque romaine, dontles pièces lourdes ont été retirées lors del’offensive de Champagne, en septembre 1915 et 1 qui en 1916,de valeur stratégique.n’a plus Mais Verdun est un symbole de la fierté nationale française : la ville est devenue un point-clé de la défense de la France grâce aux fortifications de Vauban sous Louis XIV.En 1885, Napoléon III a dupliqué sa ceinture de fortins par une 2 autre, à 8 kms de la ville. Pendant la guerre de 1870, la ville a résisté pendant dix semaines.Sa défense doit être assurée par tous les moyens, sa perte pourrait fragiliser le gouvernement Briand. Cependant, les Français ne croient plus aux fortifications et les canons de la forteresse de Verdun ont été démontés pour être utilisés en campagne.
Pour la France etl’Allemagne, Verdun fut la « bataille totale », à un niveau différtout ce qu’onent de avait vu et imaginé auparavant. La grande différence réside dans la durée : de février1916 jusqu’à décembre 1916. Elle est marquée par la prise et la reprise de forts 3 comme Douaumont et Vaux , la destruction entière de
1 JéromeEstrada de Tourniel, Jean Montacié, Verdunde, mémoires guerre,Le 5 août 1915, ledu quotidien, 2015, page 106.  éditions Président de la République : Raymond Poincaré signe, à la demande du ministre de la guerre Alexandre Millerand, qui lui-même agit à la demande de Joffre, général commandant en chef, deux décrets ayant pour objectif le démantèlement en garnison et en armes des forts, notamment ceux de la région fortifiée de Verdun. Verdun, le 9 août, devient la « région fortifiée de Verdun. » 2  John Keegan,La première Guerre mondiale,1998, page Perrin, 345. 3 La construction du fort de Vaux a commencé en 1881 ; en 1888, il a été renforcé par une carapace en béton spécial de 2, 5 m séparée de la maçonnerie par 1m de sable. En 1906, son armement est
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villages comme Ornes et Fleury. Mais ce qui est nouveau dans cette « bataille totale», c’est la force et l’impact de 4 l’artillerie lourde. Cette bataille totale est aussi une hécatombe. Elle se déroule sur 20 kilomètres de front, dans des terrains très vallonnés, dans un milieu de forêts. Verdunc’est aussibataille aérienne une : l’arme aérienne était très peu développée avant la Grande guerre et fait de grands progrès pendant le conflit.
La bataille de Verdun se révèle être la plus meurtrière de la guerre, avec, comme corollaire de cette mort de masse, des centaines de milliers de corps non identifiés. Il est difficile, même encore aujourd’hui, de s’accorder sur les chiffres.Cochet cite les chiffres F. suivants : du 21 février 1916 au 20 décembre 1916, 377 221 pertes réparties en 61 619 tués et 100 689 5 disparus et 214 913 blessés. Selon l’auteur, si Verdun conserve une image si forte, c’est parce que la ville devient le sol sacré de la patrie. Les deux tiers del’armée passent par Verdun.
terminé, pour l’année 1912, leles deux citernes à eauprêt et fort est pouvaient subvenir aux besoins de 250 hommes. 4 Gerd Krumeich et Stéphane Audoin - Rouzeau ,Les batailles de la Grande guerre305, dans Encyclopédie de la Grande guerre,, page Bayard, 2004. 5 F. Cochet, 2013, page 80.
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Présentation del’auteur
Auguste Vonderheyden est né en Alsace le 4 septembre 1849 dans un petit village du Bas-Rhin.C’est un homme du XIXe siècle, qui a vécu deux conflits : celui de 1870 en tantqu’engagé volontaire àl’âge de 21 anset ensuite, le conflit de la Grande guerre en tant que civil. Evadé du camp de prisonniers de Mayence en janvier 1871, il poursuit unecarrière dans l’armée,puis dans la territoriale où il est nommé officier-interprète. Sa parfaite connaissance del’allemand lui a servi pendant son évasion et pendant la Grande guerre. Il a 65 anslorsqu’il commence la rédaction de son premier cahier le 22 août 1914. Il a donc le point devue d’un civil lorsqu’ilrelate les batailles de Verdun et de la Somme mais aussi celui d’un ancien combattant du conflit franco-prussien, très informé du fait militaire.
Auguste Vonderheyden a tenu un journal au jour le jour etl’écriture de ces cahiers entretient un rapport particulier avec le temps du calendrier. La numérotation systématique des cahiers, la date, le jour,parfois l’heure, y sont toujours indiquéesune: cela permet d’établir relation entre les deux séries de l’écriture et du temps chronologique. Le journal possède une exactitude très importante qui est celle des dates.
Ce n’est pasjournal intime ni une un autobiographie. Auguste Vonderheyden, écrit àl’intention des autres générations,ses enfants puisd’abord celle de celle des petits enfants. En écrivant, il essaie de conjurer la mort individuelle mais aussi collective qui est en quelque sorte exorcisée par l’écriture: si celui qui écrit est vivant, le membre de la famille qui le lira le sera également et, à travers les cahiers, c’est la famille qui demeure vivante aussi.
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Le quotidien d’Auguste Vonderheydenen 1916 est celui d’un civil, professeur d’allemand qui enseigne au lycée de garçons de la ville de Troyes. En même temps, il dispense descours d’allemand, de stratégie et de tactique aux élèves qui souhaitent préparerle concours d’entrée à l’Ecoleans et militaire de Saint-Cyr. En 1916, il a 67 malgré des problèmes de santé, il est encore en exercice. Il écrit tous les jours ou presque et ce rendez-vous quotidien, qui aussi un moyen de surmonter ses insomlui une discipline d’écriture.nies, est aussi pour
Nous n’avons pas retranscrit l’intégralitédes cahiers del’annéeà1916, nous nous sommes attachés relater les événements de la bataille de Verdun puis de celle de la Somme et aussi les événements politiques mentionnés par l’auteur, qui suit aussi bien la vie politique de son pays que les événements militaires avec régularité, passion et acuité .L’auteur fait aussi souvent référence au conflit de1870 qu’il a vécu en tant que simple soldat et il ne peut s’empêcher d’établir des comparaisons entre les deux guerres. La bataille de Verdun commence le 21 février 1916 et Auguste 6 Vonderheyden relate les débuts du conflit. Il a rédigé dix cahiers pendantl’année 1916.
6  Auguste Vonderheyden , «Cahiers de guerre(1914-1918) »,collection Mémoires du XXe siècle, L’Harmattan, 2016, page 216-219 .
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LA BATAILLE DE VERDUN
CAHIER X (du 18 février 1916 au 14 mars)
5 mars 1916
Hier au soir, nous tenions toujours les abords de Douaumont. Le communiquéparle d’une bataille acharnée avec des flux et des reflux. Les Allemands attaquent avec des forces nouvelles et fraîches. D’après les diresdes prisonniers, dans les premiers assauts sur Douaumont, e e c’étaient surtout le 3corps allemands qui ont et le 15 donné. Ce sont deux de leurs meilleurs corps. Là où ceux-là ne sont pas passés, il est probable que les autres ne passeront pas. Cependant, nos troupes doivent être terriblement fatiguées et ont dû avoir aussi de grandes pertes. Tiendrons-nous jusqu’au bout? Je prévois un léger recul sur une ligne Bas-Fleury-Fort de Vaux. Ce serait encore une belle ligne de résistance avec derrière les points d’appui de la cote des Terres Froides et dele fort Tavannqu’on n’ira pases. J’espère jusque-là. Ah ! Si on pouvait les rejeter du village et du fort de Douaumont et les arrêter net sur cette ligne ! Comme nos affaires seraient rétablies partout. Déjà les neutres, même les Allemands vantent le courage héroïque de nos soldats. Que serait-ce si les Allemands ne pouvaient dépasser notre ligne?(…) Mais il faut tenir à Verdun. On a permis enfin aux journaux de dire quelques mots du général 7 Pétain qui commande là-bas. Il paraîtqu’il n’aque 59 7  Pétain est envoyé dans le secteur de Verdun en mars 1916 et il établit son poste de commandement à Sde l’annéeouilly. Au début 1914, il a 58 ans, il est colonel et il est sur le point de prendre sa retraite. Quelques mois plus tard, il passe du rang de commandant d’une brigade de quelque 6000 fantassins à celui d’une armée d’unequinzaine de divisions. Pétain a été promu très rapidement car il a « profité » des « limogeages »1914 selonde l’été  F. Cochet,sur la Première Guerre mondialeIdées reçues , page 117.
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