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HISTOIRES DE GENDARMES

De
111 pages
Voulez-vous découvrir 22 histoires de gendarmes, 22 histoires vécues entre 1957 et 1965 dans le chef-lieu du département du Loir-et-Cher. 22 histoires et 6 anecdotes authentiques, dramatiques, épiques, humoristiques, sarcastiques mais toujours véridiques? Alors, ouvrez "La boîte de Pandore", du gendarme Lambert et videz-la de tout son contenu. Elle contient non pas les maux de notre société mais seulement un reflet de la vie durant huit ans d'existence avec une conclusion à découvrir aussi.
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Histoires

de gendarmes

Du même auteur : MEHARISTE DANS LE HOGGAR EN 1947 (Edition L'Harmattan février 2000) Il s'agit d'une biographie relatant la découverte du Sahara par un jeune militaire français

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20 ANS POUR OUALLOU (Edition Muller septembre 2000) La vie invraisemblable d'un Marocain qui veut devenir gendarme français nous est racontée, de 1938 à 1958.

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MISERES DE DEUX JEUNESSES (Edition Muller août 2001) Deux jeunes gens de 20 ans sont confrontés à la guerre l'un en 1914, l'autre en 1940 Lequel reviendra vivant de ces deux conflits?

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LA REPUBLIQUE DES ZIOUZIOUS (Edition L'Harmattan - octobre 2002) Quatre enfants de 9, 7, 8 et 4 ans, orphelins de père, décident en 1931 de former une association pour aider leur jeune mère. Ce sera la ' République des Ziouzious'. Mais survivra-t-elle à la guerre, en 1942 ?

365 BLAGUES DE MILITAIRES... avec un caporal et quatre hommes pour la corvée de rire... (en préparation - en souvenir de tous les conscrits et de tous les militaires astreints au service national)

René VALENTIN

Histoires de gendarmes

L'Harmattan 5-7, me de l'École-Polyteclmique 75005 Paris France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

Le présent ouvrage est dédié à tout le personnel de la gendarmerie ayant servi entre 1957 et 1965 à Blois
en particulier à Messieurs:
Aigret Andréault Barré Baulès Becquet Benard-Cassegrain Bernardin Bertrand, Jean Bertrand, Maxime Billard Georges Billecard Bonneau Bouchereau Bourbon Bourlard Bruneau Canguilhem Carca Catineau Chaillot Chenuet Clauzel Counil De Boevert ... et à tous ceux disparus Delion Loyer Jean Delmaires-Sizes Loyer Marcel Deniaud Mariage Deresnes Marpillat Driss Mohamed Mercier Dumas Navion Duraisin Nérot Duvignaud Osty Elambert Perraud Estivalet Perroche Fouquereau Perrot Gauthier Armel Pinon Gautier Ployet Georgette Pommier Guénée Poussin Gillaizeau Ragot Gontard Renaud Gourvellec Sédillot Guilloteau Souchez Guyon Valentin Huchet Verneau Jacquet Visdeloup Langrand Vitry Lhuillier Voinchet de notre mémoire avec nos excusts.

~ L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-4749-3

Préambule
Vers les années 1870, le chansonnier français Gustave Nadaud, dans sa chanson populaire intitulée' Les deux gendarmes' affubla l'équipier de son brigadier du nom de 'Pandore'. « Deux gendarmes, un beau dimanche, Chevauchaient le long d'un sentier; L'un portait la sardine blanche L'autre le jaune baudrier... » L'homme au jaune baudrier, c'était donc Pandore. Tout ce que son brigadier disait était bien dit. Tout ce qu'il faisait était bien fait. 'Brigadier vous avez raison' était d'ailleurs son refrain continuel. Mais pourquoi avoir choisi ce nom de 'Pandore', qui représentait l'obéissance passive en ne se permettant pas la moindre objection ?
Dans nos recherches sur ce sujet, le colonel de gendarmerie Gé-

rard C. de Nice affirme qu'à l'époque le mot 'Pandour', d'origine serbe, désignait un individu original, cruel et sanguinaire qui appliquait une répression aveugle et sans merci, mais qui, néanmoins, par moments, était juste et bon quand il le fallait. En somme, une main de fer dans un gant de velours! Le mot 'Pandour' plut à Nadaud qui le transforma vite en 'Pandore' sans tenir compte de la mythologie. Or, selon la mythologie grecque, la dénommée 'Pandore' fut la première personne du sexe féminin, une créature superbe, créée sur l'ordre du dieu Zeus... Athéna, déesse de la sagesse, la dota de toutes les grâces et de tous les talents et Zeus lui fit don d'une boîte, disons un coffret,
pour les contenir (avec quelques maux en sus).

Ensuite, il l'envoya sur la terre rejoindre Epiméthée, le premier homme, qui la prit comme épouse. Curieux par nature, Epiméthée ouvrit la boîte et donna ainsi l'essor à tout son contenu, en ne laissant au fond qu'une seule vertu: 'l'espérance'. Mais quel est le rapport, pour nous, en l'an 2000, entre la 'boîte de Pandore' et les gendarmes? Une caserne de gendarmerie? Une boîte d'attrape-nigauds ? Non, rien de tout cela.. Nous ne vous raconterons pas des histoires de gendarmes en caserne. Nous allons plutôt fouiller la cantine, c'est-à-dire la malle métallique, de couleur verte, d'un militaire de la gendarmerie nationale qui a servi en Touraine de 1957 à 1965 et qu'il dénommait malicieusement 'ma boite de Pandore '. Nous allons y découvrir vingt-deux histoires et six anecdotes vécues par les gendarmes d'une brigade territoriale, histoires banales quelquefois drôles, quelquefois tragiques, souvent orientées par les événements du moment dans lesquels certains d'ailleurs pourront se retrouver. Par défmition, l'histoire est un récit d'événements relatifs à une partie quelconque de la vie d'une population. Elle est toujours constatée par un document authentique. En revanche, l'anecdote est la narration succincte d'un fait curieux raconté souvent oralement C'est, pourrait-on dire, une 'historiette' . Tout au fond de 'la boite de Pandore' nous allons trouver, nous aussi, un message,... mais ne racontons pas tout, tout de suite, commençons par le commencement.

8

Chapitre

I

L'affectation du chef de gendarmerie Lambert à la brigade territoriale de Blois
Le dimanche 1er septembre 1957, le maréchal des logis-chef André Lambert, venant du Maroc, rejoignit la brigade de gendarmerie de Blois dans le département du Loir-et-Cher. A l'âge de 23 ans, Lambert avait été admis à l'école préparatoire de gendarmerie de Pamiers (Ariège). C'était le mercredi 2 juin 1948. Six mois plus tard, il était affecté, sur son choix, à la brigade à cheval de Fès (Maroc). Cinq ans après, il obtenait la qualité d'officier de police judiciaire et était nommé commandant d'une brigade située sur la frontière du Rif espagnol. En 1954, il Y eut les 'événements du Maroc' qui aboutirent à l'indépendance de ce pays. En 1957, la légion de gendarmerie française du Maroc fut dissoute et le personnel renvoyé en métropole ou muté en Algérie. C'est ainsi que le chef Lambert fut affecté à la brigade territoriale de Blois dépendant de la 1ère légion bis de gendarmerie d'Orléans. En arrivant à Blois, Lambert fut surpris par une odeur de chocolat qui embaumait toute la ville. - « C'est la chocolaterie Poulain, lui dit-on, et c'est le signe d'une grande humidité quand cette odeur se sent dans toute la ville ». Mais ce n'était point désagréable. La gendarmerie de Blois était installée à 800 mètres au sud de cette chocolaterie, dans les dépendances du fameux château de la ville appelées 'les écuries du Roi'.

On y accédait par des ruelles escarpées ayant pour noms: ' Rue des fossés du château, Rue de l'hôpital, Rue des remparts, Rue Saint-Nicolas et Rue du sermon.'. La caserne (cour et bâtiments) était fermée par une grille métallique qui portait le numéro 17 de la rue du Sermon. Elle était située à quelques pas de l'église Saint-Nicolas et à moins de 200 mètres au nord-ouest de l'hôpital général de la ville. A gauche de l'entrée, une maisonnette abritait le ' Poste de Police' et en face, donc à droite, dans un bâtiment de même style, se trouvaient les bureaux du commandant de brigade et ceux des gendarmes de cette unité territoriale. D'un pas alerte, Lambert se rendit dans le premier bureau où il fut reçu par un gradé aux cheveux argentés. C'était l'adjudant-chef Mercier qui lui dit: «Je suis heureux de votre arrivée.. Vous allez nous rendre un

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sacré service car je pars en retraite le 1er décembre prochain. Je

voudrais donc vous mettre tout de suite au courant des affaires
traitées par la brigade. Je vous souhaite bon courage. » Lambert écouta le monologue sans l'interrompre. Il n'eut pas le temps de lui dire qu'il arrivait tout droit du Maroc avec, en poche, un titre de congé de 90 jours. Il ne prendrait donc le service que le 1er décembre 1957. Bret: il ne voulut pas dès son arrivée embrouiller la situation. Il se tut sur ce sujet et demanda à être reçu par le commandant de section, le supérieur direct de l'adjudant-chef Pour ce faire, il traversa la cour en oblique sur la gauche, puis il pénétra dans une aile du bâtiment qui portait une pancarte en bois sur laquelle était écrit en gros caractères: 'Section de Gendarmerie de Blois '. Le chef-secrétaire l'accueillit. C'était un grand gaillard, blond, aux yeux bleus et au perpétuel sourire en coin.

10

«Je m'appelle Dumas, comme Alexandre, dit-il. Je viens d'Algérie et je travaille ici, à la section, avec deux grands chefs qui vivent comme des pachas dans leurs palais... Le premier, se nomme Chaillot. Il est adjudant-chef et vient de Tunisie: un brave type qu'il convient de ne pas brusquer. Le second, c'est notre commandant de section, le capitaine Bourbon, un ancien des tirailleurs annamites qui n'aiment que les Jaunes. Les Algériens, les Tunisiens, et les Marocains,... il met tout dans le même sac. Vous verrez. En revanche les Asiatiques sont toujours les bienvenus! ». Puis il ajouta très sérieusement: « Quel palais voulez-vous visiter en premier, le Palais de Chaillot ou le Palais Bourbon? » Lambert n'eut pas le temps de répondre. Un capitaine à la face rubiconde ouvrit la porte en s'écriant: «Ah ! voilà le premier' cactus' qui arrive. C'est bien mais j'ai vu que vous aviez trois mois de congé à prendre dès votre arrivée. Donc, on ne vous verra pas à l'ouvrage avant le 1er décembre et ce jour-là Mercier sera parti... Cela commence pas mal pour vous. » Puis se tournant vers son chef-secrétaire, il précisa: « Dumas, vous direz à Chaillot que le chef Marpillat de la brigade des recherches prendra l'intérim, en attendant l'arrivée de Lambert. » Bret: l'épine était subitement enlevée du pied de l'arrivant. Le 'cactus' n'était assurément pas aussi piquant qu'on pouvait le penser.

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L'accueil de l'adjudant-chef Chaillot fut très courtois. A cette époque, l'on ne plaisantait guère dans la Gendarmerie, même entre gradés! Une rigidité disciplinaire existait entre tous les grades.

Il