François Mitterrand

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De nombreux livres ont évoqué la vie de François Mitterrand, tel ou tel épisode de son itinéraire ; celui-ci le ramène dans l'Histoire, éclairant son exceptionnel parcours par quantité d'archives, tant françaises qu'étrangères, et de témoignages inédits. De cet homme d'État dont la part d'ombre demeure importante restait encore à découvrir quels accidents ont façonné sa sensibilité, déterminé ses choix. Au travers de correspondances privées jusque-là inconnues, cet ouvrage montre comment les épreuves de la guerre et une déception sentimentale dévastatrice ont trempé le caractère du futur président de la République, le préparant ainsi à son destin.
Grâce à son travail d'historien, Éric Roussel réussit à jeter un jour nouveau sur l'ensemble de la carrière de François Mitterrand. Il éclaire notamment les circonstances curieuses de son départ pour la Grande-Bretagne à l'automne 1943, ses liens avec René Bousquet, auquel il doit probablement la vie, son passage au ministère de la France d'outre-mer sous la IVe République, l'affaire de l'Observatoire, ses relations avec Pierre Mendès France, le général de Gaulle ou Mikhaïl Gorbatchev et les principales étapes de sa présidence.
En fin de volume, Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy et François Hollande, livrent leur vision de cet acteur majeur du XXe siècle.





Publié le : jeudi 17 septembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782221138700
Nombre de pages : 699
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DU MÊME AUTEUR
Pierre Brossolette, Fayard-Perrin, 2011 (Prix Maurice Baumont) Le Naufrage, 16 juin 1940, Gallimard, coll. « Les journées qui ont fait la France », 2009 (Grand Prix du livre d’histoire 2010) De Gaulle, Gallimard, coll. « Folio Biographies », 2008 Pierre Mendès France, Gallimard, coll. « NRF Biographies », 2007 (prix de la Biographie historique de l’Académie française, prix Charles Aubert – Histoire de l’Académie des sciences morales et politiques, prix Jean Zay) Charles de Gaulle, Gallimard, coll. « NRF Biographies », 2002 (prix du Mémorial, Grand Prix littéraire d’Ajaccio) ; Perrin, coll. « Tempus », 2007 Jean Monnet, Fayard, 1995 (prix de l’Essai de l’Académie française, prix Guizot, Prix européen de l’histoire) Mitterrand, ou la Constance du funambule, JC Lattès, 1991 Une autre voie(avec Pierre Chaunu), Stock, 1986 Le Cas Le Pen.Les nouvelles droites en France, JC Lattès, 1985 Georges Pompidou, JC Lattès, 1984 ; Marabout-Histoire, 1985 ; éd. rev. et augm., établie d’après les archives du président, JC Lattès, 1994 ; Perrin, coll. « Tempus », 2004
ÉDITION ET PRÉSENTATION
Maurice Barrès,Journal de ma vie extérieure(avec François Broche), Julliard, 1994 Bertrand de Jouvenel,Itinéraire, 1928-1976, Plon, 1993 Benoist-Méchin,À l’épreuve du temps, Julliard, 1989-1993, 3 vol. Gaston Palewski,Mémoires d’action, Plon, 1988 Pierre Mendès France, Françoise Giroud, Jean-Jacques Servan-Schreiber.La Politique soumise à l’intelligence. Correspondances croisées (1953-1981), Robert Laffont, 2011 Georges Pompidou.Lettres, notes et portraits : 1928-1974, Robert Laffont, 2012
PRÉFACES
Préfaces Roland de Margerie,Journal, 1939-1940, Grasset, 2010 François Mauriac,De Gaulle, Grasset, coll. « Les Cahiers rouges », 2010 Claude Mauriac,Aimer de Gaulle, Grasset, coll. « Les Cahiers rouges », 2010 Pierre Mendès France,Dire la vérité, Causeries du samedi, Tallandier, coll. « Texto », 2007 Maurice Barrès,Romans et voyages, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1994, 2 vol. Benoist-Méchin,Histoire de l’armée allemande, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1984, 2 vol.
CONTRIBUTIONS
Dictionnaire des ministres des Affaires étrangères, 1589-2004(sous la dir. de Lucien Bély, Georges-Henri Soutou, Laurent Theis et Maurice Vaïsse), Fayard, 2005 e Dictionnaire historique de la vie politique française au XX siècle (sous la dir. de Jean-François Sirinelli), PUF, 1995 e e Enjeux de la paix. Nous et les autres, XXVII -XIX siècle(sous la dir. de Pierre Chaunu), PUF, 1995
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Avec l’aimable autorisation de la Librairie Arthème Fayard et des Éditions Grasset & Fasquelle.
e Georgette Elgey,Histoire de la IV République © Librairie Arthème Fayard 2008
François Mitterrand,Ma part de vérité © Librairie Arthème Fayard 1969
François Mitterrand,Politique © Librairie Arthème Fayard 1977
François Mitterrand,Réflexions sur la politique extérieure de la France © Librairie Arthème Fayard 1986
Catherine Nay,Le Noir et le Rouge © Éditions Grasset & Fasquelle, 1984
Pierre Péan,Une Jeunesse française © Librairie Arthème Fayard 1994
© Éditions Robert Laffont S.A., Paris, 2015
En couverture : © Witt / Sipa Press
EAN 978-2-221-13870-0
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«Tous les gens gagnent à être connus. Ils gagnent en mystère. »
Jean Paulhan, Entretien sur des faits divers.
Avant-propos
Rue de Bièvre dans son pigeonnier comme plus tard à l’Élysée, il était le même : impressionnant par sa maîtrise de soi et sa capacité à déstabiliser l’interlocuteur, distant par réflexe, maniant le coup de patte avec brio. Évoquant devant moi la personnalité de Georges Pompidou et lui trouvant quelques qualités, il soulignait que l’ancien président avait tenu bon quand le sort soudain lui devint défavorable. « C’est à ce signe, insistait-il, que l’on reconnaît un véritable homme d’État. » Avant d’ajouter avec un sourire carnassier : « On n’en dirait pas autant de M. Chaban-Delmas. » Cette pointe de méchanceté, l’artiste en savourait l’effet : à l’oral comme à l’écrit, il n’était jamais meilleur que dans l’attaque. On le sentait aussi pressé d’en arriver à ce qui fut le combat de toute sa vie, le conflit qui, à ses yeux, ennoblissait son parcours : le duel qui, dès leur première rencontre à Alger en 1943, l’opposa à de Gaulle. Sur le géant, il se montrait intarissable. On avait beau être prévenu, très au fait de l’hostilité qu’il nourrissait à l’égard de son prédécesseur (dont le portrait curieusement accueillait les visiteurs dans son antichambre), on demeurait saisi par la violence de son ressentiment. Ce qui le rapprochait de Pompidou, on le comprenait vite, c’était la certitude d’avoir été victime des mêmes procédés de basse police : entre l’affaire de l’Observatoire qui en 1959 faillit le e tuer politiquement et l’affaire Markovic dont le second président de la V République porta si longtemps la meurtrissure, il établissait un audacieux parallèle. Le Général, rappelait-il, n’avait jamais toléré un rival potentiel à ses côtés ; il ne supportait pas davantage l’opposition à ses desseins. François Mitterrand laissait même entendre que, s’il n’avait pas fait preuve de détermination, il n’aurait probablement pas échappé à un sort funeste sur le front italien où de Gaulle voulait l’envoyer se battre en 1943. Il était pourtant manifeste que l’antagonisme entre les deux hommes tenait à d’autres raisons, difficiles à cerner. De Gaulle après tout n’avait pas accablé François Mitterrand. En plusieurs circonstances, il aurait pu l’écraser et s’en était finalement abstenu. Ne dit-on pas qu’à des affidés qui, en 1965, lui proposaient d’utiliser contre son rival des photos compromettantes prises pendant la guerre à Vichy, il intima l’ordre de ne pas aller plus loin : si le concurrent qu’il détestait arrivait un jour d’aventure à ses fins, il ne fallait pas prendre le risque d’abaisser la magistrature suprême. De cet épisode on pouvait malgré tout conclure qu’en définitive le Général jugeait son adversaire apte à occuper la plus haute charge. Les vrais motifs de l’opposition farouche de Mitterrand envers de Gaulle devaient en vérité être recherchés ailleurs, dans une zone où les historiens ne s’aventurent qu’avec précaution, dans ce subconscient dont il tenait les portes si jalousement fermées. Sans jamais se l’avouer, il avait la plus extrême difficulté à admettre que le Général avait finalement eu raison contre la raison, de 1940 à 1944. On le vit bien lors des cérémonies commémoratives du débarquement allié en Normandie, le 6 juin 1994, au cours desquelles il réussit l’exploit de ne pas citer une fois le nom de l’homme du 18 Juin. Lui aussi avait fini par entrer en dissidence, mais de manière bien différente et en respectant longtemps le maréchal Pétain. D’où la véhémence de ses sentiments à l’égard d’un homme qui le premier avait vu clair, compris que l’essentiel était de maintenir intacte l’image du pays. Au fil du temps, de Gaulle s’est peu à peu construit par opposition à Pétain, d’abord admiré puis jugé avec une sévérité grandissante. Mitterrand, lui, n’a cessé de s’affirmer contre de Gaulle, et comme la qualité de son écriture le distinguait il s’imagina bientôt en héritier de Chateaubriand et de Hugo, pourfendeurs en leur temps du césarisme napoléonien. Car Mitterrand se rattachait à cette époque-là, celle où tout grand destin unissait nécessairement littérature et politique. En France, il l’avait compris, il n’y a pas de trace durable sans style. Dans les e écrits de ces figures illustres du XIX siècle, dans leur parcours, dans leur exemple, qu’ils aient échoué ou réussi, il découvrait le champ symbolique de la politique française et, comme eux, il sut
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