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Guide du Paris médiéval

De
240 pages
"Que reste-t-il du Paris médiéval ? Des vestiges religieux d'abord, églises surtout, les couvents et les cloîtres ayant presque tous disparu (...), peu de traces d'architecture civile. Mais le plus important reste l'infrastructure générale de la métropole, ses grands axes qui suivent l'orientation et le tracé primitif des siècles médiévaux. La trame du Paris moderne est tissée au Moyen Age. Ce guide est destiné à faire connaître les infrastructures de la ville ancienne, l'origine de ses voies, de ses monuments mais aussi la vie au quotidien au sein d'un monde qui a conditionné le nôtre."
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Guide du Paris médiéval

http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

«J L'Harmattan, 2006 ISBN: 2-296-00809-7 EAN : 9782296008090

Bernard

Vespierre

Guide du Paris médiéval

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie KOuyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest
Espace Fac..des L'Hannattan Sc. Sociales, BP243, Université Kinshasa Pol. el Adm. ;

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALlE

KIN XI

de Kinshasa

- RDC

L'Harmattan Bnrkina Faso 1200 Ingements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

Histoire de Paris Collection dirigée par Thierry Halay
L'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France est un vaste champ d'étude, quasiment illimité dans ses multiples aspects. Cette collection a pour but de présenter différentes facettes de cette riche histoire, que ce soit à travers les lieux, les personnages ou les évènements qui ont marqué les siècles. Elle s'efforcera également de montrer la vie quotidienne, les métiers et les loisirs des Parisiens et des habitants de la région à des époques variées, qu'il s'agisse d'individus célèbres ou inconnus, de classes sociales privilégiées ou défavorisées. Les études publiées dans le cadre de cette collection, tout en étant sélectionnées sur la base de leur sérieux et d'un travail de fond, s'adressent à un large public, qui y trouvera un ensemble documentaire passionnant et de qualité. A côté de l'intérêt intellectuel qu'elle présente, l'histoire locale est fondamentalement utile car elle nous aide, à travers les gens, les évènements et le patrimoine de différentes périodes, à mieux comprendre Paris et l'Ile-deFrance.

Déjà parus
Jacques MARVILLET, Vingt ans d'urbanisme amoureux à Paris, 2005. Pierre ESPERBE, Des histoires de Paris, 2005. Christian LEBRUMENT, La guerre de 1870 et la Commune, 2005. Hubert DEMORY, Auteuil et Passy. De la révolution à l'annexion. 2005. Jacqueline VIRUEGA, La bijouterie parisienne: Du Second Empire à la Première Guerre mondiale, 2004. Jacques LANFRANCHI, Les statues des grands hommes à Paris, 2004. Jean-Pierre THOMAS, Le guide des effigies de Paris, 2002. Juliette FAURE, L'Arsenal de Paris, 2002 Jean-Paul MARTNEAUD, Les ordres religieux dans les hôpitaux de Paris,2002. Robert VIAL, Histoire des hôpitaux de Paris en 400 dates, 1999. Robert VIAL, Histoire de l'enseignement des hôpitaux de Paris, 1999. Victor DEBUCHY, La vie à Paris pendant le siège 1870-1871, 1999. Thierry HALA Y, Paris et ses quartiers, 1998.

PREAMBULE

Si vous vous promenez dans Paris en rêvant de la ville médiévale de jadis, ne l'idéalisez pas; mais pensez aussi au grand nombre de lieux pittoresques et de vestiges disparus. Parmi les aspects négatifs de la capitale de jadis, vous auriez pu relever l'important manque d'hygiène. D'abord, en raison des immondices et des boues (spécialement en période pluvieuse). Ensuite, à cause de la poussière, lors de la saison chaude. Enfin, des déjections animales, de l'eau et de l'air pollués toute l'année, par les abats, et les déchets de toute sorte... Quant aux voies du Paris de l'époque, elles ne ressemblent pas du tout à celles que nous connaissons aujourd'hui: nous sommes en présence d'une cité étriquée, dont les rues ne constituent pas des axes de communication, à de très rares exceptions près: elles sont très exiguës, tronquées, donc peu favorables à la circulation (caractère qui s'accentue dans l'île de la Cité, cœur de la ville). Mais, vous auriez aussi remarqué le très mauvais éclairage des rues: dans la journée les étages en encorbellement ne laissent passer qu'un mince rai de lumière. La nuit, notamment en l'absence de lune, obscurité profonde (seuls deux ou trois fanaux éclairent parcimonieusement certains endroits névralgiques). Vous auriez remarqué aussi que l'habitat, dans son ensemble, reste compact: les espaces entre les habitations n'existent pratiquement pas. Cependant, des jardins intérieurs isolent les maisons. Pas non plus de "places" semblables à celles de notre époque, mis à part quelques élargissements de la chaussée appelés ainsi pompeusement: la "Place" Maubert (toujours présente, mais considérablement agrandie) des "TroisMaries" (au débouché de l'Ecole, au chevet de l'église Saint-Germainl'Auxerrois). Vous auriez également eu beaucoup de difficulté à trouver votre destination, en raison de la pauvreté de l'onomastique. Plusieurs voies portent des toponymes identiques et qui varient souvent, comme les lieux-dits ruraux. En contrepartie, vous auriez vu s'élever de multiples bâtiments civils et religieux: Paris fait figure de cité sacrée, de capitale administrative, économique, de métropole royale et de centre universitaire. Dès le XTIlème siècle, on crée un conseil municipal, dont le siège se situe au nord de la place du Châtelet actuelle; on construit un grenier à sel (au sud de la place du Châtelet), un hôtel de la Monnaie (rue de la Vieille Monnaie, 9

boulevard Sébastopol, non loin de l'église Saint-Jacques-de-Ia-Boucherie). On édifie également un hôtel du Chevalier-au-Guet (dirigeant d'une sorte de police municipale), non loin du Châtelet. En longeant le fleuve, vous auriez pu également remarquer des "espaces" précis, baptisés "ports", où l'on débarque et l'on embarque des marchandises, aussi variées que le blé ou le bois. Vous auriez vu s'édifier ou s'agrandir des résidences royales: le palais de la Cité et celui du Louvre se développent. On crée de toute pièce l'Hôtel Royal de Saint-Paul (ou Saint-Pol) qui s'étend entre les rues actuelles de Saint-Paul, du Petit-Musc, Saint-Antoine et la Seine et celui des Tournelles (qui s'étendait entre les rues des Tournelles, Saint-Gilles, de Turenne et Saint-Antoine). Sans parler des demeures princières éphémères, comme le séjour de Nesle (plus tard d'Orléans) où résida Blanche de Castille (à l'emplacement de la Bourse du Commerce actuelle) et celui de Charles V (rue du Jour, à l'ouest de l'église Saint Eustache). Toutes ces demeures princières se situent, vous l'auriez noté, sur la rive droite du fleuve, baptisée "Ville", au Moyen-Age. Quant aux hôtels seigneuriaux (des familles de Navarre, de Bourbon, de Bourgogne, de Bretagne...), ils se multiplient un peu partout dans la métropole. Comme eux, églises, chapelles, couvents, abbayes, et hôpitaux s'agrandissent ou s'édifient, aussi bien à l'extérieur qu'intra-muros. Saint-Eustache, Saint-Merri, Saint-Jean-en-Grève ou Saint-Séverin... deviennent des édifices importants, vastes et richement ornés. Lentement Notre-Dame s'élabore. Les communautés religieuses se multiplient. Chacune occupe un domaine plus ou moins étendu: on voit naître ainsi les bâtiments conventuels appartenant aux Génovéfains, aux Carmes, aux Grands-Augustins, aux Jacobins, aux Mathurins, aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Latran, aux Cordeliers... Fait nouveau: Paris devient un centre intellectuel et universitaire: on dénombre une cinquantaine de collèges (mais dont le nombre d'élèves reste limité dans des locaux assez modestes). Pour la plupart, ils s'installent sur la rive gauche du fleuve qui va devenir le quartier universitaire ou "Quartier Latin", nom qu'il continue à porter aujourd'hui encore. La capitale est aussi un lieu d'échange: les Halles, créées au XIIème siècle, sont incorporées dans la Ville. 10

La justice royale se concrétise par la création de lieux patibulaires tels la place de Grève (future place de l'Hôtel de Ville), le gibet de Montfaucon (au niveau du nOSde la rue de la Grange-Aux-Belles), la place de la Croix-au-Trahoir, au 3 de la rue Saint-Honoré actuelle... Le promeneur d'aujourd'hui aurait aussi pu parcourir les nombreuses nécropoles, généralement tassées autour des églises, ou bien légèrement excentrées. La principale étant celle des Saints-Innocents, rue Saint-Denis. Paris assume désormais pleinement son rôle de capitale royale. Les rois Mérovingiens avaient établi leur résidence principale à Orléans ou à Soissons. Les Carolingiens s'étaient fixés à Trèves, ou à Aix la Chapelle. Quant aux premiers Capétiens, ils ne résidèrent pas toujours à Paris: mais à partir de Philippe Auguste, la grande Cité se structure, se délimite avec précision, en même temps qu'elle se protège en édifiant des murailles. Philippe Auguste demeure incontestablement l'initiateur de cet essor; après lui, saint Louis et Philippe le Bel (notamment) reprendront le flambeau. Les derniers Capétiens directs, et les premiers Valois, en feront leur résidence habituelle. Au XVème siècle, les monarques déplacèrent le centre du pays vers les régions du Centre. Quant aux Bourbons, on sait qu'ils choisirent Versailles. Quoiqu'il en soit, du XIème au XVème siècle (voire au-delà), Paris reste profondément imprégnée de vie religieuse. On ne peut parler de la vie urbaine dans se référer au christianisme. En général les caractéristiques de la grande métropole ne différent guère de celles des autres cités importantes du Moyen-Age: manque d'hygiène, d'éclairage, insécurité, étroites venelles, difficultés de circulation, omniprésence du sacré... Que reste-t-il du Paris médiéval? Des vestiges religieux d'abord, églises surtout, les couvents et les cloîtres ayant presque tous disparu (trois grandes salles conventuelles subsistent malgré tout: le réfectoire du couvent des cordeliers, le réfectoire de Saint-Martin-desChamps et celle du couvent des Bernardins, sans oublier un cloître, celui des Carmes- Billettes). Peu de traces d'architecture civile: quelques salles, et quatre tours du Palais de la Cité; des vestiges du prieuré de Saint-Martin-des-Champs; la tour, dite de Jean-Sans-Peur, la porte fortifiée de l'hôtel de Clisson (hôtel de Rohan). Sans parler de nombreuses caves voûtées, inaccessibles au public. 11

Mais le plus important, malgré des bouleversements des XIXème et XXème siècles, reste l'infrastructure générale de la métropole, ses grands axes qui suivent l'orientation et le tracé primitif des siècles médiévaux. N'omettons pas non plus l'emplacement des ponts et le site de monuments célèbres: ceux du Louvre, du Palais de la Cité ou de Notre-Dame... La trame du Paris moderne s'est tissée au Moyen-Age...

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LE DOMAINE RELIGIEUX

La religion conditionne la vie à Paris au Moyen-Age: c'est un truisme, mais non un cas particulier: il en est de même pour les autres grandes agglomérations de la chrétienté. Tout ce qui touche à la vie quotidienne s'y rapporte. Très tôt le matin, avant même que le jour soit levé, les cloches des multiples églises, celles des chapelles paroissiales ou celles des couvents... tintent dans tous les quartiers de la capitale, voire dans ceux de la périphérie. Dans la journée, elles ne cesseront pratiquement pas de résonner, pour avertir des offices, des complies, des célébrations des fêtes patronales ou des vêpres... sans parler de l'annonce des baptêmes, des mariages, des enterrements ou du glas... Comme nous l'avons déjà dit dans le préambule, les lieux de culte se multiplient: les églises, les chapelles, les abbayes, les couvents, les cloîtres, les chapelles attachées aux collèges ou aux hospices. On recense une quarantaine d'églises ou de chapelles, une quinzaine de couvents intra-muros; une demidouzaine de vastes abbayes hors de l'enceinte de Philippe Auguste... Sur la voie publique, on croise une multitude de religieux: prêtres, chanoines, prélats, clercs, marguillers... Quant aux domestiques, desservants, employés dans les communautés religieuses, difficile de les dénombrer... En outre, l'évêque de Paris, possède le droit de haute et basse justice sur de nombreux espaces parisiens, ou proches de la capitale. Ces privilèges se concrétisent par la présence d'un four épiscopal (au voisinage de l'hôtel de Nesle, rive droite, dans la rue du Four-Saint-Honoré, devenue aujourd'hui rue de Vauvilliers); par celle d'une prison, le For-l'Evèque, rue Saint-Germainl'Auxerrois, au niveau du nOl9 actuel. Une échelle de justice se dresse également devant le portail nord de la cathédrale Notre-Dame. Au pied de cet édifice symbolique, les condamnés venaient faire amende honorable, en chemise, la corde au cou, tête et pieds nus, un cierge à la main, porteurs sur la poitrine et le dos d'un écriteau sur lequel on lisait la nature de leur(s) crime(s). De surcroît, d'autres parties de la cité dépendaient d'abbayes ou de prieurés. Les propriétés et biens ecclésiastiques ne se comptaient plus. Au quotidien, d'innombrables cérémonies, fêtes patronales chômées, processions solennelles, marquent presque chaque jour de l'année. Celles-ci s'organisent impérativement autour des périodes liturgiques, ou des célébrations majeures: Epiphanie, en Janvier; Chandeleur, en Février; Mercredi des Cendres le même mois; Carême, Rameaux, Pâques, Quasimodo, au printemps; Ascension, Pentecôte, Rogations, Fête-Dieu, en Mai-Juin; Toussaint, en Novembre; Avent, Noël, en Décembre... Sans parler des jours de commémoration des saints très vénérés, comme SainteGeneviève, fêtée en Janvier; Germain en Mai; Jean, Pierre et Paul en Juin; 15

Louis, en Août; en Septembre, Michel; Novembre.. .

Rémi, en Octobre;

Martin, en

De multiples croix, des reposoirs, des oratoires, des effigies, des statues... dédiées au Christ, à la Vierge ou aux saints disséminés un peu partout, attestent aussi de cette présence permanente du divin. Ajoutons enfin que l'église, en tant qu'édifice, a été conçue comme un lieu paradisiaque, un avant goût de l'eden afin de charmer et de satisfaire tous les sens: pour la vue, l'architecture, la décoration, la polychromie, des murs intérieurs et extérieurs, les vêtements sacerdotaux, les objets du culte... ; pour l'ouïe, les musiques polyphoniques, les chants; pour l'odorat, l'encens, le parfum des fleurs d'ornements; même le goût y trouve son compte avec le pain bénit. Sans parler, à un niveau plus élaboré, de la symbolique des proportions, de celle des structures et des images.. . L'église est également un lieu de convivialité: c'est à la fois la maison de Dieu et celle du peuple. Les fidèles doivent s'y sentir à leur aise. Et les malfaiteurs peuvent y trouver asile, et échapper ainsi à la justice humaine. Elle constitue enfin un lieu "privilégié" d'inhumation, qui souvent se mérite par la sainteté, la vertu, l'ancienneté dans la communauté ou bien qui s'achète... Autour des autels, devant les piliers, sous le dallage même... les représentants de toutes les classes sociales peuvent dormir leur dernier sommeil -la priorité demeurant, évidemment, aux membres du clergé.

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LES EGLISES ET LES CHAPELLES

Les lieux de culte étaient souvent, à l'origine, de très modestes oratoires -ce qu'ils sont restés pour la plupart dans l'île de la Cité, en raison du peu d'espace insulaire. Mais l'augmentation de la population nécessita de plus vastes édifices: les chapelles deviennent des églises paroissiales indépendantes des abbayes ou des églises plus importantes. Parfois, ces édifices sont dédiés à des saints ou à des saintes locaux, comme Merri (ou Médéric), Josse, ou Opportune. Certains changeront de toponymes : Sainte-Agnès, deviendra Saint-Eustache; Saint-Pierre-des-Bois, s'appellera Saint-Merri.

RIVE NORD DE LA SEINE Nous commencerons notre visite par les églises et les communautés religieuses. A chaque fois, nous indiquerons la situation du monument, ou son emplacement dans le Paris moderne.

EGLISE SAINT-HONORE

Paris rr

Au niveau des n0176 -184 rue Sf Honoré Reynold Chereins et son épouse, fondèrent, en 1204, cet oratoire qui resta en dehors de la muraille de Philippe Auguste. Il longeait la rue Saint-Honoré, au nord, entre les rues des Petits-Champs et celle des Bons-Enfants actuels. Un peu en retrait de cette voie, une cour dite "Cloître Saint-Honoré" s'ouvrait au nord et à l'ouest sur les logis des chanoines. Une nécropole, située vers le IOde la rue des Bons-Enfants, s'y rattachait. Cette église devint le sanctuaire patronal des boulangers-pâtissiers. Son patronyme, polysémique, a donné son nom à une des principales rues de la capitale, à une porte de son enceinte (voire de ses deux enceintes successives) et à une pâtisserie. Elle fut fermée à la révolution, et disparut en 1792.

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EGLISE SAINT- THOMAS-DU-LoUVRE
Emplacement du Palais du Louvre

Paris

- Grande

rr

Galerie

Située dans le même secteur que la précédente, mais plus près du fleuve, c'est Robert, comte de Dreux, fils de Louis VI le Gros, qui la fit édifier, à l'angle des rues Saint-Thomas-du-Louvre et du Doyenné. Elle se trouvait très proche d'une communauté, dite de Saint-Nicolas-du-Louvre, institution qui se transforma plus tard en collège. Elle disparut au XIXème siècle.

EGLISE SAINT-GERMAIN L'AUXERROIS

Paris rr

Place du Louvre Les sanctuaires dont nous allons parler maintenant se trouvaient tous à l'intérieur des murailles du XIIIème siècle, à l'exception de Saint-Paul-desChamps, Saint-Nicolas-des-Champs et Saint-Sauveur. (Saint-Thomas-duLouvre se trouvait comprise entre les deux remparts, comme l'église SaintHonoré). A l'origine, on trouve à l'emplacement de l'église actuelle, une chapelle fondée: - soit par saint Landry, mort en 656, à l'époque mérovingienne, et inhumé dans ce modeste oratoire; - soit par sainte Geneviève, décédée en 576 à l'endroit où elle aurait rencontré Saint-Germain l'Auxerrois, son père spirituel, qui vécut entre 378 et 448. Trois édifices religieux parisiens portèrent le toponyme de Germain durant la période médiévale: - l'église Saint-Germain-le-Vieux, dans l'île de la Cité, - l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, hors des murs, - Saint-Germain-le-Neuf, que nous venons de mentionner. On érigea une première construction en pierre, à la fin du VIIème ou au début du VIIIème siècle, utilisée comme forteresse par les Normands lors de leur invasion en 885, détruite l'année suivante -la rue des Fossés-Saint-Germain (Perrault) garderait la trace de cette situation. Puis on construisit un second sanctuaire, vers l'an Mil, sous le règne de Robert le Pieux. Celui que nous voyons aujourd'hui date des XIIème, XIII et XVème siécles. Un cloître l'entourait, traversé par quelques ruelles, notamment celles du TroncBernard, ou celle de Gui-de-Dam, dont les toponymes varièrent.

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EGLISE SAINT-EUSTACHE

Paris 1er

Rue Coquillère Plus au nord que la précédente. La population de cet endroit augmentait sans cesse. Au début du XIVème siècle, Jean Alais, chef des joueurs de "Mystères", prêta au roi Philippe II l'argent pour faire édifier une chapelle, d'abord dédiée à sainte Agnès, jeune chrétienne de Palerme martyrisée à Rome en 262 ap. J.C. (elle n'avait que 13 ans). Cet édifice se situait à l'angle de la voie qui menait à Montmartre et le chemin qui devint la rue "Trainée" (puis Rambuteau). Quelques années plus tard, ce sanctuaire où l'on avait déposé les reliques de saint Eustache (chef militaire martyrisé en 130 ap. J.C. et qui fut enfermé dans un taureau d'airain chauffé à blanc) prit le patronyme de ce nouveau supplicié. Au XVème siècle, devant un nouvel accroissement démographique, l'église s'agrandit encore. Elle devint ainsi la plus grande église parisienne après NotreDame. On y célébrait, notamment, les saints patrons de la corporation des Halles voisines, en particulier ceux des marchands de marée. En effet, la rue du comte (ou de la comtesse) d'Artois -future rue Montorgueil, aboutissait tout près du chevet de Saint-Eustache et constituait la dernière section du transport des produits de la mer, en provenance de la Manche, voire de la mer du Nord. Deux nécropoles se rattachaient à cette église: la première devant la porte principale actuelle, au débouché de la rue du Jour; l'autre se situait vers le n023 de notre rue du Bouloi.

CHAPELLE SAINT-JULIEN-DES-MENETRIERS

Paris ime

168-170 rue St Martin La précédente église se situait près du rempart du XIIIème siècle: celle que nous évoquons se trouvait plus à l'est, au-delà des portes Saint-Denis et SaintMartin, mais aussi voisine de la muraille. Sous le règne de Philippe VI le Valois, en 1330, deux musiciens ambulants, Jacques Grare et Huet Le Lorrain, firent construire rue des Petits-Champs-SaintMartin (au niveau des n0168-170 de la rue Saint-Martin) un hospice auquel fut rattachée une chapelle. La confrérie des batteIeurs, musiciens et jongleurs s'installa à proximité: ce fut l'église Saint-Julien-des-Ménétriers. Deux bienheureux, plus ou moins légendaires, peuvent revendiquer le patronyme de ce sanctuaire: Saint-Julien-l'Hospitalier, chasseur cruel, à qui un cerf aurait prédit qu'il tuerait son père et sa mère, ou bien Saint-Julien, compagnon de Saint-Genest, comédien à Rome.

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La confrérie des ménétriers fut supprimée en 1776, puis la chapelle détruite pendant la révolution.
Paris 3ème 254 rue St Martin Située plus au nord que la précédente, mais hors les murs du XIIIème siècle.

EGLISE SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS

A l'origine, une chapelle très modeste fut élevée à la hauteur du n0254 de notre rue Saint-Martin, au Xlème siècle sous le règne d'Henri 1er, à la fois pour les serviteurs du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, et aussi pour les paysans d'alentour. Un petit bourg s'était constitué à cet endroit, avec à sa tête un Maire (cf. rue Au Maire). Agrandie, elle devint église paroissiale, en 1184, sous le règne de Philippe Auguste. Devenue trop exiguë encore, on la remplaça par un nouvel édifice au XIIIème siècle. On continua à la remanier jusque sous le règne de Louis XIII. On se rappelle que saint Nicolas, évêque de Myre au IVème siècle, connut une grande popularité durant le Moyen-Age...

EGLISE SAINT-SAUVEUR
183 rue St Denis

Paris 3ème - 2 rue St SatrVeur

Elle se situait au niveau des 2 et 4 bis de la rue du même nom, et à l'angle de la rue Saint Denis (n0183). Saint Louis la fit édifier, et elle devint paroissiale à la fin du XIIIème siècle. Un cimetière la jouxtait, près d'une petite place qui la précédait. Elle disparut au début du XIXème siècle.
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EGLISE SAINT-JOSSE A l'angle de la rue Quincampoix l'actuel n018.

Paris

Rue Aubry Ie Boucher et de la rue Aubry le Boucher, au niveau de

Construite vers 1235, à l'époque de saint Louis, elle devait servir d'annexe à l'église Saint-Laurent. On l'érigea en cure en 1260. Très modeste, elle s'élevait à l'endroit où se serait dressé un oratoire commémorant le séjour de Saint-Josse, fils d'un roi de Bretagne, venu à Paris au VIIème siècle avec son compagnon Saint-Fiacre. Elle était l'église paroissiale des jardiniers. Elle disparut vers 1792.

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EGLISE SAINT-LEUFROY

OU LIOFROY

Paris 4ème Place du Châtelet

Qui se trouvait incluse dans le périmètre du Châtelet. Elle datait du XIIème siècle (citée dans un acte de 1113 sous Louis VI le Gros). Le curé de Saint-Jacques-de-Ia-Boucherie officiait à Saint-Leufroy, mais son chapitre dépendait de Saint-Germain-des-Prés. Nous connaissons ses dimensions: 24 mètres sur 10, environ. Elle devint cure en 1246, sous le règne de saint Louis, fut reconstruite au XIIIème et au XIVème siècle, et détruite sous Louis XIV, en 1684. On relate une anecdote à son sujet: le 24 Octobre 1382, sous le règne de Charles V, un vol de "ferrailles" s'y produisit. Le délit fut jugé si grave qu'on pendit l'auteur. Dernier détail: elle renfermait une pierre en forme de mitre, qui était l'étalon du poids du roi pour peser le blé et les farine.

EGLISE SAINTE-OPPORTUNE

Paris ime

Place Ste Opportune Une des seules de la rive droite à être dédiée à une sainte. Elle eut pour origine un modeste ermitage baptisé Notre-Dame-des-Bois. Des miracles s'y produisirent vers la fin du IXème siècle. Louis le Bègue offrit alors le sanctuaire à Hildebrand, évêque de Séez, chassé de son diocèse par les Normands afin qu'il y dépose la relique de sainte Opportune, abbesse d'Alménèche (dans l'actuel département de l'Orne), morte en 770, à l'époque de Charlemagne. Hildebrand remplaça alors l'oratoire primitif par une chapelle, à laquelle on ajouta une église. On déposa les reliques de la sainte dans une châsse somptueuse, promenée en grande pompe avec les autres saints protecteurs de Paris, lors de processions solennelles. La première mention de ce sanctuaire date de 1108, à l'époque de Louis VI le Gros. En 1154, Louis VII le Jeune légua aux chanoines de Sainte-Opportune une très vaste étendue de terrains depuis l'église Saint-Paul jusqu'à la colline Chaillot! En 1225, sous Louis VIII le Lion, elle devint église paroissiale. Elle présentait un plan rectangulaire, sans transept, avec un chevet à trois pans. Au sud de la nef, une grande chapelle s'enfonçait dans le cloître. Le chœur de l'église était réservé aux chanoines. Au XVème siècle, époque de foi exacerbée et de fascination pour la mort, l'église accueillit des recluses. Ces femmes s'y enfermaient volontairement dans des logettes ouvertes sur le cloître; l'une d'elle, Agnès du Rocher, fille d'un

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négociant de la rue Thibotodé, y entra sous le règne de Charles VI en 1403, à l'âge de 18 ans et y mourut à 87 ans en 1487, sous Louis XI. De nos jours, ce sanctuaire s'étendrait du débouché de la rue Courtalon, sur la place Sainte-Opportune, jusqu'à la rue Sainte-Opportune. Un cloître la longeait au sud. Elle fut supprimée en 1797. Elle était le siège de la confrérie des brodeurs, de celles des chapeliers et des potiers d'étain (corporations qui ne se ressemblent guère).

LA VOIE SACREE,

RUE SAINT -DENIS

De nombreux édifices religieux bordent cette voie, la plus importante de la rive droite, dans l'axe nord-sud de Paris, empruntée notamment par les somptueux cortèges officiels, lors des entrées, des mariages ou des obsèques royaux. Elle se dirigeait, en effet, vers la célèbre basilique où se déroulaient nombre de cérémonies et où l'on conservait les attributs du pouvoir, comme l'épée ou la main de justice, utilisés lors des sacres à Reims. Depuis le rempart septentrional jusqu'à la Seine on rencontre ainsi les sanctuaires suivants:
Paris 4ème Rue du Cygne On édifia cette chapelle en 1235, à l'époque de saint Louis, comme succursale de l'église Saint-Barthélémy-de-la-Cité. Elle fut reconstruite sous le règne de Philippe V le Long, en 1320 ou 1322.
EGLISE SAINT-LEU - SAINT-GILLES

Saint-Leu (ou Loup) était évêque de Troyes v.383-478; Saint-Gilles bienheureux, plus ou moins légendaire, populaire dans le midi de la France vers le VIIIème siècle ( ?).

EGLISE DU SAINT-SEPULCRE Sa première pierre fut posée Louis de Clermont, duc de actuelle -des terrains pour y de la Confrérie de Pélerins adjoindre un hôpital destiné

Paris 4ème 60 rue St Denis le 18 Mai 1326, sous le règne de Charles IV le Bel. Bourbon, acheta ici - au niveau du n060 de la rue construire une église ou se réuniraient les membres de Terre-Sainte, dont il était le chef. Il voulait y aux pélerins se rendant ou venant de Palestine.

Elle disparut pendant la révolution. 22

ABBAYE SAINT-MAGLOIRE

Paris 4ème 80 rue St Denis Ce couvent se situait à l'emplacement des n080-82 de la rue Saint-Denis

actuelle. Au Xème siècle, au temps de Hugues Capet, les chanoines de l'église de SaintBarthélémy dans la Cité, dont nous venons de parler possédaient ici une chapelle sous le vocable de Saint-Georges-des-Bois. Sous le règne de Lothaire (941-986), l'église Saint-Barthélémy reçut en dépôt le corps de saint Magloire, évêque de Dol (en Bretagne), mort au VIIème siècle. L'abbaye "insulaire" quitta l'île de la Cité en 1138, sous le règne de Louis VII le Jeune pour s'installer dans sa propriété de la rue Saint-Denis. Sa chapelle communiquait avec le cloître au sud; son réfectoire était parallèle à l'église. Son cimetière, situé à l'intérieur des bâtiments conventuels, constituait l'une des premières nécropoles hors les murs (avant l'édification de la muraille de Philippe Auguste).
Les derniers vestiges de cette abbaye ont disparu au XIXème siècle.

EGLISE DES SAINTS-INNOCENTS

Paris ime

43-45 rue St Denis A l'origine, un oratoire jouxtait le cimetière des Saints-Innocents, une fois encore avant la construction du mur du XIIIème siècle. Il avait été dédié à saint Michel, archange du Jugement Dernier. En 1137, Louis VI le Gros, remplaça ce modeste édifice baptisé bientôt après "des Saints-Innocents", en l'honneur des enfants massacrés en Judée sur l'ordre d'Hérode. Elle fut agrandie sous Philippe Auguste; on ajouta ensuite une chapelle à son bas-côté sud, dédié à saint Michel, en souvenir de la chapelle originelle. Les merciers -en l'honneur de saint Louis- et les balanciers (fabricants de balances et vénérant saint Michel) en firent leur église patronale. Une religieuse de l'hospice Sainte-Catherine voisin (à l'angle de la rue des Lombards) entra dans un reclusoir, comme celui que nous mentionnions à propos de l'église Sainte-Opportune. Elle se nommait Alix-la-Bourgotte. Elle y entra en 1420, sous le règne de Charles VI et y mourut 46 ans après, soit en 1466, à l'époque de Louis XI. Elle ne vécut ni le traité de Troyes, qui livrait la France aux Anglais, ni le miracle de Jeanne d'Arc, ni sa mort, ni l'occupation anglaise, ni même la reconquête de Charles VII. L'église fut reconstruite en 1787, en même temps que le célèbre cimetière attenant.
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EGLISE SAINT-JACQUES-DE-LA-BOUCHERIE

Paris 4ème Square de la Tour Sf Jacques

Eglise patronale non seulement des bouchers, mais aussi des cloutiers. Celle des bouchers prit une grande importance dans ce quartier, surtout à partir du règne de saint Louis. Sanctuaire construit au Xème siècle, qui devint paroissial en 1119, du temps de Louis VII le Jeune; réédifié au XIème et au XIVème siècles. Un grand bienfaiteur de cette paroisse fut Nicolas Flamel, qui habitait dans le voisinage de la rue des Ecrivains.

A l'origine, le clocher de cette église était fort simple -très différent de celui qui nous pouvons voir actuellement. Sa tour carrée datait du XIIIème siècle. Contre sa base, se trouvaient deux échoppes appartenant à Nicolas Flamel; les murs extérieurs du sanctuaire, au nord, étaient bordés de logettes d'écrivains publics (d'où son nom). Près du clocher, face à la rue Marivaux, s'élevait le portail latéral, construit en 1389. Le célèbre juriste y était représenté avec Pemelle, sa femme, tous deux agenouillés au pied de la Vierge, à laquelle saint Jacques présentait Nicolas, et Saint Jean Baptiste, Pemelle. Au XIIIème siècle, se trouvaient, à l'ouest, deux entrées de l'église: l'une se nommait "porte de la Pierre-Au-Lait" (du nom de la rue des Ecrivains dont un tronçon était baptisé ainsi) ; l'autre était placée sous une avancée et se nommait "du Porche" (ou du Crucifix). Ce porche soutenait le presbytère, pourvu d'un escalier à vis qui aboutissait à l'intérieur de l'église. Le vestibule, voûté, servait de lieu de plaidoirie. En 1454, sous Charles VII, on abattit cette construction pour dégager la façade de l'église. Pour terminer, ajoutons que ce sanctuaire mesurait 31 mètres de long sur 15 de large. Fermé en 1790, elle fut démolie à partir de 1797. Rappelons qu'il existe plusieurs saints qui portent le même patronyme: - saint Jacques l'apôtre (dit le "Mineur"), - saint Jacques, un autre apôtre (dit "le Majeur"), celui que l'on vénère à Compostelle, - saint Jacques l'Intercis, né en Perse. L'église fut dédiée, probablement, à Saint-Jacques-le-Majeur, très respecté au Moyen-Age.

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