//img.uscri.be/pth/1576e23593798cec763ab7eab8c60d2d6c43f287
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 24,00 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Histoire religieuse de la Guadeloupe au XXe siècle

De
318 pages
Ce livre se propose d'étudier la nouvelle phase de l'histoire religieuse de la Guadeloupe qui commence en février 1911 avec l'application de la loi de séparation des Églises et de l'État et qui s'achève en août 1970 avec la nomination de Mgr Oualli, 1er Évêque guadeloupéen, examinant sur le plan religieux, politique, social et sociétal l'action de l'épiscopat guadeloupéen pour garder la mainmise sur la société guadeloupéenne.
Voir plus Voir moins
MaxDidon
HISTOIRE RELIGIEUSE  delaGuadeloupe  e auXXsiècle 1911-1970
Histoire religieuse e de la Guadeloupe au XXsiècle 1911- 1970
Max DIDON
HISTOIRE RELIGIEUSEE DE LAGUADELOUPE AUXXSIECLE1911- 1970 L’Harmattan
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02249-9 EAN : 9782343022499
Introduction
L'année 1911 marque le terme d'une longue période d'affrontements qui a vu l'Église catholique sortir très affaiblie. À la fin, du XIXe siècle, d'autres projets de société viennent concurrencer le monopole catholique en matière de société. Cette nouvelle conjoncture engendre une vive bataille dont elle ne sort pas victorieuse. Face au projet républicain, elle a perdu le leadership de l’éducation scolaire. Pratiquement toutes les écoles congréganistes de la colonie ont été progressivement laïcisées.Les frères et les sœurs chargés de l’enseignement des garçons et des filles ont été remplacés par des enseignants formés par la République pour dispenser un savoir républicain. Les programmes d’enseignement basés désormais sur des valeurs rationalistes sont épurés de toute référence religieuse.L’enseignement religieux est expulsé de l’école républicaine. Les espaces publics ont été aussi laïcisés. Dans la plupart, on y enlève toute référence à Dieu. Par conséquent, les liens particuliers qui régissaient les rapports entre les deux autorités, l’État français et Rome depuis le concordat, sont rompus. «La République ne reconnaît, ne salarie ni 1 ne subventionne aucun culte.» Le catholicisme est désormais - ce depuis la Révolution française -une religion parmi d’autres et avec la loi de séparation elle est reléguée à la sphère privée. Sur le terrain strictement religieux, elle se trouve également en grande difficulté. On observe une diminution du nombre de prêtres. L’absence des congrégations occasionne le démantèlement des œuvres. Et les conséquences de ces multiples carences sont catastrophiques pour la religion catholique.La proximité entre le prêtre et ses ouailles diminue fortement. Certains lieux, surtout de campagne, se retrouvent sans prêtres ou avec un service religieux seulement épisodique. La superstition qui avait commencé à reculer revient progressivement, surtout dans ces espaces de déficience
1 Article 2 de la loi de séparation des Églises et l’État. 5
cléricale. La menace protestante se fait de plus en plus pressante et inquiétante pour les catholiques. La religion se trouve aussi aux prises avec lesprémices d’une sécularisation de la société guadeloupéenne engendrée par la montée, de plus en plus prégnante des idées rationalistes. Sur le terrain social, sa légitimité est aussi contestée par le projet socialiste qui à la fin du XIXe siècle fait de nombreux adeptes. L'Église perd ainsi peu à peu sa mainmise sur le monde ouvrier. Seule lui reste la foi, la fidélité d’un grand nombre de Guadeloupéens, les femmes et les enfants surtout, qui continuentà croire avec ferveur au message révélé. Elle gagne aussi, paradoxalement, avec la loi de séparation,débarrassée de la tutelle de l'État, une certaine liberté, qui pourrait être propice à l'innovation. Par conséquent, en 1911, le défit à relever est grand. L'Église catholique se doit de faire entendre sa voix sur pratiquement tous les terrains.Abandonnée par l’État, elle est dans l’obligation de trouver des moyens de financement pour subvenir aux besoins du culte. Elle est aussi contrainte de renflouer le cadre et de restructurer le personnel ecclésiastique, de se montrer vigilant à la superstition qui monte et à la menace protestante.L’Église doit rendre le diocèse à nouveau attractif pour faire revenir les anciennes congrégations et en attirer d’autres. Face à la perte de l’école, son principal espace d’enculturation, il lui faut en inventer d’autres afin de garder les enfants et les jeunes, surtout après le catéchisme, sous son influence. Il lui faut également repartir à la reconquête du terrain social grignoté par les socialistes. Nombre de défis qui montrent que l’Église catholique de Guadeloupe rentre dans le XXe siècle affaiblie par des handicaps énormes. C’est une Église qui a perdu beaucoup de ses privilèges, et également toute son énergie. Par conséquent, l’enjeu est extrêmement important, il en va de la survie du catholicisme dans cette colonie. Pour y parvenir, elle se doit de puiser dans ses ressources pour trouver une nouvelle dynamique afin de
6
reconquérir cette population qui n’a jamais perdu la foi,mais qui est, par la défaillance d’encadrementpastorale, sujette à des tentations multiples. Réussira-t-elle à opérer le réveil nécessaire? Quelles réponses apportera-t-elle pour replacer la religion catholique au cœur de la société guadeloupéenne ?
7
PREMIERE PARTIE
1911-1943 :
LE REVEIL DE LA RELIGION