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Écrits de guerre et d'amour

De
274 pages
Par train et en bateau, de Paris en France à Iasi en Roumanie, en passant par Boulogne-sur-Mer, Folkestone, Londres, Bergen, Oslo, Tornio, Haparanda, Saint-Pétersbourg, Kiev et Bucarest, Geneviève Hennet de Goutel, 31 ans en 1916, nous entraîne dans un voyage sans retour. Sur les champs de bataille des blouses blanches françaises et roumaines, elle dépeint de sa belle écriture les portraits des femmes et des hommes dont elle croise le chemin et qui ressuscitent sous sa plume, en laissant parfois entrevoir quelques dessous des cartes.
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Geneviève Hennet de Goutel
ÉCRITSde guerre et d’amour
Édition établie et présentée par Roxana Eminescu
Écrits de guerre et d’amour
Geneviève Hennet de Goutel
Écrits de guerre et d’amour Édition établie et présentée par
Roxana Eminescu
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11523-8 EAN : 9782343115238
C’était le 4 octobre 1916.Elle quittait Paris, sa ville na-tale, pour rejoindre la Roumanie, récemment engagée dans la guerre aux côtés des Alliés. Elle faisait partie d’une des équipes de la composante sanitaire de la Mission militaire française du général Berthelot.Le 4 mars 1917, le typhus exanthématique mettait fin à la courte vie de Geneviève Hennet de Goutel, Gen pour les proches, aquarelliste de talent, femme de lettres et de théâtre, musicienne. Un mois plus tard, elle aurait fêté ses 32 ans. Ont préservé sa mémoire deux autres jeunes femmes, de sept ans ses cadettes, sa sœur Marguerite et sa bio-graphe Marthe Wolfrom. La première a soigneusement conservé aquarelles, dessins, photographies, publications, manuscrits et jusqu’à ses cahiers d’écolière et a récupéré ou recopié de nombreuses lettres envoyées aux amis et à la famille. La seconde est l’auteure d’une biographie édi-fiante d’emprise chrétienne mais qui, par la qualité du style, entre autres, avait suscité mon désir de savoir ce qui se cachait derrière l’image d’Épinal. Sont réunis ici les écrits de guerre, journaux intimes et correspondance, de l’infirmière-major Hennet de Goutel. Avec quelques omissions, les journaux ont été publiés dans leBulletin trimestriel de la Croix-Rougede décembre 1917 et décembre 1918. J’ai complété les passages man-quants d’après les transcriptions de sa sœur. Outre les sup-pressions compréhensibles, sinon légitimes, des références nominales à des personnes et personnalités encore en vie à l’époque, quelques petites censures pour des raisons poli-tico-économiques et puritaines avaient été opérées. Le passage sur l’officier roumain que les infirmières de la Croix-Rouge font dormir dans leur wagon de train en est
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un exemple. Les commentaires de la diariste sur quelques personnages officiels ou sur la prodigalité française par temps de guerre et de pénurie en motivent d’autres. La destinataire duJournalest la famille, une carte postale du début du voyage le précise. J’ai choisi d’intercaler, par ordre chronologique des événements relatés, des lettres parmi les entrées, soit parce qu’elles apportent un supplément d’informations, soit parce que la façon différente de dire le même rend mieux compte de la personnalité complexe de la scripteure et aident à appréhender sa stratégie littéraire. Quelques pages griffonnées par elle sur un petit carnet avant la rédaction finale complètent l’histoire tout en dévoilant d’autres se-crets de son laboratoire d’écriture. Les deux dernières en-trées duJournaldatent de la période la plus contraignante physiquement et moralement, celle qui précède de quelques jours la maladie qui entraînera la mort. J’ai re-constitué la suite à l’aide de deux témoignages, dont celui d’un prélat qui partageait le quotidien de l’infirmière pro-digieuse. Et puisque c’est en tant qu’infirmière qu’elle est restée dans l’histoire, du moins dans celle roumaine, j’y ai ajouté ses écrits sur l’apprentissage du métier et sur ses expé-riences acquises en France avant son départ vers l’éternité. La lectrice et le lecteur trouveront ensuite la transcrip-tion des quelques souvenirs couchés sur les feuilles lignées d’un cahier noir par sa petite sœur Marguerite, devenue Mme de Senilhes, souvenirs de leur enfance commune égrenés quinze ans après la disparition de Geneviève. Pour ceux qui, comme moi, tomberont sous le charme de cette jeune femme épatante du début du siècle passé et qui voudront mieux la comprendre, j’esquisse ensuite sa biographie et je rappelle les circonstances et les enjeux de la présence française en Roumanie à la fin de la Grande Guerre.
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JOURNAL DE GUERRE4 octobre 1916 - 6 janvier 1917
NOTE SUR LÉDITIONLes italiques distinguent, dans les écrits de Geneviève Hennet de Goutel, la correspondance desJournaux, ces derniers en caractères romains. Mes interventions sont minimes et concernent l’actualisation de la ponctuation, de l’orthographe des noms propres, surtout géogra-phiques, et la restauration de quelques sigles et abréviations.
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