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Histoire de la Chine Antique (Tome 2)

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422 pages
Cet ouvrage présente l'histoire de Chine antique des origines, en partie mythique, jusqu'à la fin des Printemps et Automnes où les pensées telles que le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme émergent. Des récits d'histoires insolites, tantôt véridiques, tantôt légendaires comme des moments de dépaysement total. Ce premier tome nous amène dans le passé de la Chine des temps antiques de ses tout débuts à la fin du règne de Qi'Hua'n Gong.
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Tome 2
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À ma fille À mes neveux et nièces À tous les jeunes transplantés
Le jour où il leur arrivera de vouloir remonter jusqu’aux sources
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Chapitre I
L E R È G N E H É G É M O N I Q U E D E J I ` N D E 6 4 2 À 5 9 7 AV. J . - C .
L A P I T E U S E M É S AV E N T U R E D E S O ` N G X I A N G G O N G
 Dans les dernières années de 640 (av. J.-C.) la disparition de Qi’ Hua’n Gong a laissé un grand vide au sein de la communauté seigneuriale de l’époque. Après sa mort en effet et pratiquement jusqu’à la fin de ce siècle, ses nombreux enfants n’ont pas cessé de se disputer le pouvoir. À tour de rôle, quatre d’entre eux ont réussi à monter sur le trône mais affaiblis par ces déchirements internes ils n’ont pas pu être vraiment présents sur la scène « internationale » chinoise. La place d’hégémon était donc à prendre et le candidat le plus vite déclaré fut So`ng Xiang Gong – le Seigneur le Méritoire de So`ng (650-636 av. J.-C.). L’ambition de Xiang Gong était née à la conférence des seigneurs de Kui’ Qiu en 650. Comme nous l’avons vu, cette année-là Qi’ Hua’n Gong s’était décidé à nommer héritier légitime l’un des plus jeunes de ses fils, le prince Zhào le futur Qi’ Xiào Gong (642-632 av. J.-C.). Cependant comme il avait laissé un peu trop longtemps traîner les cho-ses, il était quasiment certain qu’après sa disparition ses autres enfants ne manqueraient pas de remettre son choix en question. En marge de la conférence, il eut donc un entretien privé avec le seigneur de So`ng pour lui demander de bien vouloir le moment venu donner un coup de main au dauphin qu’il venait de désigner. Hua’n Gong lui faisait confiance car quand il n’était que prince héritier, il s’était montré noble et désintéressé. De sa propre initiative il venait trouver son frère Mù Yi’ pour lui proposer sa place. Il jugeait son aîné plus méritant et plus sage et il pensait que l’origine modeste de sa mère n’était pas un mo-tif suffisant pour le priver de l’héritage successoral. Mù Yi` déclina sa proposition et ce fut à contrecœur que Xiang Gong s’était fait ensuite introniser. Maintenant touché par la démarche du seigneur de Qi’, il ne put que l’assurer de tout son dévouement.
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Comme c’était à redouter, avant même son dernier soupir, dès l’en-trée en agonie de Qi’ Hua’n Gong, les troubles éclatèrent. Voulant de-vancer tout le monde, son fils le plus âgé le prince Wu’ Kui vint s’em-parer du sceau seigneurial pratique ment sur son corps puis, appuyé par les eunuques gardes du palais, il se proclama successeur de droit comme de fait. Zhào le dauphin réussit à s’échapper de justesse. Il par-tit se réfugier chez les So`ng. Fidèle à sa promesse leur seigneur lui prêta aide et assistance. Cependant avoir le futur seigneur de Qi’ sous sa coupe donnait for-cément des idées. Xiang Gong était disposé à venir à son secours mais en même temps il pensait pouvoir s’en servir comme marchepied pour se hisser à la place d’hégémon devenue vacante. Avec ce calcul en tête, plutôt que d’accorder tout de suite une escorte armée à son poulain, il préféra envoyer une circulaire à tous ses collègues leur demandant de se joindre à lui pour aider l’héritier légitime de Qi’ à récupérer ses droits dans une noble action de défense du Yi` - de l’équité et de l’impres-criptibilité de la loi communautaire. Le rendez-vous était fixé à l’année suivante.
Au printemps de l’an 642 (av. J.-C.) So`ng Xiang Gong parvint à remplir de façon exemplaire sa mission d’assistance. Après avoir pro-voqué l’assassinat de Wu’ Kui et balayé les armées privées à la solde de ses frères, il a réussi à faire son entrée dans la capitale de Qi’ pour y installer selon les règles le prince Zhào sur son trône. Il était ensuite retourné chez lui sans avoir rien exigé de sa part. Mais son projet de se faire admettre comme le coordinateur des sei-gneurs était tombé à plat. Sa circulaire a été ignorée par la presque tota-lité d’entre eux. Ils voyaient trop clair dans son jeu. Pour venir l’assister dans son opération chevaleresque de remise en ordre, il n’y avait que le petit seigneur de Ca’o. Il était son voisin et il risquait le cas échéant une punition immédiate et sévère. En plus de ses troupes, il y avait celles de Wey et de Zhu. Mais ces deux dernières étaient emmenées par de simples officiers. Personnellement, le seigneur de Wey avait un problème de conscien-ce. Suite aux ravages causés par les barbares, son pays n’avait pu se relever à l’époque que grâce à l’aide de Qi’ apportée par Wu’ Kui. Mais Wey Wén Gong considérait qu’il ne lui devait rien et qu’il n’avait fait qu’exécuter les ordres de son père. Plutôt que de se ranger du côté de ce candidat issu d’une princesse Wey, il décida de respecter la volonté de Hua’n Gong et venir en aide - mesurée, à l’héritier qu’il s’était choisi. Quant à Zhu, la principauté ne comptait presque pas car son seigneur n’était qu’un Fù Yong – un vassal secondaire.
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Devant le refus de ses collègues de l’agréer comme leur chef d’or-chestre, Xiang Gong se disait qu’il lui faudrait reprendre le problème à la base. Il prit le parti de commencer par renforcer son potentiel en es-sayant de rallier derrière lui d’abord les Dong Yi’ – les peuplades barba-res de l’est. Il les convoqua à une conférence de chefs d’état qui devrait avoir lieu dans le sud de la principauté de Ca’o. Lors de cette rencontre, seuls lui-même, le maître des lieux et son collègue le seigneur de Téng seraient tenus d’être présents du côté chinois. Au jour dit il n’y avait que l’organisateur et son hôte. Son vassal de Téng n’arriva que deux jours plus tard.
Xiang Gong souhaitait marcher dans les pas de Qi’ Hua’n Gong. Mais il jugeait sa méthode basée sur le consensus trop longue et pas assez efficace. Pour être plus expéditif il préférait faire preuve d’autorité et de sévérité. Afin de montrer à tous qu’il ne badinait pas avec la disci-pline il fit mettre aux arrêts le seigneur de Téng pour son léger manque de ponctualité. Quant aux barbares, ils furent encore plus négligents. Le premier à se présenter fut le chef des Céng qui s’était laissé désiré non pas durant quelques jours mais carrément quelques semaines. Ulcéré et sorti de ses gonds, le seigneur de So`ng imagina de faire de lui un exemple. Il le garda prisonnier et le jour des célébrations en l’honneur du génie fluvial local il l’utilisa comme victime sacrificielle devant les autels. Du coup, les autres chefs Yi’ ne se risquèrent plus à venir. Plutôt que d’aller les chercher en lançant une opération punitive, Xiang Gong préféra admettre son échec et rentrer chez lui bredouille. Il avait suffisamment encore de lucidité pour comprendre qu’une expédition militaire dans une région mal connue et en grande partie inexplorée risquait de lui réserver bien des surprises.
Ses deux tentatives infructueuses ne découragèrent guère le seigneur de So`ng. Mais il changea à nouveau son approche. Pour faire venir à lui ses collègues et donner un meilleur poids à ses injonctions, il s’adressa au seigneur de Qi’ et au roi de Chü. Il comptait naïvement sur l’autorité dont ils disposaient en même temps que sur leur complaisance à lui laisser jouer le premier rôle. Il les invita chez lui à Lù Shàng pour leur proposer une démarche commune. Qi’ Xiào Gong avait une dette morale envers lui. Il s’empressa de se rendre à son invitation. Quant au roi de Chü il a vite fait de percer à jour ses intentions, à vrai dire fort puériles. Mais il y voyait une op-portunité pour étendre son influence aux principautés du Zhong Yua’n jusque-là la chasse gardée de Qi’ Hua’n Gong. Il y venait lui aussi.
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Lors de cette rencontre à trois, So`ng Xiang Gong soumit à ses deux invités un projet de circulaire. Mais le document était déjà signé de sa main et à la première place. Le voyant, le roi de Chü commença à faire quelques difficultés. Il finit cependant par y apposer sa griffe avec un petit sourire moqueur. Quant au seigneur de Qi’ il refusa sèchement. Comme il était l’obligé de Xiang Gong il acceptait volontiers de lui céder le pas mais non au souverain de Chü, de toujours le rival de son pays. Bouillant de colère contenue il rentra directement chez lui dès la fin de la journée.
Au reçu de la circulaire signée par le roi de Chü, les seigneurs de sa zone d’influence n’osèrent pas se dérober. Ils furent donc cinq à rendre auprès de So`ng Xiang Gong et de Chü Chéng Wa’ng : ceux de Chén, de Cài, de Zhèng, de Xü et de Ca’o. Par contre à l’image de Qi’ ceux de Wey et de Lü qui appartenaient au Zhong Yua’n proprement dit brillè-rent par leur absence. À l’ouverture de la conférence Xiang Gong se proposa comme pré-sident de séance. Il prenait argument sur son titre de Gong – duc, et sur le fait que le roi de Chü avait usurpé le sien. Rappelons que selon la réglementation des Zhou, seuls les descendants directs des dynas-ties ayant régné sur la Chine avaient droit à ce premier grade de Gong dans leur hiérarchie nobiliaire. Quant aux Chü à l’origine ils n’avaient obtenu que le titre de Zï – baron. Devenus prospères et puissants ils voulurent avancer en grade et en distinction. Devant le refus obstiné royal, ils décidèrent de sortir du système des Zhou. Ils se proclamèrent carrément rois leurs égaux.
Chü Chéng Wa’ng – le roi de “L’Accomplissement” de Chü (671-625 av. J.-C.) ne se donna pas la peine de polémiquer avec So`ng Xiang Gong. Il se tourna vers les seigneurs présents pour leur demander pour qui ils venaient ? L’assemblée répondit avec ensemble que c’était pour obéir à ses ordres. Sur cette réponse, le roi de Chü fit signe aux hommes de sa suite lesquels enlevèrent prestement leurs habits de cour pour apparaître en uniforme de combat. Leur chef sortit agiter son drapeau. Un millier de soldats Chü placés en embuscade firent leur apparition. Ils pénétrèrent en force dans la salle de réunion et ligotèrent en un tourne main le pau-vre seigneur de So`ng qui n’eut plus que ses yeux pour pleurer.
Chü voulut par la suite monnayer sa libération et rançonner son pays. Mais la Cour de So`ng mit le prince Mù Yi` sur le trône et refusa toute négociation. Chéng Wa’ng envoya les soldats de son escorte as-
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