Forêt et société en Mauricie [NE]

De
Au début des années 1850, l'aménagement du Saint-Maurice pour le flottage du bois ouvrait un vaste territoire à l'exploitation commerciale de la forêt. Puis, l'avènement des usines de pâte et papier, au cours des années 1890-1910, contribuera à la transformation de cet espace rural en une région industrielle et urbaine, dont la croissance reposera longtemps sur d'importantes réserves de bois et un potentiel considérable d'énergie hydroélectrique.
René Hardy et Normand Séguin convient les lecteurs à la compréhension de ce long cheminement avec cette nouvelle édition de Forêt et société en Mauricie, revue et enrichie de nombreux commentaires, illustrations et précisions. À travers une histoire sociale de la forêt mauricienne, qui met en lumière les principales ressources économiques, sociales et culturelles de la constitution de la région, les auteurs nous font entrer dans les camps de bûcherons, connaître leurs conditions de vie, découvrir la richesse de leur culture matérielle et montrent comment la mécanisation des opérations forestières à la veille de la Seconde Guerre mondiale a transformé leurs pratiques.
René Hardy est professeur émérite de l'Université du Québec à Trois-Rivières et membre de la Société royale du Canada. Il est coauteur de l'Histoire de la Mauricie et a publié des études remarquées sur le Québec et la Mauricie. Son dernier ouvrage est Tavibois, 1951-2009. L'héritage d'Albert Tessier aux Filles de Jésus (Septentrion, 2010). Il poursuit ses recherches en tant qu'associé au Centre interuniversitaire d'études québécoises.
Normand Séguin est professeur émérite de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il a signé de nombreux travaux sur l'histoire du Québec. On lui doit notamment La conquête du sol au XIXe siècle, son premier livre. Il est aussi coauteur de l'Histoire de la Mauricie et cofondateur de l'Atlas historique du Québec. Il est également membre de la Société royale du Canada et de l'Ordre du Québec. L'Acfas lui a décerné son prix Jacques-Rousseau (interdisciplinarité).
Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782896646296
Nombre de pages : 344
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et RENÉ HARDY NORMAND SÉGUIN FORÊT et SOCIÉTÉ en MAURICIE La formation d’une région N O U V E L L E É D I T I O N
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Extrait de la publication
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Extrait de la publication
René Hardy eT Normand SégUin
f orê t e t s o cié té en m auricie La formation d’une région
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Extrait de la publication
PoUr effecTUer Une recherche libre par moT-clé à l’inTérieUr de ceT oUvrage, rendez-voUs sUr noTre siTe InTerneT aU www.sepTenTrion.qc.ca
Les édiTions dU SepTenTrion remercienT le Conseil des ArTs dU Canada eT la SociéTé de développemenT des enTreprises cUlTUrelles dU QUébec (SODEC) poUr le soUTien accordé à leUr programme d’édiTion, ainsi qUe le goUvernemenT dU QUébec poUr son Programme de crédiT d’impôT poUr l’édiTion de livres. NoUs reconnaissons égalemenT l’aide financière dU goUvernemenT dU Canada par l’enTremise dU Fonds dU livre dU Canada (FLC) poUr nos acTiviTés d’édiTion.
IllUsTraTion de la coUverTUre : Éva Jacob, époUse de « PiToU » VeilleTTe, eT leUrs cinq premiers enfanTs, donT Prima, Jean-BapTisTe eT PaUl qUi l’assisTeronT. Windigo, vers 1915. CIEQ, CollecTion René-Hardy, Fonds GroUpe de recherche sUr la MaUricie, N60-196, N60-201, N60-198 eT collecTion personnelle.
Chargée de projeT : Sophie ImbeaUlT
Révision : Solange Deschênes
Mise en pages : Folio infographie
MaqUeTTe de coUverTUre : Pierre-LoUis CaUchon
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Première édiTion : René Hardy eT Normand SégUin,: laForêt et société en Mauricie formation de la région de Trois-Rivières 1830-1930, MonTréal, Boréal Express, 1984.
© Les édiTions dU SepTenTrion 1300, av. MagUire QUébec (QUébec) G1t 1Z3 DépôT légal : BiblioThèqUe eT Archives naTionales dU QUébec, 2011 ISBN papier : 978-2-89448-655-9 ISBN PDF : 978-2-89664-629-6
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AvanT-propos
e epUis le débUT dU  siècle, l’exploiTaTion marchande des forêTs D esT Un caracTère dominanT de l’économie qUébécoise. DansForêt et société en Mauricie, Un oUvrage pionnier en la maTière, parU en , noUs analysions le démarrage eT la monTée en pUissance de ceTTe noUvelle économie en conTexTe régional, jUsqU’aUx premières décen-e nies dU  siècle où Triomphe l’indUsTrie des pâTes eT papiers. ParU il y a Un qUarT de siècle, mais épUisé depUis plUsieUrs années, Forêt et société en MauricieresTe d’Une éTonnanTe acTUaliTé alors qUe la qUesTion environnemenTale résonne dans ToUT le discoUrs social eT qUe séviT aU QUébec Une grave crise dU monde foresTier, jUsqU’à ce joUr l’Un des piliers de son économie. AUssi sommes-noUs Très heU-reUx de présenTer Une noUvelle édiTion de ceTTe hisToire sociale de la monTée de l’exploiTaTion foresTière dans le vasTe bassin dU SainT-MaUrice, jUsqU’aUx années  où émerge la MaUricie conTempo-raine. une édiTion revUe eT enrichie de nombreUses illUsTraTions, précisions eT commenTaires, qUi éclaire mieUx encore qUe l’édiTion précédenTe le savoir-faire des milliers de TravailleUrs foresTiers d’Une époqUe révolUe. Il noUs imporTaiT d’exposer ce phénomène dans ToUTes ses dimen-sions : les marchés (dU bois de sciage aU papier), la gesTion des forêTs par l’ÉTaT, les sTraTégies enTrepreneUriales, l’aménagemenT d’infra-sTrUcTUres dans le vasTe sysTème hydrographiqUe dU SainT-MaUrice, la mobilisaTion de la main-d’œUvre dans les chanTiers, l’organisaTion eT les TechniqUes dU Travail, les condiTions de vie des foresTiers, le TransporT dU bois eT sa TransformaTion en scierie eT en Usine. PlUs globalemenT, aU-delà des condiTions de l’expansion de la filière dU bois, noTre oUvrage inviTe à décoUvrir les rapporTs complexes enTre la sociéTé régionale eT ceTTe acTiviTé de premier plan qUi boUleversa le milieU rUral, sTimUla la croissance de la ville, pUis donna Un élan
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à l’indUsTrialisaTion eT parTicipa à la sTrUcTUraTion d’Un réseaU Urbain régional. Ainsi, noUs reconsTiTUons la marche de l’occUpaTion dU Ter-riToire eT décorTiqUons les liens enTre le milieU agricole eT les acTiviTés foresTières, levanT le voile sUr la cUlTUre maTérielle de généraTions de paysans-bûcherons. PUis, noUs observons les mUTaTions des mondes villageois eT Urbain indUiTes par l’exploiTaTion foresTière. ET noUs pre-nons acTe des conséqUences énormes des incessanTs prélèvemenTs de bois sUr le coUverT foresTier lUi-même. En somme, noUs présenTons les acTiviTés foresTières comme le moTeUr principal dU façonnemenT, aU gré des décennies, d’Un noUvel espace régional de parT eT d’aUTre dU SainT-MaUrice, d’abord à domi-e nanTe rUrale encore à la fin dU  siècle, pUis devenU massivemenT indUsTriel aU coUrs des premières décennies dU siècle sUivanT, grâce noTammenT à l’indUsTrie des pâTes eT papiers. CeT espace économiqUe, arcboUTé sUr sa grande rivière, a inspiré Une forTe symboliqUe dU Ter-riToire vécU, celle d’Un espace menTal inscriT dans l’imaginaire col-lecTif de ses habiTanTs, expression d’Un hériTage parTicUlier, à la fois maTériel eT cUlTUrel. Ce qUi, parmi les aUTres grandes UniTés admi-nisTraTives dU QUébec d’aUjoUrd’hUi, confère à la MaUricie Une dimension de région hisToriqUe, longUemenT élaborée depUis le Régime français. Forêt et société en Mauricie, qUe noUs réédiTons aUjoUrd’hUi, éTaiT en qUelqUe sorTe Une réflexion sUr l’ensemble des dynamismes (éco-nomiqUes, démographiqUes, sociaUx eT cUlTUrels) d’Une collecTiviTé en pleine évolUTion. En ce sens, l’oUvrage de  posaiT les fermenTs de la synThèse régionale,Histoire de la Mauricie,noUs avons qUe pUbliée vingT ans plUs Tard.
Remerciements
À Gilles de La FonTaine, noTre ami récemmenT décédé, donT la lecTUre criTiqUe dU manUscriT a inspiré remaniemenTs eT commenTaires. À nos édiTeUrs Denis VaUgeois eT Gilles Herman poUr leUr accUeil. À ToUs ceUx qUi noUs onT foUrni des phoTographies, dans les années  eT ToUT dernièremenT : Charles CharesT, PhiliberT MoreaU, Philippe eT Roland BUreaU, Alain Blais, Noé VeilleTTe, son époUse, Denise troTTier, ses sœUrs érèse VeilleTTe-CarpenTier eT PaUline BroUilleTTe-VeilleTTe.
Extrait de la publication
ExTraiT de la présenTaTion de l’édiTion de 
orêT eT sociéTé, ces moTs sonT-ils sUffisammenT expliciTes poUr F rendre compTe de l’inTenTion de ce livre ? La MaUricie esT née aU e  siècle avec l’exploiTaTion commerciale de la forêT eT l’économie dU bois a éTé le principal moTeUr de son développemenT. Cela éTanT, il noUs a semblé qUe s’imposaiT Une éTUde de l’exploiTaTion foresTière appréhendée comme Une dimension essenTielle de l’expérience his-ToriqUe de ToUTe Une popUlaTion. ReTracer les bases de la mise en valeUr de la forêT maUricienne eT saisir la complexiTé de ses liens avec la sociéTé régionale, voilà qUi résUme bien noTre propos. Des débUTs vers - jUsqU’aUx années , plUs d’Un siècle s’écoUla aU Terme dUqUel la région, méTamorphosée, rompaiT de plUs en plUs avec Un monde ancien. C’esT donc aUx prémices de la MaUricie conTem-poraine qUe s’aTTache ce livre. CerTes, Une hisToire sociale de la forêT ne saUraiT Tenir lieU d’Une hisToire générale de la région. En effeT, si par ce biais noUs disposons d’Un angle de vUe excepTionnel poUr mener Une première grande invesTigaTion dans la période de forma-Tion de la sociéTé régionale, noUs manqUons de prise sUr nombre de ses aspecTs. FaUT-il insisTer, le cas maUricien n’esT qU’Un voleT de l’hisToire de l’exploiTaTion foresTière aU QUébec donT il répercUTe plUs oU moins parfaiTemenT les grandes éTapes. L’exploiTaTion commerciale de la forêT qUébécoise connUT Un démarrage brUsqUe lors des gUerres napoléoniennes qUi forcèrenT la Grande-BreTagne à renoncer à sa TradiTionnelle soUrce d’approvision-nemenT en bois de la BalTiqUe poUr se ToUrner vers ses colonies d’AmériqUe dU Nord. JUsqU’aU milieU dU siècle, le marché briTanniqUe demeUra la grande desTinaTion dU bois exporTé. toUTefois, aU coUrs
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de la seconde moiTié dU siècle, le QUébec dUT s’adapTer à de noUvelles orienTaTions de la demande. L’imporTance dU marché briTanniqUe régressaiT progressivemenT pendanT qUe le marché éTaTs-Unien acca-paraiT bienTôT la plUs grande parTie de la maTière ligneUse exporTée. À la fin dU siècle, l’exploiTaTion foresTière qUébécoise éTaiT devenUe éTroiTemenT inTégrée à l’économie nord-américaine eT amorçaiT Une mUTaTion profonde. JUsqUe-là, l’économie foresTière avaiT reposé exclUsivemenT sUr des acTiviTés de collecTe (la coUpe des arbres, le floTTage…) eT de TransformaTion primaire (le sciage). Avec l’émergence dU secTeUr indUsTriel des pâTes eT papiers, les acTiviTés de collecTe fUrenT sUbordonnées à des acTiviTés de TransformaTion secondaire de la maTière ligneUse (d’abord la fabricaTion de la pâTe à papiers eT ensUiTe la fabricaTion des papiers comme prodUiTs finis). Dans l’espace de qUelqUes décennies, le commerce d’exporTaTion dU bois scié ne fUT plUs qU’Une acTiviTé marginale devanT la monTée de l’in-dUsTrie des pâTes eT papiers. Le progrès specTacUlaire de la presse à grand Tirage aUx ÉTaTs-unis esT le grand moTeUr de ceTTe croissance dans l’économie qUébécoise. ET, vUe soUs ceT angle, l’implanTa-Tion dU secTeUr des pâTes eT papiers dans les régions foresTières dU QUébec apparaîT comme Un phénomène d’indUsTrialisaTion dérivée où inTerviennenT expliciTemenT des sTraTégies goUvernemenTales de développemenT axées sUr l’exploiTaTion des ressoUrces. En effeT, à la e fin dU  siècle, soUs la forTe poUssée de l’UrbanisaTion, les réserves foresTières aUx ÉTaTs-unis éTaienT déjà considérablemenT enTamées. Les Américains se ToUrnèrenT donc vers le Canada eT y exercèrenT de formidables poncTions en bois à pâTe. PoUr meTTre fin à ce TransferT de la maTière brUTe eT en accélérer la TransformaTion sUr place, l’On-Tario décréTa en  l’inTerdicTion d’exporTer le bois à pâTe. SoUmis à de forTes pressions inTernes, l’ÉTaT qUébécois, après avoir adopTé qUelqUes mesUres TransiToires, finiT lUi aUssi par inTerdire en  l’exploiTaTion dU bois à pâTe. Les Américains, soUcieUx de mainTenir aU meilleUr coûT leUrs approvisionnemenTs en papiers, se rendirenT à ces exigences. Dès , le papier joUrnal canadien éTaiT admis en franchise aUx ÉTaTs-unis. L’indUsTrie qUébécoise des pâTes eT papiers en fUT pUissammenT sTimUlée. L’expansion rapide dU secTeUr des pâTes eT papiers sUrvinT après qUe le grand commerce d’exporTaTion dU bois, axé principalemenT sUr le bois d’œUvre, eUT amorcé Un neT déclin. En faiT, il fUT frappé
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