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Histoire de l'Égypte moderne

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630 pages
Berceau d’une des plus anciennes civilisations, l’Égypte est aussi une jeune nation. Ce livre en raconte l’éveil au cours des deux derniers siècles. Après un XIXe siècle brillant et prometteur, l’Égypte fait l’expérience malheureuse de la sujétion coloniale. Débarquées en 1882, les troupes britanniques ne quittent définitivement le sol égyptien qu’en 1956. Au triomphe de Nasser sur les puissances coloniales cette année-là succèdent les désillusions. L’indépendance n’empêche pas la poursuite d’une guerre de trente ans avec Israël. Finalement signée en 1979 à Camp David, la paix ne tient pas ses promesses de prospérité. Tout au contraire, une fois refermée la parenthèse socialiste, les inégalités sociales progressent de nouveau, sous l’effet de la croissance démographique. Après la brève efflorescence du « printemps égyptien » de 2011, l’Égypte renoue avec un pouvoir autoritaire. Cependant, les Égyptiens ont peut-être posé, dans cet entrebâillement révolutionnaire, un nouveau jalon vers la liberté politique…
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Anne-Claire de Gayffier-Bonneville
Histoire de l'Égypte moderne
L'éveil d'une nation e e (XIX-XXIsiècle) Inédit
Champs histoire
© Flammarion, 2016 Dépôt légal : ISBN Epub : 9782081388949
ISBN PDF Web : 9782081388956
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081386792
Ouvrage composé et converti par Meta-systems (59100 Roubaix)
Présentation de l'éditeur Berceau d’une des plus anciennes civilisations, l’É gypte est aussi une jeune nation. Ce livre en raconte l’éveil au cours des deux derni ers siècles. Après un XIXe siècle brillant et prometteur, l’Égypte fait l’exp érience malheureuse de la sujétion coloniale. Débarquées en 1882, les trou pes britanniques ne quittent définitivement le sol égyptien qu’en 1956. Au triom phe de Nasser sur les puissances coloniales cette année-là succèdent les désillusion s. L’indépendance n’empêche pas la poursuite d’une guerre de trente ans avec Israël . Finalement signée en 1979 à Camp David, la paix ne tient pas ses promesses de p rospérité. Tout au contraire, une fois refermée la parenthèse socialiste, les inégali tés sociales progressent de nouveau, sous l’effet de la croissance démographique. Après la brève efflorescence du « printemps égyptie n » de 2011, l’Égypte renoue avec un pouvoir autoritaire. Cependant, les Égyptiens on t peut-être posé, dans cet entrebâillement révolutionnaire, un nouveau jalon v ers la liberté politique…
Agrégée et docteur en histoire, Anne-Claire de Gayf fier-Bonneville est maître de conférences, spécialiste de l’histoire du Moyen-Ori ent contemporain. Après plusieurs années aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, elle ens eigne à l’Inalco-Université Sorbonne Paris Cité. Son ouvrage L’Échec de la mona rchie égyptienne 1942-1952 (Le Caire, IFAO) a reçu le prix Joseph du Teil 2011 de l’Académie des sciences morales et politiques.
Uu MÊME AuTEuR
Sécurité et coopération militaire en Europe, 1919-1 955, oûvrage coordonné par Anne-Claire de Gayffier-Bonneville, Cahiers d'Histoire d e Saint Cyr-Coëtqûidan, L'Harmattan, 2005. L'Échec de la monarchie égyptienne, 1942-1952, Le Caire, Institût français d'archéologie orientale, 2010. Prix Joseph dû Teil de l'Académie des sciences morales et politiqûes 2011. Les Minorités ethniques, linguistiques et/ou cultur elles en situations coloniale et post-coloniale (XVIIIe-XXIe siècle), oûvrage dirigé par Anne-Claire de Gayffier-Bonnev ille, Samya El Mechat et Éric Gojosso, Poitiers, LGUJ, 20 15.
Histoire de l'Égypte moderne
L'éveil d'une nation e e (XIX-XXIsiècle) Inédit
À mes enfants, Lorraine, Blandine, Jean-Baptiste et Agnès
NOTE SUR LA TRANSCRIPTION DES MOTS ET NOMS ARABES
Pour ne pas dérouter le lecteur, nous avons choisi de laisser aux chefs d'État (Nasser, Sadate, Moubarak, Mohammed Morsi), aux per sonnages et aux lieux géographiques les plus connus, tel Le Caire, Alexan drie, Ismaïlia, l'orthographe couramment adoptée dans les ouvrages en langue fran çaise. Pour les mots et noms dont aucune orthographe n'est familière au public français, un système de translittération allégé, plus fidèle, a été préféré. Les accents circonflexes sur les voyelles a, i et u indiquent une voyelle lo ngue.
AVANT-PROPOS
Il y a longtemps qu'une histoire générale de l'Égyp te contemporaine n'a été écrite en langue française. L'Histoire de l'Égypte,publiée en 2002 par Bernard Lugan, brosse un bref panorama de l'histoire égyptienne depuis les o rigines ; deux « Que sais-je ? », L'Égypte moderneà Nada Tomiche, et dû Histoire de l'Égypte moderne écrit par Maxime Chrétien, qui traitent spécifiquement de l'h istoire contemporaine du pays, sont parus respectivement en 1976 et 1950. Plus ambitieu x, le dernier volume de l'Histoire de la nation égyptienne, sous la direction de Gabriel Hanotaux, remonte à 1 936 et achève son étude en 1882. Une telle lacune est d'autant plus surprenante qu'i l existe une tradition de curiosité et de sympathie du grand public français à l'égard de l'Égypte. Cet intérêt reflète les liens nombreux et étroits, plus souvent amicaux que confl ictuels, que la France et l'Égypte ont noués, malgré leur éloignement, au cours des de ux derniers siècles. C'est pourquoi n o t r eHistoire de l'Égypte raconte reégalement, par petites touches, une histoi française de l'Égypte dont nous nous reconnaissons héritière. Cette relation spéciale débute avec la campagne d'É gypte à la fin du XVIIIe siècle. Tandis que les savants français commencent à exhume r des sables la civilisation de l'ancienne Égypte, les victoires de ses soldats pro voquent un ébranlement à l'origine de la modernisation du pays. C'est au lendemain de cet épisode inaugural que nous avons choisi de commencer notre récit. Le 14 juille t 1801, les Français vaincus quittent Le Caire sous les yeux du futur gouverneur d'Égypte , Méhémet Ali, qui n'est encore qu'un obscur officier macédonien de l'Empire ottoma n. Ce moment est un passage de témoin car Méhémet Ali n'aura de cesse, une fois pa rvenu au pouvoir, de moderniser et de renforcer l'Égypte, en particulier avec l'aid e des Français. Outre les préambules de l'égyptologie et l'élan de modernisation, l'expédition a déposé en terre d'Égypte une troisième semence dont ce livre raconte la germination longue et difficile : les deux derniers siècles de l'histoire égyptienne peuvent être lus comme la naissance d'une nation. L'Égypte est certe s le berceau, dans ce miracle de verdure que le Nil a rendu possible entre désert Li byque et Sinaï, d'un des plus vieux peuples du monde connus, mais elle est aussi le pay s d'une jeune nation, si l'on donne à ce mot la même acception que Renan dans sa célèbr e conférence de 1882, à savoir un groupe humain uni consciemment par sa volonté de vivre ensemble et de présider lui-même à son destin. Méhémet Ali jette les fondements d'un État moderne, à l'instar des pays européens ou de l'Empire ottoman au même moment. Il reprend l e contrôle de la terre et de la fiscalité, impose un monopole sur le commerce. Il m et en place un début d'administration qui s'appuie sur la population loc ale et constitue une armée sur le principe de la conscription. À cet effort de transf ormation des structures de l'État, la population de la vallée du Nil se trouve ainsi asso ciée. L'Égypte s'organise et conquiert une autonomie de plus en plus grande à l'égard de l a Sublime Porte. La puissance de l'Égypte est telle qu'à deux reprises, dans la prem ière moitié du XIXe siècle, l'armée de Méhémet Ali affronte les forces du sultan ottoman e t les écrase mais, respectueux du cadre impérial, le gouverneur d'Égypte ne réclame p as l'indépendance du pays. Il assure uniquement la transmission du pouvoir sur la vallée du Nil au sein de sa famille. Pour Ernest Renan, cette dimension dynastique est très importante dans la constitution d'une nation : « Il est vrai que la plupart des nat ions modernes ont été faites par une famille d'origine féodale, qui a contracté mariage avec le sol et qui a été en quelque sorte un noyau de centralisation ». Dans le cas égy ptien, les descendants de Méhémet
Ali conserveront le pouvoir jusqu'à la proclamation de la République en 1953. Le roi Fârûq ayant abdiqué en juillet 1952 en faveur de so n tout jeune fils. Bien qu'originaire de Kavala en Macédoine, cette dynastie a porté le p rojet de modernisation du pays et partagé l'aspiration grandissante des Égyptiens à s 'affranchir de la suzeraineté ottomane, puis à se libérer de la tutelle européenn e. La déposition du khédive Ismâ‘îl par le sultan en 1 879 et, trois ans plus tard, l'intervention militaire britannique viennent inter rompre le processus d'accession de l'Égypte à la souveraineté. Toutefois, l'installati on des troupes britanniques dans la vallée du Nil, le contrôle du pays par des fonction naires étrangers et le mépris affiché par le consul général pour le peuple égyptien favor isent la diffusion d'un sentiment national dans toutes les couches de la société. Cél ébré par Mustafâ Kâmil mais également porté par le khédive Abbâs Hilmî, le sent iment de former une communauté, l'« âme » qu'évoque Ernest Renan pour parler de la nation, s'exprime une première fois en 1906 lors du scandale suscité par la répression brutale des villageois de Dinchwây. La Première Guerre mondiale, par les sacrifices – p lus matériels qu'humains, il est vrai – qu'elle impose à la population, contribue à le ré activer. De 1919 à 1922, les Égyptiens se mobilisent derrière le Wafd pour obten ir leur indépendance. La ferveur du sentiment national et la violence de son expression obligent les Britanniques à satisfaire les demandes de la population. Mais l'indépendance obtenue n'est que partielle, le s Britanniques restent présents dans de nombreux secteurs de l'administration et co nservent une force militaire importante dans la vallée et sur les bords du canal de Suez. Le processus de conquête d'une souveraineté entière se prolonge ainsi jusqu' au-delà de la Seconde Guerre mondiale et fortifie le sentiment national. « Avoir souffert, joui, espéré ensemble, estimait Ernest Renan, voilà ce qui vaut mieux que des douanes communes et des frontières conformes aux idées stratégiques […] oui , la souffrance en commun unit plus que la joie. » Sans doute, mais la fierté – qui est une sorte de joie – de leur grandeur passée réunit également les Égyptiens lorsque, en 1 922, est découvert le trésor de Toutankhamon. L'été 1956 constitue, à n'en pas douter, un moment clé de l'histoire égyptienne. L'Égypte, tout à la fois, accède, avec le départ de s derniers soldats britanniques et la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez, à une indépendance complète et fait l'expérience, pour la première fois de son his toire moderne, d'une communion étroite de la nation et du pouvoir. Nasser, à ce mo ment-là, incarne la nation égyptienne et son refus d'être plus longtemps humiliée, diminu ée, dominée. Encore aujourd'hui, un grand nombre d'Égyptiens continue de voir en Nasser , celui de la seconde moitié des années 1950, un héros de l'histoire égyptienne, en dépit des désillusions et des efforts de ses successeurs pour le déconsidérer. Ce n'est p as sans raison que cette figure est actuellement de nouveau invoquée par un pouvoir en quête de légitimité. Les dernières années de la présidence de Nasser son t marquées par l'échec du projet arabiste et socialiste. Sadate puis Moubarak empruntent une autre voie, sans parvenir à recréer l'adhésion populaire que Nasser avait suscitée : leur vision d'une Égypte arrimée à l'Amérique n'est pas celle des Égy ptiens, dans leur majorité. La société ne se reconnaît pas dans ses dirigeants. À la nation égyptienne, il manque un projet qui la souderait. La nation, souligne Renan, n'est pas seulement un « héritage de gloire et de regrets à partager », elle est tout au tant « dans l'avenir, un même programme à réaliser ». L'élan est retrouvé, place Tahrîr en 2011, lorsque les Égyptiens descendent dans la rue pour renverser un pouvoir odieux et usé. Puis, ne sachant que faire de cette « révolution », ils se l aissent convaincre par la proposition