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GITI ET LE GÉNOCIDE RWANDAIS

De
148 pages
En 1994, le génocide qui s'est abattu sur tout le Rwanda a épargné une seule commune : Giti (préfecture de Byumba). A Giti aucun Tutsi n'a été tué par ses voisins Hutu ! Mais Giti n'a pas été récompensée : ses habitants hutu ont été massacrés par l'APR selon un scénario identique dans tout le pays. Pourquoi ? Pour comprendre Giti, il faut visiter son histoire socio-économique, découvrir ses nombreux mariages " mixtes ", apprécier la certaine harmonie régnant entre ses trois composantes humaines : Hutu, Tutsi, Twa. Il faut éclairer une certaine volonté politique persistante ayant guidé ses dirigeants locaux et forgé l'identité de Giti.
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Léonard NDUW AYO

GITI ET LE GENOCIDE RWANDAIS

L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris - France

L'auteur

Léonard Nduwayo est né en 1958 à Nyanza dans l'ancienne commune de Giti, préfecture de Byumba. Il est docteur en médecine de l'Université Nationale du Rwanda, spécialiste en endocrinologie, diabétologie et maladies métaboliques de l'Université François-Rabelais de Tours, en France; détenteur d'un diplôme universitaire de génie biologique et médical de l'université Paris-VI. Il fut directeur du centre de santé de Kacyiru à Kigali, chef du service de santé de la gendarmerie rwandaise, et membre de la commission technique de la commune de Giti, entre juillet 1988 et juillet 1990. Président de l'Association franco-africaine pour la recherche et l'innovation médicale (AFRIMED), il est actuellement praticien hospitalier dans un hôpital public français. Auteur de nombreux articles médicaux publiés dans des revues médicales francophones et anglophones, il fait régulièrement des communications dans des congrès médicaux en France et à l'étranger. En dehors de ses activités médicales, il continue à sensibiliser la communauté internationale aux problèmes du Rwanda et à promouvoir le dialogue entre Rwandais.

@L'Harmattan,2002 ISBN: 2-7475-2940-1

A la mémoire de ma mère Marciana, assassinée le 10 octobre 1997 à Giti
A mes neveux Félix Mutesa Ndutiye et Fidèle Kabengera tués au mois d'avril 1994.

Remerciements

Mes remerciements s'adressent particulièrement à toutes celles et tous ceux qui m'ont fait confiance et m'ont confié leurs témoignages. Je tiens à remercier également mon petit frère Boniface et son épouse Bernadette pour leur contribution à la confection de cet ouvrage. Ma profonde gratitude s'adresse à ma cousine Bella Hakizimana, rescapée du cauchemar de Tingi-Tingi pour son aide dans la compréhension du calvaire des réfugiés Rwandais dans l'ex-Zaïre. Je remercie aussi mon ami François- Xavier Munyarugerero, littéraire et historien Rwandais, pour ses conseils précieux. Je saisis cette occasion pour exprimer mes sentiments profonds à mon maître Pierre Lecomte, professeur d'endocrinologie et maladies métaboliques à la faculté de médecine de Tours, qui m'encourage et m'appuie dans mes recherches scientifiques. Je suis sincèrement reconnaissant à madame Andrée Dupuy pour l'attention particulière qu'elle porte à ma famille. Enfin, c'est avec un grand plaisir que je dis merci à mon épouse Nadine et à mes enfants, Rémy, Elvis Victor, Telly et Marey, qui ont su s'adapter avec courage aux circonstances parfois difficiles inhérentes à ma carrière médicale. Sans harmonie chez moi et le soutien de toutes ces personnes qui me sont proches, ce livre n'aurait pas vu le Jour.

Tu verses le sang d'autrui, il se retourne contre toi ( umena amaraso y'undi akakugaruka.)
(Proverbe rwandais)

Ma vie est la vôtre, votre vie est mienne, vous vivez ce que je vis. La destinée est une. Prenez donc ce miroir et regardez-vous y. Hélas! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas? Ah! insensé, qui crois que je ne suis pas toi.

Victor Hugo, préface des Contemplations

INTRODUCTION

L'année 1994 restera pour les Rwandais l'année de tous les cauchemars. Les scènes de violences survenues après l'assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994 et transmises par les chaînes de télévision du monde entier aux heures de grande écoute, propulsèrent le Rwanda à la une des médias. On était loin du pays aux paysages de rêve, vallées, rivières, lacs, parcs, volcans et une multitude de collines dont il hérita le nom de "pays des milles collines". Ce panorama auquel s'ajoutait un climat de printemps perpétuel faisait pourtant l'orgueil de tout un peuple. Avec le déferlement médiatique et l'industrie du livre qui s'est développée autour de la tragédie rwandaise, on pourrait croire que tout a été dit et écrit, le vrai, le faux et son contraire. Pourtant, des zones d'ombre et des points d'interrogation subsistent. Le bilan du génocide rwandais n'a jamais été établi avec précision et ne le sera peut-être jamais pour des raisons politiques. Ce bilan est certainement lourd tant en pertes de vies humaines qu'en répercussions morales. Les statistiques les plus réalistes parlent de trois millions de morts si l'on comptabilise les milliers de personnes disparues dans la jungle de l'ex-Zaïre devenu République démocratique du Congo (RDC). Aucune enquête nationale ou internationale n'a été rendue publique pour déterminer les auteurs de l'attentat qui a coûté la vie au président de la République rwandaise et qui fut le détonateur des massacres des Tutsi et des principaux leaders des partis politiques d'opposition. Dans les rangs du FPR (Front patriotique rwandais), aujourd'hui au pouvoir à Kigali, aucune interpellation n'a été opérée par le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), à ce jour, malgré les témoignages accablants sur sa responsabilité dans les massacres des populations civiles Hutu.

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Je comprends la colère des rescapés du génocide rwandais, leur désarroi face à une justice qui traîne les pieds et l'impunité dont jouissent les auteurs de la tragédie rwandaise tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Par ailleurs je ne supporte pas l'hypocrisie et les ambiguïtés qui tendent à mettre tout le monde dans le même sac ou à nier l'évidence. Ecarté du champ médiatique pour d'autres problèmes d'actualité, le nouveau régime rwandais s'est livré depuis novembre 1996 à une déstabilisation de la région des Grands lacs et cache des problèmes internes liés notamment au surpeuplement des prisons, à la mise en quarantaine des partis politiques, à l'élimination physique des opposants politiques et aux dossiers accablants concernant les massacres perpétrés par l'ancienne rébellion avant, pendant et après les événements d'avril à juin 1994 et les soupçons qui pèsent sur sa responsabilité dans l'assassinat du chef de l'Etat rwandais. Le souhait de tous les Rwandais est que justice soit rendue pour tous afin d'arrêter cette dérive suicidaire d'un peuple en proie à une spirale de violences et dont l'histoire est tachée de sang. Dans cette folie meurtrière qui s'est abattue sur le Rwanda, une seule commune fera exception. La commune de Giti dans la préfecture de Byumba, fut la seule et unique commune rwandaise où aucun Tutsi n'a été tué pendant le génocide et les massacres survenus après l'assassinat du président rwandais. L'histoire de cette commune où je suis né et où j'ai grandi, fut pourtant gardée secrète jusqu'au 15 février 1996 pour ne pas interférer avec la propagande qui ne faisait état que des massacres imputés aux Forces armées rwandaises (FAR) et aux miliciens Interahamwe. C'est à cette date que le gouvernement du FPR reconnut finalement par un communiqué rendu public sur les ondes de radio Rwanda et relayé par la presse internationale, qu'il n'y a pas eu de génocide des Tutsi dans la commune de Giti. Le président du Rwanda, Pasteur Bizimungu, s'est même rendu sur place avec une suite en grande pompe après ce communiqué, pour 10

remettre une récompense à l'ex-bourgmestre, Edouard Sebushumba. Dans son discours, il remercia la population de cette commune de s'être bien comportée pendant le génocide rwandais tout en rendant hommage à l'ex-bourgmestre qui n'a pas été pour autant reconduit dans ses fonctions. Pour comprendre l'exception de cette commune, des raisons historiques et politiques sont évoquées. L'ethnisme y avait été naturellement éradiqué grâce notamment aux nombreux mariages mixtes et à la cohabitation harmonieuse entre les trois ethnies composantes de la société rwandaise, Hutu, Tutsi, Twa. Même les anciens patrons du temps de la monarchie rwandaise dont certains ont retrouvé des postes importants au sein de la municipalité, se sont réconciliés avec leurs anciens clients pastoraux (abagaragu) après la révolution socio-politique de novembre 1959. Mais il y a eu aussi une volonté politique locale menée successivement par Dominique Mporebucye, Edouard Sakindi et surtout Edouard Sebushumba qui a dirigé la commune pendant les moments difficiles, pour consolider ces acquis qui ont forgé l'identité même de Giti. Giti aurait pu être le symbole de la réconciliation du peuple rwandais pris en otage par les politiques et les nostalgiques du passé, mais cette commune fut blessée. En effet des civils Hutu y ont été sauvagement massacrés par les troupes du FPR dans un scénario identique à celui décrit par les rescapés des tueries perpétrées par ce mouvement politico-militaire dans les autres régions du pays. Malgré des témoignages dignes de foi, les responsables du FPR continuent à nier ces massacres et la communauté internationale tend à en minimiser l'ampleur. En apprenant pour la première fois les événements de Giti, j'ai moi-même cru à des propos de propagande. Je ne comprenais pas pourquoi le FPR aurait massacré des civils Hutu dans une commune où il n'y a pas eu de massacres de Tutsi. C'est au mois de juillet 1994 que j'ai eu les premières informations sur ces massacres. Un neveu m'écrit une lettre dans laquelle il Il

stipulait ceci: "Je viens d'arriver dans la ville de Gisenyi après avoir traversé le pays d'est en ouest à pied. Il m'a fallu deux mois de marche pour arriver à Gisenyi. J'ai quitté notre commune le 28 mai. Aucun Tutsi n'a été tué dans toute la commune de Giti mais des Hutu tombent comme des mouches tous les jours massacrés par les rebelles du FPRInkotanyi. Je t'écrirai tout en détail quand j'aurai trouvé un logement". Au moment où je lisais cette lettre postée du sud de la France, une marée humaine traversait la frontière entre le Rwanda et l'ex-Zaïre pour se réfugier dans la ville de Goma. Je n'ai jamais reçu la suite de la lettre car mon neveu fut porté disparu probablement emporté par le choléra qui fit quatre-vingt mille victimes. Au mois d'août 1994, je me suis rendu dans les camps de réfugiés rwandais de Tanzanie où s'étaient installés depuis fin avril 1994 plus de huit cents mille réfugiés venus de la préfecture de Kibungo et des communes du sud de la préfecture de Byumba. Dans le camp de Rumasi, j'ai rencontré un jeune homme originaire de la commune de Giti, secteur Bijunde, cellule Karangara. Il me raconta l'histoire d'un massacre perpétré par le FPR dans le café de Martin Ntawoganabyo qui se trouvait à côté du domicile du premier bourgmestre de la commune, Dominique Mporebucye, à Mutambiko. Martin fut tué avec tous ses clients. Le jeune homme rapportait d'autres tueries mais sans beaucoup de précisions. Au mois de septembre 1994, je me suis rendu dans les camps de Goma et Bukavu. Dans les camps de Kibumba et Mugunga, les témoignages que j'ai recueillis auprès des réfugiés originaires de la commune de Giti étaient beaucoup plus précis mais mêlés de propos de propagande. A Naïrobi au Kenya au mois de décembre 1994, j'ai rencontré un Tutsi originaire de Giti, qui était de passage pour faire opérer sa sœur d'une fracture du col du fémur survenue lors d'une chute accidentelle. C'est un ami de longue date de ma famille. Il me confirma qu'aucun Tutsi n'a été tué dans cette commune mais nia en bloc les massacres des Hutu dont je lui ai parlé. 12

Des rapports des organisations internationales ont également dénoncé les massacres commis par le FPR mais sans citer des faits précis. Dans le rapport du sénateur américain Gersony réalisé sous le compte du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) du moyens susceptibles d'accélérer le rapatriement de deux millions de réfugiés qui avaient fui le Rwanda après la prise du pouvoir par le FPR, il est clairement mentionné ceci: " Cet expert a acquis pendant sa mission la conviction que le FPR s'était livré à des massacres et des persécutions manifestement systématiques de la population hutu dans certaines régions du pays". Dans son rapport du 20 octobre 1994, AFR 47/16/94-ETA, intitulé Rwanda "L'armée patriotique rwandaise responsable d'homicides et d'enlèvements, avril-août 1994", Amnesty International dénonce les massacres perpétrés par le FPR à l'aide des techniques cruelles, inhumaines et dégradantes prohibées par les traités internationaux relatifs aux droits de l'homme comme Kandoya qui consiste à ligoter les bras de la victime dans le dos au-dessus des coudes avant son exécution. Malgré la concordance des témoignages, je restais prudent car dans les camps de réfugiés régnait un climat de propagande prêchant la théorie du contre-génocide. Je pensais toujours aux bavures militaires inévitables dans tout conflit armé jusqu'à ce que je découvre un témoignage émouvant en 1996. Un ami de nationalité suisse m'a envoyé une photocopie d'un article qui venait de sortir dans un journal rwandais Intego édité à Kigali. Dans son numéro 12 du 10 juin 1996, ce journal rapportait les noms des personnes massacrées dans la commune de Giti et dont la plupart m'étaient familiers, des copains d'enfance, des anciens condisciples, des amis de ma famille, des intellectuels. J'ai montré plus tard cet article à un ressortissant de Giti qui vit toujours au Rwanda. Il m'a répondu ceci: " Ce n'est qu'une infime partie de ce qui s'est réellement passé. Votre

1er août au 5 septembre 1994 en vue d'étudier les voies et

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secteur d'origine Nyanza n'y figure pas alors qu'il fut parmi les plus touchés par les massacres". La liste des victimes de Giti s'est allongée après d'autres témoignages que j'ai recueillis aussi bien auprès des Hutu que des Tutsi, tous originaires de la commune de Giti, et dont la plupart vivent encore au pays. Les témoignages que j'ai retenus sont ceux des personnes que j'ai rencontrées personnellement et qui étaient présentes au moment des faits. Ce que je croyais être une bavure militaire était bel et bien un massacre organisé. J'ai interpellé le président du Rwanda, Pasteur Bizimungu, lors de passage en France en 1999, sur ce massacre de Giti. Il semblait en ignorer l'existence. Son ministre à la présidence, Patrick Mazimpaka, à qui il a tendu le micro pour donner la version officielle du FPR, me répondit dans un style arrogant, que leurs soldats n'avaient aucun intérêt à s'attaquer aux civils. Comme j'insistais sur la réalité des faits, il me demanda de lui envoyer la liste de ceux qui avaient été tués. C'est à ce moment-là que j'ai décidé d'écrire ce que je sais sur les événements de Giti. Ce que je veux dire dans ce livre qui est un récit de témoignages, ce n'est pas pour remuer le couteau dans la plaie, ni renvoyer dos à dos l'ancien gouvernement rwandais et le FPR, ni rendre la communauté internationale responsable du malheur des Rwandais, mais plutôt pour rendre hommage à ma commune d'origine qui fut unique en son genre. Mais on ne peut pas rendre hommage à la commune de Giti sans lui rendre son honneur afin qu'elle garde l'harmonie qui anime sa population depuis l'époque de la monarchie à la république. L'exception de Giti n'est pas un hasard de calendrier, car des Tutsi ont été massacrés dans toutes les communes avoisinantes, mais c'est plutôt le fruit d'une culture ancestrale de non violence que les acteurs politiques locaux ont respectée. Quant aux massacres des civils Hutu perpétrés par le FPR, je reste convaincu que Giti n'est qu'un arbre qui cache la forêt.

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Le rôle des autorités politiques a été crucial dans l'exception de Giti comme on le verra. Dans d'autres régions comme Butare où les gens cohabitaient également sans problème, des miliciens y ont été débarqués par avions militaires pour accomplir la sale besogne car les Hutu refusaient de s'attaquer à leurs compatriotes Tutsi. Dans la commune de Giti, le bourgmestre Edouard Sebushumba a eu une proposition de ce genre de la part de son homologue de la commune de Murambi, Jean-Baptiste Gatete, qui avait une milice active et armée, mais il a refusé cette offre. Sebushumba aurait même subi des menaces de représailles. La population qui était derrière lui, était prête à se battre contre les miliciens au cas où ils auraient attaqué.Sebushumba avait même refusé d'adhérer à un quelconque parti politique alors que ses homologues de toutes les communes voisines étaient des fervents défenseurs du Mouvement républicain national pour le développement (MRND, nouvelle formule). En dehors de la vérité que j'écris, que le lecteur m'excuse des troubles d'humeur liés à mon chagrin. En effet ma famille a été profondément touchée par les événements du Rwanda et j'en ai subi personnellement les répercussions. Ma mère, à qui le nouveau régime refusa un passeport de sortie pour assister au mariage de son fils cadet, fut assassinée le 10 octobre 1997. L'assassin coule des jours paisibles. J'ai perdu deux neveux, Félix Mutesa Ndutiye et Fidèle Kabengera. Le premier a été tué à Nyamirambo à Kigali et le second à l'école secondaire de Save dans la commune de Shyanda, préfecture de Butare, par des miliciens débarqués de Kigali. Mes neveux qui n'avaient même pas vingt ans, ont été tués parce qu'ils ressemblaient aux Tutsi. J'ai perdu aussi un demi-frère Buramba, enterré avec une balle de l'Armée patriotique rwandaise (APR) dans la tête dans une fosse commune à Rurama, cellule Ntaremba, secteur Nyanza, commune de Giti. Mes cousins, Antoine Kamanzi et Kabugu ont été également tués par le FPR, l'un au Mutara dans la 15

commune de Muvumba et l'autre à Nyanza dans la commune de Giti. J'ai perdu également de nombreux anciens condisciples de l'école primaire de Rwesero dont Emmanuel Twagirayezu, des amis dont Michel Haguma, Boniface Habineza, Félicien Twagirayezu. Tous ont été massacrés à Giti. Plusieurs membres de ma famille croupissent sans jugement dans les prisons-mouroirs du régime rwandais, parmi eux mon cousin Lucien Nkundayezu, fils de ma tante maternelle Euphrasie Nyirampundu, rapatrié de force du Gabon dans un avion affrété par l'Etat gabonais au mépris des droits internationaux protégeant les réfugiés. Je dénonce les crimes commis par le FPR dont les responsables occupent des postes importants au Rwanda, sans pour autant dédouaner de leurs crimes, les responsables de l'ancien régime, certains éléments des FAR qui se sont livrés aux massacres des innocents, les miliciens et toute personne ayant participé de près ou de loin au génocide rwandais, ni diaboliser tous les sympathisants du FPR dont les déçus se comptent par milliers. Je veux tout simplement montrer que, dans chaque camp, il y a des criminels qui devront répondre de leurs actes devant une juridiction rwandaise ou internationale. Il faut que la justice passe pour tous car je reste convaincu que seule la justice et la vérité permettront un retour à la confiance réciproque en vue d'un avenir assaini pour les générations rwandaises futures.

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