Education, Société et Politiques. Une histoire de l'enseignement en France (de 1945 à nos jours)

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Antoine Prost, professeur d’histoire contemporaine à l’université de paris I et à l’institut d’études politiques de Paris, est connu pour ses travaux réputés sur l’histoire de la famille et de l’enseignement. Chargé de mission dans le cabinet de Michel Rocard, il a pu suivre de près les dossiers brûlants de la question scolaire, sur laquelle il pose un regard aiguisé. Il regroupe ici une série d’études majeures sur l’histoire de notre éducation depuis la Seconde Guerre mondiale : le nouveau statut de l’enfant, les mutations de notre système scolaire à travers les réformes successives, la crise de 1968, la crise de 1984…, autant de matériaux indispensables à la compréhension d’un « cas français » toujours problématique.
Publié le : jeudi 29 janvier 2015
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EAN13 : 9782021236507
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Du même auteur
La CGT à l’époque du Front populaire, 1934-1939 Essai de description numérique Presses de la FNSP, 1964 Histoire de l’enseignement en France, 1800-1967 e Armand Colin, « U », 1968 ; 6 éd., 1986 Vocabulaire des proclamations électorales de 1881, 1885 et 1889 PUF, 1974 Les Anciens Combattants Gallimard, « Archives », 1977 Les Anciens Combattants et la Société française, 1914-1939 1. Histoire, 2. Sociologie, 3. Mentalités et idéologies Presses de la FNSP, 1977 Éloge des pédagogues Seuil, 1985 et « Points Actuels », 1990 Histoire générale de l’enseignement et de l’éducation en France T. IV, L’école et la famille dans une société en mutation, 1930-1980 Nouvelle Librairie de France, 1981 L’enseignement s’est-il démocratisé ? Les élèves des lycées et collèges de l’agglomération d’Orléans de 1945 à 1980 PUF, 1986 ; nouvelle édition 1992 e Petite Histoire de la France au XX siècle Armand Colin, « U », 1986, 1992 ; nouvelle édition 1996
SOUS LA DIRECTION D’ANTOINE PROST AVEC JEAN-PIERRE AZÉMA ET JEAN-PIERRE RIOUX
Le Parti communiste français
des années sombres, 1938-1941 Actes du colloque organisé par la FNSP et l’IHTP en octobre 1983 Seuil, « L’univers historique », 1986 Les Communistes français de Munich à Châteaubriant, 1938-1941 Presses de la FNSP, 1987
AVEC GÉRARD VINCENT
Histoire de la vie privée T. V, De la Première Guerre mondiale à nos jours Série dirigée par Philippe Ariès et Georges Duby Seuil, 1987
EN COLLABORATION
Histoire du peuple français T. V, Cent ans d’esprit républicain Nouvelle Librairie de France, 1960 Les Conseillers généraux en 1870 Publications de la faculté des lettres de Paris, 1967 Langage et Idéologie Le discours comme objet de l’histoire Éditions ouvrières, 1974
e Collection « XX siècle »
MICHEL WINOCK ie Édouard Drumont et C 1982 JEAN CHIAMA ET JEAN-FRANÇOIS SOULET Histoire de la dissidence Oppositions et révoltes en URSS et dans les démocraties populaires de la mort de Staline à nos jours 1982 ZEEV STERNHELL Ni droite ni gauche L’idéologie fasciste en France 1983 YVES TERNON La Cause arménienne 1983 PASCAL ORY L’Entre-Deux-Mai Histoire culturelle de la France (mai 1968-mai 1981) 1983 CHRISTIANE RIMBAUD L’Affaire duMassilia 1984 MICHEL WINOCK Chronique des années soixante 1987 HENRY ROUSSO Le Syndrome de Vichy (1944-198…) 1987
JEAN-LOUIS LOUBET DEL BAYLE Les Non-Conformistes des années 30 1987 JEAN-NOËL JEANNENEY Concordances des temps Chroniques sur l’actualité du passé 1987 GERMAINE TILLION Ravensbrück 1988 CHARLES TILLON Un « procès de Moscou » à Paris 1989 PHILIPPE BURRIN Hitler et les Juifs Genèse d’un génocide 1989 JEAN-PIERRE AZÉMA 1940, l’année terrible 1990 JEAN-NOËL JEANNENEY Georges Mandel L’homme qu’on attendait 1991 ANDRÉ KASPI Les Juifs pendant l’Occupation 1991 FRANÇOIS FEJTÖ avec la collaboration d’Ewa Kulesza-Mietkowski La Fin des démocraties populaires Les chemins du post-communisme 1992 PAUL FUSSEL A la guerre Psychologie et comportements pendant la Seconde Guerre mondiale
1992 PAUL-ANDRÉ LESORT Quelques jours de mai-juin 40 Mémoire, témoignage, histoire 1992 sous la direction de MICHEL WINOCK Histoire de l’extrême droite en France 1993 LAURENCE BERTRAND DORLÉAC L’Art de la défaite 1940-1944 1993 PIERRE BIRNBAUM « La France aux Français » Histoire des haines nationalistes 1993 JEAN DOISE Un secret bien gardé Histoire militaire de l’affaire Dreyfus 1994 OLIVIER WIEVIORKA Nous entrerons dans la carrière De la Résistance au pouvoir 1994 ROBERT BELOT Lucien Rebatet Un itinéraire fasciste 1994 NORBERT FREI L’État hitlérien et la Société allemande 1933-1945 1994 YVES TERNON L’État criminel e Les génocides au XX siècle
1995 FRANÇINE MUEL-DREYFUS Vichy ou l’éternel féminin 1996 PHILIPPE ARIÈS Le Présent quotidien Introduction et notes de Jeannine Verdès-Leroux 1997 ÉTIENNE FOUILLOUX Les Chrétiens français entre crise et libération 1937-1947 1997
Dans la présente édition le chapitre 3 et la chronologie sont nouveaux
ISBN 978-2-02-123650-7
re (ISBN 2-02-014157-4, 1 publication ISBN 2-02-031478-9, édition poche)
© ÉDITIONS DU SEUIL, 1992 ET 1997
Cet ouvrage a été numérisé en partenariat avec le Centre National du Livre.
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Introduction
Voici une série d’études sur l’histoire de l’enseignement français dans la seconde e moitié du XX siècle. Il ne s’agit pas d’une véritable histoire, qui traiterait toute la période, avec l’ambition d’embrasser l’ensemble du sujet et d’en dégager les grandes articulations sans laisser échapper de détail significatif. Un tel livre mérite certes d’être écrit, mais ce n’est pas celui-ci. Mieux vaut ne pas laisser l’équivoque s’installer que de la dissiper. Quel est alors le propos de ce livre ? Pourquoi le publier ? Une première réponse tient à la façon dont la plupart de ces textes ont été publiés. Il m’a paru dommage que des résultats de recherches ou des synthèses qui éclairent des pans entiers de l’évolution de notre enseignement restent inédits en français, ou difficiles d’accès, en tout cas pour le public non historien, parce qu’ils ont été présentés dans des colloques organisés à l’étranger, ou écrits pour des revues spécialisées. Le chercheur, à mes yeux, doit sortir du cercle étroit de ses collègues, surtout quand ses travaux portent sur des sujets qui présentent une certaine importance pour la société. Là réside ma seconde raison : les points sur lesquels portent les chapitres de ce livre me paraissent centraux pour l’histoire de notre éducation. Non parce que je les aurais choisis ; au contraire, la plupart m’ont été proposés. Je me suis efforcé de répondre à des questions posées par d’autres. Mais il n’est pas indifférent que les sujets sur lesquels portent ces textes aient semblé importants à des historiens, à des politologues, à des sociologues qui réfléchissaient à l’évolution de l’enseignement français, et que je les aie reconnus tels en acceptant de les traiter : leur pertinence a fait l’objet d’un accord qui, pour être chaque fois daté et remis dans son contexte, n’en est pas moins significatif. Les sujets abordés dans ce livre recouvrent donc assez logiquement les questions centrales que pose l’évolution de notre enseignement depuis un demi-siècle. Un article est consacré à la transformation des écoles primaires qui s’effectue au cours des années soixante. Deux autres traitent des réformes qui ont imposé le collège unique à cette époque et réorganisé l’enseignement français en un système cohérent, articulé en trois niveaux successifs : écoles, collèges, lycées. Le premier de ces articles, plus sociologique, considère cette réforme dans le temps long du demi-siècle et tente d’en évaluer les résultats. Le second, plus historique, est une analyse du cheminement des décisions politiques en ce domaine de 1962 à 1968. Ils me semblent se compléter.
Le lecteur trouvera ensuite un article sur les conséquences de mai 1968 pour les universités, puis un aperçu synthétique sur l’évolution du premier et du second degré de 1968 à 1984. A la réflexion, ce découpage me paraît s’imposer, car la période présente une réelle unité : elle peut s’analyser comme un reflux, au moins jusqu’à l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, et si les orientations changent avec le ministère Savary, les problématiques demeurent. Le ministère Chevènement marque au contraire un tournant majeur, et deux chapitres lui sont consacrés. Le premier est une réflexion sur la querelle scolaire et la querelle pédagogique qui emportèrent A. Savary : l’aspect le plus visible de ce tournant, me semble-t-il, mais non le plus important. Le second tente d’explorer les premières conséquences – mais il est remarquable qu’elles soient discernables cinq ans seulement plus tard – de la double décision de J.-P. Chevènement de porter à 80 % la proportion d’une classe d’âge « au niveau du baccalauréat » en l’an 2000 et de créer des baccalauréats professionnels. Ces sept articles traitent d’histoire de l’enseignement au sens strict. J’ai dû parfois les remanier assez profondément, pour éviter des répétitions. Je les ai fait précéder de deux textes consacrés respectivement à l’enfance et à la jeunesse en longue période, qui relèvent tous deux plutôt de l’histoire de l’éducation ou de la famille, ou encore de la société. C’est qu’il y a là, me semble-t-il, une dimension trop souvent négligée dans les analyses des problèmes scolaires. L’école ne constitue pas un isolat ; elle insisterait moins sur les clôtures nécessaires et le retranchement du monde, si elle ne se sentait de tous côtés pénétrée par la société. La réflexion sur l’école tourne court si l’on oublie que la société lui assigne des fonctions précises par rapport à des populations déterminées. Je ne prétends certes pas avoir épuisé ce vaste sujet ; du moins je tenais à signaler par les deux essais qui ouvrent ce livre l’importance des approches socio-ethnologiques qui replacent l’institution scolaire dans un ensemble beaucoup plus large. Cet ouvrage se termine avec une réflexion plus méthodologique sur le rôle respectif des démarches historiques et sociologiques dans l’analyse des politiques d’éducation. D’un thème à l’autre, en effet, une interrogation majeure parcourt ce livre : celle de l’inertie et des ruptures dans le système éducatif. L’inertie est du côté de l’institution, les ruptures, du côté des politiques et des événements. Inertie du social et de la démocratisation sans cesse repoussée. Inertie du reflux des années soixante-dix. Rupture incomplète de la politique gaullienne. Ruptures de 1968 et de 1984-1985. En schématisant, l’on pourrait dire que l’histoire rend compte des ruptures, au pluriel, et la sociologie de l’inertie au singulier. Mais cette formulation ne convient pas. Elle dissocie, en effet, l’une de l’autre. Or tout le problème, à mes yeux, est de parvenir à les articuler. C’est-à-dire de les solliciter dialectiquement pour organiser un discours véridique sur l’évolution du système scolaire : problème épistémologique que j’aborde dans le dernier chapitre de ce livre. Mais le lecteur aura compris que ce problème avait pour moi une dimension plus personnelle, sur laquelle je lui dois deux mots d’explication. A plusieurs reprises, j’ai été mêlé de plus ou moins loin à la définition des politiques d’éducation. Je l’ai dû à des rencontres personnelles, mais aussi à l’étude des dossiers. Sans ma compétence d’historien de l’éducation, aucun responsable des politiques éducatives ne m’aurait jamais demandé mon avis. Mais, inversement, je me suis toujours efforcé de fonder mes avis sur des analyses rigoureuses, comme ma formation et mon métier d’historien m’ont appris à les aimer. Je n’ai jamais dissocié ces deux rôles. Et dans l’un comme dans l’autre, on retrouve la même interrogation
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