Histoires de la médecine bucco-dentaire

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A travers un recueil d'articles originaux, par l'énumération d'une série d'événements et de personnages célèbres depuis Charlemagne jusqu'à Adolf Hitler, Xavier Riaud nous invite à la découverte d'histoires de la médecine bucco-dentaire non exhaustives, qui s'attardent plus sur l'aspect humain de ses protagonistes que son aspect technique. Il parvient à démontrer que l'histoire de la médecine bucco-dentaire peut rejoindre l'histoire de l'Humanité à laquelle elle a largement contribué.
Publié le : samedi 1 mai 2010
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EAN13 : 9782296932753
Nombre de pages : 143
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Histoires de la médecine bucco-dentaire

Médecine à travers les siècles Collection dirigée par le Docteur Xavier Riaud
L’objectif de cette collection est de constituer « une histoire grand public » de la médecine ainsi que de ses acteurs plus ou moins connus, de l’Antiquité à nos jours. Si elle se veut un hommage à ceux qui ont contribué au progrès de l’humanité, elle ne néglige pas pour autant les zones d’ombre ou les dérives de la science médicale. C’est en ce sens que – conformément à ce que devrait être l’enseignement de l’histoire –, elle ambitionne une « vision globale » et non partielle ou partiale comme cela est trop souvent le cas. Déjà parus : Xavier RIAUD, Pionniers de la chirurgie maxillo-faciale (1914-1918), 2010. Clément DAVID, Hygiène bucco-dentaire du XVIIème au XIXème siècle en France, 2010. Henri LAMENDIN, Investigations et expérimentations en odontologie : 40 années de recherches, 2009. Rozenn HENAFF-MADEC, Enquête médico-légale sur le naufrage du H.L. Hunley (1864), 2009. Henri MORGENSTERN, Les dentistes français au XIXe siècle, 2009. Henri LAMENDIN, Historique de l’odonto-stomatologie du sport en France, 2009. Xavier RIAUD, Quand la dent mène l’enquête…, 2008. Henri LAMENDIN, Précurseurs de la phytothérapie buccodentaire occidentale, 2008. Dominique LE NEN, L’anatomie au creux des mains. Au confluent des sciences et de l’Art, 2007. Robert DELAVAULT, L’asepsie un demi-siècle avant Pasteur : Ignace Semmelweis (1818-1865), 2007. Henri LAMENDIN, Soignez votre bouche par les plantes,, 2007. Henri LAMENDIN, Praticiens de l’art dentaire du XIVème au XXème siècle, 2006.

Xavier Riaud

Histoires de la médecine bucco-dentaire

Préface du Docteur Henri Lamendin

L’Harmattan

DU MÊME AUTEUR

- La pratique dentaire dans les camps du IIIème Reich, Collection Allemagne d’hier et d’aujourd’hui, L’Harmattan (éd.), Paris, 2002. - Les dentistes allemands sous le IIIème Reich, Collection Allemagne d’hier et d’aujourd’hui, L’Harmattan (éd.), Paris, 2005. - L’influence des dentistes américains pendant la Guerre de Sécession (1861-1865), Collection Médecine à travers les siècles, L’Harmattan (éd.), Paris, 2006. - Les dentistes, détectives de l’Histoire, Collection Médecine à travers les siècles, L’Harmattan (éd.), Paris, 2007. - Première Guerre mondiale et stomatologie : des praticiens d’exception…, Collection Médecine à travers les siècles, L’Harmattan (éd.), Paris, 2008. - Plaidoyer pour un enseignement historique de l’Art dentaire, Collection Ethique & Pratique médicale, L’Harmattan (éd.), Paris, 2008. - Etude de la pratique odontologique et de ses déviances dans les camps de l’Allemagne nazie, A.N.R.T. (éd.), Lille, 2008. - Quand la dent mène l’enquête…, Collection Médecine à travers les siècles, L’Harmattan (éd.), Paris, 2008. - Pionniers de la chirurgie maxillo-faciale, Collection Médecine à travers les siècles, L’Harmattan (éd.), Paris, 2010.
CONTRIBUTION À UNE ŒUVRE COLLECTIVE

- Le conflit, sous la direction d’Olivier Ménard, Journée de la Maison des sciences de l’homme Ange-Guépin, Collection Logiques sociales, L’Harmattan (éd.), Paris, 2006. - Actes du 2ème Congrès international de Pathographie, sous la direction de Philippe Charlier, De Boccard (éd.), Collection Pathographie, Paris, 2009.

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-11234-6 EAN : 9782296112346

Préface
Lorsque Xavier Riaud m’a proposé de rédiger la préface de cet ouvrage, j’ai été séduit par la perspective d’écrire sur la médecine bucco-dentaire, terme adopté internationalement depuis peu en remplacement des mots « Art dentaire ». En effet, ce changement, n’assure-t-il pas une parfaite continuité, comme l’affirme le professeur Claude Bernard (1813-1878), médecin, sénateur en 1865, élu à l’Académie française en 1868, dans son livre intitulé Principes de médecine expérimentale (1878, p. 175) ? Ainsi, d’après lui, « La médecine n’est pas une science, mais un art (…) dans toutes les connaissances humaines, il y a à la fois de la science et de l’art. La science est dans la recherche des lois des phénomènes et dans la conception des théories ; l’art est dans l’application, c’est-àdire dans une réalisation pratique en général utile à l’homme qui nécessite toujours l’action personnelle d’un individu isolé. » De plus, cette appellation est devenue usuelle dans de nombreux pays et l’emploi de cette expression a le mérite d’élargir la perception de ce qu’est un chirurgien-dentiste, qui est souvent très restrictive, et ne reflète pas l’exactitude de l’étendue du savoir professionnel. Enfin, pour être parfaitement cohérent, il conviendra, à l’avenir, d’adapter l’intitulé de notre diplôme et de dire par conséquent que nous sommes aujourd’hui devenus des docteurs en médecine bucco-dentaire. Dans cette logique, comment est-il possible d’exercer une profession particulièrement technique sans bien connaître son histoire ? Notre patrimoine génétique n’est-il pas associé tous les jours, inconsciemment, à chacun de nos actes ? Si ce dernier

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postulat est avéré, les praticiens ne font-ils pas, involontairement, de l’histoire « appliquée » dans leur exercice quotidien ? Lors de la veillée pascale 2010, à l’Abbaye de Boscodon, j’ai entendu ceci : « Si on oublie le passé, c’est dangereux pour le présent et l’avenir. » Comment est-il possible d’énoncer des évidences plus simplement ? L’intitulé « Histoires » avec un « s » fait montre de la modestie de Xavier Riaud, qui ne prétend pas présenter, ici, une histoire de la médecine bucco-dentaire, laquelle aurait nécessité une exhaustivité indéniable. A travers des articles riches et très variés qui constituent un apport très important, la discipline est appréhendée dans sa diversité la plus large. Partant de ce principe, des faits presque anecdotiques sont bien souvent plus parlants qu’un exposé savant. En effet, n’est-il pas admis communément que la petite histoire fait la grande ? De ce fait, l’histoire de la médecine bucco-dentaire devrait être systématiquement enseignée en faculté, ce qui n’est malheureusement pas le cas, son étude faisant constamment l’objet d’un rejet regrettable, voire d’un déni, et, ce, malgré la reconnaissance officielle accordée à cette science par les plus grandes instances professionnelles au même titre que les autres spécialités. Enfin, les données rassemblées par Xavier Riaud dans ce livre participent, pour partie, à combler cette lacune. Elles répondent à des recherches passionnées, dont il faut féliciter l’auteur, et je ne dis bien évidemment pas cela parce qu’elles me concernent pour l’une d’entre elles. Cela lui a demandé beaucoup de travail, ce à quoi beaucoup ne savent pas toujours s’astreindre. Pour ma part, si ce livre est aussi un acte militant, il convient pour aller dans son sens, de rappeler une lettre récente que j’ai envoyée à la Rédaction de notre revue confraternelle Le Chirurgien-Dentiste de France1. Par la présentation de celle-ci, je souhaite soutenir la démarche de Xavier Riaud que j’estime parfaitement légitime.
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Il n’y a eu aucune réponse à cette lettre.

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Le 5 février 2010 Le Chirurgien-Dentiste de France (CDF) Monsieur le directeur de la Rédaction 54, rue Ampère 75017 Paris Monsieur, Aucun de mes « papiers » n’étant plus publié dans le CDF depuis 2008 et n’ayant toujours pas reçu de réponse, après une attente plus que raisonnable, à l’interrogation suivante telle que reproduite de mon dernier envoi, « Si certains articles ne convenaient pas pour publication un jour ou l’autre dans le CDF, merci beaucoup de me le dire, sans tarder, car j’ai de la demande par ailleurs », je vous prie de considérer comme inexistants mes écrits se trouvant encore « en réserve » chez vous. J’en ferai publications par ailleurs. C’est avec une certaine nostalgie que je vous adresse ce courrier, car 204 de mes articles, tant individuels qu’avec collaborateurs, ont été publiés dans Le Chirurgien-Dentiste de France, depuis 1975, dont une bonne part dans la rubrique « Connaissances d’hier et d’aujourd’hui » ; laquelle ne semble plus vous intéresser. Par ailleurs, des confrères me font toujours part de leurs regrets quant à la disparition de mes « anecdodontes », qui les distrayaient. J’ai relu, avec émotion, cet extrait d’une lettre envoyée au rédacteur en chef du CDF de l’époque : Le 14 février 2005 Cher rédacteur en chef et ami, Comme tu le sais, je reçois pas mal de courriers et de coups de fil, suite à la publication de mes articles. Jusqu’à présent, ils ont toujours été laudatifs et encourageants (…), mais aussi interrogatifs, « afin d’en savoir plus ». Il est vrai que je rédige toujours dans un esprit interactif et que je m’amuse à éveiller la curiosité, ce qui est le moyen de « faire avancer la connaissance », que j’aime tant partager, tu le sais. Ainsi, s’arrête aujourd’hui une très longue et agréable collaboration de 33 ans avec le CDF, dont je m’enorgueillissais d’ailleurs. Elle fait maintenant partie du passé et n’est donc plus

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que de « l’histoire », mais l’histoire, elle, heureusement demeure. N’a-t-on pas besoin de l’histoire pour savoir vivre tous les jours ? Salutations, Henri Lamendin, de l’Académie nationale de chirurgie dentaire.

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Avant-propos
Pourquoi cet ouvrage ? Pourquoi ce recueil d’articles penseront certains d’entre vous ? Il est évident que ce petit opus n’a jamais été destiné à réaliser une histoire de la médecine bucco-dentaire dans tout ce qu’elle a pu connaître de progressif et d’innovant. Et puis, il faut bien admettre que cela a déjà été entrepris à de nombreuses reprises et bien mieux que je ne le ferai jamais. Il me semble inutile d’y revenir. Alors, quel peut être l’objectif principal d’un tel livre ? En fait, il réside dans la perspective, par l’apport de quelques aspects inédits et originaux, d’une modeste contribution à l’enrichissement des connaissances sur la question et, à un degré moindre, à une perception plus humaniste de la profession de chirurgien-dentiste. Bons ou mauvais, de l’ombre ou de la lumière, ces sujets doivent tous être développés. Il en va ainsi de l’Histoire. Pourtant, à la lecture de cette argumentation, une autre question voit le jour. Quel est le dénominateur commun à tous ces articles, hormis le fait qu’ils retracent des événements relatifs à l’histoire de la médecine bucco-dentaire ? De prime abord, il n’y en a pas, car un constat singulier s’impose : il n’y a pas de transition entre les différents articles présentés ici, excepté éventuellement pour l’époque « Seconde Guerre mondiale ». Ainsi, le lecteur peut-il naviguer et s’abandonner en toute liberté au gré des pages de ce manuscrit. En fait, tous ces articles ont été envoyés avant l’été 2009, à la revue Le Chirurgien-Dentiste de France. Sans aucune explication, les textes ci-après n’ont pas eu le privilège d’y être

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publiés. Un seul d’entre eux ne le méritait pas effectivement à mes yeux : celui sur Karl Mauss qui n’y avait pas sa place. Les chapitres « Des barbiers… aux dentistes d’aujourd’hui », « Des morts célèbres d’origine bucco-dentaire » et « Quelques brèves historiques » ont été, quant à eux, écrits pour l’occasion, les « morts » d’ailleurs étant un projet d’article qui sommeillait depuis longtemps. Depuis de nombreuses années, il existait dans cette revue, une rubrique « Histoire » et une autre, intitulée « Connaissances d’hier et d’aujourd’hui ». Des auteurs prestigieux comme, notamment, les Docteurs François Vidal (1922-2001) et Henri Lamendin (1928- ) y ont essaimé leur savoir respectif, guidés par la seule ferveur de leurs plumes virevoltantes. De 1981 à 2001, François Vidal, avec ou sans collaborateur, a publié 65 articles historiques dans Le Chirurgien-Dentiste de France. Quant à Henri Lamendin, depuis 1975, c’est à lui seul, toutes disciplines scientifiques confondues dont une grande part dans les deux rubriques précédemment citées, 204 articles dans ce magazine. Pour l’anecdote, je n’ai jamais rencontré François Vidal, mais il m’a été donné l’opportunité de lui parler au téléphone. Suite à ma première communication au congrès de l’Association dentaire française en 2000, pour le centenaire de la Fédération dentaire internationale, un des responsables m’avait mis en relation avec Vidal. Ce dernier m’avait entretenu d’un projet d’article pour Le Chirurgien-Dentiste de France que, par manque de maturité vraisemblablement, je n’ai jamais écrit. Mais, cet homme sincère et honnête m’avait véritablement touché. Neuf années se sont écoulées depuis sa disparition et je me souviens toujours de cet entretien avec lui. Il avait souhaité me donner une chance, ma chance. Où qu’il soit, j’espère qu’il est heureux de mon parcours. Je ne l’ai pas oublié. Pour en revenir à mon propos, Le Chirurgien-Dentiste de France (CDF), revue syndicale, offrait donc la possibilité de tribunes culturelles à des chirurgiens-dentistes désireux de partager leurs connaissances. Et puis, un nouveau rédacteur en chef, journaliste de vocation, est arrivé, le directeur de Rédaction du CDF ayant toujours été un chirurgien-dentiste. Il a

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été décidé de mettre un frein sérieux aux rubriques historiques dans un premier temps, puis de les supprimer par la suite, fort probablement. Je dis « probablement », car si les choses ne m’ont pas été indiquées ouvertement, les termes étaient implicites. En outre, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En moins d’un an, il n’y a quasiment pas eu de publications culturelles en provenance d’un chirurgien-dentiste, alors qu’avant 2009, elles étaient régulières. De même, les portraits de praticiens émérites sont maintenant réalisés par des journalistes et non plus par des chirurgiens-dentistes. Dans cette logique, selon des procédés très discutables, deux de mes articles ont même été littéralement sabordés (celui sur Henri Lamendin et les expéditions maritimes). Aussi, faute de certitude de publication et sans interlocuteur qualifié en médecine dentaire, la seule façon de donner vie à ces textes, écartés, pour les offrir au regard critique des lecteurs, est de les publier par ailleurs. M’estimant par conséquent libre, c’est ce que j’ai décidé de concrétiser, modestement, dans le présent opus2. Je termine cet avant-propos en rappelant que les rubriques « Histoire » et « Connaissances d’hier et d’aujourd’hui » du Chirurgien-Dentiste de France font partie d’un patrimoine appartenant à la profession toute entière. Un patrimoine pour lequel des hommes comme Lamendin ou Vidal se sont battus pendant des années en lui donnant vie, en l’alimentant très régulièrement et en lui conférant rigueur, qualité, et humanité. Un patrimoine, enfin, qu’il faudrait protéger indubitablement et entretenir pour les générations futures. Il ne serait pas acceptable, que, faute de compétence en chirurgie dentaire, d’aucun ne sauvegarde pas les richesses entreposées pendant toutes ces années par de vrais spécialistes. Et c’est aussi un des objectifs de ce livre que de militer pour la prompte reprise des

A titre d’information, j’ai offert un droit de réponse que j’aurais inséré dans cet opus, au rédacteur en chef de la revue qui nous intéresse, dans un mail du 21 mars 2010, offre réitérée dans un second du 1er avril 2010, après lui avoir communiqué au préalable cet avant-propos. Cette proposition est restée sans suite.

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rubriques historiques dans un journal professionnel, indéniablement apprécié, où elles ont leur place. Nous avons déjà perdu le Musée Pierre Fauchard et son contenu au profit de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris. Risquons-nous d’être dépossédés, demain, d’un moyen de partager l’histoire de notre profession sans rien dire et de perdre ainsi un patrimoine aussi riche, aussi dense ?

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