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DÉVELOPPEMENT- MAL DÉVELOPPEMENT

154 pages
Au sommaire de ce numéro :
Faut-il encore souhaiter le développement
Réflexions sur le processus de création et de développement des villes au Cameroun
La corruption afro-occidentale en Afrique : crime permanent contre le développement
Corruption afro-occidentale / profits nécrophiles, prédations transnationales cryptées, destruction organique des victimes
Régime de foi et régime de la religion dans la crise en République démocratique du Congo
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H&A - AFRlQUES
Mondes Noirs - Diasporas Noires
Revue pluridisciplinaire (Je sciences Ilumaines
Développement - mal développement
Nol / 2001
L'Harmattan Inc. L'Harmattan Hongrie L'Harmattan ItaliaL'Harmattan
Hargita u. 3 Via Bava, 3755, me Saint-Jacques5-7, rue de l'École-Polytechnique
Montréal (Qc) CANADA 1026 Budapest 10214 Torino75005 Paris
H2Y 1K9 HONGRIE ITALIEFranceRédaction
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
Aggée Célestin Lomo Myazmom RItA -AFRlQUES
Histoire et Anthro~Iogie
18, rue des OrplielinS
RÉDACTION EN CHEF
67000Strasbourg - France
Tél-Fax: (33 ou 0) 3 88 84 59 50
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Franck Michel
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Aggée Célestin Lomo Myazhiom
Franck Michel Editions L'HARMATIAN
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Aggée Célestin Lomo Myazhiom Fax: (33 ou 0) 1 43 25 82 03
E-mail: harmatalworldnet.frFranck Michel
Numéro ISSN : 1241-4468
ILLUSTRATIONS ET MAQUETTE Commission paritaire: AS. N° 74 063
Myriam Holtzinger ."Les propo.dtions d'articles doivent être
Xavier Fourt adres.vée.s à /' adresse de la rédaction.
Bruno Lavelle
La rédaction ne restitue pas les articles"
et a-UIres manuscrits ou disquettes reçus
CONSEIL SCIENTIFIQUE
et non publiés. EUe tient également à
signaler que chaque article engage la
Daniel Abwa responsabilité de son auteur.
y
oussouf Tata Cissé
LA LOI DU I11\fARS 1957 INTERDIT LESCharles-Robert Dimi
COPIES OU REPRODUCTIONS TOTALESFrançoise Dunand
OU PARTIELLES.
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Hugues Mouckaga Vous pouvez contribuer au
développement et à la promotion deEric Navet
AFRIQUES :H&A -André Rauch
- abonnez-vous;COLLABORATEURS DE CE NUMÉRO
diffusez et faites connaître la revue-
autour de vous;
R. Joly Assako Assako
- n'hésitez pas à nous faire part de vos
Martial Ze Betinga réflexions~ vos propositions et vos
Aggée C. Lomo Myazhiom critiques.
Gomdaogo Pierre Nakoulima
Liste de nos publications, dossiers des*Kashimoto Ngoy anciens numéros, bulletin
Rosan Rauzduel d'abonnemeltt, en fin de numéro.
(QL'Harmattan, 2001
ISBN: 2-7475-0310-0~ AFRIQUES2001 H&A 1
Mondes Noirs - Diasporas Noires
5 Editorial
Développement - mal développement
Aggée Célestin Lomo Myazhionl- Ouverture : Terres de haines. ..9
13 Gomdaogo Pierre Nakoulima - Faut-il encore souhaiter le
développement?
25 René Joly Assako Assako - Réflexions sur le processus de création et de
développement des villes au Can1eroW1
49 Martial Ze Belinga - La corruption afro-occidentale en Afrique: crime
permanent contre le développement
59 Martial Ze Belinga - Corruption afro-occidentale / profits nécrophiles,
prédations transnationales cryptées, destruction organique des victimes
71 Kashimoto Ngoy - Régime de la foi et régime de la religion dans la crise en
République Délnocratique du Congo
Carte blanche
111 Rosan Rauzduel- Communautés historico-culturelles en Afrique
133 Comptes rendusEDITORIAL 5
Editorial
ous avez sous les yeux le premier nUlnéro
d'H&A -AFRIQ[JES. Depuis l'ouverture il y av
dix ans de cet espace de débat, de réflexion et
de promotion de travaux en provenance du tout-monde, nous
avons pris le pari de lancer cette nouvelle édition annuelle,
essentiellement consacrée aux thématiques du continent
africain et aux diasporas noires.
L'édition en Afrique souffre de graves problèmes
structurels. Ce n'est pas, souvent, et loin des discours
cOlnplaisants, l'intention créative qui fait défaut mais les
moyens de porter la parole, les supports. Cet espace, que nous
ouvrons, s'adresse à tous les universitaires, chercheurs et autres
membres de la société civile désireux de faire connaître, au
plus grand nombre, le résultat de leurs investigations, de leurs
attentes et de leurs quêtes.
En partenariat avec les éditions L'HARMATTAN,nous
vous proposons une fois l'an ces H&A - AFRIQUES. Chaqtle
numéro sera bâti autour d'un thème central, complété par une
carte blanche et une rubrique de comptes rendus. Les trois
prochains dossiers concerneront «l'espace du politique en
Afrique », « le panafricanisme », et « les sectes ».
Nous convions toutes les bonnes volontés à cette
nouvelle aventure.
Bonne lecture à toutes et à tous.
F. M. et L. M. A. C.
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LEDITORIAL 7
Développement - mal
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Terres de haines...
A Norbert Zongo
e troisièlne tnillénaire s'ouvre et l'Afrique bat tous
les records négatifs: pauvreté, endettement, guelTesL
fratricides, conuptions, dictatures, sida, etc. En plus
de quatre décennies « d'indépendances» le tableau est sombre et les
raisons d'espérer infimes, malgré les discours lénifiants de quelques
stratèges flairant la bonne affaire, le bon coup sur ce continent
sinistré. On ne saurait refaire à loisir le discours de l'afro-
pessismisme, certes des avancées sont notables dans cel1ains
domaines (la création d'une Banque Africaine de Développement, la
fm de l'Apartheid en Afi~iquedu Sud), mais globalement tout ceci est
minime. Le paysage général de « un pas en avant, dix pas en arrière»
laisse toutefois dans ces zones décimées quelques îlots d'extrême
richesse tenus par les agents actifs des pratiques corruptives à grande
échelle, figw.ant toujours au sommet des Etats. Face à ces échecs
répétés, il est urgent de repenser les politiques de développement, en
insistant d'avantage sur we autonomie de la pensée qui met en avant
deux préalables: l'établisselnent de l'Etat de droit et la constitution
d'une société civile.
Le développement est l'avancée vers un mieux être. Penser
autrement le développement, c'est examiner les entraves à l'évolution
de nos sociétés qui doivent, tout en forçant l'autonomie de pensée,
s'ouvrir au lythme du monde sans suivisme. Le développement dans
le contexte africain actuel, de Dar-es-Salam à Nairobi, passe par une
prise en compte de l'humain et le respect du citoyen dans des Etats
créés de toutes pièces et figés (même si des fissures apparaissent) par
le principe, édicté par I~OUA, du respect de l'intangibilité des
frontières issues de la colonisation. C'est l'Etat de droit qui est la
Inatrice de toute avancée sociale, économique ou politique. Il faut
faire cesser les itnpunités et donner la priorité à l'éducation et à la
nO} H&A - Afriques 200110 A. C. LOA-fO A1YAZHIOl\1
santé «pour tOUS». Nos pays ont le potentiel et les moyens de
parvenir rapidement à quelque-uns de ces objectifs. Mais pour ce
faire, il convient d'orienter les ressources disponibles vers les
priorités essentielles, ce qui n'a pas été l'ambition des dirigeants
Arncains. Ces derniers profitent de l'inculture et de la tnisère des
populations pour renforcer leur domination et leur exploitation sans
vergogne. Le peuple aff31né est otage. Sur ce terreau malsain, les
dirigeants agitent le sceptre de la sécession pour enfetTer les
populations. Le peuple est prisonnier des atllbitions détnagogiques de
quelques individus qui vivent, ici ou ailleurs, une existence de nantis,
le tiers-tnonde n'est que le lieu où ils accumulent leurs richesses ou
leur gloire avant de s'en retourner vivre en Occident. L'oppression
est grande. La peur et la mortification des consciences se font par le
truchement des contrôles policiers, des pratiques répressives de
divers ordres: humiliations, bas salaires, difficultés à effectuer des
fOlmalités administratives, etc. Certains ne peuvent parler, car ils ont
des bouches à nourrir et, par ces temps de crise, il vaut tl1ieux être un
couard vivant, qu'un téméraire mort. L'adaptation est de rigueur:
tout est resolver, comme on dit à Cub~ trouver des stratégies de
survie panni lesquelles la corruption généralisée.
La cOlTUption,parce qu'elle touche toutes les couches sociales
(les uns ou les autres ont, à un motnent ou à un autre, perçu
directement ou indirectement de l'argent sale), renforce les dirigeants
kleptocrates et prédateurs dans leurs positions. La révolte s'éloigne
toujours. La santé et l'instruction sont abandonnées, les fonds
disponibles sont investis dans des œuvres d'apparat... le clinquant et
le superflu ou dans les forces armées. ..
En matière de coopération internationale, il impolie de sortir
des logiques caritatives de développelnent, qui Inènent l'Occident à
établir des opérations en Afrique qui, en défmitive, ne servent qu'à
renforcer la dotnination. Cette vision caritative repose sur un
fondement moral de l'aide au développement. Fondement qui peut
être résumé par ce triptyque: 1. les riches doivent assistance aux
pauvres; 2. les riches doivent réparation aux pauvres; 3. les riches
doivent prévenir la violence des pauvres (cf. Jean-Marie Dotnenach,
nOJ H& A -Afriques 2001Ol]VERTURE: TERRESDEHAllvES... 11
Aide au développelnent, obligation rnorale ?, Centre de l'infonnation
éconolnique et sociale des Nations Unies, New York, ONU, 1971).
Au fmal, c'est aider pour s'aider soi-lnêlne... COlnmel'envisagent les
lTIultinationales partenaires tardifs de la lutte contre le Sida dans le
tiers-Inonde. Pour sauver leur force de travail 111ourante,elles sont
contraintes d'investir dans un fond thérapeutique. Dans cette logique,
les dOlninés continuent, alors, allègrelnent de pratiquer la politique
de la main tendue, oubliant que « le singe qui imite l'autre singe est
toujours en retard d'un geste ». Ce qui s'itnpose dans nos sociétés,
c'est une libération des esprits, une prise de conscience réelle de nos
potentialités et capacités. Cent cinquante années de domination
étrangère ont annihilé toute capacité de création, plongeant les
Afiicains dans un lnitnétisme pâle, un déroutant Inélange de passivité
et de parasitisme. La culture de l'effort est très peu partagée, les
travailleurs sont Inarginalisés, la facilité et la critninalité prennent le
dessus... Nombre d'intellectuels afiicains et d'acteurs économiques
sont contraints à l'exil, avec sa fonne la plus atroce: l'exil intérieur.
L'impuissance rime avec le désespoir transformant des centaines de
milliers de personnes en loques humaines. Entre le Tchad et l'Afrique
du Sud~vit 3% de la population mondiale et c'est dans cette zone que
se concentre 65% des séropositifs et un nombre déroutant de guerres
fratricides... Alors quel espoir? Quel espoir lorsque les
« intellectuels» africains sont les meilleurs alliés des pouvoirs
autoritaires? La lâcheté des intellectuels ne peut être un
encouragement à la contestation. Au contraire... Dans plusieurs
pays, l'université est le vivier des idéologues des régimes liberticides
et mortifères.
Dans ce numéro, nous nous interrogeons sur les fins du
développement et les manières de le faire ~nous entrons également
dans les univers maffieux et mystiques qui criminalisent les Etats,
asphyxient les peuples, freinent les avancées.
A. C. Lomo Myazhiom
nO} H& A - Afriques 2001(3.EOGRl\PHÎE ECONOMiQUE
MAis si LE: fJlo,J6t £T~ Ii
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APPLATi£ ALLOtJC,££
(G-Al£TTr) (co~R.'£TT()FAUT-IL EJ.lCORE SOUHAiTER LE DEVELOPPEAfENT ? 13
Faut-il encore souhaiter le
développement?
Gomdaogo Pierre Nakoulima
Départen1ent de philosophie, Université de Ouagadougou (Burkina Faso)
3èmen ce début du millénaire où la famine et la
misère sont encore le lot de près de trois quart de laE
population mondiale une telle intelTogation n'est-elle
pas saugrenue? Poser une telle question c'est y répondre par la
négative ou bien se taire. Mais si la réponse est négative c'est parce
que après la décolonisation politique qui avait réalisé le droit des
peuples, on avait espéré que la prospérité pour tous, ce que l'on
appelle le développement allait suivre. Mais près de quarante ans
après les indépendances et à peu près autant d'années de politique de
développelnent le constat est là, clair et net: c'est l'existence de ce
que Serge Latouche appelle «les trois quarts mondes », cette
intelllationale de mendiants, de réfugiés, de proscrits, ces milliards
de mal-nourris, mal-logés, bref ces éclopés du développement et de
la modelllité » (Latouche, 1991). En Amque près de quarante année
de développement ont engendré des résultats différents des objectifs
assignés. Le développement ne paraît donc pas souhaitable. L'échec
de toutes les politiques de développement, des expériences
volontaristes menées dans ce qu'on appelait le tiers-monde, la
situation de déréliction dans laquelle nous nous trouvons ne militent-
ils pas pour un rejet du développement, du moins le développement
tel qu'il a été cOlnpris et conçu jusqu'à maintenant?
L'Afrique noire est mal partie. C'est en ces tennes que René
Dumont analysait la situation africaine en 1962. Plus de trente cinq
ans après, le pessimisme de l'ouvrage est toujours d'actualité. C'est en
1966 qu'Albert Meister publiait l'Afrique peut-elle partir? où
transparaissait aussi un pessimisme quant à l'avenir de l'Afrique. Il y
affirmait en effet que «le démarrage sérieux d'une politique de
nO} H& A -Afriques 200114 GOAIDAOGO PIERRE lV-.4KOUU\fA
développement n'est pas encore possible. (...) Une sorte de
recolonisation de l'Afrique est, peut être, en train de prendre place,
dans laquelle les Etats Unis prendraient la relève des anciennes
puissances coloniales ». Le pessimisme affnmé de René Dumont et
le scepticislne fausselnent intelTogatif de A. Meister contenus dans
les titres de leurs ouvrages se déploient sur le fond d'un Inême
cOlnmun dénolninateur à savoir la certitude quant à la direction,
l'objectif qui devrait être atteint par une conoection du mauvais partir
ou par la création des conditions du partir et qui est le
développement; le développement qui dans la représentation
COlmnuneest synonytne de niveau de vie élevé, d'accès au bien-être.
Serge Latouche précise que « il signifie en clair, pour les masses
affamées du tiers-monde, une consommation comparable à celle de
l'américain moyen et pour les gouvernements des pays humiliés,
l'entrée dans le club des grandes puissances (avoir la bOlnbe
atomique) » (Latouche, 1986).
Une telle acceptation du développement pose qu'il n'y a de
développement qu'occidental, que l'Occident est le prototype même
du développement. Comment pouvait-il en être autrement puisque
l'Occident sûr de la supériorité de son développement s'était lancé
avec la colonisation dans une mission civilisatrice. Par conséquent
tout ce qui n'est pas l'Occident est soit sous ou mal développé.
Depuis la douloureuse rencontre avec l'Europe, l'Afrique,
précisons, la Négrafrique est sous-développée parce que l'Europe est
considérée comme développée. Une abondante littérature a été
produite pour décrire, cerner le sous-développement en vue de sa
résorption. Quelques variés que puissent être les discours tenus sur le
sous-développement (on a parlé d'endo, d'éco, d'ethno-
développement, de développement autocentré, authentique,
autonome.. .) leur typologie fondamentale se réduit à un modèle
unique: le développement véritable se ramène au modèle de
consommation occidental, au statut lié à ce mode de vie, à la
puissance magique des blancs.
Il est connu que l'économique est au cœur de la civilisation
occidentale. Ce sont surtout des préoccupations économiques qui
n01 H& A - Afriques 2001FAUT-IL ENCORE SOUHAITER LE DEVELOPPEA1ElvTT ? 15
expliquent le phénomène colonial qui a bouleversé les organisations
traditionnelles de la production et de la consommation et qui ont fait
que l'Afrique est devenue partie prenante du marché mondial. Ce
noyau dur de la civilisation occidentale conduira à une appréhension
éconolnique du sous-développement: un pays sous-développé est un
pays dont les habitants ont un faible niveau de vie en raison
notmnment de l'insuffisance de la production et du faible
développement de l'industrie. Ces facteurs sont aggravés par une
croissance démographique plus rapide que la progression du revenu
nOl1nal. Les causes clairement identifiées, après une telle
caractérisation du sous-développelnent, oscillent entre ce que Axelle
Kabou appelle une bouc-émissarisation (la domination des pays
occidentaux) et une auto-accusation (la responsabilité des pays sous-
développés). Les exemples sont légion.
R. Dumont: «La situation générale n'est pas brillante, Inais
c'est nous qui avons poussé les Afi.icains dans l'impasse où ils se
trouvent». E. Pisani ne s'éloigne pas de R. Dumont par ce
constat: « Dépenses somptuaires, mauvaise administration,
cOlTUption:l'Afrique a beaucoup gaspillé. Mais quel usage vraiment
différent pouvait-elle faire du modèle et des instruments venus
d'ailleurs? L'imaginaire social, les besoins, les outils, les techniques
n'étaient pas ceux des africains. Les mythes, les stlllctures, les
attitudes, les pratiques étaient inadaptés au continent auquel ils
étaient apPoI1és, en fait imposés de l'extérieur. La greffe a mal pris;
l'organisme en a été atteint» (Pisani, 1988).
Plus près de nous et récemment Axelle Kabou, faisant table
rase de l'avertissement d'Edern Kodjo selon lequel les Africains
doivent éviter de tomber dans WIpiège de plus en plus manifeste que
certains d'entre eux se tendent à eux-mêmes, celui du refus du
développement, soutient avec véhémence que rien dans l'état actuel
des recherches en matière de développement ne pennet d'affinner
avec certitude que l'Aftique est mue par un indéniable désir de
progrès. Elle ne s'embatTasse d'aucune précaution, d'aucune nuance
pour soutenir: «on ne peut s'empêcher d'être frappé par
l'acharnelnent avec lequel les Africains refusent la méthode,
l'organisation. Ils gaspillent leurs maigres ressources, sabotent tout
nO} H& A -Afriques 2001