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Denis Cohen-Tannoudji

Entre orient et occident

Juifs et Musulmans en Tunisie

Présentation

Pendant longtemps, les historiens ont considéré que le Maghreb avait “bénéficié” d’un choc culturel venu d’Occident, qui avait révolutionné ses modes de vie et de pensée et l’avait fait basculer dans la modernité. Le cas de la Tunisie aux XVIIIe et XIXe siècles permet de relativiser cette thèse en montrant comment une double influence des Lumières orientales et occidentales a permis le développement d’une vie publique et culturelle où les communautés juives et musulmanes, écartées également du pouvoir colonial, ont pu vivre dans un dialogue constant jusqu’à l’aube des affrontements idéologiques du XXe siècle. Des chercheurs français, tunisiens et israéliens ont ainsi participé à ce volume, fruit d’une rencontre qui eut lieu à la Sorbonne en avril 2003.

L'auteur

Denis Cohen-Tannoudji – Vice-Président de la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie

Table des matières

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  • %s(Claude Nataf)
  • %s(Denis Cohen-Tannoudji et Nadine Kuperty-Tsur)
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    • %s(Hélé Béji)
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    • %s(Paul B. Fenton)
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Préface

CET OUVRAGE RASSEMBLE les contributions au colloque international organisé par la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie, qui s’est tenu en Sorbonne du 8 au 10 avril 2003. Plus ciblé que les deux précédents organisés par la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie et en partenariat avec l’Université de Tunis I, en février 1998 à Tunis [1]  et en mars 1999 à Paris [2] , il avait pour titre : « Entre Orient et Occident, Juifs et Musulmans en Tunisie : histoires et historio­graphies revisitées (XVIIIe et XIXe siècles) ». Il a réuni, comme les précédents, des chercheurs français, israéliens et tunisiens.

Les intervenants se sont attachés à décrire la réception de la modernité, en particulier des idées des Lumières et de la Révolution française, par les populations juives et musulmanes de Tunisie. De quelle manière les événements et les réformes survenus en Europe ont-ils affecté ces populations ? Les réticences se sont-elles traduites pour certaines parties de ces communautés par des oppositions ? Y a-t-il eu une influence égale ou plus importante pour une communauté que pour l’autre ? Enfin, la « modernité » peut-elle se définir sous le seul prisme des idées des Lumières et de la Révolution française ? Est-elle due exclusivement à l’influence de l’Europe (et de la France en particulier), ou bien d’autres sources, comme le modèle ottoman par exemple, sont-elles à considérer ?

C’est à travers un travail scientifique revisitant l’historiographie sur la Tunisie, car nourri à de nouvelles sources (occidentales, en particulier celles des consulats européens à Tunis ; musulmanes tunisiennes et ottomanes ; juives tunisiennes, françaises et rabbiniques), que les intervenants ont tenté de répondre à toutes ces interrogations. Les réponses – et c’est la richesse de cet ouvrage – ont été parfois convergentes, parfois divergentes. Les volontés réformistes se sont affirmées en Tunisie, au sein de chaque communauté, bien avant l’instauration du Protectorat français en 1881, avec le modèle européen, mais aussi sous l’influence ottomane qui a été longtemps délaissée par les historiens : la portée des réformes entreprises par Mohammed ‘Ali en Egypte ottomane ou bien celles du Tanzimat mises en œuvre par la Sublime Porte vont inspirer les élites musulmanes tunisiennes ; l’influence ottomane s’exerce aussi sur les Juifs tunisiens dont les élites correspondaient avec leur coreligionnaires ottomans et regardaient avec envie leur condition juridique et sociale. La visite d’émissaires de Terre Sainte en Tunisie influence également les élites rabbiniques tunisiennes. À partir du XVIIe siècle, la présence d’une communauté juive livournaise à Tunis expose progressivement les Juifs tunisiens aux idées européennes. Enfin, la marche vers la modernité est parfois due à des facteurs endogènes : la longue autonomie politique de la Régence husseinite ne préfigure-t-elle pas les traits d’un État-nation moderne ? L’émergence d’une littérature hébraïque tunisienne au XVIIIe siècle n’est-elle pas le signe d’un renouveau intellectuel ?

La modernité fut adoptée plus rapidement par la minorité juive que par la majorité musulmane, pour des raisons historiques, culturelles, linguistiques, politiques. Il est cependant acquis qu’il y eut bien, au sein des deux populations, pénétration de la modernité, et donc, au fond, convergence des tendances historiques longues, mais selon des modalités et des intensités divergentes. Au-delà des communications, le lecteur pourra se forger sa propre opinion sur les raisons de cette diversité de parcours de l’approche de la modernité, et sur ses conséquences profondes sur le destin de ces communautés.

En ma qualité de coordinateur du volume, je tiens à remercier les membres du comité de relecture, Armand Maarek, Claude Nataf et Jacques Taïeb, ainsi qu’Ariel Danan qui a traduit de l’hébreu en français la communication de Yavel Harouvi.

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