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Histoire de la province française de l'Ordre de Saint-Camille de Lellis

De
260 pages
Fondé par Camille de Lellis à Rome à la fin du XVIe siècle, l'Ordre des Serviteurs des Malades compte 55 communautés dans le monde. Il a pour objet l'assistance corporelle et spirituelle des malades. Sa Province de France a été créée à la fin du XIXe par des religieux italiens. Malgré l'exil de ses membres en Belgique, au début du XXe siècle, elle a contribué à la constitution des provinces allemandes et espagnoles de l'Ordre camillien. Ce volume présente son histoire de 1870 à 1935.
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JeanMarc Ticchi
Histoirde la province française de l’Ordre de Saint Camille de Lellis
Avantpropos d’Andrea Ciampani
Histoire de la province française de l’Ordrede Saint Camille de Lellis
Jean-Marc Ticchi
Histoire de la province française de l’Ordre de Saint Camille de LellisAvant-propos d'Andrea Ciampani
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01858-4 EAN : 9782343018584
Avant-propos Une histoire religieuse et sociale, nationale et européenne
À la suite de la réorganisation des Archives générales des Serviteurs de Malades conservées à Rome, un groupe de recherche européen a été constitué, en 2004, pour réaliser une étude globale de la situation de l’Ordre de saint Camille dans l’histoire moderne et contemporaine au gré du développement de ses diverses provinces. Une féconde succession de publications a débuté à cette occasion, auxquelles l’auteur du présent volume a participé, comme en témoignent les pages qui suivent. Pour décrire l’enracinement de « l’école de la charité » des Camilliens dans la société française, J.-M. Ticchi a su, en effet, dans ce volume consacré à l’histoire de la Province française de l’Ordre, tirer parti des archives de Rome, de Vérone et de Bry-sur-Marne, sans tomber dans l’apologétique ni sacrifier au goût du scandale. Dans ce travail d’archives, cependant, il ne se contente pas de s’appuyer sur la masse des documents trouvés, mais sait offrir une narration historique nourrie de propositions d’interprétation concernant l’histoire religieuse, sociale et politique. En mettant toujours au premier plan l’exercice du service aux malades, il insiste sur les relations des Camilliens avec les autorités civiles et ecclésiastiques, y compris le clergé séculier, de France. Du restel’expérience de l’Ordre, bien que de nature spirituelle, a laissé des traces ineffaçables dans le tissus social, par le service rendu à de nombreuses personnes qui, en raison de leur condition sociale ou de leur état de santé, ont apprécié la proximité des pères et des frères camilliens. C’est pourquoi le volume consacré à l’histoire de la province française s’insère, avec ses traits propres, dans l’historiographie qui a étudié la relation entre « perception subjective et reconstruction historique » de l’expérience pluriséculaire de l’Ordre de saint Camille. En suivant les phases du développement de la province dans une perspective essentiellement diachronique, on en retient les moments cruciaux comme l’ouverture ou la fermeture de maisons religieuses et de noviciats, enregistrant des données sur leur développement quantitatif, territorial et organisationnel. On retient, cela va de soi, comme particulièrement intéressantel’attention portée au moment auquel la province « de France », si l’on peut ainsi s’exprimer, devient province « française », c'est-à-dire un groupe social dont la direction est en mesure d’exprimer des priorités et une stratégie d’enracinement. En outre, la « nationalisation » de l’ordre apparaît liée à l’évolution de la situation politique et juridique française : on pense ici au rôle de la
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politique de laïcisation de l’Étatet aux péripéties qu’ont affronté les Camilliens durant et après la Grande Guerre. Le lecteur est ainsi conduit pour ainsi dire « par la main » en observant les événements de l’histoire camillienne que le livre met à jour pour la première fois-un mérite de ce travail-, à considérer des problématiques méthodologiques plus générales. On pense par exemple à la genèse et au développement de relations et de stratégies internationales d’un ordre religieux qui n’obéissent pas, entreXIXe et XXe siècles, à des décisions des États ou du Saint-Siège. Le lecteur est par conséquent conduit à étudier les dynamiques internationales en faisant référence à l’action d’entités sociales bien individualisées,en mesure d’entretenir des relations transnationales de façon autonome. Cette méthode permet d’effectuer des sondages en profondeur dans des relations internationales qui se déploient par-delà l’action diplomatique traditionnelle, commetel a été récemment le cas dans l’historiographie du mouvement syndical et dans l’histoire culturelle. Songeons à la problématique liée à la formation commune des religieux italiens, français et « allemands » (parmi lesquels existait un groupe important d’Alsaciens et de Lorrains) mais également wallons et flamands. Songeons aussi aux multiples relations entre la « province française » et ses maisons en Belgique et en Irlande. D’autres questions historiographiques viennent au jour à la lecture de l’histoire des Camilliens français : en étudiant les aventures d’un ordre religieux caractérisé par le quatrième vœu de servir les malades au risque de la vie, ce livre se place naturellement au confluent de l’histoire de la médecine et de celle du malade et de safamille. Il entre également dans des champs moins labourés de l’histoire de la miséricorde et de celle de la piété. Tout en conservant le caractère d’une synthèse, l’histoire de la province française de l’Ordre de saint Camille, qui se double de la liste chronologique des provinciaux et d’une bibliographie, est par conséquent un ouvrage innovant tant au plan du contenu qu’à celui de la méthode. Grâce au sens de la narration de l’auteur, de surcroît, le lecteur effectue, en le lisant, un voyage où il rencontre aussi bien les émotions, les dispositions individuelles et collectives, personnelles et institutionnelles de l’Ordre camillien qu’il traverse les frontières mobiles entre culture, religion, société et politique dans la France des XIXe et XXe siècles. Andrea Ciampani Professeur à la LUMSA, Rome
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Abréviations
Actes Burrus :Actes et lettres du R. P. Burrus, 1926-1935 ADIV :Archives départementales d’Ille-et-Vilaine ADL :Archives du diocèse de Lille AGMI :Archivio Generale dei Ministri degli Infermi, Rome HD :Historica Domorum EP :Epistolari delle provincie AD :Acta et Decreta, ACG :Atti della ConsultageneraleAloisii Tezza, Positio:Congregatio de Causis Sanctorum, prot. N. 1028,Romana[…]causa beatificationis et canonizationis servi dei Aloisii Tezza sacerdotis professi Ordinis Clericorum Min. Infirmis fundatorisCongregationis Filiarum S. Camilli (1841-1923), Positio super vita, virtutibus et fama sanctitatis, 2 vol., Tipografia Guerra, Rome 2000 AML : Archives de la Maison des Serviteurs des Malades de Lyon Chr. de Lyon :Chronique de la maison de Lyon, vol. 1920-1942 Autobiographie Ciman 1921: Copie du 24 octobre 1929 de l’autobiographie duP. G. B. Ciman datée du 2 mai 1921 APF : Archives de la Province de France des Serviteurs des Malades, Bry-sur-Marne Status:Status CC. RR. Ministr. Infirmis Provinciae Gallicae, 1 manuscritAPLV :Archivio della Provincia Lombardo-Veneta, Vérone
1  Cedocument contient les éléments biographiques sur les 853 Camilliens passés par l’Ordre, depuis leP. Charles Morel venu le premier en France en 1869 jusqu’à ceux entrés en octobre 1935. Rédigé sous le provincialat duP. Deloux, à partir de 1909 (Status,sous la notice consacrée au P. v.d’Amico, 46), il est indissociable de l’entreprise de formation et de conservation d’une mémoire et d’une conscience propre, d’une tradition, au sein de la Province de France lorsquecertains généraux s’interrogeaient sur sa pérennité. 9