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Evolution et histoire

De
270 pages
Histoire et évolution sont deux modalités du devenir vital. Mais seul le dynamisme propre à l'évolution obéit à des lois. Pour autant, l'avenir biologique n'est pas plus prévisible que l'avenir historique. Les transformations que nous imposons à la nature n'ont pu se faire sans que l'histoire ait empiété sur le champ de l'évolution ; ni sans que l'histoire ait emprunté à l'évolution certains de ses traits. Toute l'affaire s'inscrirait au coeur d'une réalité évolutive complexe.
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Questions contemporaines
Sous la direction de Alain Jenny et Hervé Mauroy ontem raines ÉVOLUTION ET HISTOIRE Les modèles du devenir
Évolution et Histoire Les modèles du devenir
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et Jean-Paul Chagnollaud Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les «»questions contemporaines n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection «Questions contemporaines» est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Gilbert ANDRIEU,Etre, paraître, disparaître,2014. Gilbert ANDRIEU,A la rencontre de Dionysos,2014. LUONG Cân-Liêm,Le réfugié climatique. Un défi politique et sanitaire, 2014. Gilbert CLAVEL,La gouvernance de l’insécurité, 2014. Djilali BENAMRANE,L’ONU: source ou frein au droit public international ?, 2014. Mario ZUNINO,Quand le JT de TF1 fait son cinéma, 2013. Delphine DELLA GASPERA,L’économie moderne au risque de la psychanalyse, pour un développement plus sain,2013. JeanChristophe TORRES,Quelle autonomie pour les établissements scolaires ?, Réflexions sur la liberté pédagogique dans les collèges et les lycées, 2013. Frédéric JONNET,Officiers : oser la diversité. Pour une recomposition sociale des armées françaises, 2013. Stéphane CHEVRIER, Gérard DARRIS,Les résidents secondaires à l’âge de la retraite, 2013. Mohamed Amine BRAHIMI,Réflexion autour d’Alain Badiou et Toni Negri. Pour une sociologie des intellectuels révolutionnaires, 2013. Alain CHEVARIN,Former sans déformer ni conformer, 2013. Bruno COQUET,L’Assurance chômage, une politique malmenée, 2013.Nesmet LAZAR,Peut-on encore sauver la France ?, 2013. Michel PERALDI,Ils ont volé la décentralisation ! Pamphlet argumenté pour que la décentralisation soit rendue aux citoyens, 2013.Jacques Adrien PERRET et Samuel Mayol,Pour un système éducatif réaliste et sans élitisme, 2013. Louise FINES,Négociations et crimes en col blanc,Immunitésréciproques, 2013. Rana BARAKAT ISSA, Antoine MATTA,Femme-Pub, 2013. Djilali BENAMRANE,Le marché bancaire hors contrôle.Urgence d’un pôle financier public et associatif sous contrôle citoyen, 2013.
Sous la direction de Alain JENNYet Hervé MAUROYÉVOLUTION ETHISTOIRE
Les modèles du devenir
Illustration de couverture :Le Règne végétal, L. Guérin et Cie Editeurs, Paris, 1871
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03096-8 EAN : 9782343030968
PrésentationThémos organise depuis 2011 une réflexion interdisciplinaire réunissant des enseignants-chercheurs d’horizons différents (sciences politiques, droit, économie…) et établis pour l’essentiel à l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis. Les membres de Thémos se sont réunis avant tout pour procéder à l’analyse approfondie des «méthodes »utilisées dans leur domaine de recherche respectif sur la base d’un questionnement commun relevant de l’épistémologie critique. Ils s’appuient pour ce faire sur le caractère interdisciplinaire de leur association, l’interdisciplinarité étant vécue ici comme une nécessité. Face aux risques d’une théorisation excessive sans esprit, le questionnement commun porte sur l’ « équation de vérité »propre à chaque discipline. Pour ce faire, les membres de Thémos poursuivent ensemble une réflexion sur les rapports entre théories et pratiques, ainsi que sur les modes d’élaboration des modèles dans leur dimension aussi bien cognitive que normative, voire idéologique. Afin d’apprécier comment agir avec méthode, un questionnement commun est engagé sur les modalités de la formalisation, ainsi que sur ses enjeux politico-cognitifs sous-jacents. Dans le cadre général de cette réflexion, Thémos a organisé à l’Université de Valenciennes un colloque les 19, 20 et 21 septembre 2012 sous la présidence d’honneur de Bernard Bourgeois, membre de l’Institut: « Evolution et histoire ».Ce colloque avait pour objet une mise à l’épreuve de la modélisation affrontée à la temporalité dans sa double dimension évolutiveet historique, ou encore naturelle et culturelle. Il introduisait ainsi une manière de « chrono-logique » par incarnation dans le temps de la forme logique. Les journées d’ « Evolution et histoire » ont été organisées autour de trois axes : 1) le concept d’évolution et ses modèles, 2) le concept d’histoire et ses modèles, 3) l’examen des enchevêtrements de ces deux modèles. L’ouvrage ici proposé rassemble les réflexions avancées par certains intervenants, ainsi que quelques travaux supplémentaires réalisés par des spécialistes intéressés par cette thématique commune. Plus précisément, de façon peut-être polémique, l’ambition de départ a été ici de tester l’hypothèse d’un cours évolutif que tendrait à prendre l’histoire depuis, sensiblement, le moment où le terme d’évolution a cessé de recevoir son sens ancien dedéveloppement. L’enjeu ne semblait pas lié seulement à un fait évolutif propre à notre histoire récente, mais aussi à l’ambivalence théorique qui a pu favoriser cette occurrence: est-il possible 7
de faire de l’histoire un récit intelligible – il n’y a pas d’histoire sans récit – autrement qu’en la considérant comme un développement, ou une évolution, c’est-à-dire en niant sa qualité historique ? A ces ambiguïtés, qui favorisent mille interversions entre histoire et évolution, s’en ajoute naturellement une autre, peut-être plus décisive encore: que l’histoire puisse être considérée comme une évolution, et l’évolution comme une histoire, fait que l’une et l’autre peuvent indifféremment servir de modèle l’une pour l’autre. La première offre sa caution en tant qu’elle est porteuse de sens. La seconde met à la disposition des esprits ingénieux toute la puissance des modélisations efficaces dont elle peut inspirer le montage avec l’aide notamment de l’outil mathématique. Ce livre s’inscrit dans la continuité d’une série de conférences et d’ouvrages déjà réalisés par les membres de Thémos sur les rapports de la connaissance avec les questions politiques, juridiques et socio-économiques. Ces rapports, comme ceux de la théorie à la pratique, se nouent de façon particulièrement serrée dans les différentes formes que la modélisation peut prendre à l’époque contemporaine. Alain Jenny et Hervé Mauroy Thémos (THÉories, MOdèles, Systèmes) Institut pour le Développement et la Prospective (IDP) Université de Valenciennes (Les tertiales) PS : Nous profitons de l’espace qui nous est ici offert pour remercier encore les philosophes, les économistes, les politologues et les scientifiques qui nous ont fait l’honneur et l’amitié de bien vouloir aborder ces questions à travers le prisme de leur discipline d’origine, sans jamais cesser de réserver une part importante de leur attention aux domaines voisins des leurs.
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Introduction La difficile pensée du devenir Alain Jenny Maître de conférences à l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, Thémos et IDP Histoire et évolution sont deux modalités du devenir vital. Mais seul le dynamisme propre à l’évolution obéit, à strictement parler, à des lois, qui sont la variabilité, la tendance à la surpopulation et la sélectivité, tandis qu’on chercherait en vain des lois générales qui détermineraient le cours de l’histoire. Pour autant, l’avenir biologique n’est pas davantage prévisible que l’avenir historique. Voilà, de façon très résumée, le peu qu’il est possible d’affirmer aujourd’hui au sujet de l’histoire et de l’évolution si on veut échapper à la fois au blâme des historiens et à celui des théoriciens de l’évolution. A quoi s’ajoute que ces deux modalités du devenir appartiennent à des genres radicalement différents. Si, hypothèse scandaleuse, l’histoire venait à obéir malgré tout à certaines lois, celles-ci seraient d’une toute autre sorte que les lois qui font de l’évolution un processus intelligible pour nous. Ces prudences, dont l’exemple remonte à Darwin lui-même, font un saisissant contraste avec la hardiesse théorique qui a marqué l’histoire de la pensée depuis que l’évidence des thèses transformistes s’est imposée en dehors du cercle étroit des naturalistes. Non sans audace, de nombreux et importants penseurs ont chaussé ce qu’ils croyaient être les lunettes de Darwin dans l’espoir de distinguer certaines lois qui orienteraient naturellementla succession des événements historiques. Mais, si l’évolution et l’histoire continuent aujourd’hui encore à faire les frais d’un jeu qui n’est pas qu’intellectuel, c’est dans un esprit très différent de celui qui dominait au XIXème siècle dans les zones d’influence de Comte ou Spencer. On voit se développer ici et là un nomadisme conceptuel d’un style neuf et épuré, qui marque des points avec méthode, dans un grand souci du détail, loin de toute métaphysique mais non pas de tout plan d’ensemble. Ce vagabondage très policé a pour origine et pour prétexte le consensus auquel le monde scientifique est parvenu pendant les Années Folles autour de ce qu’on a pris coutume d’appeler laThéorie synthétique de l’Evolution, bien qu’il lui arrive d’emprunter aussi à des visions globales qui sont l’héritage de temps plus anciens. 9