Images du castor canadien

De
Il est souvent question du castor dans les écrits de la Nouvelle-France. Après tout, la survie de la colonie française au Canada a longtemps dépendu de la fourrure de cet ingénieux animal. Loin de s'intéresser exclusivement à ses aspects économiques, nos vieux auteurs ont manifesté de la curiosité pour les moeurs de cet animal qui non seulement construisait des cabanes, mais édifiait des digues. Il leur a paru vivre «en république» ou obéir à la voix d'un «commandant», tant ses ouvrages leur parurent étonnants et parfais. Bien plus, ces prouesses du castor canadien étaient sans exemple chez leur cousins européens. On se mit donc en frais non seulement d'en écrire, mais d'illustrer de gravures son propos. C'est ainsi que naquit une véritable iconographie canadienne du castor, le commencement d'un bestiaire illustré de la Nouvelle-France.
Dans le présent ouvrage, l'historien de l'art canadien, François-Marc Gagnon, professeur à l'Université de Montréal, traite essentiellement des images qui représentent le castor dans les récits de voyages, les traités d'histoire naturelle et les cartes géographiques de la Nouvelle-France. Il est question des images représentant le castor lui-même et de celles qui nous le montrent au travail à ses digues et à ses cabanes. L'analyse des images se fait toujours en conjonction avec celle des textes qu'elles voulaient illustrer. Le lecteur est entraîné dans un dédale d'érudition qui n'exclut ni la surprise ni l'amusement, y compris la remarque du père Charlevoix qui raconte que le castor, sachant pourquoi le chasseur le poursuit, devrait se dépouiller lui-même de sa fourrure pour se sauver la vie.
François-Marc Gagnon est bien connu du public qui suit ses cours d'histoire de l'art à la télévision. Il a publié tant sur les arts de la Nouvelle-France que sur l'art plus récent au Québec et sur le peintre Paul-Émile Borduas en particulier.
Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782896640843
Nombre de pages : 131
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Extrait de la publication
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IMAGES DU CASTOR CANADIEN
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François-Marc Gagnon
IMAGES DU CASTOR CANADIEN e e XVI - XVIII siècles
Ce livre est édité avec la collaboration du Musée régional de la Côte-Nord, une corporation sans but lucratif subventionnée par le ministère de la Culture du Québec et par la Ville de Sept-Îles. Voué à l’art et l’histoire, le Musée régional de la Côte-Nord a été créé en 1976 dans le but de promouvoir la mise en valeur du patrimoine nord-côtier et de diffuser les travaux en arts visuels des artistes locaux, canadiens et étrangers. La publication de cette recherche coïncide avec la présentation à Sept-îles de l’exposition. Ce castor légendaire, organisée à l’été 1994 par François-Marc Gagnon et coordonnée par Guy Tremblay, conservateur au Musée régional de la Côte-Nord.
Les Nouveaux Cahiers du CÉLAT font état des travaux et des activités scientifiques menés et organisés par les chercheurs du Centre d’études sur la langue, les arts et les traditions populaires des francophones en Amérique du Nord. En lançant cette collection d’ouvrages, le CÉLAT entend se donner un moyen privilégié pour participer aux débats de fond traversant le champ des sciences humaines et sociales, de même que pour approfondir la compréhension de la société qu’il étudie.
Comité éditorial Jocelyn Létourneau, directeur (Université Laval) Marc Angenot (McGill University) Marie Carani (Université Laval) François-Marc Gagnon (Université de Montréal) Barbara Kirshenblatt-Gimblett (New York University) Henri Moniot (Université de Paris VII) Rien T. Segers (Rijksuniversiteit te Groningen) Laurier Turgeon (Université Laval)
Révision du texte: Jean-Pierre Asselin Traitement de texte: Dorothée Lachance
Illustration de la couverture:
e Dépôt légal – 2 trimestre 1994 Bibliothèque nationale du Québec
© Les éditions du Septentrion 1300, av. Maguire Sillery (Québec) G1T 1Z3
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Données de catalogage avant publication (Canada)
AVANT-PROPOS
L’occasion prochaine de l’ouvrage que nous présentons au public a été véritablement la préparation d’une exposition au Musée régional de la Côte-Nord, à Sept-Îles, à l’été de 1994. D’abord conçu comme un catalogue de musée, il a finalement pris la forme d’un petit livre. L’ami-tié que nous porte le directeur de ce musée, monsieur Guy Tremblay, nous a valu non seulement la faveur de faire connaître les anciennes représentations de notre emblème national dans le cadre d’une exposition ouverte au public de la région, mais de publier cet ouvrage sous le haut patronage du CÉLAT, cette dynamique équipe de l’Université Laval, qui nous a déjà donné de nombreuses études de qualité. Nous nous en vou-drions donc de ne pas commencer cet ouvrage en le remerciant tout particulièrement du zèle et des ressources qu’il a mis dans la réalisation de ce double projet. Mais il est vrai que l’idée de présenter une iconographie du castor canadien remonte à plus loin et vient en dernière analyse d’une préoccu-pation que nous partageons avec tous ceux qui se sont penchés sur les arts de la Nouvelle-France et qui ont constaté la part si importante qui y tenait l’art religieux. Ils n’ont pu éviter en effet de se demander ce que devenait l’art non religieux en pareil milieu et à cette lointaine époque des débuts de la colonie française d’Amérique. Se pouvait-il que nos ancêtres aient été insensibles aux beautés des lieux et ne nous aient laissé aucun paysage, aucune vue du fleuve majestueux qui le traverse, aucune représentation des forêts qui le couvre, des collines qui en soulèvent la surface, sauf cette mauvaise gravure dans Hennepin, dont il sera question plus loin, représentant les chutes Niagara? Se pouvait-il que nos sculp-teurs n’aient employé leurs ciseaux qu’à tailler les statues qui ornent nos
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églises? N’ont-ils pas été tentés par d’autres sujets? On sait qu’une réponse magistrale a été donnée à cette dernière question dans l’ouvrage de John Porter et Jean Bélisle sur la sculpture ancienne au Québec. Ces auteurs érudits nous ont révélé l’importance des contrats de figures de proue pour les sculpteurs de l’époque. Ce n’est là que le l’aspect le plus frappant de cette production «profane». Il y en a eu bien d’autres qui gagnent à être connus. Qu’en est-il de la peinture, de la gravure et plus généralement des œuvres sur papier? N’ont-elles servi qu’à illustrer des ouvrages de piété? qu’à décorer des chapelles de mission ou d’humbles églises de rang? qu’à conserver les traits dans de naïfs portraits de quelques-unes de nos premières religieuses et de quelques ecclésiastiques? Pour peu que l’on cesse de chercher du côté des grands genres picturaux — la nature morte, le paysage, le portrait — qui, décidément, sauf le portrait, ne semblent pas avoir intéressé nos premiers peintres ni ceux qui se sont préoccupés e en Europe de la représentation de notre pays, avant la fin du XVIII siècle, on est étonné par le nombre des représentations consacrées aux habitants autochtones de l’Amérique du Nord, à sa faune, à sa flore. Certes, il faut les aller chercher dans les vignettes des cartes géographi-ques, dans les illustrations de récits de voyages, dans des traités d’his-toire naturelle, donc en marge du domaine habituel des beaux-arts. Mais elles y sont et font preuve d’assez d’invention et de fantaisie pour que le projet de présenter un bestiaire illustré de la Nouvelle-France soit tout à fait faisable. Bien plus, il ne faut pas pratiquer longtemps ce genre de documents pour découvrir la place de choix qu’y tient le castor, cet animal canadien par excellence. Avec les monstres marins, que l’on rencontre aux abords du pays et qui viennent effrayer ceux qui les aperçoivent jusque dans les eaux du fleuve Saint-Laurent, il est l’animal le plus souvent représenté. Nous tenterons de montrer qu’il est même l’occasion d’une iconographie spécifiquement canadienne. Nous nous en voudrions de terminer cet avant-propos sans les remer-ciements d’usage. À nos étudiants du département d’histoire de l’art de l’Université de Montréal d’abord, qui ont souvent eu à nous entendre sur ce plaisant sujet. Plus spécifiquement, à Pierre Simon Doyon, Dorothée Sainte-Marie, Anne-Marie Sioui et Guy Tremblay, déjà nommé, qui ont tous partagé notre enthousiasme pour le «Codex canadiensis» et pour le texte de l’«Histoire naturelle des Indes Occidentales» du père Louis Nicolas. À nos collègues du même département, qui, à bon droit,
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s’interrogeaient sur les directions que prenaient parfois nos intérêts. Mais aussi à Edward H. Dahl, des Archives nationales du Canada, avec lequel nous avons échangé une correspondance toujours instructive et amu-sante. Il sera heureux de voir que sa patience à notre égard trouve ici sa récompense, sans qu’il soit responsable des erreurs qui ont pu se glisser à notre insu dans ce texte. Je m’en voudrais pour finir de ne pas men-tionner ma compagne de toujours, Pnina, qui a dû endurer la première toutes ces «histoires» de castor, elle qui vient d’un pays où l’idée même de fourrure est étrange.
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