//img.uscri.be/pth/3872774735e12c42f093bf927a019ed2a18bb270
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

HISTOIRE ET SOCIETES MAURES

270 pages
Ce deuxième cahier de la collection Ouest saharien présente des contributions mêlant les spécialités scientifiques de l'histoire à la sociologie, de l'ornithologie à la politologie. Ce volume s'attache à analyser la préhistoire de la Mauritanie, l'histoire sociale et religieuse de l'Oued Noun ou le commerce transsaharien médiéval, mais aussi à considérer les interactions entre Etats de l'Ouest saharien, autour des réalités politiques et de la difficile résolution des conflits post-coloniaux.
Voir plus Voir moins

Cahiers

L'OUEST SAHARIEN d'études pluridisciplinaires

L'Ouest saharien, c'est d'abord une notion géographique. n est limité selon Théodore Monod au nord par l'Oued Draa, à l'est par une ligne allant du coude du Draa à l'erg Chech et au Tanezrouft, au sud par le fleuve Sénégal et à l'ouest par l'Atlantique. Il s'étend sur le Maroc, l'Algérie, la République sahraouie, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali et le Niger. Par Ouest saharien on entend aussi l'aire culturelle maure hassanophone et ses voisins, Berbères du Sud Maroc, Négro-africains de Mauritanie et Touaregs. La collection « L'Ouest saharien» a pour but de ranimer l'intérêt et de stimuler la recherche ainsi que de créer des liens entre toutes celles et ceux qui s'intéressent à cette région. Cette série comprendra d'une part des cahiers pluridisciplinaires à parution irrégulière traitant un thème principal, auquel s'ajouteront des contributions diverses ainsi que des bibliographies et des notes de lecture. D'autre part la rédaction s'efforcera de mettre à disposition du public des documents inédits ou des rééditions d'ouvrages introuvables. La publication se veut indépendante, pluridisciplinaire, ouverte non seulement aux scientifiques et aux chercheurs de tous pays, mais aussi aux artistes, grands journalistes, anciens coloniaux, etc.

THE WESTERN SAHARA International Pluridisciplinary

Studies

Western Sahara is first a geographical term. According to Théodore Monod, it is limited to the North by the Wed Draa, East by a line from the elbow of the Draa to the Erg Chech and Tanezruft, South by the Senegal river and West by the Atlantic. Politically it includes Morocco, Algeria, the Saharawi Republic, Mauritania, Senegal, Mali and Niger. Western Sahara means also the Hassanophone Moorish cultural area, which includes the neighboring Berbers in Southern Morocco, Tuaregs and the Black Africans from Mauritania. The objective of the collection « The Western Sahara» is to elicit interest and stimulate research about this region, and bring together individuals who have an interest in this subject. Each issue will contain a main theme, as well as various contributions, a bibliography, book reviews, etc. Other volumes will publish original documents or texts that are difficult to obtain. The publication is independant, multidisciplinary, and aims to present material of the highest level. It seeks contributions not only from scientists and researchers of all countries, but also from artists, leading journalists, former soldiers in the the colonial forces, etc. The Studies will be published in French and English.

L'OUEST SAHARIEN
THE WESTERN SAHARA

Le comité de rédaction /The editorial board Pierre Boilley, Rahal Boubrik, Emmanuel Martinoli, Ali Omar Vara Le directeur de publication/The executive Emmanuel Martinoli editor

Le comité scientifique/The scientific consultants Luciano Ardesi (sociologue, Rome, I), Yahya ould Bara (Université de Nouakchott, RIM), Maurice Barbier (Université de Nancy-II, F), Edmond Bernus (géographe, ORSTOM, F), Christoph Brenneisen (géographe, Berlin, D), Sophie Caratini (URBAMA, Université de Tours, F), Abdel Wedoud Ould Cheikh (Université de Nouakchott, RIM), Monique Chemillier-Gendreau (Université de Paris-VII, Jussieu, F), Jarat Chopra (Brown University, Providence, USA), Wolfgang Creyaufmül1er (ethnologue, Aachen, D), Jean Fabre (géologue, Courchevel, F), Sidi Mohamed ould Hademine (Université de Nouakchott, RIM), Théodore Monod (naturaliste, Paris, F), Javier Morillas (Universidad San Pablo Ceu, Madrid, E), Rainer Osswald (Universitat Bayreuth, D), Christiane perregaux (Université de Genève, CH), Ulrich Rebstock (Universitat Freiburg, D), Carlos Ruiz Miguel (Universidade de Santiago de Compostela, E), Wolf-Dieter Seiwert (ethnologue, Leipzig, D), François Soleilhavoup (Professeur de sciences naturelles, spécialiste de l'art rupestre, Epinay-sur-Seine, F), Jürgen Taeger (Universitat Oldenburg, D), Daniel Volman (Mrica Research Project, Washington DC, USA), Yahia Zoubir (Thunderbird, Glendale, AZ, USA). Notes pour les auteurs: Les opinions exprimées n'engagent que leurs auteurs. Les contributions, en principe originales, sont à transmettre au secrétariat de la rédaction sous forme de disquette (3 1/2 in., Word) et d'une copie papier. Les règles s'appliquant aux notes de renvoi et à la bibliographie seront communiquées aux auteurs par le secrétariat de rédaction. La transcription des termes arabes est laissée au choix de l'auteur. La rédaction ne peut être tenue responsable en cas de perte ou de dommages aux manuscrits. Notes for contributors: Opinions eexpressed are solely those of authors. Articles should be original contributions and submitted to secretariat on a 3 1/2 in. disc in Word with a typescriPt. Instructions note style and references will be communicated to the authors demand. Transcription of arabic words is left to the choice of author. The editorial board cannot accept responsibility for damage or loss of manuscripts. Secrétariat, correspondance
2

the the on on the any

/Secretariat,

editorial

correspondance

Emmanuel Martinoli CP 2229 CH-2800 Delémont Tel. : + 41 32 422 87 17 Fax: +41 32 422 87 01 e-mai: martinoli@arso.org

Pierre Boilley 70, rue Laugier F-75017 Paris Tel. :+33 1 40 53 09 96 Fax: +33 1 40 53 09 96 e-mail: boilley@cicrp.jussieu.fr

L'OUEST SAHARIEN THE WESTERN SAHARA

Cahiers d'études pluridisciplinaires International Pluridisciplinary Studies
Vol. 2, 1999

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L' Harmattan Inc 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9

En couverture:

«Ahmed Saloum Ould Birahim Saloum, émir des Trarzas occidentales». Carte postale de 1911-1912, auteur: Tacher. Image tirée du CD de Georges Meurillon, «Cartes postales d'Mrique de l'Ouest (1895-1930)>>, Atlas du patrimoine, co-production Association «Images et Mémoires» et « Editions Mémoire directe ». Maquette de couverture: Atelier Rue du Nord, Delémont.

@ L'Harmattan, 2000 ISBN: 2-7384-9304-1

SOMMAIRE/SUMMARY

7

HISTOIRE ET socIÉTÉs MAURES MOORISH HISTORY AND SOCIETIES
Avant-propos/Forword HISTOIRE ET SOCIÉTÉS MAURES MOORISH HISTORY AND SOCIETIES
Robert Vernet La région de Nouakchott à lafin de la préhistoire: foccupation humaine

p.9

et le milieu

p.l5

Abdel Wedoud Ould Cheikh La caravane et la caravelle Lesdeux âges du commerce de l'Ouest saharien AhmedJoumani Sainteté et société à l'Oued-Noun Victor Morales Lezcano La question des frontières algéro-marocaines ses répercussions en Espagne (1845-1912) Zekeria Ould Ahmed Salem Une «illusion bien fondée» : la centralité de la mobilisation politique en Mauritanie et

p.29
p.71

p.l03

tribale

dans

l'action

p.127

Thomas de Saint Maurice Aspects des relations internationales autour du Sahara Occidental de 1991 à la mort de Hassan II ETUDES BIBLIOGRAPHIQUES

p. 157

BIBLIOGRAPHICALSTUDIES
Ulrich Rebstock La littérature mauritanienne: portrait d'un héritage négligé Bruno Lamarche et E. Clua Mauritanie, Ornithologie, Etude bibliographique
Luisa Benatti Biographies sahariennes: Isabelle Eberhardt et Odette

p.179

p.185

du Puigaudeau

p.213

8

L'OUEST SAHARIEN,

Vol. 2, 1999

NOTES DE LECTURE BOOK REVIEWS Ibrahim Al Koni Le saignement de la pierre, Jean Clauzel L'homme d'Amekessou, 1998 1999

p.243 p.244 p.245

Jean-François Daguzan Le dernier rempart? 1998 PaulPandolfi Les Touaregs Carla Perrotti Deserti, 1998 RoderickJ. McIntosh The Peoples of the Middle Niger, 1998
Ismaïl Sayeh Les Sahraouis, 1998

de l'Ahaggar,

1998

p.247 p.249

p.255 p.258
p.261

Abraham Serfaty Le Maroc, du Noir au Gris, 1998 OUVRAGES RECDS RECEIVED BOOKS Pierre Boilley Les Touaregs KelAdagh, Dépendances et Révoltes: du Soudanfrançais au Mali contemporain, 1999 Rahal Boubrik Saints et société en Islam: La confrérie ouest-saharienne Shykh Muusa Kamra Florilège aujardin de l'histoire Zuhûr al-Basâtîn, 1998

p.267

Fâdiliyya, des Noirs,

1999

p.268

p.268

Abdallah QuId Khalifa La région du Tagant en Mauritanie: L'oasis de Tijigja entre 1660 et 1960, 1998

p.269

AVANT PROPOS

9

AVANT-PROPOS
Pierre BOILLEY
Ce deuxième cahier d'études, plus particulièrement consacré aux sociétés maures et à la façade atlantique de l'espace sur lequel nous avons décidé de nous pencher, confirme la double vocation de la collection L'Ouest saharien: pluridisciplinarité d'une part, et études sur la très longue durée d'autre part. Ce volume présente en effet des contributions mêlant les spécialités scientifiques, de l'histoire à la sociologie, de l'ornithologie à la politologie, et aborde un vaste espace de temps, de la préhistoire aux enjeux les plus contemporains. Robert Vernet nous rappelle en premier lieu que cet espace occidental, peuplé depuis plus de six millénaires, a été de tous temps une «zonecharnière», tant sur le plan climatique que sur le plan humain, c'est-àdire une zone de contact pour des milieux et des modes de vie variés. La progressive et récente désertification, qui a majoritairement induit dans les zones sahariennes et sahéliennes un mode d'exploitation économique de l'espace basé sur l'élevage et le nomadisme pastoral, n'a cependant pas créé dans cette vaste région la coupure si souvent imaginée entre l'Mrique «blanche» et l'Mrique «noire». Les échanges n'ont pas connu de solution de continuité, notamment sur le plan commercial, comme nous le montre Abdel Wedoud Ould Cheikh pour le Sahara maure précolonial. Les grands axes transsahariens, par lesquels s'échangeaient le sel contre l'or et les esclaves à l'époque médiévale, ont certes été concurrencés à partir du xve siècle par le trafic atlantique où dominaient la gomme arabique et les textiles. Mais cette rivalité peut aussi être vue comme une complémentarité, et le négoce maritime n'a dominé que peu à peu les grandes caravanes sahariennes. Sous leurs apparences actuelles, ont-elles d'ailleurs totalement disparu? Le sel de Taoudenni ou de Bilma s'échange toujours contre d'autres denrées sur les rives du Sahel, et le trafic entre le nord et le sud, sur une plus grande échelle, est toujours vivant, bien que parfois clandestin... Le trafic caravanier fut aussi le support des échanges culturels et, comme chacun sait, de l'islamisation progressive des rivages méridionaux du Sahel. Le prestige croissant de cette nouvelle religion fut porté par l'installation, dans les villes-relais et les <ports» du commerce transsaharien, des marchands musulmans, et fut relayé par les constructions politiques qui ont fait le lien entre le nord et le sud du Sahara. Le mouvement almoravide, issu du Sud-Ouest saharien au début du XIe siècle, unifia ainsi un vaste territoire au-delà même de l'Afrique, depuis le fleuve Sénégal et la Mauritanie actuelle jusqu'à l'Espagne

10

L'OUEST SAHARIEN,

Vol. 2, 1999

musulmane. Ahmed Joumani montre que ce mouvement accrut encore la densité des échanges et la prospérité qui en découlait, notamment par l'exemple de Noul Lamta, dans l'Oued Noun. Mais le prestige de cette cité et surtout de ses saints, attesté par les voyageurs arabes, était déjà important avant l'action des «gens du ribat». A. Joumani s'attache particulièrement, à travers l'exemple de Mohamed ibn Amrou al-Lamtî, à décrypter l'itinéraire d'un saint médiéval, la construction de son charisme et les réalités sociales qui en découlent. Le concept de sainteté est décrit comme l'expression ou la cristallisation des traumatismes et des crises vécus par les groupes humains de la région, qui investissaient le saint du maintien de la structuration du groupe. Il était ainsi facteur de médiation et de cohésion sociale, et son aura lointaine en était renforcée. L'histoire retentit de ces contacts sahariens qui montrent à l'évidence que le «grand désert» a toujours été un espace lié, un espace de contact. Citons notamment, au-delà des Almoravides, la conquête du Soudan à la fin du XVIe siècle par l'armée d'Ahmad Al-Mansur sous les ordres du renégat espagnol Djuder, qui permit la domination sa'adienne sur la Boucle du Niger, et l'installation dans la région de la dynastie des Arma, descendants des pachas marocains. L'histoire contemporaine à son tour oblige à reconnaître l'imbrication des réalités politiques, économiques et culturelles à travers le Sahara. Ce volume s'attache ainsi à considérer les interactions entre les Etats de l'Ouest saharien, autour des réalités politiques et de la difficile résolution des situations et des conflits postcoloniaux. Thomas de Saint Maurice revient ainsi sur le dossier le plus difficile concernant l'ensemble de la région, celui de la décolonisation inachevée du Sahara Occidental, et en analyse les enjeux et les perspectives complexes, tant nord-africains et sahariens qu'africains. Si les acteurs principaux en sont la République arabe sahraouie démocratique et le Maroc, ce conflit difficilement pris en main par l'ONU possède un caractère international clair, où la communauté mondiale, la Libye et l'Algérie comme la Mauritanie jouent tous leur propre jeu. Les événements ont montré que des frictions anciennes entraient aussi en ligne de compte, telles que celles des frontières algéromarocaines, étudiées dans leurs dimensions coloniales par Victor Morales Lezcano. Elles rejaillissent sur le présent des sociétés maures, analysées ici pour la Mauritanie par Zekeria Ould Ahmed Salem. C'est en définitive le caractère d'espace relationnel, mis en avant dans l'introduction du premier volume de cette collection, qui est ici illustré une nouvelle fois...

Nous remercions

David Styan pour la traduction

anglaise

des résumés.

.-.

Ë~ ~t:

~~

~ V) cu

cu V) CI)

~ ~ ~

.

z
g
\.....................

.~ <
(Ij ::s o ..r::: (Ij E-

N cu "0

~ ~ ~

~

~
:;;

~ :;;;

5

.~ ;........... 's
~....

.......

.,

~
. .. ... ..... .

!
:.S
......

~............

~. ~
~

o ~ d

.

~
~

~
::!:

~

.\
!.;~..\

. ]
.I.i-.!
.
.

~

.

.J

i:

.~

_..

...J __.

-.....-.

J

:<..:..! Î

. I
C!::!:

"I
..

~.
ü-

:

.;JJ.
m...h 'i1

~.

ii5

.

~
~ <~.
~

ê

~

~
'"

~

«

[
..-.... ..... ....-

'\
\)
'0
()

tl)

;
~
...c

~~ ~S
rJ'Ju

.s <

U o

u
tl)

o

\)

j

~~

~

HISTOIRE ET SOCIÉTÉS MAURES
MOORISH HISTORY AND SOCIETIES

R. VERNET,

LA RÉGION

DE NOUAKCHOTT

A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE

15

La région

de Nouakchott à la fin de la préhistoire: l'occupation humaine et le milieu
Robert Vernet

Le littoral atlantique de la région de Nouakchott est aujourd'hui rectiligne, même si l'action de l'homme (ports, prélèvements de sable, épaves, ...) tend à le modifier. Il n'en a pas été de même pendant presque tout l'Holocène (de 10 000 B.P. = before present à aujourd'hui). L'Homme est présent dans la région depuis environ 6 000 ans, si l'on en croit nos connaissances actuelles. Il a donc été le témoin de la complexe évolution du littoral, qui est relativement bien connu. Étudié par divers auteurs, il a fait l'objet de nombreuses datations au radiocarbone, qui fixent de manière relativement précise la chronologie (fig. 1) : - transgression de l'Inchirien (+ 5 mètres ?). - fin d'une régression particulièrement marquée (-110 m vers 17 000 B.P.; -17m vers 10000) ; - niveau actuel un peu avant 7 000 B.P.; - transgression du Nouakchottien (+2 à 3 mètres), qui atteint son maximum vers 5 500 B.P.; - fin de la transgression vers 4 200, suivie d'une régression dont l'ampleur est discutée; - alternance de légères transgressions et régressions au cours des deux millénaires suivants, la dernière transgression se situant vers 1 900/1 700 B.P. Le niveau de la mer étant connu, la ligne de rivage l'est aussi, ainsi que le type de côte, échancrée et lagunaire lors des transgressions, plus souvent rectiligne lors des régressions. Cependant, ces connaissances ne nous donnent guère d'informations sur les milieux immédiatement en arrière du littoral et sur l'arrière-pays. Par ailleurs, nos connaissances sur l'évolution climatique de la Mauritanie occidentale sont limitées. En reliant, probablement de manière un peu artificielle, nos maigres sources d'information, nous arrivons au schéma suivant: - Aride Ogolien, très marqué, dont les derniers soubresauts ont lieu vers 10 700 B.P. - Humide de l'Holocène ancien, dont le maximum doit se situer dans la première moitié du IXe millénaire B.P. (8 600, peut-être). - Épisode aride vers 7 200n 000.

Robert Vernet est maître de conférences en préhistoire Département d'Histoire de la Faculté des LeUres de l'Université Nouakchou depuis 1995.

au de

16

L'OUEST SAHARIEN,

Vol. 2, 1999

- Plusieurs épisodes humides entre 7 000 et 4 000, en particulier vers 6 500/5 500 et 4 500 B.P.; - Aride vers 4 200/4 000, très marqué;

- Retour

des

précipitations

après

4 000,

dont

un épisode

bien

marqué

dans la deuxième moitié du millénaire, mais avec, déjà, un décalage vers le sud; - Poussée continue de l'aridité, comme le montrent les dates sur test d'œuf d'autruche, de plus en plus décalées vers le sud avec le temps; - Dernier épisode relativement humide dans la deuxième moitié du premier millénaire de notre ère. Ces informations peuvent être partiellement corrélées avec celles concernant les paléoenvironnements marins. Mais cela ne suffit pas à dresser une carte de la Mauritanie occidentale montrant l'évolution globale du milieu naturel à l'Holocène. Trois types de milieux se sont donc partagés les 6 000 ans de présence humaine sur le littoral mauritanien (fig. 2) : - des plaines et des collines sableuses orientées NE/SW, plus ou moins vêtues (savane et savane arborée) suivant l'intensité de la pluviométrie, avec, de toutes manières, un décalage positif vers le sud et une influence de l'océan sur la bande côtière. - un littoral échancré, où la mer envahit les zones laissées basses par la topographie. Des golfes, des baies, des rias, des lagunes et des estuaires s'y forment. Dès lors que les précipitations sont suffisantes, ce milieu est particulièrement riche. Mais la faune marine et infra-littorale est toujours prospère, quelle que soit l'époque. - un littoral rectiligne, sableux, bas, battu par la mer. Un cordon littoral sans cesse remodelé par les vents dominants la sépare de vastes sebkhas, témoignages d'anciennes lignes de rivage. Ce milieu est le plus récent. La variété écologique autorise donc des modes de vie différents. C'est particulièrement vrai dans la région de Nouakchott, qui a, de tous temps, été une zone-charnière sur le plan climatique - et donc sur le plan humain. La région de Nouakchott se trouve à l'extrémité sud-est d'un vaste ensemble dunaire qui, sous des noms variés, forme la partie occidentale de l'erg du Trarza, dont l'état actuel date de l'Aride Ogolien (20 00012 000 B.P.), mais qui a dû se mettre en place lors d'un épisode sec antérieur. Il s'agit de très longs cordons dunaires - certains s'étirent jusqu'à
l'Adrar

- hauts

de 15 à 40 mètres.

Leurs

formes

sont

lourdes,

bien

que la

dernière

sécheresse

(années

1970 et 80) ait remobilisé

les sables, qui ont

R. VERNET,

LA RÉGION

DE NOUAKCHOTT

A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE

17

développé des crêtes sur les sommet des cordons dunaires, et les massifs de barkhanes dans les aftout (interdunaires). Les vallées entre les principaux cordons dunaires sont souvent larges et dégagées (Ifozouiten, Amlil Bou Kerch, Aftout Targué, Aftout de Faye, ...) et portent la trace d'anciens réseaux hydrographiques holocènes aujourd'hui entièrement désorganisés. Mais les zones basses de la région portent également la trace des anciennes lignes de rivage, en particulier celle de l'Inchirien, à +5 mètres, et celles des retraits successifs du Nouakchottien et de ses répliques ultérieures. La première transgression est visible dans une situation topographique en hauteur par rapport au Nouakchottien, entre les dunes de l'Amoukrouz par exemple, et par des niveaux de beachrocks à huîtres ou de madréporaires au nord et au nord-est de Nouakchott, datés, de manière peu précise, de plus de 30 000 B.P. La transgression du Nouakchottien, moins élevée (2 à 3 m) maximum vers 5 500 B.P. Elle s'est installée, au nord de dans l'immense golfe de N'dramcha, modelé à l'Inchirien par les cordons dunaires mis en place à l'Ogolien, depuis dunes de l'Akchar au nord, jusqu'au sud-est de l'Amoukrouz, est bâtie la ville de Nouakchott (ELOUARD, 1969; HEBRARD, a atteint son Nouakchott, et redessiné les grandes sur lequel 1978).

Le Nouakchottien s'est insinué, à la hauteur de Nouakchott, dans les doigts de gant des cordons de l'Amoukrouz, parfois sur 15 à 20 km. Plus au sud, il est venu buter sur l'erg massif et compact du Trarza, dont l'orientation plus franchement nord-sud ne lui a pas permis de pénétrer profondément les interdunaires1. Il a donc réoccupé les anciennes
lagunes de l'Inchirien, en construisant, à l'est

- mais

à peu

de distance

du

rivage actuel - un cordon littoral édifié entre 6 500 et 4 000 B.P. Dans les lagunes vit toute une faune d'Anadara, Cardium, Tympanotonus, Dosinia, ... Une évaporation intense, avec concentration des carbonates et des chlorures, aboutira, après la fin du Nouakchottien, à une évolution de type sebkha, entrecoupée à plusieurs reprises par de légères transgressions. Les photographies aériennes et les images satellitaires permettent de se rendre compte des reflux successifs de la ligne de rivage (COUREL et al., 1996). Des cordons et des flèches littorales, des plages étagées, des îles et des contours de lagunes indiquent d'une manière nette, mais qui reste

1

Ce n'est pénétré de 200 Guiers,

que très au sud que la transgression nouakchottienne a profondément à l'intérieur des terres, le long de la vallée du Sénégal, envahie sur près km, de même que ses affluents/défluents du Rkiz, rive nord, et de rive sud.

18

L'OUEST SAHARIEN,

Vol. 2, 1999

à synthétiser, l'évolution du littoral. On peut donc considérer que, depuis 7 000 ans, à l'exception de quelques épisodes régressifs, vers 4 200/4 000, après 3 000, vers 2 400 et depuis 1 600 B.P. (mais la chronologie demande cependant à être affinée: cf BARUSSEAU et al., 1989), la région de Nouakchott a connu un modèle environnemental marqué par la juxtaposition de deux ensembles: 1. Un milieu terrestre sahélien où, entre 200 et 500 mm de précipitations, s'épanouit une végétation riche et variée et une faune tropicale à éléphant, rhinocéros, etc, profitant de fleuves/oueds et de lacs/marigots dont il faudra définir le degré de permanence. 2. Un milieu littoral lagunaire très peu profond, d'une grande richesse biologique. Celle-ci est encore accentuée par la dessalure saisonnière, liée à l'apport en eau douce des pluies d'été alimentant les cours d'eau circulant entre les dunes de l'Aouker et du Trarza occidentaux. Le paysage est original:
végétation

de longues collines dont le sable est couvert
espèces typiques des milieux littoraux

de

- herbacées,

et arbres.

Leur pied est bordé de plages de sable marin. Elles sont isolées les unes des autres par des lagunes d'une profondeur maximum de 4 à 5 mètres, souvent beaucoup moins, où s'accumule progressivement une forte épaisseur de coquilles de Cardium, d'Anadara et autres espèces de lagunes, en particulier des prédateurs, Murex, Hem iph us us, Conus, ... Sur les berges croissent des mangroves à palétuviers, sur les racines desquels se fixent des huîtres. Le poisson abonde - comme aujourd'hui au Banc d'Arguin. Ces étendues peu profondes, chaudes, calmes, biologiquement très riches, sont de remarquables frayères. Les oiseaux prolifèrent. En amont des «doigts de gant» des lagunes, se trouvent de petits estuaires, de petits deltas, zones marécageuses, lieu d'élection d'une faune de gastéropodes aimant l'eau peu salée (Tympanotonus, Pachymelania, ...). Encore un peu plus haut, des marigots signalent le dernier écoulement des oueds. Ils sont fréquentés par des gastéropodes d'eau douce et par la faune terrestre. Il Y a donc imbrication interpénétration que l'homme un exceptionnel profit. des deux sait, pendant milieux. C'est de cette 5 millénaires au moins, tirer

L'exploitation des différents milieux par l'homme (6 000-1 000 B.P.) La gamme très variée d'écosystèmes a permis à l'homme néolithique de la région de Nouakchott de développer des milieux de vie différents, permettant une densité démographique toujours forte (fig. 3).

R. VERNET,

LA RÉGION

DE NOUAKCHOTT

A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE

19

La pêche Les amas coquilliers sont partout présents dans la région de Nouakchott, sur les dunes du littoral sub-actuel comme sur les rivages de la transgression nouakchottienne. Ces amas ne sont jamais épais, n'atteignant que rarement plus de 20 cm d'épaisseur. Il s'agit plutôt d'un voile, ou de tas coniques disséminés. Ils signalent une occupation très dense et d'une longue durée, mais probablement pas très stable, contrairement aux amas du Sine Saloum, au Sénégal, où l'épaisseur des amas peut dépasser 5 mètres. Il Y a deux types d'amas: - ceux qui sont constitués prioritairement d'Anadara senilis, auxquels s'ajoutent, suivant les époques, des carnassiers, des huîtres, des Cymbium, ... Toutes sont représentatives du milieu nouakchottien de lagunes à eaux calmes et chaudes. Des ossements de poisson et de tortues enrichissent généralement les amas. Certains ont été pêchés au filet ( au VIe millénaire B.P.), puisque de nombreux poids de filet ont été retrouvés sur des sites de cette époque, d'autres à la ligne ou au piège. Des ossements d'oiseaux, de mammifères marins et terrestres peuvent également être présents. - ceux qui sont constitués de Donax rugosus. Apparus plus tardivement, après 3 000 B.P. pour l'essentiel, ils sont liés à la rétractation, puis à la disparition du réseau de lagunes créées par la transgression nouakchottienne et à la péjoration progressive du climat, qui modifie également les courants marins. D'immenses voiles de Donax couvrent les dunes du littoral sub-actuel et parfois se surimposent aux amas d'Anadara ou d'huîtres. La pêche (très abondante à certaines époques, où l'on retrouve l'usage du filet), la chasse et l'élevage, de plus en plus fréquentes, complètent la gamme des activités économiques. Cette pêche au Donax se prolonge, de plus en plus décalée vers le sud, à l'époque historique. La chasse Installés sur le littoral, mais surtout dans l'arrière-pays immédiat, des groupes de chasseurs ont toujours vécu dans la région, traquant une faune qui a oscillé entre les deux extrêmes saharien et sahélien:
éléphant et hippopotame, d'une part; gazelle et autruche, de l'autre

-

surtout vers la fin. Le principal problème des chasseurs dans la été l'absence de matière première lithique, qui avec l 'Inchiri, à près de 200 km au nord-est. (commerciales, sans doute, surtout à la fin du faite.

région de Nouakchott a a impliqué des échanges L'étude de ces relations Néolithique) devra être

20

L'OUEST SAHARIEN,

Vol. 2, 1999

L'élevage L'élevage, présent au Maroc avant 6 000 B.P., et encore plus tôt dans les massifs centraux sahariens, ne semble atteindre le sud-ouest du Sahara que tardivement, après 4 000 B.P. peut-être. Mais il y prend immédiatement, dans ce milieu sahélien plus ou moins exubérant selon le contexte pluviométrique, une importance essentielle, la plupart des groupes humains identifiés pratiquant l'élevage des bovins et des ovicapridés. L'agriculture La zone d'origine du mil sauvage CPennisetum), et donc son aire de domestication s'étend, dans la bande sud-saharienne, de l'Atlantique au lac Tchad. On sait que le mil est cultivé dans la région de Tichitt avant au Niger. Mais on ne 3 000 B.P., et qu'il l'a été plus anciennement connaît pas l'âge de ses débuts en Mauritanie occidentale. La région de Nouakchott, comme l'Amatlich ou l'Aouker occidental, au nord et au nord-est, a pu connaître l'agriculture dans le courant du IV millénaire B.P. Mais les preuves manquent et l'agriculture n'a probablement jamais eu l'importance de l'élevage à cette époque. Tous les modes de vie se sont donc juxtaposés, complétés et succédés pendant 5 millénaires, avant de laisser, très récemment dans la région de Nouakchott, la place à l'uniformité du nomadisme saharien et sahélien. Tous les milieux ont été exploités. Le plus original a, bien entendu, été le milieu côtier lors des épisodes transgressifs. Les hommes se sont installés sur les dunes surplombant le rivage. Ils ont occupé les îles, récolté les coquillages, pêché à pied Cà la ligne, au harpon, au filet, à la nasse) et, probablement, en pirogue. Certains ont vécu en permanence sur le littoral. D'autres venaient faire une «saison» de pêche ou de récolte des coquillages, tant ils ont peu laissé de traces archéologiques, leur outillage dénotant une origine à l'intérieur des terres - Tijirit ou Inchiri. Il est certain que plusieurs groupes ont alterné économie de pêche et économie d'élevage - la chasse étant toujours présente. La culture de Bouhdida, solidement installée autour de Nouakchott vers 2 500 B.P., en est le meilleur exemple: sur ses vastes habitats, une céramique très dense indique la sédentarité, de nombreux ossements animaux, l'élevage tandis que les amas coquilliers témoignent de l'utilisation intensive du milieu marin littoral. Mais, parallèlement, les relations avec la région d'Akjoujt étaient essentielles, car les hommes de Boudhida ont acquis auprès des métallurgistes, les objets en cuivre qu'ils ne fabriquaient pas et qu'ils ont abondamment utilisés.

R. VERNET,

LA RÉGION

DE NOUAKCHOTT

A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE

21

La richesse du Néolithique récent et final dans la région de Nouakchott est exceptionnelle, comme le montrent les milliers de poteries récoltées, appartenant à 7 ou 8 groupes humains différents, étalés sur 5 millénaires. La situation de Nouakchott, au contact de milieux différents mais complémentaires, explique la densité de l'occupation, qui ne diminue que vers le début du dernier millénaire, lorsque les conditions climatiques ne permettent plus la persistance des modes de vie du Néolithique. Ceux-ci vont, par contre, perdurer plus au sud. On commence d'ailleurs à entrevoir les traces d'un glissement vers l'Aftout es Saheli, le Trarza méridional et le fleuve Sénégal, des populations de la région de Nouakchott vers l'an mil. Mais, à cette époque, Nouakchott n'est plus, climatiquement, qu'à la limite nord du Sahel, où s'impose une économie nouvelle, fondée sur l'élevage du petit bétail, surtout, des bovins, et, enfin, du chameau, avec de nouvelles populations, berbères, puis arabes.

Bibliographie
BARUSSEAU J.P., DESCAMPS C., GIRESSE P., MONTEILLET J., PAZDUR M. 1989, «Nouvelle définition des niveaux marins le long de la côte nordmauritanienne (sud du Banc d'Arguin) pendant les cinq derniers millénaires», C.R.. Acad. Sei. Paris, T. 309, sér. II, pp. 1019-1024. COUREL M.F., LE JAOUEN X., ROLANDO Ch., BARRY J.P. 1996, «Evolution récente d'un milieu lagunaire mauritanien: les écosystèmes littoraux de l'Aftout es Saheli», Sécheresse, 7, pp. 33-39. ELOUARD P. 1968, «Le Nouakchottien, étage du Quaternaire de Mauritanie», Annales Fac. Sei. Dakar, pp. 121-138. HEBRARD L. 1978, «Contribution à l'étude géologique du Quaternaire du littoral mauritanien entre Nouakchott et Nouadhibou. 18°-21 ° latitude nord», Docs. Labo. Géol. Fac. Sei. Lyon, n° 71. MARICO D. 1996, Contribution à rétude géomorphologique des côtes mauritaniennes: du Cap Timiris à Ndiago, Thèse, Université de Tunis. VERNET R. 1998, Le Sahara et le Sahel. Paléoenvironnements et occupation humaine à la fin du Pléistocène et à l'Holocène. Inventaire des datations 14c. 2eédition: jusqu'en 1997, Nouakchott, CRIAA/CCF.

22

L'OUEST SAHARIEN,

Vol. 2, 1999

("'I o

~~ . '.
ri: '<:i

0

...~.:
~.:~ \;;
).;:..: .)' .,: ,~ : " ,~

~

"'0 ;..0:

~ C1j
,= z Q,i
l-

['-'"

~
v

~
t-0\ '-" 7d

~
~ ;n C

-a
ii1 c: o

u
0 ='

o '.;;;1 8o

Q

"t)

e;: ...

.. U,; \. ::

a

a:J

~
I~

..

;~-\

]

Ln ::: 0

1

=0 cr.

~

CQ

v

u D o =

~

~

:~ . ;,)~~.
(
\
'"

J::, "'

~ ..('~

~?f.<.

a)

""'"'.... ~. -.......
..,.

:

~
) /

:,'
:."

ln.! ~ :

/)' u;:7<---

~

/"

<

4,/

/

.

=m
c:::J

r~
~~.~

\

\

)~

\;Z;.~_
~;.,

c

, ..

"
''''''
"

.
Q

.~ 'v:,".,

= o ~_

ri

N



~

~

-;>

Fig. 1 : Diverses hypothèses sur l'évolution à l'Holocène l'Atlantique à l'ouest de l'Mrique BARUSSEAU et al., 1989, p. 1022.

du niveau de

R. VERNET, LA RÉGION

DE NOUAKCHOTT

A LA FIN DE LA PRÉHISTOIRE

23

Fig. 2

- L'évolution

de l'interface terre/mer depuis 5000 ans à Nouakchott. a. aujourd'hui b. entre 4000 et 2000 ans c. il y a 5500 ans

'hfé'M$Urau "I:wau (Jo ta mer de 0 â 1 métro.. d~ 1 à4rn ~

d&4à1:0m supôôêur tkm 4 10 fn

a. La topographie actuelle de la ville de Nouakchott (d'après la carte IGN de 1980).

24

L'OUEST SAHARIEN,

Vol. 2, 1999

_
c=J

océan et lagunes du post-Nouakchottien

( 1 mètres au-dessus

du niveau actuel)

dunes anciennes émergées
littoral actuel t------i 1 km

b. Le littoral de Nouakchott après le Nouakchottien: lagunes, sebkhas et marigots entre 4000 et 2000 avant le présent d'après la topographie actuelle (travaux IGN de 1980).
b. entre 4000 et 2000 ans

R. VERNET,

LA RÉGION

DE NOUAKCHOTT

A LA FIN DE LA pRÉmsTOIRE

25

c. Le littoral de Nouakchott il y a 5 500 ans d'après la topographie actuelle (travaux IGN de 1980)
W : 1SO

I I i t \

:port

i I I I I

c=J

océan et lagunes dunes anciennes
littoral actuel

du Nouakchottien émergées

( 3 mètres au-dessus

du niveau actuel)

1 km

26

L'OUEST SAHARIEN,

Vol. 2, 1999

Fig. 3 - Sites néolithiques

de la région de Nouakchott.

de TeniOUbr~..
Tioulit

sebkhr(

'~/i

.. ~,
sebkha N'drarncha Tanit

.

~..

sebkha Ercheïrn .

..

~~;,,Ç)~~'

~ ...

.-.

...
'"

...
..L0~ ~

ElMsid

..,." ~o .. . .. .. .~ou1ounsi ~ " ..... . . .. . .. .. .. ...

/ . (1.,0\$..... ..~0~ .
~ «P ..

~ \
IIt

.: .. ~'.. ... ..... ..~.. ... .. ..

.

MarsaJreïda OCEAN

~ !t

VI NOUAKCHOTT ,. ~ ~ ~I, Iin v... <:b. J/, .. OUïC~. . . .. .. .'l;'"
ATLANTIQUE

.,.. ;-..... .,.. ~,. ... . . .t ~. " I.,'
.
't-' 'Tin Mahham TRARZA

Ift .

~ C Aftout Seïla

<S' ,;I.... .... ..~..

!.f:~~~;~~ Touila

I 1e . r-'Bouhdida

.

.. .... .. . .. ... ... ..'e, . . .

I 10 km

S h..li

.

altitude inférieure au niveau actuel

de la mer

Fig. 3 : Sites néolithiques de la région de Nouakchott

R. VERNET, LA RÉGION

DE NOUAKCHOTT

A lA FIN DE LA PRÉHISTOIRE

27

Résumé Le littoral atlantique mauritanien, dans la région de Nouakchott, présente une imbrication de milieux terrestres et marins dont la richesse fut exceptionnelle à l'Holocène moyen et récent. La transgression du Nouakchottien (7000-4200 B.P.) et ses répliques ultérieures ont en effet noyé les dépressions en doigts de gant entre les cordons dunaires sur lesquels la ville de Nouakchott est construite. Un milieu lagunaire, dans un environnement terrestre sahélien plus humide qu'aujourd'hui, a créé les conditions d'une occupation humaine dense et prospère. Cultures de pêcheurs, de chasseurs, d'éleveurs et peut-être même d'agriculteurs se sont juxtaposées et/ou succédées pendant au moins 5 millénaires, jusqu'à ce que le retour à des conditions désertiques rende la côte beaucoup moins hospitalière, il y a moins de 1000 ans. Abstract «The Nouakchott's region at the end of prehistory. Human settlement and environment» Throughout the Mid-Holocene and late Holocene, the coastal region of Nouakchott, in Mauritania, presented itself as an exceptionally rich imbrication of land and marine milieus. Indeed, the transgression of the Nouakchottian (7000 - 4200 B.P.) and subsequent repetitions of the phenomena had induced the immersion of the series of depressions located between the cordons of sand dunes over which the city of Nouakchott is presently built. This milieu of lagoons, set in a Sahelian environment which, at the time, was more humid, provided the condition for dense and prosperous human settlements. Cultures of fishermen, hunters, herders, and perhaps even farmers, coexisted and/or succeeded one another for at least 5 milleniums until, less than a thousand years ago, the return to desertic conditions rendered the coast far less hospitable.