Guadeloupe : faire face à l'histoire

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Janvier-mars 2009: l'actualité en Guadeloupe nous projette sans détour dans l'histoire. Pourquoi, cette fois-ci, un mouvement de grève renvoie-t-il de manière si directe aux brûlures du passé? L'auteur insiste sur les violences incommensurables d'un système colonial à la française auquel ont été confrontés les esclaves et les affranchis d'avant 1848 comme les "nouveau libres". Il porte un éclairage sur 1848 pour réexaminer une séquence cruciale, qui accompagne et prolonge les effets de la destruction de l'esclavage.
Publié le : mercredi 1 avril 2009
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EAN13 : 9782336253251
Nombre de pages : 72
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GUADELOUPE: FAIRE FACE À L'HISTOIRE

ORUNO

D. LARA

GUADELOUPE:
FAIRE FACE À L'HISTOIRE

L' Hlt'mattan

Ouvrage publié avec le concours du Centre de Recherches Caraïbes-Amériques - CERCAM cercarn@wanadoo.ft

@ L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-08570-1 EAN : 9782296085701

A Elie DOMOT A et aux membres du Comité Liyannaj Kont Pwofitasyon, LKP (Guadeloupe, janvier-avril2009)

«L'oubli qui permet de surmonter les séquelles du passé n'est accessible qu'une fois acquises la connaissance et la reconnaissance des faits ». John Hope FRANKLIN, historien Nègre des USA (2janvier 1915 - 25 mars 2009).

Du même auteur

Cimarrons, direction de publication, Institut Caraïbe de Recherches Historiques, Guadeloupe, et Editions Jean-Michel Place, Paris, 1981. Espaces Caraïbes, direction de publication, université Paris X Nanterre, Centre de Recherches Caraïbes-Amériques, à partir de 1983. Les Caraïbes, P.U.F., 1986, rééd. 1997, 127 p. La Guadeloupe dans l'Histoire, L'Harmattan, 1979, rééd. 1999. Caraïbes en construction: espace, colonisation, résistance, 2 vol., Editions du CERCAM, 1992. De l'Oubli à l'Histoire. Espace et identité caraïbes, Guadeloupe, Guyane, Martinique, Haïti, Maisonneuve et Larose, Paris, 1998. La naissance du Panafricanisme. Les racines caraïbes, américaines et africaines du mouvement au XIXe siècle, Maisonneuve et Larose, Paris, 1999. Le Commandant Mortenol, un Guadeloupéen dans la « Royale », Editions du CERCAM, 1985. Breve Historia del Caribe, Caracas, Venezuela, Academia Nacional de la Historia, 2000. Commandant Mortenol, ou les infortunes de la servitude, L'Harmattan,2001. Capitaine de vaisseau Mortenol. Croisières et campagnes, 18821914, avec Inez FISHER-BLANCHET, L'Harmattan, 2001. Caraïbes entre Liberté et Indépendance. Réflexions critiques autour d'un Bicentenaire, 1802-2002, L'Harmattan, 2002. La Liberté assassinée, Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion, 1848-1856, L'Harmattan, 2005. La colonisation aussi est un crime. De la destruction du système esclavagiste à la reconstruction coloniale, L'Harmattan, 2005. Space and History in the Caribbean, Princeton, Markus Wiener Pub!., USA, 2006. Suffrage universel et colonisation, 1848-1852, L'Harmattan, 2007. Tracées d'historien. Entretiens avec Inez FISHER-BLANCHET, L'Harmattan,2007. Caraïbes sous le Vent de l'Histoire, actes des colloques du Centre de Recherches Caraïbes-Amériques, CERCAM, 2009.

Guadeloupe, 27 mai 1848. Le gouverneur Jean-François LAYRLE proclame à Basse- Terre, l'abolition de l'esclavage et recommande « à la justice de l'Assemblée nationale... l'indemnité due légitimement aux propriétaires ». Quelques jours après, en juin 1848, mon arrière arrière-grand-mère, Bertilde, une négresse créole proche de la soixantaine, sort exsangue, meurtrie, traumatisée, mais libre, d'un des camps du système esclavagiste de l'archipel. Elle a une préoccupation obsédante: retrouver Moïse, son fils unique, que des propriétaires esclavagistes lui ont enlevé peu après sa naissance en 1822. C'est elle, Bertilde, et son fils Moïse LARA - esclave jusqu'en 1843, qui signe «Charpentier NÈGRE» la lettre qu'il adresse au Progrès le 19 juillet 1849 - et tous ces «nouveaux libres », ce sont eux qui ont profondément marqué mon enfance en Guadeloupe, ma vie d'homme, mes engagements et mes recherches en histoire. Lié à ces deux ancêtres primordiaux, je n'ai jamais oublié que j'appartiens en totalité à une terre insulaire des Caraïbes, à un ensemble de Guadeloupéens, des hommes et des femmes qui, après l'esclavage, continuèrent d'affronter la domination des békés et les appareils d'oppression d'un système colonial à la française. Une construction asociale, une machinerie complexe et monstrueuse, unique en son genre, dans laquelle, en Guadeloupe (et en Martinique), sous le contrôle de l'Etat, descendants de bourreaux et descendants de victimes coexistent. Dans des îles où voici venu le temps de faire face à l'Histoire.

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