IMPRESSIONS D'ALLEMAGNE PENDANT LA RÉVOLUTION DE 1848

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Le rédacteur de ces Impressions enregistrées sur le vif lors de la révolution de 1848 en Allemagne était le fils de l'illustre Mme de Krüdener, auteur de Valérie (1803) et égérie mystique du tsar Alexandre Ier (1815). Ambassadeur de Russie en Suisse, puis aux États-Unis pendant dix ans, Krüdener revint en Helvétie en 1836. Il y fut témoin temporisateur de la guerre civile dite du " Sonderbund " en 1847, et assista à la révolution de 1848 en Allemagne. C'est là qu'il vécut les pires journées révolutionnaires qu'il relate ici.
Publié le : mardi 1 janvier 2002
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EAN13 : 9782296275904
Nombre de pages : 133
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Impressions d'Allemagne pendant la Révolution de 1848
Notice biographique et notes de Francis Ley

Collection Allemagne d'hier et d'aujourd'hui dirigée par Thierry Ferai
L'Histoire de l'Allemagne, bien qu'indissociable de celle de la France et de l'Europe, possède des facettes encore relativement méconnues. Le propos de cette nouvelle collection est d'en rendre compte. Constituée de volumes réduits et facilement abordables pour un large public, elle est néanmoins le fruit de travaux de chercheurs d'horizons très variés, tant par leur discipline, que leur culture ou leur âge. Derrière ces pages, centrées sur le passé comme sur le présent, le lecteur soucieux de l'avenir trouvera motivation à une salutaire réflexion.

Dernières parutions

Heinke WUNDERLICH, Marseille vue par les écrivains de langue allemande, 2000. Erwin J. BOWlEN, Heures perdues du matin, 2000. Georges CONNES, L'autre épreuve, 2001. Bruno GAUDIOT, Adolf Hitler, lefou « guéri »,2001. Caroline TUDYKA ? L'exil d'Else Lasker-Schüler (1869-1945), 2001. Sabine MOLLENKAMP,La coopération franco-allemande pour la protection du Rhin, 2001.

Baron

Paul de Krüdener

Ambassadeur de Russie

Impressions d'Allemagne pendant la Révolution de 1848
Notice biographique et notes de Francis Ley

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@L'Hannatlan,2001 ISBN: 2-7475-1811-6

Som.m.aire

N ote liminaire Le baron Paul de Krüdener (1784-1858) Impressions d'Allemagne pendant la Révolution de 1848 Le Radicalisme en Suisse L'expédition des Corps-francs La guerre du « Sonderbund» Krüdener à Fribourg en Brisgau - Premiers troubles La diète de Francfort

10 14 23 24 29 34 38 46

La « souveraineté du peuple»

56

Le parlement préparatoire (Vorparlament) 62 Installation des Krüdener à Francfort 65 La guerre civile; mort du général Gagern 73 Thiers a inversé les rôles d'Alexandre et de Napoléon 77 Entrevue avec Napoléon (témoignage-souvenir) 80 La « proclamation» de l'Archiduc Jean 87 Annexe: La sanglante journée du 18 septembre 1848 à Francfort95 BibIi0gr aphi e 111 Notes 120 Inde x 127

Ouvrages de Francis Ley

- La Russie et le baron de Krüdener dans l'Affaire de Neuchâtel, 1856-1857, Note liminaire de L.-E. Roulet, Imprimerie Centrale Neuchâtel, 1958. - Le maréchal de Münnich et la Russie au XVIIIe siècle, Préface de Victor L. Tapié, Plon, Paris, 1959 (ouvrage couronné par l'Académie des Sciences morales et politiques, 1960). - Madame de Krüdener et son temps: 1764 - 1824, Préface d'Alphonse Dupront, Plon, Paris, 1961 (ouvrage couronné par l'Académie française, Prix Broquette-Gonin, 1963). - Bernardin de Saint-Pierret Madame de Staël, Chateaubriand, Benjamin Constant et Madame de Krüdener, Préface de Jean Fabre, Aubier-Montaigne, Paris, 1967 (ouvrage couronné par l'Académie française, Prix Rocheron (1968). - La Russie, Paul de Krüdener et les soulèvements nationaux: 1814-1858, Préface de Maurice Baumont, Avant-propos de Roger Portal, Hachette, Paris, 1971 (ouvrage couronné par l'Académie française, Prix Broquette-Gonin 1972). - Alexandre 1eret sa Sainte-Alliance (1811-1825), Préface de Pierre Pascal. Postface de Georges Bidaut, Fischbacher, Paris, 1975 (ouvrage couronné par l'Académie française, prix Thiers, 1976). - Le président Masaryk et son petitjils Herbert, Préface de Léon Noël, Barré et Dayez, Paris, 1978. Traduit en tchèque par Jan Slama, édité par Zdenek Susa, Prague 1996. - La Révolution romaine et l'intervention française vues par le Prince Volkonsky: 1846-1849, Préface de Léon Noël. Avant-Propos du prince Michel Schakhovskoy. Postface de Jacques Godechot, Fischbacher, Paris, 1981.

- Voyage en Italie du baron de Krüdener en 1786, Trad. près. et notes de Francis Ley. Préface de Gérard Luciani, texte établi par Herbert Eisele, Fischbacher, Paris, 1983.
- Henri Martinole (1914-1977): « Poésies et Cantilènes»
(Œuvre Posthume préfacée et publiée par F. Ley, Paris, 1985) (déposé à la BibI. Nat.). - John Gignoux (1860-1930). Président du Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève - Consul de Belgique, Barré et Dayez, Paris, 1986. - Maréchal de Münnich : Du Gouvernement de l'Empire de Russie (1763). Notes et commentaires de Francis Ley. Préface du prince Michel Schakhovskoy, Librairie Droz, Genève, 1988. - Les Yeux de ma Vie ou l'acteur spectateur, Barré & Dayez, Paris, 1989. - Madame de Krüdener 1764-1824 - Romantisme et SainteAlliance, Préface de Jean Gaulmier. Paris, Honoré Champion, 1994,467 p. - Münnich (E. de) - Mémoires sur la Russie de Pierre le Grand à Elisabeth 1ère(1720-1742), L'Harmattan 1997 in-12 Br., 192 p. Couv/ illustre Trad. introd. et Notes de Francis Ley. - Souvenirs et rencontres. Une vie en raccourci... commencée en 1920, Imprimé par INSPIR sarl. janvier 1999.
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EN COLLABORATION: Cent ans ~oulevard Haussmann (historique du Groupe Worms), Editions Graphis Conseil, Paris, 1978 (hors commerce).

8

A Henriette

NOTE LIMINAIRE

L'historien Roger Portal, professeur à la Sorbonne et président de l'Institut d'études slaves, écrivait dans l'avant-propos qu'il consacrait à mon livre La Russie, Paul de Krüdener et les soulèvements nationaux (1814-1858) :
« Justement, l'intérêt de ses lettres me paraît être de présenter, en la personne du baron de Krüdener, le type même de ces aristocrates, serviteurs du tsar, figés dans une attitude définitive de conservatisme social, pour qui les mouvements nationaux, menaçant les trônes, n'étaient que manifestations de brigands et de criminels. Le baron de Krüdener n'a pas de mots assez violents, assez méprisants pour les caractériser. Il a visiblement traversé tous ces événements sans les comprendre. Il faut lire en particulier ses impressions sur la révolution allemande (écrites en 1849), «chaos détestable »/ « extravagance », « bouleversement », « ouvrage du crime de quelques-uns, et de la sottise du plus « déplorable folie» où l'on voit grand nombre» des « énergumènes déchaînés» persuadant de leur servitude « les populations vaniteuses et dégénérées
/ /

des villes ».

Il s'agit là, bien entendu, d'un jugement porté cent vingt-cinq ans après les événements, et bénéficiant donc de l'évolution des mentalités intervenue depuis lors. 10

Pour faire écho à ces propos, il est intéressant de relever dans la préface offerte au même livre par Maurice Baumont, professeur à la Sorbonne, et membre de l'Institut, qu'il semble possible, en nuançant un peu, de reconnaître à Krüdener le droit de préférer une évolution équitable aux soubresauts des révolutions:
« S'il est à l'opposé d'un révolutionnaire, il n'est

tout de même pas insensible à la fatalité d'une évolution. Ill' écrit dans ses Impressions recueillies en Allemagne pendant la Révolution (1848-1849) : J'aurai le courage de le dire ici à la face de tous les doctrinaires de l'Europe: mieux vaut pour une nation de prendre en patience les maux que l'action lente mais civilisatrice du temps vient atténuer chaque jour, que de s'abandonner dans son imprudence à des charlatans ». Et en 1848, à propos des révoltes contre les droits féodaux en Allemagne, Krüdener avoue, avec quelques précautions oratoires certes, le doute qui peut effleurer un homme de cœur appartenant à la classe des grands propriétaires terriens: « Quoique illégal, et aussi répréhensible à nos yeux, cet effort des paysans de plusieurs districts de l'Allemagne pour obtenir une condition moins dure, n'excitait pas dans mon esprit les sentiments de dégoût et de mépris que faisait naître en moi la vue des manifestations démocratiques de la presse et du faux libéralisme des villes et des universités. Il est peu question des griefs des paysans dans toutes ces déclamations des démagogues. Le sort du vrai peuple les intéressait peu. » Le machinisme et les inventions nouvelles vont permettre aux masses de se manifester: Krüdener prédit la fin d'une société, de sa société: « Les chemins de fer voiturent d'un lieu à l'autre la démocratie agglomérée en grande Il

masse. La vapeur, qui vient d'ouvrir une ère de merveilles dans le monde industriel, se place à côté de l'imprimerie au rang des éléments nouveaux de l'ordre social, qu'elle contribuera peut-être aussi à détruire. .. ».

Et on peut ajouter à cela les vues que Krüdener a eues lui-même sur la révolution américaine, à propos de l'action des fondateurs de la démocratie aux États-Unis, lorsqu'il écrit:
« J'aime mieux et je respecte davantage les noms attachés le 4 juillet 1776 à l'acte de l'Indépendance américaine. Ils sont plus purs, aucune idée d'aveugle sottise, d'extravagance et de charlatanisme ne s'offre à l'esprit de la postérité au moment où elle contemple l' œuvre des Adams, des Franklin... ».

Alors Krüdener a-t-il vraiment « traversé tous ces événements sans les comprendre» ? En tout cas, il a

fort bien perçu que si l'on continuait à Et il pose la question:
«

«

secouer le

cocotier», la société, à l'abri de laquelle il vivait, allait disparaître! Fatalité ou évolution nécessaire?

N'y a-t-il de terres fécondes

que celles que viennent désoler les éruptions périodiques des volcans» ? Sa vie durant, Krüdener s'efforça de faire respecter le droit, la légalité, la justice et l'égalité

devant la loi. Pour y parvenir, il fit souvent les

«

gros

yeux », mais il avait en réalité un tempérament d'excellent négociateur, et même de temporisateur, qui lui valut l'estime générale. Une remarque s'impose pourtant à propos des Impressions d'Allemagne pendant la Révolution de 1848 que nous publions ici. En effet, au fur et à mesure qu'elles viennent sous la plume du baron de 12

se transforment en un virulent réquisitoire contre-révolutionnaire! Au lecteur donc d'imaginer ce que furent ces journées des «Révolutions» écloses dans les « Allemagnes » d'alors, ainsi que leurs enjeux encore mal définis. Tout ceci au travers de la personnalité d'un diplomate russe, de haut rang, serviteur du plus autocrate des souverains de l'époque: Nicolas 1er. Incontestablement les révolutions de 1848 - 49 en Allemagne ont quelque chose d'inachevé, faute d'entente sur les buts à atteindre. Aussi ne faut-il pas s'étonner de voir un témoin (favorable à l'ordre établi) détester de tels désordres et de tels grabuges apparemment vains et inutiles. La réprobation manifestée par Paul de Krüdener se fait jour aussi, et avec la même violence, dans une bonne partie de la presse et des discours politiques de l'époque. Il faut les lire pour le croire! Enfin, je tiens à remercier les personnes qui m'ont aimablement fourni les renseignements complémentaires dont j'avais besoin: M. Kurt Kloocke, professeur à l'Université de Tübingen; le professeur J. Voss et M. K. Weihe, de l'Institut Historique allemand de Paris; M. R.-J. Seckel, conservateur responsable du Département de recherche bibliographique de la Bibliothèque Nationale de France.

Krüdener, ces « Impressions»

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