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Histoire de la didactique des langues au siècle des Lumières

De
565 pages
L'enseignement des langues pose des problèmes pédagogiques dont on débat depuis des siècles. C'est l'histoire de ce questionnement que retrace Jean-Antoine Caravolas dans cet ouvrage de référence conçu pour les chercheurs et les praticiens qui s'intéressent au passé de leur discipline.
Ce deuxième tome de l'histoire de la didactique des langues traite de l'époque cosmopolite par excellence — le siècle des Lumières — où cette discipline connaît un important regain d'intérêt. L'apprentissage des langues, vivantes ou mortes, apparaît alors comme essentiel à la formation de l'honnête homme et à la diffusion des Lumières. La première partie de ce livre présente, regroupés par pays, les recherches et les débats sur la didactique des langues ; on y assiste entre autres aux débuts de cette discipline en Amérique. La seconde partie est une anthologie thématique qui donne des extraits significatifs des textes de ses principaux penseurs.
Jean A. Caravolas est spécialisé dans l’histoire de la didactique des langues et dans l’étude de l’œuvre de Jan Amos Coménius. Il est, entre autres, l’auteur du livre Le Gutenberg de la didacographie, ou Coménius et l’enseignement des langues (1984), du Point sur l’histoire de l’enseignement des langues -3000 à 1950 (1995), et de nombreux articles parus dans les grandes revues internationales. Il dirige aussi le Bulletin Coménius publié par la Société canadienne d’études coméniennes.
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de REVUE_DE_L-OCCIDENT_MUSULMAN_ET_DE_LA_MEDITERRANEE

Extrait de la publicationHISTOIRE DE LA DIDACTIQUE
DES LANGUES AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
Précis et anthologie thématique
Jean-Antoine Caravolas
PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL
GUNTER NARR VERLAG TÛBINGEN
Extrait de la publicationPage laissée blanche
Extrait de la publicationÀ mon épouseDonnées de catalogage avant publication (Canada)
Caravolas, Jean
Histoire de la didactique des langues au siècle des Lumières : précis
et anthologie thématique
(Éducation et formation)
L'ouvrage complet comprendra 3 t.
Publ. en collab. avec : G. Narr
Comprend des réf. bibliogr. et des index.
Sommaire: [t. 1, v. 1] Précis d'histoire :1450-1700 - [v. 2]
Anthologie 1 : À l'ombre de Quintilien -t. 2. Le siècle des Lumières.
Tübingen: Narr; Montréal: Presses de l'Université de Montréal,
2001 (Giessener Beiträge zur Fremdsprachendidaktik)
ISBN 2-7606-1779-3 (t. 2, v. 1) Presses de l'Université de Montréal
ISBN 3-8233-5311-X Gunter Narr verlag Tübingen
1. Langage et langues - étude et enseignement - Histoire. 2. Langues
anciennes - Étude et enseignement - 3. Langues modernes - Étude
et enseignement - Histoire. 4. Langage et éducation - Histoire.
5. Langage et langues - Étude et enseignement - Anthologies.
I. Titre. II. Collection.
P51.C36 1994 407 C94-940664-3
e
Dépôt légal : 4 trimestre 2000
Bibliothèque nationale du Québec
© Les Presses de l'Université de Montréal, 2000
Cet ouvrage a été publié grâce à une subvention de la Fédération
canadienne des sciences humaines et sociales, dont les fonds
proviennent du Conseil de recherches en sciences humaines du
Canada.
Les Presses de l'Université de Montréal remercient le ministère du
Patrimoine canadien du soutien qui leur est accordé dans le cadre
du Progamme d'aide au développement de l'industrie de l'édition.
Les Presses de l'Université de Montréal remercient également le
Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des
entreprises culturelles du Québec (SODEC).
Extrait de la publicationListe des signes et des abréviations
* Traduction de Jean A. Caravolas.
DAB Dictionary of American Biography.
DBF Dictionnaire de biographie française, sous la direction de M. Prévost et Roman
d'Amat, Librairie Letouzay et Ané, Paris, 1951.
BUAM Biographie Universelle ancienne et moderne, sous la direction de Fr. Michaud (1854/
1968): Biographie Universelle
DNB Dictionary of National Biography, Oxford.
DBE Deutsche Biographische Enzyklopädie, Herrausgegeben von Walter Killy,
K.G. Saur, New Providence, London, Paris,
1995NBG Nouvelle Bibliographie générale... publiée par MM. Firmin-Didot et Cie sous la
rdirection de M. le D Hoeffer, Paris, MDCCCLXXVII.
RDUNP Robert Dictionnaire universel de noms propres, Paris.
DBDI Dizionario Biografico degli Italiani (1964-).
ADB Allgemeine Deutsche BiographiePage laissée blanche
Extrait de la publicationRemerciements
Je tiens à remercier ici tous ceux qui m'ont aidé dans la préparation de ce livre, en
premier lieu mon épouse, non seulement pour sa patience mais aussi pour sa
collaboration dans la collecte des données et la révision du manuscrit.
J'ai une dette particulière à l'égard de M. Pierre Tzourio, qui cette fois encore
n'a épargné ni son temps ni sa peine pour lire plusieurs fois mon manuscrit et mes
traductions de l'anglais, et m'aider de ses conseils et de ses suggestions.
J'aimerais remercier également le professeur Christopher Stray (Université de
Swansea, Grande-Bretagne) qui m'a communiqué des renseignements sur
l'enseignement du grec et du latin en Angleterre ; les professeurs Maria Salema
(Université de Minho, Portugal), Claire Le Brun-Gouanvic (Université Concordia,
Montréal) et Marcel de Grandpré (Université de Montréal), David Schattschneider
(Moravian Collège, Bethlehem, USA) et M. Simon Busbib (Montréal) qui m'ont
aidé à traduire certains textes. De même je remercie le professeur Gilles Bibeau
(Université de Montréal) pour ses conseils judicieux, M. Daniel Beaudin,
meinformaticien, pour son aide technique, M Marie Brisebois et M. Laurent
Perrault de la Bibliothèque des lettres et sciences de l'Université de Montréal.
Finalement, je remercie le Conseil de recherches en sciences humaines du
Canada sans l'appui duquel ce livre n'aurait pu être écrit et publié.
Extrait de la publicationPage laissée blancheIntroduction
I. Une nouvelle formule
Le Précis d'histoire de la didactique des langues au siècle des Lumières et 1' Anthologie
thématique qui le suit représentent le second volet d'une trilogie intitulée Précis
d'histoire de la didactique des langues, qui doit décrire l'évolution de cette vieille
discipline depuis les origines jusqu'à nos jours. Le premier volume parut, il y a six
ans, aux Presses de l'Université de Montréal, en deux volumes séparés. Le premier
tome, le Précis, traitait de l'enseignement et de l'apprentissage des langues en
Europe et en Amérique du Nord de 1450 à 1700; le second, qui était intitulé A
l'ombre de Quintilien et couvrait la même période, était une anthologie de textes
sur le même sujet.
Le présent ouvrage, conçu à l'origine suivant l'approche du premier, devait lui
aussi comporter deux volumes. Des considérations d'ordre pratique ont amené
l'éditeur à regrouper les deux parties.
Le lecteur comprendra dès lors que le titre a dû être modifié et qu'à la
différence du premier il ne comportera qu'un seul index et une seule bibliographie
figurant en fin de volume, le lexique bio-bibliographique étant lui aussi reporté. Il
faut espérer que ces modifications ne dérouteront pas trop les lecteurs du premier
ouvrage
II. Le Précis
Le Précis d'histoire occupera donc la première partie de ce tome, l'Anthologie la
seconde. L'objectif visé dans ce volume est la description des théories didactiques
et des méthodes et techniques d'enseignement utilisées au siècle des Lumières.
Mon but reste toujours de fournir au lecteur un instrument de consultation
pratique et fiable, des références concises, impartiales et aussi complètes que
possible sur les pédagogues des langues et leurs théories ou pratiques.
Extrait de la publicationXii HISTOIRE DE LA DIDACTIQUE DES LANGUES AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
J'essaie de présenter une image globale de l'état de la pédagogie des langues au
eXVIII siècle et non pas d'écrire une histoire exhaustive de la discipline. L'objet du
Précis étant historique et didactique, je ne m'occupe des sciences dites affiliées que
très brièvement et seulement lorsque cela me paraît absolument nécessaire.
Contrairement à ceux qui doutent de l'utilité de l'histoire ou qui la voient
comme une «science laborieusement inutile», je partage l'avis de Coménius
(1648), de Mackey (1971), de Stern (1983), de Titone (1993) et d'autres éminents
spécialistes qui la considèrent comme un des piliers de cette discipline millénaire.
L'utilité pratique de la connaissance de l'histoire pour la pédagogie des langues
n'est pas le seul point sur lequel les opinions divergent. En effet, on discute
toujours s'il faut appeler la discipline « didactique des langues », « pédagogie des
langues », « languistique » ou « didactologie ». Si elle est une discipline autonome ou
une discipline encore en émergence. Si elle est une science ou un art, ou les deux.
Quel est son objet ? etc.
Ici, j'utilise «didactique des langues» et «pédagogie des langues» comme
synonymes, tout en étant conscient que leur signification n'est pas tout à fait la
même (voir Legendre 1993:358). Pour ma part, je préfère utiliser « didactique des
langues », entre autres par respect pour J. A. Coménius (1592-1670), l'auteur de la
1Methodus linguarum novissima (1648) , l'ouvrage qui a posé les fondements
théoriques de cette vieille discipline.
Par didactique des langues, j'entends «les activités qui visent à assister
l'apprentissage des langues» (Stern 1983:21). Cette définition est certes trop
générale, mais elle suffit pour les besoins de mon livre. Les activités en question
sont inspirées de l'expérience de nos prédécesseurs, des acquisitions de la
linguistique, de la psychologie, des sciences de l'éducation, etc., ainsi que des possibilités
offertes par la technique. Dans les onze chapitres qui forment la première partie de
ecet ouvrage, je décris les activités qui étaient pratiquées au XVIII siècle. Chaque
chapitre est consacré à un pays ou à une région géographique, sauf le chapitre 9,
réservé aux Jésuites. Le caractère cosmopolite de la Société de Jésus, l'uniformité
du programme d'études et l'identité des méthodes d'enseignement en vigueur
dans leurs collèges justifient, à mon avis, cette décision.
J'ai choisi l'approche synchronique, convaincu qu'elle se prête mieux à la
réalisation de mon objectif que la présentation diachronique, habituelle dans des
ouvrages de ce genre. Elle permet au lecteur d'acquérir une image générale de
l'évolution de la discipline dans chaque région étudiée et de mieux apprécier la
contribution de chaque peuple à l'avancement de la discipline durant la période
envisagée.
1. La Methodus Hnguarum novissima vient d'être traduite du latin en français par Honoré Jean, avec
l'aide de Gilles Bibeau, linguiste et didacticien des langues, Claire Le Brun, latiniste et médiéviste,
et Jean Caravolas, historien de la didactique des langues et coméniologue.
Extrait de la publicationINTRODUCTION xiii
À cette fin, je divise tous les chapitres en quatre sections. Dans la première, je
résume le contexte socio-culturel dans lequel l'enseignement et l'apprentissage des
langues s'est déroulé. Cette section me semble indispensable, tous les lecteurs
n'étant pas nécessairement familiers avec l'histoire de tous les pays dont il est
question dans le Précis. Pour la même raison, je décris dans la deuxième section la
situation dans le domaine de l'éducation et son évolution au cours du siècle. Pour
la rédaction de ces deux sections j'utilise une multitude de sources : des
dictionnaire (Robert, Larousse), des dictionnaire historiques (Mourre), des encyclopédies
(Universalis, Britannica) des dictionnaires pédagogiques (Buisson, Monroe), des
ouvrages sur l'histoire des pays concernés et des monographies sur les événements
mentionnés dans mon texte. La liste des références est longue : on la trouvera dans
la bibliographie. Dans la troisième section, je montre comment étaient enseignées
les langues anciennes et, dans la quatrième, comment étaient enseignées les
langues modernes. Pour écrire ces deux sections, les plus importantes de chaque
chapitre du livre, je m'appuie essentiellement sur les informations contenues dans
les manuels de l'époque. J'examine principalement la conception qu'avaient les
auteurs de la langue, de l'enseignement et de l'apprentissage des langues, du rôle
du maître, de l'élève, de la méthode et du manuel. Toutefois, comme il est
impossible de savoir aujourd'hui, par une observation directe, si ces derniers et les
maîtres qui utilisaient leurs textes faisaient vraiment ce qui y est recommandé et
avec quel résultat, il faut prendre la parole de ces ouvrages avec quelque prudence.
Les cahiers d'élèves, les rapports d'inspecteurs, les mémoires d'anciens élèves, les
illustrations et autres documents ou objets qui auraient pu nous fournir des
renseignements complémentaires précieux n'ont pas encore été répertoriés et ont
rarement fait l'objet d'études détaillées.
Malgré mes nombreux efforts, je n'ai pas réussi à consulter tous les
documents que j'aurais souhaité, car ils sont éparpillés dans des dizaines de
bibliothèques à travers le monde. Du reste, je n'ai pas toujours pu tirer le profit que j'aurais
voulu de tous les textes consultés, la langue dans laquelle ils sont écrits m'étant
souvent inconnue. Il existe aussi des auteurs et des ouvrages qui auraient mérité,
plus que certains autres, une place dans ce Précis ; s'ils n'y figurent pas, c'est soit
parce que j'ignore leur existence soit parce que je n'ai eu connaissance de leur
œuvre que trop tardivement.
Dans les cas où, pour une raison ou une autre, je n'ai pas pu lire un ouvrage
dans l'original ou en traduction, j'utilise les renseignements et les citations fournis
dans les monographies, les essais ou les articles qui m'étaient accessibles. Je
n'oublie pas alors d'indiquer ma source (par exemple: Pinloche 1889) et de
donner la référence complète dans la bibliographie.
Extrait de la publicationXiv LA DIDACTIQUE DES LANGUES
III. Anthologie thématique II
L'Anthologie thématique qui suit contient des citations tirées d'auteurs qui, au
eXVIII siècle, ont écrit sur l'enseignement et l'apprentissage des langues en Europe
ou en Amérique du Nord. La seule exception est la lettre de Pline le Jeune
(v.61v.114) à Fusco sur la meilleure façon d'apprendre les langues où l'orateur romain
explique à son interlocuteur l'importance de la traduction, plus précisément de la
traduction double. Étant donné la place qu'occupé la traduction dans la pédagogie
des langues au siècle des Lumières, et vu que le texte célèbre de l'auteur romain
n'est cité d'habitude que fragmentairement, par la phrase : « Utile in primis, et
multi prœcipiunt, vel ex Grœco in Latinum vel ex Latino vertere in Grœcum »
(« L'une des meilleures manières, selon l'avis de beaucoup de gens, c'est de traduire
du grec en latin, ou du latin en grec »), j'ai jugé utile de reproduire la lettre de Pline
en entier et de la placer au début de l'Anthologie.
Les autres citations contenues dans ce volume ont été tirées principalement
des livres que j'ai pu consulter. Je les ai distribuées selon les quinze thèmes abordés
dans l'Anthologie lorsqu'elles me paraissaient apporter une réponse originale ou
intéressante aux questions qui y étaient soulevées.
Mon objectif était de présenter au lecteur une image de la pensée et de la
pratique didactique à l'époque envisagée ici, d'une façon aussi représentative que
possible. On constatera pourtant que la majorité des quelque cinquante auteurs
retenus sont d'origine française. Il ne pouvait en être autrement.
D'éminents pédagogues et grammairiens français, s'inspirant de l'École de
ePort-Royal, développent, au XVIII siècle, plusieurs variantes de la méthode
d'enseignement des langues anciennes. Certains favorisent plutôt une approche
philosophique (tels Du Marsais, Beauzée), d'autres sont plus attachés à la tradition (tels
Rollin, Pluche, Lhomond). Les deux tendances exercent sur les professeurs de
langues et sur les auteurs de manuels de l'époque une influence considérable, aussi
bien à l'intérieur du pays qu'à l'étranger.
La didactique des langues vivantes, par contre, retient peu l'attention des
Français. Comme elles sont étudiées par un nombre restreint d'individus, la
demande de livres pour les apprendre est relativement faible et la quantité de
manuels écrits par des auteurs français, pour le public français et imprimés en
France, est restreinte. Les traités théoriques consacrés à leur enseignement et à leur
apprentissage, quant à eux, sont pour ainsi dire inexistants.
En dehors de la France, toutefois, la situation est bien différente. Profitant du
prestige dont jouit la culture française en Europe au siècle des Lumières, des
centaines de Français et de Françaises quittent leur patrie et se rendent en
Angleterre, en Allemagne, en Russie et même en Amérique, où leurs services comme
secrétaires, précepteurs, maîtres de français ou gouvernantes sont très recherchés.
Extrait de la publicationINTRODUCTION XV
Plusieurs composent pour leurs élèves des manuels, des dictionnaires, des
dialogues et autres textes pédagogiques et les publient dans leur nouveau pays de
résidence.
Généralement, ces auteurs répètent ce que d'autres ont écrit avant eux, et
leurs livres sont vite oubliés. Certains toutefois (ceux de Goudar en Italie, de
Chantreau en Espagne, de Perrin en Angleterre) connaissent des dizaines
d'éditions des deux côtés de l'Atlantique. Comme les Français dominent le marché du
travail et du livre scolaire, ce sont leurs idées, leurs méthodes d'enseignement et
leurs publications qui s'imposent et servent de références partout où la langue
française est étudiée.
Les auteurs d'origine non francophone sont représentés de manière inégale
dans l'Anthologie en raison, principalement, de l'inaccessibilité de certains de leurs
ouvrages ou de la barrière linguistique. Cela ne m'empêche cependant pas de citer
certains de ces auteurs à partir de monographies (par exemple celle de Pinloche)
ou d'articles (par exemple ceux de Weller, de Schröder, etc.), lorsqu'ils s'y réfèrent.
Autant que je sache il n'existe pas en ce moment d'autre Anthologie
thématique de ce type. Tous les lecteurs y trouveront, réunis pour la première fois en
un volume, une abondante collection de textes captivants sur les questions
fondamentales de la pédagogie des langues aujourd'hui difficilement accessibles, oubliés
ou inconnus.
J'espère que, malgré les oublis et les erreurs qui se seront inévitablement
glissés dans le Précis et l'Anthologie, les lecteurs seront heureux de trouver un
grand nombre de renseignements utiles et peu connus sur le passé de la didactique
des langues. J'ose croire, malgré tout, que cet ouvrage de synthèse permettra aux
professeurs des langues une meilleure compréhension des problèmes que connaît
actuellement la didactique des langues, et aux spécialistes de trouver une réponse
convaincante à la question de Radonvilliers : « Comment est-il donc arrivé que la
plupart des arts moins utiles & d'un usage moins étendu, ont été perfectionnés, &
que l'art d'étudier les Langues n'a fait aucun progrès?» (1768:Préface).
Extrait de la publicationPage laissée blanche
Extrait de la publicationPREMIÈRE PARTIE
PRÉCIS HISTORIQUEPage laissée blanche
Extrait de la publicationCHAPITRE I
La Grande-Bretagne
eOn a dit que le xvm siècle était français. C'est vrai pour la culture. Pour le reste,
il est anglais. L'Angleterre devient la première puissance économique, politique et
militaire de la terre. L'Empire britannique s'étend du Canada à l'Australie, en
passant par Gibraltar, le Sénégal et l'Inde. La marine anglaise domine les océans.
La France, l'Espagne et les Pays-Bas voient leurs colonies passer, l'une après l'autre,
aux mains des Anglais.
Aperçu historique
Avec la création de cet immense marché, les manufactures se transforment en
usines, les outils manuels sont remplacés par des machines de fer et d'acier, et au
labeur des hommes et des bêtes de somme se substitue l'énergie de l'eau, de la
vapeur, sauf dans les colonies où le travail des esclaves est considéré plus
profitable. À la même période s'achève en Angleterre la destruction des petites
exploitations agricoles. Les familles des paysans quittent la campagne et elles
espèrent trouver des emplois dans les usines et les mines.
C'est le temps de la révolution industrielle. Alors que les capitalistes anglais
accumulent des fortunes immenses, la masse du peuple vit dans une misère
aujourd'hui inimaginable. Chercher à adoucir la souffrance des plus démunis par
des œuvres philanthropiques n'est pas toujours bien vu par le beau monde, ni sans
risques. Le vent conservateur qui souffle dans le pays depuis la Restauration de
1660 dure jusqu'à l'avènement au trône de George III (1760). Toutefois, la classe
dirigeante défend opiniâtrement ses droits et privilèges et finit par se libérer de
l'autorité royale. Le Premier Ministre n'est plus responsable de ses actes devant le
roi mais devant le Parlement, ce qui suscite en Europe l'admiration des
intellectuels et l'envie des bourgeois.4 HISTOIRE DE LA DIDACTIQUE DES LANGUES AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
En politique étrangère, la Grande-Bretagne cherche à consolider et à agrandir
son empire colonial, et à protéger sa suprématie sur les mers, dans le commerce et
l'industrie. Elle y parvient, entre autres, par une série de guerres contre l'Espagne,
1
les Pays-Bas et surtout la France, sa principale rivale . Elle ne réussit pas, il est vrai,
à mater la révolte des colonies américaines qui, en 1783, accèdent à l'indépendance
(traité de Versailles), mais cette perte est compensée par la conquête du Canada, la
colonisation de l'Australie et l'établissement de rapports économiques privilégiés
avec les États-Unis.
Parallèlement aux succès militaires, économiques et politiques, on assiste à
l'épanouissement spectaculaire de la culture et de la science anglaises. L'Angleterre
edu xvm siècle donne au monde des écrivains comme Daniel Defoe (1660-1731),
des romanciers comme Henry Fielding (1707-1754), Laurence Sterne
(17131768), Samuel Johnson (1709-1784), Oliver Goldsmith (1728-1774); des poètes
2comme Alexander Pope (1688-1744), Thomas Chatterton (1752-1770), William
Wordsworth (1770-1850), Samuel Taylor Coleridge (1772-1834), William Blake
(1757-1827), Robert Burns (1759-1796); des peintres comme William Hogarth
(1697-1764), Joshua Reynolds (1723-1792), Thomas Gainsborough (1727-1788) ;
des philosophes tels George Berkeley (1685-1753?), David Hume (1711-1776);
l'économiste Adam Smith (1723-1790) ; le mathématicien, physicien et astronome
Isaac Newton (1642-1727), etc. La Grande-Bretagne devient la concurrente de la
France même dans le domaine de la culture.
La situation dans le domaine de l'éducation
En Angleterre, après la Restauration (1660), les réformes entamées pendant la
période révolutionnaire (1640-1660) par les puritains sont arrêtées. Les nouveaux
maîtres du pays prennent des mesures strictes («Act of Uniformity», 1662, «Five
Mile Act», 1665, purges dans les écoles, les universités et les églises) afin de rétablir
le contrôle de l'Église anglicane sur les établissements scolaires. La qualité de
l'enseignement en souffre, ce qui mène à la diminution des effectifs des
3« Grammar Schools » et des universités .
1. Guerre de la Succession d'Espagne (1701-1714), guerre de la Succession d'Autriche (1740-1748),
guerre de Sept Ans (1756-1763), guerre contre les colonies américaines qui luttent pour leur
indépendance (1775-1782), guerres contre la France révolutionnaire jusqu'à la défaite de
Napoléon à Waterloo (1815), qui affaiblissent ses principaux rivaux, l'Espagne, les Pays-Bas et
surtout la France.
2. On dit que Pope avait appris seul le français, l'italien, le latin et le grec si bien qu'il put traduire
en vers anglais l'Iliade d'Homère.
3. « The history of éducation from thé Commonwealth to thé death of George II (1760) is a dismal
story» (L'histoire de l'éducation depuis leh jusqu'à la mort de George II en 1760
est une triste histoire). G. Sampson, 1972:416.)
Extrait de la publication5LA GRANDE-BRETAGNEh5
Les bourgeois, mécontents, envoient leurs enfants dans les «académies
dissidentes» et les autres écoles privées, où sont enseignées, outre les matières
traditionnelles, des matières pratiques et aussi les langues vivantes. Graduellement
cependant ces établissements tombent aussi en désuétude, faute d'appui de la part
des autorités civiles ou religieuses. Les fils d'aristocrates, eux, fréquentent les
académies des nobles où ils apprennent, selon les modèles italien et français, les
sciences et les arts chevaleresques (mathématiques, géographie, danse, escrime,
langues modernes, etc.).
Il est nécessaire de ne pas oublier que les élèves qui, en Grande-Bretagne,
fréquentent les écoles secondaires, publiques ou privées, les universités ou les
académies dissidentes, représentent à cette époque, comme partout ailleurs en
Europe, une infime minorité issue, en règle générale, de familles aisées.
En Ecosse presbytérienne, par contre, se développe à la même époque un
système d'éducation nationale, où les langues vivantes et autres disciplines
scolaires jugées utiles occupent une place non négligeable. Cette évolution n'est
pas sans rapport avec l'extraordinaire essor économique et culturel que connaît ce
epetit pays dans la seconde moitié du xvm siècle, quand l'Ecosse devient le
deuxième «centre des lumières de l'Europe», après Paris (Bowen 1986,
vol. 3:149).
Les filles de bonne famille fréquentent en nombre grandissant les écoles
privées pour jeunes filles. On en trouve non seulement à Londres mais aussi dans les
grandes villes de province. On y enseigne outre la lecture, l'écriture et le calcul,
l'histoire sainte, l'histoire, la géographie, la musique, la danse, le français, et autres
disciplines jugées nécessaires aux futures épouses et mères. La langue
d'enseignement est l'anglais. Les élèves l'apprennent de manière formelle. Les auteurs
des manuels de grammaire utilisés dans ces écoles sont souvent des femmes : A
New Grammar: Being thé Most Easy Guide to Speaking and Writing thé English
Language Correctly (1745) d'Ann Fisher, The Accidence: Or First Rudiments of
English Language [...} (1775) de E. Devis, The Child's Grammar [...] (1794) de
E. Fenn, etc. La connaissance de la grammaire de la langue maternelle est
considérée indispensable pour parler et écrire correctement, et extrêmement utile
pour l'apprentissage des langues étrangères, notamment du français (Percy 1994).
Les enfants du peuple qui ont de la chance vont à l'école élémentaire, appelée
école anglaise (« English School »). Les autres restent illettrés. Ils travaillent dans les
mines et les usines dans des conditions inhumaines. Le capitalisme naissant a
besoin de main-d'œuvre bon marché et ce sont les garçons et les filles du peuple
qui la lui procurent. Les écoles de charité («Charity Schools»), les écoles pour
enfants « en haillons » (« Ragged Schools ») et les écoles du dimanche que fondent
les philanthropes n'ont pas pour but d'instruire les jeunes prolétaires ni de les
aider à sortir de la misère. Elles leur enseignent le catéchisme, les prières et la
lecture, pour qu'ils trouvent dans la Bible la force de supporter leur cruelle
situation.L'enseignement des langues vivantes 314
L'anglais langue maternelle4
L'anglais langue seconde9
L'allemand langue maternelle 320de étrangère ou seconde3
L'enseignement du français 326
Les autres langues 330
Conclusion3
DEUXIÈME PARTIE
ANTHOLOGIE THÉMATIQUE II
Pline le jeune à Cornélius Fuscus 343
Thème 1. Apprendre une langue étrangère5
Thème 2. Enseigner uneee 369
Thème 3. Le rôle de la langue maternelle 379
Thème 4. Le rôle de la mémoire 385
Thème 5. Qu'enseigner ?9
Thème 6. Le problème de la grammaire 399
Thème 7. La correction des fautes 411
Thème 8. Le rôle de l'élève3
Thème 9. Le rôle du maître5
Thème 10. Apprendre le vocabulaire 421
Thème 11.e à lire une langue étrangère3
Thème 12. Apprendre à écrire une languee 433
Thème 13.e à parler unee étrangère 441
Thème 14. Apprendre à prononcer la languee 451
Thème 15. Autres questions 461
Lexique des noms propres 477
Index 495
Bibliographie 507
Extrait de la publicationAGMV Marquis
MEMBR E DU GROUP E SCABRINI
Québec , Canada
2000
Extrait de la publication