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Destin à part

De
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Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296306264
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DESTIN À PART
Seul rescapé de la rafle de Clans du 25 octobre 1943

Collection Mémoire, du XXème ,iècle sous la direction d'Alain Forest

- Michel BIoit, Moi, Maurice, bottier à Belleville, 1993. - Maurice Schiff, Histoire d'un bambin juif sous l'occupation nazie. Préface d'Henri Bulawko, 1993. - David Diamant, La résistance juive. Entre gloire et tragédie, 1993.

- Francisco

Pons, Barbelés

à Argelès et autour d'autres

camps,l993. - Joseph Berman, Un juif en Ukraine au temps de l'armée rouge,l993. - Pierre Brandon, Coulisses de la résistance à Toulouse,

Lyon, Marseille et Nice, 1994

- Charlotte
- Georges

Schapira, Il faudra que je me souvienne. La

déportation des enfants de l'Union Générale des Israélites de France, 1994.
Sadoul, Journal de guerre (2 sept. 1939
-

20 juillet

1940), deuxième édition, 1994. - Pierre Leenhardt, Pascal Copeau (1908-1982). L'histoire préfère les vainqueurs, 1994. - France Hamelin, La Résistance vue d'en bas... au confluent du Lot et de la Garonne, 1994.

- Marcel Ducos, Je voulais seulement changer l'Eglise, - Léon Arditti, VouZoir vivre. Deux frères à Auschwitz,

- Georges Moreali-Bellenger, à l'aéroplane, 1995. - Claude-Henri Mouchnino, Survivant par hasard, 1995.

1994. 1995. Pilote d'essais. Du cerf-volant

Henry BILY

,

DESTIN A PART
Seul rescapé de la rafle de CLANS
du 25 octobre 1943

Préface de Serge KLARSFELD

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 PARIS

@ L'Harmattan, 1995 ISBN: 2-7384-3473-8

A mes. fils MARC et FRANCK

A mes petits-enfants

LAURENT, THOMAS, SOPHIE,

A tous les morts de la rafle de CLANS

A tous les morts du Transport 62 (20 novembre 1943)

A toutes les victimes de « Vichy» et du nazisme

PRÉFACE

Il faut un grand courage et le sens du devoir pour qu'un ancien déporté à Auschwitz ose raconter sincèrement ce qu'il a vu et ce qu'il a enduré. Chacun des survivants sait que l'horreur qu'il transporte dans sa mémoire et qu'il tente d'exprimer risque de terrifier ou d'indisposer ceux qui entreront en contact avec elle et de leur faire détourner les yeux et le cœur pour éviter de la ressentir. Mais l'obligation suprême, l'impératif catégorique d'un survivant est de parler pour tous ceux que la haine antijuive a rendus muets à jamais et qui auraient voulu que l'abomination de leur destin ne soit pas engloutie dans le néant. Henry Bily avait vingt ans en 1940. A vingt-cinq ans, en 1945, il n'était plus le même homme. Il revenait de la planète Auschwitz-Birkenau. Rien ne donne plus l'impression d'un voyage dans l'espace que le récit par Bily de son expérience concentrationnaire. Les camps d'internement, le village de Clans dans les Alpes Maritimes où il est arrêté, l'Hôtel Excelsior à Nice où il est transféré à la base de départ: le camp de Drancy. La fusée qui l'emporte avec mille deux cents déportés, c'est le convoi du 20 novembre 1943. La destination, ce mystérieux et redoutable astre « Pitchipoi », qui se révèle être le trou noir du peuple juif. 9

La chance de Bily est d'avoir été déporté seul, sans sa famille, et d'avoir conservé assez de lucidité, d'énergie et d'humour pour être capable d'éclater d'un rire glacé en se retrouvant dans l'hiver de la Haute-Silésie, quelques jours après la Côte d'Azur. L'odyssée qui a été la sienne et celle des autres survivants passés dans les camps d'extermination de la Solution Finale de la question juive ne se lit pas comme un roman, car aucun roman n'a la force de ce document, de ce récit authentique d'un être humain, d'une conscience qui affronte le mal absolu. Poussé par la volonté de survivre, Bily surmonte les kystes, les phlegmons, l'épuisement. Son destin le rattrape parfois miraculeusement alors que la chute fatale est imminente: «Il faut étreindre à pleines brassées toutes les misères, tous les morts, tous les malades, toutes les détresses afin de vivre au moins un jour de plus. Ce n'est pas facile! Et chaque jour, il faut recommencer à nouveau. Je suis devenu dur et j'essaie de devenir fort pour espérer et revenir un jour. Revenir pour raconter l'inracontable, l'inénarrable ». Impossible d'oublier les scènes plus que dantesques

décrites par Bily, celle des latrines du

«

Kanada

»

où les

détenus se nettoient avec les plus gros billets de banque en cours en Europe; celle où, dans le camp de Dautmergen, de nouveaux arrivants, exécutés par les 55, sont dévorés en partie par des détenus affamés; celle de la baraque à Dachau où Bily tombe de fatigue parmi des dizaines d'internés dans le même état que lui, et d'où il sort quelques jours plus tard, seul survivant. Il m'arrive de penser que de ces textes écrits avec la volonté non de réfléchir et de commenter, mais tout simplement de témoigner, comme dans un prétoire américain où il est quasiment interdit d'exprimer une opinion subjective, le lecteur retire plus d'enseignement que d'une œuvre achevée comme celle de Primo Lévi, qui fait écran avec l'horreur véritable. C'est pourquoi sans doute, le grand public préfère accomplir ce voyage interplanétaire, que j'évoquais au début de cette préface, avec un authentique écrivain plutôt qu'avec un authentique témoin de base. 10

Je crois fermement que l'avenir rétablira une échelle de valeurs des témoignages. Qu'il rendra les uns à l'œuvre littéraire, et les autres à leur rôle irremplaçable: Vous prendre par la main, Vous entraîner, Vous ramener à Birkenau, Vous le faire voir réellement, sans le maquillage de la culture et de la réflexion. La puissance qui se dégage du récit de Bily lui doit moins qu'elle ne le doit à tous les Birkenau où il a souffert, où il a vu ce qu'il a vu et qu'il restitue comme un « voyant» et un comme un « revenant» qui permet aux aveugles de l'univers concentrationnaire que nous sommes, de prendre connaissance à notre tour, de l'indicible. Serge Klarsfeld

11

Pourquoi avoir attendu cinquante ans pour écrire et raconter ma Vie de déporté? C'est très difficile à expliquer! C'est encore plus difficile à comprendre! Il faut que je retourne en 1945 !
,

Il me faut penser à cette époque complexe!

,

Epoque où le monde entier était bouleversé. Epoque de l'épuration, époque des règlements de compte, souvent intimes et surtout infâmes. Ce n'est vraiment pas facile. Dès ma tentative de réinsertion dans la vie normale et courante, je me suis trouvé devant une alternative incroyable et épouvantable! Se taire ou oser dire et témoigner des horreurs, des atrocités, des ignominies, des vilenies, des meurtres, des tueries, des génocides vus et vécus, sachant que l'on me prendrait pour un farfelu, un fabulateur, et certainement un menteur. Tant cela pouvait aller jusqu'à une telle profondeur dans l'horreur, dans l'indicible et dans l'indescriptible! Ou, il fallait ne rien dire et se taire à jamais, cherchant volontairement à oublier, occulter toutes ces monstruosités. Peut-être même mon inconscient me poussait-il à vouloir « gommer» cette période que j'avais vécue, témoin de tant d'atrocités, et dont par une chance inouïe, j'étais un rescapé. Je pense que tous les déportés revenus des camps de concentration, se sont trouvés dans la même situation. Je suis malade, physiquement et moralement. Je reviens d'un monde épouvantable, impossible à imaginer et à décrire. Personne au monde ne pourrait 13

croire que cela a pu être. Personne ne peut concevoir que cela a pu exister! L'enfer de Dante n'était rien; il me semble même être très doux à côté de tout ce qui a été inventé, imaginé comme punition par des hommes envers d'autres êtres humains, pourtant innocents des crimes qu'on leur reprochait et qu'on leur faisait payer si durement. Nous sommes revenus d'un monde ubuesque, dans lequel nous avons vécu, et subi les choses les plus immondes, les plus viles, les plus ignominieuses.

Maintenant, après quelques jours de

«

vie courante »,

c'est à dire de vie tout à fait banale et normale, combien je comprends l'inanité de l'existence... C'était le cas de tous les survivants. Nous étions obsédés par notre passé, par ce que nous avions vu, et par ce que nous avions vécu. Et, à tous, il était impossible de raconter, de témoigner de ce dont nous avions été témoins. Une certaine pudeur, nous empêchait de parler. Une certaine crainte, mêlée à la décence, nous interdisait de raconter la triste odyssée que nous avions vécue. Ce que nous avons vu, vécu, subi, nous paraissait tellement étrange, bizarre, incroyable, qu'au bout de quelques jours après notre retour, nous ne pouvions plus dire ou raconter quoi que ce soit. On ne nous aurait même pas cru! Personne ne pouvait comprendre ce que nous . aVlOnsvecu. .. . Nous comprenions tout de même que personne ne pouvait croire en nos aventures, en nos histoires, en nos témoignages. Et je pense que tous les déportés étaient dans mon cas, et pensaient comme moi. Nous craignions tous, d'être traités de menteurs, de fous, de fabulateurs, de mythomanes! Comment, quelqu'un de sensé pouvait-il croire en no_s récits, en nos témoignages, en nos histoires? Je n'ai jamais eu la force, la possibilité, le courage et l'énergie nécessaire pour faire exploser ma cervelle et répandre ce qu'elle contenait de mémoire, et d'horreur, afin de raconter tout ce que j'ai vu.
/

,

14

Et plus le temps passait, moins je pouvais parler! Je ne sais pas si c'est mon conscient qui m'empêchait de parler, ou si c'est mon inconscient qui refoulait qui refoulait toutes mes pensées, tous mes souvenirs... ! Ces pensées et ces souvenirs m'assaillaient, aussi bien de jour que de nuit. Les fumées et les flammes des cheminées de tous les crématoires, m'ont empêché, durant de très nombreuses nuits, de dormir, de croire en la vie! Ces odeurs de fumées sortant des cheminées de Birkenau, je les ai senties pendant des années! Ces lueurs des flammes sortant des crématoires de Birkenau, ont éclairé ma chambre à coucher, pendant des années, et ont hanté mes nuits avec autant de persistance! Comment parler? Comment raconter? Comment faire passer « l'incommunicable»? Après quelque temps, et petit à petit, l'oubli des déportés, s'est étendu à tout le pays. C'est normal, puisque nous étions les anormaux. .. Nous étions les révoltés devant l'impassibilité de la masse de la nation! Nous étions ceux qui se savaient être français. La France, éoupée en deux. D'un côté, avec le gouvernement de Vichy, et de l'autre, avec les troupes d'occupation allemandes. Les Français, partagés entre Pétain et le Général de Gaulle, avaient intérêt à ne pas trop se manifester. L'oubli est devenu la règle générale! Mieux valait tout oublier!. . . Comme c'est facile, trop facile, et tellement bien plus aisé. Beaucoup plus commode, beaucoup plus pratique! Mes activités professionnelles et associatives m'ont fait un peu oublier, pendant un certain temps, mes difficultés d'insertion dans la société. C'est ainsi, que tout le monde autour de moi, tous ceux qui ont eu connaissance d'une partie de mon existence concentrationnaire, m'ont demandé, m'ont dit qu'il fallait absolument raconter, relater les faits les plus marquants de ma vie. 15

Écrire ce que j'ai vécu! Ne serait-ce que pour mes enfants et petits-enfants! A présent, deux générations passées, et cinquante ans après ma libération, je revois ma position qui était de me taire à jamais. Il me vient, d'un seul coup, l'envie de narrer ma Déportation, de raconter ce que j'ai toujours caché à tous, au monde entier. A l'occasion de cet événement important, tout au moins pour moi, car, vivre encore après le cinquantenaire de mon retour à la vie normale, à ma libération des camps de la mort, alors que je pouvais, que je devais mourir, d'après les lois nazies, deux mois après mon arrivée dans le premier camp de concentration. Tout cela me semble tellement miraculeux, non pas au sens religieux du mot, mais au sens de la destinée. C'est justement, ce sens de ma destinée qui me pousse maintenant à vouloir écrire, pour témoigner de ce que j'ai vécu dans les divers camps de la mort. Dès mon retour de déportation, j'avais noté les dates essentielles de mon «séjour» là-bas, sans avoir la moindre idée, ou la moindre envie d'écrire un jour. Cette notation, je l'avais faite pour moi, par goût personnel de l'Histoire en général, et de ma propre histoire en particulier. Ceci m'a facilité la réalisation de ce petit témoignage dénommé très modestement:
« DESTIN À PART» Ce sont, ces cinquante ans de 1'« APRÈS» qui me donnent l'audace et le désir de formuler un peu de l' « AVANT» et surtout de narrer le « PENDANT ». Une tâche réellement embarrassante. Mais il m'a fallu attendre cinquante ans! Et beaucoup de courage pour vouloir, oser, le faire, donc, de me le remémorer. Cela ne m'a pas toujours été facile mais au contraire, plutôt pénible... Très pénible... Trop pénible...

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La manière favorable ou défavorable selon laquelle un événement se produit est certainement une définition de la chance. Le concours de circonstances inattendues et inexplicables domine les diverses étapes d'une vie. La force souveraine qui règle d'avance tout ce qui doit être, n'est que le destin. Chaque individu sur terre a sa destinée. Et j'ai la ferme conviction que «nul n'échappe à son destin ». C'est ainsi que sans réflexion, sans choix, et sans aucune règle, je me trouve le dimanche 31 Juillet 1927, à la gare de chemin de fer de Rang du Fliers, dans le département du Pas-de Calais. Mon père accompagne sa petite famille à la plage de Berck. A cette époque Berck-Plage et Paris-Plage représentent pour les Parisiens, ce que la Côte d'Azur et Saint-Tropez sont devenus vingt-cinq ans plus tard. Mais pour se rendre à Berck, il faut attendre la correspondance qui relie Rang du Fliers à la plage. Ce qui représente une attente de près d'une heure! En attendant, je joue et m'amuse sur les rails. Que peut faire un gamin de sept ans dans une gare, sinon s'amuser sur les rails? Je pense que les garçons ressentent un sentiment de puissance et de domination lorsqu'ils jouent au train. Dans ce jeu, ils font toujours la grosse loco. Surtout si ce jeu se passe sur de véritables rails, dans une gare réelle. Pendant que je me divertis si bien, il me semble entendre crier mon nom. Une deuxième fois, dans un hurlement, j'entends mon nom. Je tourne le tête et j'aperçois ma mère qui s'écroule à terre, mais j'entends aussi, plus que je la vois, arriver à toute allure, une grosse 17

locomotive. Je suis projeté au sol, heureusement, du coté du quai. C'est l'express Paris-Boulogne qui vient de traverser la petite gare de Rang du Fliers! Je cours auprès de ma mère qui commence à se relever après son évanouissement. Je reçois une raclée mémorable. Je ne me suis même pas rendu compte de la chance que je venais d'avoir. Je ne réalise absolument pas ce qui vient de se passer! Trois minutes après, je m'amuse encore sur les rails, au grand dam de mes parents. J'ai ce droit à plusieurs engueulades, ainsi qu'à maintes leçons de morale. Cela ne m'a pas empêché de passer de bonnes vacances! La vie continue avec l'insouciance qui caractérise les enf~nts de mon âge. Evidement, tranquillement, et inexorablement, les années passent. L'Homme étant un drôle d'animal, il agit presque toujours contre ses propres intérêts, et prend souvent des résolutions dont il se désolidarise, et qu'il regrette quelque temps après. Les années terribles de la triste période 1932-1939 font apparaître des systèmes politiques hors du commun. Des dictatures entièrement dirigées par, soit des gens sans foi, ni loi. Ou par des crapules sans aucune conscience. Toute l'Europe est bouleversée. Le monde entier aussi, de plus en plus tragiquement. De nouveaux régimes s'installent dans certains pays, plus ou moins légalement d'ailleurs. Les nouveaux maîtres organisent vite la tyrannie, et la chasse aux opposants. Mais, on est bien obligé de reconnaître que des hommes et des femmes sont traqués par les polices de leur pays d'origine et fuient les régimes totalitaires. Le développement des dictatures, aussi bien en Italie qu'en Allemagne, au Portugal, en Hongrie, en Espagne et en Russie, la puissance qu'elles prennent et l'admiration qu'elles suscitent dans les démocraties, parmi la jeunesse, prouve un nouvel état d'esprit!

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Cette jeunesse, déçue du laxisme des différents dirigeants des Républiques existant encore, crée une force, un enthousiasme hors du commun.
Cette force crée aussi une atmosphère de guerre à court terme. Atmosphère d'autant plus forte que la crise économique sévit dans tous les pays et que les démocraties baissent de plus en plus les bras. De défaites en défaites de leurs parts, cela fait le jeu de l'Allemagne nazie, qui se fortifie sans cesse! Elle peut continuer à établir tranquillement les plans prévus, et si bien définis dans «Mein Kampf », pamphlet écrit par un mégalomane de taille et qui va faire connaître tristement son nom au monde entier! Il est curieux de suivre le cheminement de l'Allemagne. En 1918 elle était battue, humiliée, appauvrie et affamée. En moins de quinze ans, cette Allemagne écrasée peut s'enorgueillir et se moquer du monde entier. Car finalement elle mène par le bout du nez les deux plus grands empires mondiaux: la France et la Gr.ande Bretagne. Elle influencera aussi la politique des EtatsUnis. Comment s'étonner que cette force émanant de l'Allemagne nazie, partie de rien, rétablissant l'ordre et la joie de vivre ne séduise pas la jeunesse intellectuelle de l'Europe démocratique? Cette jeunesse qui végète, à tous les points de vue, dans des puissances coloniales immenses, cette jeunesse est attirée par la partie visible de toutes ces dictatures. Qu'elles soient de gauche ou de droite, ces dictatures attirent toute la jeunesse et les intellectuels du monde entier. Les dirigeants des démocraties sont incapables d'offrir un avenir, même à court terme, à leurs ressortissants. Malheureusement, tous ces chefs d'États n'ont rien compris. Ou bien ce sont véritablement des incapables, ou

bien, ce ne sont que des « coquins et des vendus ».
Dans les deux cas, ils sont tous coupables responsables de la déclaration de la guerre imminente. et

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De cette guerre qui ne peut pas ne pas se faire! Tous ces dirigeants démocrates sont donc responsables du massacre qui va détruire la fine fleur de l'Europe et du monde entier. Il faut que tout le monde le sache. Il faut que personne ne l'oublie! Il est curieux de constater que toute la jeunesse européenne, à partir des années 1920-1930, se tourne vers les dictatures qui promettent n'importe quoi. Mais qui suppriment, à coup sûr, la liberté la plus élémentaire: celle du libre jugement. Celle de sa propre conscience. Quel drame! Quelle tragédie! La fin d'un monde! Un nouveau monde est en train de naître! Au détriment de qui, de quoi? Au profit de qui, ? De quoi?.. Il ne reste plus, à cette jeunesse, qu'à obéir aux consignes du parti qu'elle a choisi! Et c'est là, vraiment que réside la tristesse pour cette jeunesse. Leur Parti? Leur Dieu? Quelles illusions? Quelles désillusions? Le monde entier a été bafoué, et par le communisme, et par le fascisme. Deux utopies politico-sociales ! Où est celui qui croit? . .. Où est celui qui ne croit pas? . Quelle déchéance de l'Homme... " Comment des gens intelligents peuvent-ils croire et obéir à des théories extrémistes? Cela semble incroyable!. . . Pendant le dernier été de la paix, l'été 1939, je suis en vacances à Biarritz, avec toute ma famille. Me promenant en ville je vois dans une agence de voyages, une publicité pour une promenade mirobolante en mer, au large de la Côte Basque. Je rentre et demande cinq billets pour le lendemain 15 août. On me répond qu'il n'y a plus de place, le bateau est complet, avec une surcharge de dix personnes. Je n'insiste pas trop, mais ma déception est grande, car je n'ai jamais fait de bateau en mer. Ma seule 20