//img.uscri.be/pth/c9791ea697c103b32da804c9623a2c713ca516a1
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

ETAT DES LIEUX ET MATERIAUX DE RECHERCHE

208 pages
La collection L'Ouest saharien a pour but de ranimer l'intérêt et de stimuler la recherche ainsi que de créer des liens entre toutes celles et ceux qui s'intéressent à cette région comprise comme l'aire culturelle maure hassanophone et ses voisins, Berbères du Sud Maroc, Négro-africains de Mauritanie et Touaregs. Cette série comprendra d'une part des cahiers pluridisciplinaires à parution irrégulière traitant un thème principal, auquel s'ajouteront des contributions diverses ainsi que des bibliographies et des notes de lecture. D'autre part, la rédaction s'efforcera de mettre à disposition du public des documents inédits ou des rééditions d'ouvrages introuvables.
Voir plus Voir moins

.

.

L'OUEST

SAHARIEN

THE WESTERN SAHARA

Cahiers d'études pluridisciplinaires International Multidisciplinary Studies

.

.

.

4

L'OUEST SAHARIEN, VOL. 1, 1998

.

L'OUEST SAHARIEN / THE WESTERN SAHARA
Comité de rédaction / The editorial board Pierre Boilley, Rahal Boubrik, Emmanuel Martinoli, Ali Omar Yara Directeur de publication / The executive editor Emmanuel Martinoli Comité scientifique / The scientific consultants
Luciano Ardesi (sociologue, Rome, I), Yahya ould Bara (Université de Nouakchott, RIM), Maurice Barbier (Université de Nancy-II, F), Edmond Bernus (géographe, ORSTOM, F), Christoph Brenneisen (géographe, Berlin, D), Sophie Caratini (URBAMA, Université de Tours, F), Monique Chemillier-Gendreau (Université de Paris-VII, Jussieu, F), Jarat Chopra (Brown University, Providence, USA), Wolfgang Creyaufmüller (ethnologue, Aachen, D), Jean Fabre (géologue, Courchevel, F), Si di Mohamed ou Id Hademine (Université de Nouakchott, RIM), Théodore Monod (naturaliste, Paris, F), Javier Morillas (Universidad San Pablo Ceu, Madrid, E), Rainer Osswald (Universitêit Bayreuth, D), Christiane Perregaux (Université de Genève, CH), Ulrich Rebstock (Universitêit Freiburg, D), Carlos Ruiz Miguel (Universidade de Santiago de Compostela, E), Wolf-Dieter Seiwert (ethnologue, Leipzig, D), François Soleilhavoup (professeur de sciences naturelles, spécialiste de l'art rupestre, Epinay-sur-Seine, F), Jürgen Taeger (Universitêit Oldenburg, D), Daniel Vol man (Africa Research Project, Washington DC, USA), Yahia Zoubir (Thunderbird, Glendale, Al, USA).

Notes pour les auteurs
Les opinions exprimées n'engagent
que leurs auteurs. Les contributions, en principe originales, sont à transmettre au secrétariat de la rédaction aux sous forme de disquette (3)1, in., Word) et d'une copie papier. Les règles s'appliquant notes de renvoi et à la bibliographie seront communiquées aux auteurs par le secrétariat de rédaction. La transcription des termes arabes est laissée au choix de l'auteur. La rédaction ne peut être tenue responsable en cas de perte ou de dommages aux manuscrits.

Notes for contributors
Opinions expressed are solely those of the authors. Articles should be original contributions and submitted to the secretariat on a 3/$ in. disc in Word with a typescript. Instructions on note style and references will be communicated to the authors on demand. Transcription of arabic words is left to the choice of the author. The editorial board cannot accept responsibility for any damage or loss of manus-

cripts.

Secrétariat, correspondance / Secretariat, editorial correspondance Emmanuel Martinoli PierreBoilley CP 2229 70, rue Laugier CH-2800 Delémont 2 F-75017 Paris Tél./fax:+41 32422 87 17 Tél.:+33 1 40 53 09 96 .
e-mail: martinoli@arso.org e-mail: boilley@icicrp.jussieu.fr

.

.

.

.

L'OUEST
THE

SAHARIEN
SA.1lARA

WESTERN

ÉTAT DES LIEUX ET MATÉRIAUX DE RECHERCHE
STATUS OF STUDIES AND RECHEARCH MATERIALS

Cahiers d'études pluridisciplinaires International Multidisciplinary Studies

Vol. l, 1998

L 'Hannattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

.

.

.

6

L'OUEST SAHARIEN, VOL. 1, 1998

.

En couverture:

Fig.8 - Gravures« Tazina»

d'Antilopinés.

Station de Ras Lemtareg.

Sahara Occidental.

Néolithique. VoirF. SOLEILHAVOUP 1998. D'après photo J.-F.CASTILLE1995. Maquette de couverture: A telier Rue du Nord, Delémont.

@ L'Harmattan, 1998 ISBN: 2-7384-7074-2

.

.

.

SOMMAIRE

.
SUMMARY
p. 9

7

SOMMAIRE
Avant-propos I Forword

/

ENVIRONNEMENT ET RICHESSES NATUREUES ENVIRONMENT AND NAIVRAL WEALTH

Jean Fabre
Etat des lieux de la géologie ouest-saharienne Christoph M. Brenneisen Les ressources exploitables du Sahara Occidental Jean d'Arbaumont La première description géographique de la Kédia d'Idjil par le lieutenant François Garbit

p. 15 p. 25

p. 41

PASSÉ ET PRÉSENT DES sOCIÉTÉs SOCIETIES: PAST AND PRESENT
François Soleilhavoup Art rupestre au Sahara. Acquis et perspectives de recherche Rahal Boubrik Modèles de religiosité dans l'Ouest saharien (XVI/'-XIX"siècle)
Ali Omar Yara Vers une sociologie de la communauté sahraouie

p.

51

p. 83 p. 103

Georg Klute Réflexions sur la politique coloniale de l'esclavage en Afrique Occidentale Française (AOF): le cas des Touaregs

p.113

PERSPECTIVES OUTLOOK
Yahia H. Zoubir International Relations Jarat Chopra Decolonizing

of the Western Sahara Conflict
Sahara

p.127 p. 141

Western

.

.

.8

L'OUEST SAHARIEN, VOL. l, 1998

.

ÉTUDES BmUOGRAPIDQUES BIBLIOGRAPHlCAL STUDIES
Wolf-Dieter Seiwert Travaux récents sur l'histoire et la culture de l'Ouest saharien en Allemagne et en Europe de l'Est
Harry T. Norris A survey of publications

p.153
p. 161

about Western Sahara in UK, USA and Scandinavia

Naffisa Tall Les bibliothèques traditionnelles en Mauritanie, un patrimoine culturel arabo-islamique en péril Ulrich Rebstock Une histoire de la littérature

p.165 p.169

maure

Carlos Ruiz Miguel
Contribution à une bibliographie des publications hispanophones sur le Sahara Occidental

p. 171

NOTES DE LECTURE BOOK REVIEWS
Introduction Jemia et J.M.G. Le Clézio Gens des nuages, 1997 Mohamed Tiessa-Farma Maïga Le Mali, de la sécheresse à la rébellion nomade, 1997 Martine de Froberville Sahara Occidental, La confiance perdue, 1996
Régine Fleury Une approche du Sahara, Passage d'un art nomade à un art sédentaire,

p.187 p.187 p.188
p. 189

1996

p. 194
p.196

Anthony G. Pazzanita Western Sahara, 1996 Khadija Mohsen-Finan Sahara occidental, Les enjeux d'un conflit régional, 1997

p.197

.

.

.

AVANT-PROPOS

.

9

AVANT-PROPOS
Pierre BoiUey L'Ouest saharien, cahiers d'études pluridisciplinaires... Autant de termes qu'il nous faut expliciter, certainement, pour introduire notre propos. Commençons peut-être par l'aspect formel de cette publication. Cette livraison a été conçue comme la première venue d'une série à compléter, comme une collection de cahiers d'études. Nous n'avons pas souhaité produire une nouvelle revue, nous laissant la possibilité selon les cas de publications rapprochées dans le temps ou plus espacées, en fonction des thèmes abordés, des études à proposer. Ouvrages collectifs, publications de documents inédits, actes de colloques, pourront ainsi prendre toute leur place dans cette collection, dont la souplesse sera un atout que n'aurait pas possédé une publication plus classique dans sa forme. En ce sens, ces quelques mots sont aussi appel à contributions ultérieures pour toutes celles et ceux qui voudront bien avec nous se pencher sur l'Ouest saharien. Nous avons ainsi pour but d'être un espace de relation, un lieu de rencontres pour les chercheurs de toute origine, et par là même, notre ambition est de stimuler la recherche sur les régions et les sociétés qui sont au centre de nos préoccupations, regroupées sous le terme d'Ouest saharien. La question se pose évidemment du choix de cette appellation. L'Ouest saharien, objet d'étude? Et d'abord, qu'est-ce que l'Ouest saharien? Sous cette dénomination, nous plaçons l'aire maure hassanophone étendue à celle de ses voisins, Berbères du Sud Maroc, Négro-africains des rives du Sénégal et du Niger, Touaregs. Qu'on ne s'y trompe donc pas. Nous n'avons pas désiré mettre en avant un espace géographique, mais bien un espace culturel, un espace de vie, lui-même inscrit dans un espace physique. En ce sens, notre définition n'est pas territoriale. Nous ne mettons pas au centre de nos préoccupations un ou plusieurs espaces étatiques, même si notre intérêt recouvre ou touche à des entités politiques tels que le Sahara Occidental, la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, le Sénégal, le Mali ainsi que le Niger. Nous n'oublions cependant pas non plus que ces entités existent, et leurs réalités, faits incontournables ou objets de problématiques pertinentes, seront, n'en doutons pas, l'objet de nombreuses contributions. Ce que nous voulons mettre au centre des débats dont nos cahiers ont vocation à se faire l'écho, c'est un espace relationnel, dans toutes ses composantes, politiques, sociétales, juridiques, historiques, culturelles, mais aussi physiques, environnementales, économiques. Parce que nous croyons que tout est lié, et que si des monographies plus ou moins importantes (et nous ne considérons pas ce terme comme péjoratif) peuvent (souvent avec difficulté) isoler telle ou telle société pour en faire un objet d'étude en soi, notre expérience personnelle de ce type de travaux, parfaitement justifiés par ailleurs, nous en a montré les limites et la frustration éventuelle qu'ils peuvent engendrer à la fois pour leur

.

.

.

10

L'OUEST SAHARIEN, VOL. 1, 1998

.

auteur et pour leurs lecteurs. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons voulu que ces cahiers soient pluridisciplinaires. Outre que les relations entre chercheurs de disciplines différentes nous semblent toujours fructueuses, elles sont aussi le gage d'une volonté de relier les savoirs éparpillés, et d'une compréhension meilleure de réalités toujours complexes parce que' multidimensionnelles. On trouvera donc dans ce premier cahier des contributions de géologues (Fabre, Brenneisen) ou des descriptions géographiques (d'Arbaumont) autant que des études tournées vers le passé et le présent des sociétés, et ce depuis les expressions artistiques des premiers occupants sahariens (Soleilhavoup) jusqu'aux relations internationales contemporaines (Chopra, Zoubir), en passant par l'organisation sociale des communautés (Klute, Yara). L'art rupestre nous intéresse autant que les ressources exploitables ou que les modèles de religiosité (Boubrik), parce qu'ils représentent les facettes multiples d'une même réalité. Pourquoi se pencher sur le Sahara? C'est une interrogation récurrente, à laquelle ont été confrontés tous ceux qui consacrent leurs recherches au monde saharien. Mais pour ceux-là, justement, qui se consacrent à ce type d'étude, une évidence est aussi présente. C'est que les études nord-africaines ainsi que celles se consacrant à l'Afrique noire, négligent souvent cet espace intermédiaire que représente le Sahara. Ce sont, pour ne prendre qu'un exemple, surtout les ethnologues et les anthropologues qui se sont penchés sur les sociétés sahariennes, plus que les historiens. Est ainsi perpétuée plus ou moins consciemment la dichotomie d'origine coloniale entre groupes humains dignes d'études historiques et ceux qui n'en auraient pas besoin, parce que d'une façon ou d'une autre, . primitifs., et donc sans histoire... L'histoire africaniste, depuis plusieurs décennies, a relevé le défi pour l'Afrique noire, mais elle ne s'est encore qu'insuffisamment préoccupée des réalités sahariennes. Et le désert physique induit finalement un relatif désert de recherche,.. Or, nous ne croyons pas que cet espace, il est vrai difficile, aride, d'une faible densité de population, parsemé de déserts absolus, engendre cette séparation si nette entre ,l'Afrique du Nord. et .l'Afrique au sud du Sahara. dont les thématiques des axes de recherche, des publications et des équipes sont si symptomatiques en général. Bien au contraire, et nous reviendrons ainsi à la préoccupation exprimée plus haut, nous sommes persuadés que le Sahara est, plutôt qu'un fossé, un lien entre plusieurs mondes, un trait d'union entre le nord et le sud du continent. Et que des sociétés s'y sont développées, dignes d'intérêt, dont une meilleure connaissance ne peut d'ailleurs que profiter à la compréhension des réalités de ces mêmes Afrique du Nord et Afrique au sud du Sahara. Une autre de nos ambitions est ainsi de contribuer à combler une partie de l'absence des recherches sur ce sujet, et peut-être de susciter des travaux utiles, notamment dans les disciplines peu représentées dans ces études sahariennes...

.

.

.

11 .

N

-j

.g ... ..:

~
" ~
f:j

"'

~ !-oC
!!

fa ; '" ~

~ '"

~ Z

;:> " ~ .

~ '"
..:

g
1;1

.~ 1;1

~ o
:::E

1!J

..

E=,: '"

~
1;1 .<: -i!

'Ë'

~~/

..: .

g
c.?

~

~
..:

u

::3

<
:::E

:::Es a
.g
i:i

.j
::s

o~

'."

~
..
..:
f:j

~.

Ë

] '" ~
;:;; ," tt> . ",

::J ..: ::;;

~ '"
:.;;r

~
..:

"

'6' (:::

.

'"

". is
»

..:

:><:

:! ~

..:

s.
'g :!Of. ..: ..J ..: " ~ ~

.

.

.

.

ENVIRONNEMENT ET RICHESSES NA11JRELLES

ENVIRONMENT
AND NA1URAL WEALTH

.

.

.

J. FABRE,

ETAT DES LIEUX DE LA GÉOLOGIE

15

.

ETAT DES LIEUX DE LA GÉOLOGIE OUEST-SAHARIENNE Jean Fabre
Après les premières reconnaissances des années vingt à quarante, les années d'après-guerre avaient vu le levé et la publication de cartes géologiques au 1/500000 et à plus petite échelle: 1/1000000 (MESTRAULTet al. 1975), 1/1500000 (BASSOT et al. 1981) et 1/2000000 (voir bibliogr.). Ces cartes couvrent la quasitotalité du Sahara central et occidental; beaucoup sont accompagnées de notices explicatives détaillées. La plupart sont la simplification des synthèses au 1/200000 de levés au 1/50000 (l'échelle des photos aériennes de l'IGN). Trois grandes régions ont échappé à ces levés systématiques: le Tanezrouft à l'est, la Majâbat Al Koubrâ à l'ouest, et le Sahara ex-espagnol au nord-ouest. L'immensité et la monotonie des deux premières, traversées par quelques itinéraires de Th. Monod notamment, en décourageaient l'analyse détaillée, même sur photos aériennes. La troisième n'avait pas été étudiée systématiquement. La carte actueIJe au 1/1000000 commandée par le Maroc est essentieIJement une interprétation des photographies aériennes, avec les erreurs que cette technique comporte lorsqu'eIJe n'est pas contrôlée sur le terrain. Ces régions mises à part, la couverture géologique du Sahara occidental sensu lata (c'est-à-dire à l'ouest du méridien zéro) s'appuie donc sur des études systématiques, menées tant par des universitaires que par des géologues pétroliers, des mémoires et des thèses qui mettent en œuvre des analyses sédimentologiques (TROMPETTE 1973, DEYNOUX 1980), structurales (LE PAGE 1986), paléontologiques, pétrologiques (BESSOLES 1977), à jour des théories scientifiques du moment, parfois érigées en dogmes: les -phases tectoniques- de StiIJe, la zonéographie des roches métamorphiques de Young et Roques, pour ne citer que deux des plus brillantes. Ces travaux, devenus .classiques. sont encore aujourd'hui à la base de bien des synthèses actueIJes. En 1983 une nouvelJe version du Lexique stratigraphique international (FABRE ed. 1983), publiée par Pergamon Press, sous les auspices de l'IUGS (International Union of Geological Sciences) faisait le bilan d'une trentaine d'années de recherches en Afrique occidentale française et notamment au Sahara occidental. 25 auteurs participaient à cette mise au point, tant pour les articles de synthèse de la première partie que pour la seconde c'est-à-dire la définition des unités stratigraphiques de l'ouest africain. Cette nouvelle version faisait suite à une première, publiée en 1956 par le CNRS sous la direction de R. FURON (1966). En 1997, quinze ans plus tard, quoi de neuf? Les conditions dé l'exploration du Sahara ont changé: les aléas de la politique dans les pays sahariens, les tensions entre certaines populations et les pouvoirs locaux, mais aussi la prise en main des missions par des services géologiques devenus autonomes, font que l'organisation des travaux a changé; la sécurité est parfois plus précaire, mais l'éventail des chercheurs et des laboratoires concernés est plus étendu.

Jean Fabre, géologue, spécialiste du Sahara, ancien professeur de géologie à l'Universitéd'Alger.

.

.

.16
<II

.
~.~ 01~t: ~"'....
~c:C1
<II,ij ~:::J""

~~

:::J

Q-2"'1!! <II<II.Q 1-, .
Q:~~ Q. Q)'

~5-5
'5 ~!g. /I)

~

~ o
~'.
.-' . .~~;;'o.O.. .......

~ ~ z w . 10

Cf>

~ Q
.,.
,

... J.

~'.

S ~;}'"' \ ~L-:'./ :
I
..

.: ~,

~--'1-',
,;2

~ iQE... (!8~
~

\.._~ ~
~,
(,.r"<';0

~
J
,,'

0:::J._~ -!2.i:; /I) ... c......

~noll~
:

,.'ci,..' 0 ~ ~.

illV~ :

v..J.

(.-- ,/'1-../> )

,

~
o i!i ,

~ ::>

,

,

r"::> '0 (....
0
;:)

~ "

.!!! v ~--/I) :::J(j;,,<,
:J:J~ ~~c.!, .!!!.!!!~ 0 '_< c:ovg

..'

'; 0 '10 ,~

t:

it-;
cc: u. ::> o Q Z , ,
;

\t
\

'0 ......
".

C1~~ ....-.-(3 c:
""-";'

(
~ "\,.
W

.,

..2~:E: ~&'11 01c:

-

.B'2 C1

~ ~

>=

: )
I I

.

\.,,.
\ .. :i:'
.~

:

-< a: ~CQ

]~~ c::~1! ê~g,
~""'(5 2~::...
l:)~<I1
<II';:'

\~}

~\

~a ~~
:l4i!

,.

~J

~\ ", ~\ v~\

~:! x .~~
(')~

~_ Q
a: E 0, 5

-:-:~~ .':,:

-0

0 ~"'u c:1!!~ .:::J~'<II

8

~~

' '

(

....:

. 'y-\ )
;\

,.

f

,\

~:G~
,
~

\}i
') ., . S "'.:

~ \\
'\

.6

'-

j
,i
I i

',, --..!

\ \ ~ \ ", I ,\,
".-'\'"

\

~\\'\~;J
~

C

a:

, .....,
.,..'/

'-;._.~,..r.,.., ~./

~

c' , _,

'<II-o-g E'-E

~~

~~~
c:: ~

~
'<11

~\ \

~-'

:;

0....._
C:<I1(1)

li
:3 * o" z!

./

~l

f

f 1 '

5-'~ :s~.!!! c:: (1):'(
II)

~~E::; C::3~O c::.~.~~

~

.~~~~

~

~

5'S.s;

'v <II <11'..9.! 6-::3

~

~

~'o'~~
"''''~E

~~"''6~1!< A I:1 ~ec: Qj
Q..'e'Q;-<\)~ 5c:c:.Q c:o-%-%~ c: "'~~

~~~~ 11)1'0

.

J. FABRE,

ETAT DES LIEUX DE LA GÉOLOGIE

17

.

1. Des idées nouvelJes sont nées et des questions se posent qui remettent en question les synthèses que l'on considérait comme acquises. De nouveaux outils et de nouvelJes méthodes jusque-là confinés dans quelques laboratoires ont été mis en œuvre: les scènes satellites dans le visible et l'infra-rouge (LANDSAT et SPOT), ou par radar (SAR. ERS-l), des analyses géochimiques de plus en plus fines, des méthodes de sédimentologie permettant de passer de l'analyse de phénomènes locaux à la reconstitution géodynamique du cadre régional, tant continental que marin et que l'on tente de corréler avec les courbes de variations du niveau des océans (chartes eustatiques), etc. Ces remises en question ont amené à revoir les affleurements, à échantillonner des roches jusque-là laissées de côté, ou prélevées sans précautions, et dans tous les cas à passer au crible toutes les attributions d'âge ou d'environnement antérieures, que cesoit en bio-stratigraphie ou en âges radiométriques. Les méthodes de datation sur des cristaux isolés (technique des mono-zircons, KAHOUI et al. 1996, POTREL et al. 1996) beaucoup plus précises et significatives de l'âge des magmas où ils sont nés, ont amené à réinterpréter les âges admis jusque-là par les rapports isotopiques Rb-Sr ou K-Ar dans des minéraux plus fragiles comme les amphiboles, les micas, les feldspaths. Ces derniers rapports en effet reflètent souvent des événements multiples dont il est difficile souvent de déterminer toutes les conditions. Les dosages des rapports isotopiques du Sm et du Nd donnent des indications sur la participation d'éléments du Manteau sous-jacent à la croûte. Ils suggèrent, par exemple dans le bouclier guinéen (ou dorsale guinéenne), que les roches qui forment la chaîne de montagnes éburnéennes (2.2Ga à 2Ga=milliard d'années) représentent une croûte juvénile dans de grandes parties du domaine oriental (LEMOINE 1988), le continent Archéen se trouvant à l'ouest (KOUAMELAN et al. 1997). L'analyse structurale des terrains anciens, précambriens, en replaçant les unités lithologiques dans la succession de leurs déformations, a amené une redistribution dans le temps de ces unités, autrefois classées suivant leur degré de métamorphisme. Elle permet en outre une esquisse des chaînes anciennes (FABRE et al. 1990, FABRE et MOREt 1993, BLACK et al. 1979) ainsi que des spéculations sur leur formation dans la période où les trois planètes telluriques (la Terre, Vénus et Mars) suivaient une évolution qui pourrait avoir été analogue. Pour les terrains sédimentaires, l'apport des études sédimentologiques menées par les compagnies pétrolières, s'ajoutant à celles des géologues universitaires, a été capital. De plus en plus naît une synergie entre sédimentologistes, paléo-écologistes, structuralistes et géophysiciens. En bio-stratigraphie soulignons l'apport des études de populations qui nécessitent des récoltes abondantes et minutieuses de fossiles, ou celles d'9rganismes énigmatiques comme les stromatolites ou les conodontes, ou encore de paléoécologie, pour ne citer que ceux-ci parmi d'autres. Un bon exemple vient de nous en être donné, sur la marge du Sahara occidental, dans l'Ahnet, par la remarquable analyse de WENDT et son équipe sur les «récifs. de l'Azzel Matti (WENDT et al. 1997). Alors que, par exemple, le Sahara occidental apparaissait comme une vaste plate-forme figée depuis 2Ga ou presque, de grandes structures apparaissent désormais: des zones hautes et des bassins eux-mêmes compartimentés et qui

.

.

.

18

L'OUEST SAHARIEN, VOL. 1, 1998

.

évoluent dans le temps, en fonction des phénomènes qui se produisent en bordure des plaques tectoniques. C'est le cas, entre autres, des bassins qui se forment au sein de l'ouest africain au cours de la genèse de l'énorme chaîne pan-africaine vers 800-540Ma = millions d'années (BLACK et al. 1979), comparable, par sa structure et ses dimensions, à la chaîne himalayenne. Puis, au cours de l'orogenèse Varisque qui créa des chaînes de montagnes en Europe et en Afrique du Nord vers 350-250Ma (BARD 1997), une autre chaîne se forme en Mauritanie, et des failles jouent à l'intérieur de la plaque Afrique. Enfin, lorsque naissent au 'Secondaire et surtout au Tertiaire la chaîne alpine et les Atlas, des contre-coups se font sentir sur la marge septentrionale du Sahara qui en reçoit, venant du nord, les produits de démolition. 2. En 1990 un vaste projet de recherches géologiques était lancé sous l'égide du Service géologique de l'Algérie et du Ministère des Affaires étrangères français (projet 90 MI 01). Il couvrait toute la partie orientale et centrale du Sahara occidental et faisait appel aussi bien à des structuralistes et géochimistes du vieux socle (MAHDJOUB et al. 1994), d'universités algériennes et françaises, que de stratigraphes, structuralistes et sédimentologues universitaires ou pétroliers (SONATRACH). Les résultats font l'objet d'un mémoire spécial du Service géologique d'Algérie, sorti de presse en 1997. Au même moment Th. Monod relançait les recherches sur le dôme des Richat, en Mauritanie, bientôt suivies de reconnaissances vers l'est, dans la Majâbat Al Koubrâ, en relation avec les résultats obtenus en Algérie par le projet ci-dessus. L'image que l'on se faisait de l'évolution du Sahara au Secondaire entre le Tanezrouft à l'est et l'Adrar de Mauritanie à l'ouest s'en trouvait changée. La mer qui s'en était retirée à la fin du Carbonifère (vers 325Ma) y était revenue vers la fin du Secondaire, au Crétacé supérieur (vers l00Ma), au Sahara central (on le savait depuis longtemps), mais aussi au Sahara occidental alors que la surface de cette partie du continent demeurait apparemment inerte et plane. Elle s'y étalait beaucoup plus largement qu'on ne le supposait aux phases de hautes eaux et s'en retirait aussi rapidement lors des baisses de niveau, laissant place à des lagunes à gypse, des marais tourbeux, ou d'immenses plaines d'épandage parcourues d'un lacis de cours d'eau, calmes ou torrentiels suivant les lieux et les climats. L'ouest saharien apparaît ainsi comme un lieu de choix pour l'analyse des effets des variations globales du niveau des océans (ou variations eustatiques) sur une plate-forme couverte d'une mince tranche d'eau. Ces idées, comme bien d'autres qui sont nées ces dernières années, sont les prémices de recherches dans les prochaines décennies. 3. Ces nouvelles données ont, outre leur intérêt spéculatif, de possibles retombées économiques. La découverte de grands massifs de roches basiques (pauvres en silice, riches en chaux etc. comme nos basaltes) datés de 2.2Ga (KAHOUl et al. 1996) relance l'intérêt pour la recherche de minéraux du groupe du platine (PIBOULE et al. 1996) dans la Dorsale Reguibat. Un seul de ces massifs (Teggueur) a été cartographié et échantillonné. Deux autres au moins, dont l'un insoupçonné jusqu'ici, sont encore à étudier. Quelle

.

.

.

J. FABRE,

ETAT DES LIEUX DE LA GÉOLOGIE

19

.

place occupent-ils dans l'évolution de la ou des chaînes ,éburnéennes, (2.2Ga à 2Ga) ? La mise en évidence de grandes bandes de roches écrasées (,mylonites., du grec mulon = farine) dans l'est de la Dorsale Reguibat comparables à celles de l'ouest, déjà cartographiées en Mauritanie sur une carte au 1/500000 (voir bibliogr.) suggère que l'ouest africain pourrait avoir une structure compartimentée comparable à celle du Sahara central (BLACK et al. 1994), mais plus ancienne de 1 milliard d'années. Les mylonites seraient les cicatrices des failles sub-méridiennes limitant des blocs (les 'terranes,) se déplaçant les uns par rapport aux autres sur de grandes distances. La comparaison des séries volcano-sédimentaires métamorphiques anciennes de la Dorsale Reguibat (comme la série du Yetti par exemple) avec son homologue, le Birimien, bien connu dans la Dorsale guinéenne, au sud du Sahara occidental, donne l'espoir qu'i! sera un jour possible de faire une synthèse de ces chaînes du Protérozoïque inférieur à travers toute l'Afrique occidentale et donc de proposer des analogies sur leur genèse comme sur leurs ressources minérales. Il en est de même pour les grès et les conglomérats qui les surmontent et qui pourraient représenter les produits de destruction de ces chaînes. Pour assimiler ceux de la Dorsale Reguibat à la série aurifère bien connue du Tarkwaïen du Ghana il faudrait démontrer qu'il s'agit bien de formations du même âge appartenant au même ensemble de chaînes de montagnes et alimentées par des roches analogues. Or on sait que certaines zones. mylonitiques, peuvent jouer un rôle de piège pour des minéralisations comme celle de l'or. C'est le cas de la mine de Prestea au Ghana. Pourrait-il en être de même au Sahara occidental? L'origine de l'or du Ghana, de Côte d'Ivoire, du Mali, paraît se trouver dans le Birimien. Pourrait-il en être de même dans la Dorsale Reguibat? Une étude comparative précise s'impose. La découverte récente, par des géologues de la recherche minière algérienne 0990, EREM) de grains d'or dans des conglomérats comparables au Tarkwaïen du Ghana incite à de nouvelles études sédimentologiques et stratigraphiques dès que les conditions le permettront. L'étude et la datation du volcanisme hyper-alcalin dans le nord de l'Adrar des Iforas (LIEGEOIS et al. 1991) ont entraîné celles des carbonatites du dôme des Richat (NETTO et al. 1992). L'une et l'autre ont révélé l'existence, au Secondaire, de phénomènes magmatiques d'origine très profonde, mantellique ou infra-mantellique. Or les venues de roches diamantifères d'Afrique occidentale (Ghana, Côte d'Ivoire, etc.) semblent s'inscrire dans le même temps. QueUes en sont les causes et comment, où se fait leur mise en place? Il semble, au premier abord, que de grandes fractures (NE à ENE) nées au Secondaire, aient joué un rôle important tandis que l'Afrique, séparée de l'Amérique subit une rotation senestre qui tend à fermer la Méditerranée. Par ailleurs les conceptions récentes sur la structure ancienne du Sahara central, à lithosphère amincie, opposée à ceUe du Sahara occidental à lithosphère épaisse (LESQUER et al. 1991, LESQUER et VASSEUR1992) conduisent à envisager maintenant une source occidentale pour les diamants de Reggan, à la limite entre Sahara occidental et Sahara central, alors que l'on en avait jusqu'ici cherché la patrie vers le Hoggar (TOUHARI et al. 1997) à l'est. .

.

.

20

L'OUEST SAHARIEN, VOL. 1, 1998

.

Ces idées, comme les résultats stratigraphiques sur les terrains d'âge Secondaire du Tanezrouft précisent les lieux et les niveaux où il serait intéressant de rechercher des placers fossiles de première génération.
4. Dès 1980 des études sur les paléolacs d'âge Quaternaire avaient été entreprises au cœur du Sahara occidental, dans la région de Taoudenni sous l'impulsion de N. Petit-Maire (PETIT-MAIRE et RISER eds 1983, PETIT-MAIRE ed. 1991). Jusque-là les études détaillées avaient porté sur des secteurs littoraux (Sud Tunisien, Mauritanie occidentale par exemple), donc soumis aux influences marines, voire aux brumes de mer, ou encore sur des massifs montagneux comme l'Ahaggar, sous le vent des moussons (ROGNON 1967). On a longtemps pris comme échelles-types les séries quaternaires de la Saoura remarquablement étudiées par H. Alimen et son équipe. Mais la Saoura est alimentée en eau depuis l'Atlas, donc, pro parte, depuis la zone méditerranéenne. Au sud, le Tchad l'est par des rivières venues de régions tropicales humides (travaux de l'ORSTOM). D'autres sites devenus classiques le sont, au moins partiellement, par la résurgence de nappes profondes (oued Mya, travaux d'AUMASSIP 1986). A Taoudenni il s'agit bien de bassins fermés (.endoréïques.), ne recevant l'eau que par les pluies contemporaines tombées dans une région actuellement hyper-aride, sous le Tropique et fort loin de la mer ou de montagnes. Les fluctuations climatiques majeures, de l'ordre de quelques milliers d'années y ont été définies et corrélées avec ceIles que l'on connaissait dans d'autres régions: par exemple, dans l'Holocène, l'alternance rapide de courtes périodes humides et sèches qui survient vers 6500a BP, avant l'arrivée du désert vers 4000a BP. Mais l'étude systématique fine des micro-séquences relevées dans les couches de sel de la sebkha d'Agorgott (Taoudenni) ou d'argiles néoformées et de boues carbonatées dans des paléo-lacs voisins reste à faire, là où nous les avons étudiées mais aussi dans d'autres grands paléo-Iacs que l'on connaît dans la région. Elle permettra de vérifier si ces micro-séquences correspondent bien à des cycles climatiques mineurs, de l'ordre de quelques dizaines d'années et, qui sait? s'ils pourraient être contemporains des cycles du même ordre de régions éloignées comme la vallée du Nil (le songe des vaches grasses et des vaches maigres de Pharaon?). Ces séquences traduisent le passage progressif d'un climat relativement humide à un Sahara désertique. Elles correspondent aussi à une période d'un intense développement technique. Y aurait-il une relation de cause à effet? L'analyse coordonnée des images sateIlites dans le Visible et en Radar, confrontée aux données globales de la Digital Elevation Map permet de reconstituer les réseaux de drainage des périodes humides aujourd'hui en grande partie masqués par un voile de sable. De plus, grâce aux images Radar on peut aujourd'hui .voir.le détail de certains de ces réseaux sous le voile des regs ou les pellicules gypseuses des sebkhas. Une démonstration en a été faite dans le Tanezrouft (CHOROWICZ et FABRE 1996). Mais il reste encore beaucoup à faire: - d'une part sur le plan théorique pour mesurer la pénétration des ondes radar dans les différents milieux. On a, dans de grandes parties du Sahara occi-

.

.