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Eau minérale et médecine thermale

De
278 pages
Avec plus de 500 000 curistes qui fréquentent chaque année les stations françaises, la médecine thermale peut être considérée, en ce début du XXIe siècle, comme une « vieille thérapeutique encore pleine d'avenir ». En fonction des époques, des influences religieuses ou politiques, des progrès de la science et de la médecine, le thermalisme sera considéré tour à tour comme une source de purification, de régénération et de véritable mode de vie. La médecine thermale reste une médecine naturelle dont on connait mieux le mécanisme, les effets favorables, tant sur le plan curatif que préventif.
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Michel Jaltel
EAU MINÉRALEET MÉDECINE THERMALE Deux millénaires d’histoire
Préface du professeur Patrice Queneau
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10033-3 EAN : 9782343100333
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EAU MINÉRALE ET MÉDECINE THERMALE
Michel JALTELEAU MINÉRALE ET MÉDECINE THERMALEDeux millénaires d’histoire
DU MÊME AUTEUR: La Roche-Posay, station européenne de la peau. Royat, station thermale de l’artérite. Amélie-les-bains, Editions Pharmathèmes. Bourbonne-les-bains : plus de 2000 ans de médecine thermale. Thermalisme et alimentation, Editions J. Lyon. Thermalisme et bien-être, Editions Chiron. re Couverture 1 page : source du Par La source thermale du Par à Chaudes-Aigues, l’une des eaux les plus chaudes d’Europe, avec une température de 82 ° C au griffon et un débit de plus de 300 l/minute. (Photo F. Billon).
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PRÉFACE
Professeur Patrice Queneau
Ce livre est passionnant. Il nous est offert par un de ces gentlemen à la culture polyvalente qui se font rares aujourd’hui. Quel régal ! Bien écrit, il éclate de réalité et… fourmille de surprises ! Le Docteur Michel Jaltel, docteur en médecine, docteur en pharmacie, médecin biologiste, médecin thermal, membre honoraire de l’Académie de pharmacie, nous propose un condensé de ses connaissances encyclopédiques sur l’histoire du thermalisme : la grande histoire, résultante des multiples petites histoires et anecdotes sur cette thérapeutique multimillénaire, avec ses enjeux médicaux, mais aussi économiques, politiques, sociétaux, et même philo-sophiques : la spiritualité de l’eau n’est pas un vain mot ! En ces siècles pendant lesquels les épidémies ont décimé les populations davantage que les guerres les plus atroces, on voit combien le thermalisme a été recherché comme un lieu d’apaisement, une recherche de sérénité et le pansement des blessures, favorisé en cela par l’impuissance de la médecine à soigner les grands fléaux : la tuberculose, les épidémies gravissimes de peste, de lèpre, de syphilis et tant d’autres ! Cet ouvrage souligne à souhait la créativité des médecins thermaux à rechercher les bénéfices de l’eau, des boues, des gaz thermaux… en un mot du thermalisme sous toutes ses formes les plus appropriées. Michel Jaltel se présente comme un prosélyte de l’eau, objet de toutes formes de pratiques telles que la cure de l’abbé Kneipp, le « vicaire du choléra », qui plaide pour les exercices corporels, la marche à contre-courant dans les ruisseaux, les bains aromatiques à base de paille d’avoine, de bourgeons de pin ainsi que les applications de serviettes et de draps mouillés. Il veut« accommoder à chaque cas l’application de l’eau au besoin du patient »auquel il propose volontiers de s’immerger deux fois par semaine dans l’eau glacée du Danube !
Mais l’auteur souligne aussi le rôle des investisseurs, avec l’idée prémonitoire de faire valser les grands de ce monde et leurs fortunes à l’image des bals de la cour impériale au temps de Napoléon III et du duc de Morny. Le livre décrit aussi comment fut créé leCrédit immobilier, puissante banque française, qui participe à la création desCompagnies de gaz et de chemins de fer. L’arrivée du chemin de fer dans les régions thermales françaises ! Parlons-en ! Quel chambardement ! Là où les curistes étaient jadis acheminés sur« des chemins si étroits, si scabreux pour arriver au Mont-Dore qu’ils ne pouvaient s’y rendre qu’en litière»… l’arrivée du chemin de fer transforme tout, avec la création de nouvelles gares, la mise en place de nouvelles compagnies ferroviaires (laCompagnie de l’Est…)et les fameux trains des eaux : le rapide et luxueux« Dauphiné Savoie Express», le «Vichy Express», le «Luchon Express», le «Pyrénées Express», le «Paris Pyrénées Express». La Compagnie PLM inaugure aussi un «Londres Vichy Pullman», ainsi qu’un «Pullman Edelweiss» venant d’Amsterdam et de Bruxelles afin de relier Vittel et Contrexéville avec le Nord-Ouest de l’Europe ! Puis il y a la publicité thermale ! C’est l’époque des premiers slogans publicitaires dont le lyrisme n’a d’égal que la référence aux personnalités venues se tremper dans les piscines thermales et boire l’eau magique des stations. Cette publicité est même servie par la littérature qui offre de fidèles descriptions de la journée d’un curiste. Tel Maupassant qui nous révèle la fameuse sondeBaraducpour lavage d’estomac à l’eau thermale :instrument de« grand torture du grand inspecteur qui la plongeait dans tous les œsophages des curistes avec une joie enfantine […] Pareil à quelque supplicié des temps anciens, il [le malade] était serré, étranglé dans une sorte de camisole de force. […] Les yeux hagards, les joues violettes, l’écume aux lèvres, le curiste haletait, suffoquait poussait des hoquets d’angoisse et cramponné aux bras du fauteuil faisait des efforts terribles pour rejeter cette bête de caoutchouc qui lui pénétrait dans le corps. Le garçon ouvrit alors le robinet et bientôt le ventre du malade se gonfla visiblement. […] Au lieu de tousser il râlait, le pauvre, et secoué de convulsions… »Le Docteur Michel Jaltel nous conte mille et une merveil-les concernant des curistes célèbres : de César à Victor Hugo, en passant par Marguerite de Navarre et Catherine de Médicis, Bismarck, Napoléon III et l’impératrice Eugénie, l’étonnanteReine Victoria et sa passion pour Aix-les-Bains(et… ses « frivolités », dit-on), Honoré de Balzac («La peau de chagrin» et la description des contreforts du Massif du Sancy), Alexandre Dumas («Voyage à
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Cauteret»), Alphonse de Lamartine et son coup de foudre pour sa belle créole phtisique qu’il avait sauvé de la noyade, Alphonse Daudet et son tabès terriblement douloureux (soigné à Allevard, Néris et Lamalou, ce qu’il conte notamment dansLa Doulou, son journal de souffrance), Sacha Guitry, Claude Debussy, Sarah Bernhardt et les années folles dans toutes leurs splendeurs créatives et un peu lestes…. Et Michel Jaltel de nous révéler combien cet engouement prélude à l’avènement du tourisme en montagne et au développement de stations thermales dépositaires d’un vécu historique et d’une mémoire qui devrait nous inciter à un peu de sagesse : tout cela n’aurait-il été que feu de paille essentiellement allumé par les joies de la montagne, les valses endiablées suivies d’émoustillants « collés-serrés » ? D’ailleurs pas inutiles pour assouplir les vertèbres et faire perdre du poids, n’est-ce pas ? Les progrès considérables de la médecine moderne, notamment en thérapeutiques médicamenteuse et chirurgicale, ont bouleversé les pratiques médicales. Du coup, reste-t-il aujourd’hui une place pour le thermalisme dans l’arsenal des moyens pour soigner, soulager et guérir ? Même si le présent et l’avenir se nourrissent du passé, le ther-malisme moderne ne peut se dispenser d’une démarche d’évaluation clinique rigoureuse destinée à préciser, en 2016, son réel Service médical rendu (SMR) aux malades porteurs d’affections chroniques (douleurs, affections ORL, dermatologiques, vasculaires et d’autres). Cette démarche est en bonne voie. C’est la perspective optimiste et exigeante de la conclusion de Michel Jaltel, à laquelle nous adhérons, dans le souci commun de déterminer la place exacte du thermalisme dans la science et l’art d’optimiser les soins, de façon personnalisée, c’est-à-dire pour chaque malade, à chaque moment de sa maladie. Cher lecteur, lisez, dégustez avec gouleyance ce livre riche de vérités historiques, contées avec fidélité, humour et le charme subtil de la passion de l’auteur pour la magie de l’eau. Pr Patrice Queneau Membre de l’Académie nationale de médecine Membre correspondant de l’Académie nationale de pharmacie Doyen honoraire de la Faculté de médecine de Saint-Etienne Professeur émérite de thérapeutique
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