Djebel Tafat

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L'auteur avait six ans et demi quand éclata le premier coup de feu annonçant le début de la guerre d'Algérie. A travers l'histoire d'un village, Bougaa, c'est le récit de la colonisation qu'il fait. Il présente les faits, les évènements et les drames tels qu'il les a vécus, observés et sentis dans son âme d'adolescent. Ce sont là ses mémoires de jeunesse. La force de ce roman vient du désir profond et irrésistible de transmettre la mémoire dans un langage simple, avec des mots directs et sans nuances.
Publié le : jeudi 5 novembre 2015
Lecture(s) : 7
EAN13 : 9782336396576
Nombre de pages : 410
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Saâd TAKLIT
DJEBEL TAFAT Roman
Djebel Tafat
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06747-6 EAN : 9782343067476
Saâd Taklit
Djebel Tafat
roman
L’Harmattan
Avant-propos
Basé sur des faits réels, ce livre relate l’histoire de la colonisation française en Algérie, de 1830 à 1962, à travers les souvenirs d’un village et d’une famille en particulier, la mienne. C’est une histoire vraie, je la tiens de mon arrière-grand-père qui disparut en 1981 à l’âge de cent ans. Lorsque j’étais jeune, le soir venu, à la lumière d’un quinquet, il me livrait ses témoignages sur la vie rurale du village de Bougaâ (ex Lafayette), de 1830 jusqu’au déclenchement de la révolution algérienne en 1954. Lui-même tenait une partie de cette histoire de son père, né vers 1830. C’était l’époque où tout se transmettait par tradition orale. S’agissant des faits qui se sont déroulés à partir des années cinquante jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962, c’est l’auteur lui-même qui les rapporte. Ce sont les témoignages de l’enfant et de l’adolescent que j’étais, les histoires que j’avais vécues et celles que j’ai partagées. Ils sont complétés par ceux d’autres personnes qui ont été, elles aussi, des acteurs directs ou indirects des événements. Qu’elles en soient remerciées. Les noms et prénoms de certains personnages, certains aujourd’hui disparus, d’autres encore en vie, ont été volontairement changés pour ne pas raviver les douleurs du passé. Certains témoins ont préféré garder l’anonymat. Je respecte leur volonté. L’Auteur
À mes grands-parents, mes parents et ma femme qui m’ont tout donné À mes chers enfants et petits enfants Qu’ils trouvent ici ma reconnaissance et toute mon affection.
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Prologue
e Saïd presse le pas le long du boulevard de Magenta dans le 10 arrondissement de Paris. Il ne veutpas rater son entretien avec Solenn, une conseillère en insertionprofessionnellequi travaillepour une association caritative.Solenn est toujours prête à apporter de l'aide aux familles migrantes dans leurs démarches administratives et à les assister,particulièrement dans leurs recherches d'emploi. Ilya en elle un optimisme naturel, une capacité d'écoute mêlée à un profond désir de comprendre, mais aussi d'apprendre. À une époqueplus ancienne, nous discutionsgénéralement de l’actualité, desgrands problèmes du moment ; elle avait toujours voulu connaître mespropres opinions sur les divers sujetsque nous abordions. Elle me demandait souvent des nouvelles de ma femme et de mes enfants. Elle restera toujours une des femmes lesplusgracieuses et charmantesquej'ai eu leprivilège de rencontrer.Il est onze heuresprécisesquand la lourdeporte en chêne de la salle d'attente s'ouvre et laisse apparaître la silhouette de Solenn toujours aussi élégante dans son tailleur bleu ciel. Avec son charmant sourire, elle invite Saïd à la suivre dans son bureau situé aupremier étage du siège de l'association. Ils en sont à leur sixième rencontre.Au fil du temps, une sympathie s'est nouée entre elle et Saïd et une profonde amitié les liera, tous les deux.— Tu sais Solenn, dit Saïd, aujourd'hui nous sommes le 5juillet 2004. C'est le quarante-deuxième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. Cette journée splendide me rappelle celle du 5juillet 1962. Cela ne te dit rien ?— Non,je ne connaispasgrand-chose à l'histoire de cepays. Moi,je suis née dix ans après 1962. J'ai entendu parler vaguement de la guerre d'Algérie. Monpèrequi a fait son service militaire à la fin des années cinquante était aumônier et a servi aussi comme infirmier. Il évitait de nous enparler. Une seule fois, il a abordé le sujet en me disant qu'il avait vu beaucoup d’horreurs etqu'il avait soigné les blessés des deux camps. Il disait simplement,quand il évoquait l'Algérie, que c'est un beau et vaste pays.
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