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Indo-Chine (Tome 1)

De
347 pages
Voici un éclairage sur notre aventure coloniale en Asie du Sud-Est. Durant près de 300 ans, la France y a exercé son influence. L'auteur raconte l'histoire insupportable et remarquable à la fois de l'épopée coloniale de nos aïeux en Indo-Chine. Il conte le passé que nous avons eu de 1550 à 1956, avec les peuples Kinh, Khmer et Lao.
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temps, n’en finit pas de soulever de vives controverses en France. Ce livre
Est. Pour le meilleur et pour le pire, c’est en Indochine que l’influence de
Durant près de trois cents ans la France a exercé là-bas son influence, au point d’en modifier le mode de vie, les croyances morales, la géographie
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Gérard Gilles EPAIN
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Découverte, évangélisation, colonisation Une histoire coloniale oubliée Tome 1
INDO-CHINE Découverte, évangélisation, colonisation
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Recherches Asiatiques Collection dirigée par Philippe Delalande Dernières parutions Thach TOAN,Les Khmers à l’ère de l’hindouisme (20-1336 apr. J.-C.), 2012. Linda AÏNOUCHE,Le don chez les Jaïns en Inde, 2012.Quang DANG VU,Histoire de la Chine antique, tomes 1 et 2,2011.TAKEHARA YAMADA Yumiko,Japon et Russie : histoire d’un conflit de frontière aux îles Kouriles, 2011. Guy BOIRON,La Grande Muraille de Chine. Histoire et évolution d’un symbole, 2011. Prince Mangkra SOUVANNAPHOUMA,Laos. Autopsie d'une monarchie assassinée, 2010 Marguerite GUYON DE CHEMILLY,Asie du Sud-Est. La décolonisation britannique et française, 2010. Joëlle WEEKS,Représentations européennes de l’Inde du e e XVII au XIX siècle, 2009 Hélène PORTIER,Les missionnaires catholiques en Inde au XIXe siècle, 2009. Denis HOCQUET,BHUTTO DU PAKISTAN,Vie et martyre d’un Combattant de la Liberté, 2009. Michel PENSEREAU,Le Japon entre ouverture et repli à travers l’histoire, 2009. Toan THACH,Histoire des Khmers ou l’odyssée du peuple cambodgien,2009. Stéphane GUILLAUME,La question du Tibet en droit international, 2008. Yves LE JARIEL,Phan Boi Chau (1867-1940). Le nationalisme vietnamien avant Ho Chi Minh, 2008. NÂRÂYANA,Le Hitopadesha. Recueil de contes de l’Inde ancienne, 2008. Michel BOIVIN (dir.),Les ismaéliens d’Asie du sud, 2008. Michel NAUMANN et Fabien CHARTIER,La Guerre d’indépendance de l’Inde 1857-1858, 2008. Cyril BERTHOD,La Partition du Bengale, 2008. Jean-Marie THIEBAUD,La Présence française au Japon, du e XVIsiècle à nos jours, 2008.
GERARD GILLES EPAIN INDO-CHINE Découverte, évangélisation, colonisation UNE HISTOIRE COLONIALE OUBLIÉE-TOMEI L’HARMATTAN
© L'HARMATTAN, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56194-6 EAN : 9782296561946
NOTE AU LECTEUR
Le vietnamien est une langue monosyllabique tonale. Certains sons n’ont pas d’équivalent dans la langue française. Aussi, les mots vietnamiens ont été francisés de manière à faciliter au mieux leur écriture et leur lecture.
PRÉAMBULE
1 Les pays qui constituaient l’ex Indo-Chine et leurs peuples sont à jamais intégrés à notre histoire coloniale. Il subsiste entre eux et la France, malgré bien des avatars et des avanies, un lien éternel qui est celui du cœur. Mais voilà bien que de nos jours le vocable « histoire coloniale » est devenu un barbarisme, une indélicatesse de langage, quasiment une injure pour des « Indigènes de la République », polémistes en délicatesse de e reconnaissance ou en mal de publicité. La période coloniale française des 19 e et 20 siècles est vilipendée, honnie, exploitée, amalgamée avec émigration, intégration et discrimination par des natifs indélicats qui oublient que leurs ancêtres furent émancipés et instruits par la colonisation. Les joutes verbales mettent de temps à autre, le feu aux mémoires. Cependant, il nous semble que les nationaux fils d’asiates ignorent cette rancœur agressive qui transpire des communautés afro-maghrébines, et pourtant, ce sont nos frères indochinois qui furent les plus malmenés par les guerres. C’est vers eux que va toute notre amitié et l’expression de notre profond respect. La France de l’après 1945 est schizophrène. Elle veut ignorer ses manquements, ceux de l’occupation et ceux des décolonisations. Elle a tu, maquillé sa mémoire, oublié la collaboration, sa libération nauséabonde et ses erreurs en Indochine, avant de se noyer dans l’autre impardonnable lâcheté que fut la décolonisation algérienne. Elle a tenté de ranger et de cadenasser l’Histoire dans la boîte aux souvenirs, elle n’a pas voulu faire le grand inventaire qui fait une fois pour toute, aurait dit et écrit une vérité qui attesterait officiellement les actes louables et les erreurs regrettables. Par son autisme, elle continue de donner libre cours à des mémoires sélectives, à des mensonges et parfois au révisionnisme puant. Les manuels scolaires, rédigés sans objectivité, au gré de l’éditeur et à l’aune de son humeur politique, décrivent généralement notre passé colonial sous des tableaux ni glorieux ni valorisant. Le bilan est tel que nos édiles renoncent à rétablir la vérité sur notre passé colonial, tout discutable qu’il soit.
La colonisation était une action qui consistait à occuper, souvent par la force militaire, des territoires étrangers et à les mettre en valeur à son profit en y implantant ses propres ressortissants appelés colons. La colonisation des peuples faibles par d’autres plus forts, tout aussi barbares, est un fait récurrent, vieux comme le monde, Egyptiens, Grecs, Romains, Turcs et Mahométans s’en sont repus. Sitôt la découverte du Nouveau Monde, les
1 Indo-Chine est l’appelation donnée à la péninsule à l’arrivée des français, par le géographe franco danois Konrad Mate-Bron. Il ne s’écrira que plus tard en un seul mot, par un décret de1909. Cependant jamais les fiers Viêtnamiens n’accepteront d’être appelés des Indochinois.
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Européens évolués et aventureux, soutenus par la chrétienté romaine se lancèrent dans une course effrénée à la conquête d’un empire à la mesure de leur voracité. En Afrique ou la traite inter ethnique islamique existe depuis l’aube des temps et perdure encore de nos jours, lesFrançais viendront acheter aux marchands d’esclaves mahométans arabes et africains, une main-d’œuvre corvéable à faible prix, fournie honteusement par les ancêtres des contestataires d’aujourd’hui. A l’interrogation : « Devons-nous avoir honte du passé colonial de la France ? », notre réponse est négative. Comparés aux conquérants voisins Espagnols, Portugais, Anglais, Hollandais et Allemands, nos ancêtres ne furent ni les pires prédateurs ni les plus inhumains. Ils ont voulu, certes, prospérer, s’enrichir quand l’occasion s’offrira à eux, mais si la manière ne fut pas exemplaire, ils ont su essaimer la culture française et moderniser les pays colonisés mieux que d’autres. «Toute colonisation humainement conçue et sagement conduite est destinée à trouver son aboutissement normal dans l’émancipation des peuples colonisés »écrit l’historien Georges Taboulet en 1950. Vaste programme qui ne fut pas mené à son terme! Notre histoire à l’outre-mer ne fut certainement pas un modèle, elle fut et reste celle de la France puissante e e et conquérante du 19 et du 20 siècle. Il importe de l’appréhender sans complexe.Je vous propose de le faire dans ce livre.J’ai une fascination pour les pays de l’Indochine et une grande affection pour ses habitants. J'aurais aimé vivre et pouvoir mourir quelque part, là-bas, entre Mékong et Fleuve Rouge. En écrivant ce livre j’ai voulu dire mon attrait pour ces pays et pour leurs habitants, et aussi exorciser mon ressentiment à l’endroit des gouvernants, ces piètres décolonisateurs, qui de 1945 à 1963, parvinrent à faire haïr et rejeter vilainement la France de son ancien empire. Nous vivrons le gâchis de l’après-guerre généré par les menées politiques d'une poignée d'illustres personnes, au-dessus de tout soupçon. Leur conservatisme aveugle et leurs maladresses répétées, les conduisirent à un conflit évitable en Indochine, et à suivre, une longue guerre civile au Viêt-Nam qui ne s’achèvera qu’en 1979, après la débandade des Khmers rouges de Pol Pot. Plus de vingt années de durs combats inutiles sont imputables à nos grands hommes politiques français, célébrités encensées, pour leur vision orgueilleuse de la France et qui furent sans le moindre respect pour les populations. Ils souhaitaient, en 1945, recréer l'empire colonial tutélaire d'avant la guerre, sans se préoccuper de l’appétit d’émancipation des peuples
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indochinois sous tutelle. Ils se sont fourvoyés tragiquement, et leurs héritiers, tout en revendiquant la « glorieuse succession », ont imposé le silence et l’oubli, aidés par l'opportun secret d'état. Leurs manquements et leurs erreurs adroitement dissimulées ou complaisamment arrangées, ne viendront guère ternir la réputation de responsables avisés qu’ils se sont faite et que nous affirmons usurpée. Ils ne furent que de lamentables égoïstes et de froids pantins de la politique. Dès 1945, une politique paternaliste et fluctuante d’engagement puis de désengagement sera conduite au fil de l'eau, au jour le jour, elle ne nous conduisit pas vers un aboutissement honnête mais à une liquidation misérable. Les gouvernants successifs feront tomber sur cette tragédie criminelle, doublée de forfaiture, une incroyable chape de plomb, sitôt l'ultime « péripétie » que fut Diên Biên Phu, en 1954. L'attention sera vite détournée vers un autre théâtre d’opérations devenu plus attractif et médiatique, l'Algérie. Dans cette compilation historique de seconde main que je vous propose, je dirais le prosélytisme religieux, les premiers échanges commerciaux, la conquête militaire du Nam-Viet, la colonisation protectrice des deux autres pays indochinois, leur administration et la mise en valeur des territoires occupés qui deviendront la Perle de notre Empire. Viendra l’exploitation source des premières contractions révolutionnaires, puis l’ouverture du conflit d’indépendance jusqu’à la rétraction et le vil abandon. A l’issue de la seconde guerre mondiale, l’heure de l’émancipation avait sonné. Les populations dominées, souhaitaient s'affranchir de la tutelle coloniale, quoi de plus normal, et je suis persuadé, qu’elles voulaient maintenir des liens privilégiés et une assistance avec la France. Les dirigeants de 1945 en décideront autrement et les trop nombreux gouvernements successifs continueront de s’enferrer, ne sachant plus comment s’en sortir. Ce fut une belle histoire avec le Laos et avec le Cambodge, une protection sans outrance. Ces deux pays s’étaient placés volontairement sous l’égide de la France. Avec les trois pays vietnamiens, ce fut une difficile histoire d’amour et de haine. Elle deviendra une passion tourmentée avec les tonkinois, querelle exacerbée, envenimée par l'adultère communiste et le mariage espéré, bien négocié en mars 1946, se terminera en divorce tragique des mariés, entraînant le malheur dans les deux familles. Chacun exigeait la totalité de la dot.
Par la guerre 1939-1945, la France vaincue, tombée de son piédestal, donnait aux indochinois sous domination perfide japonaise, l’espoir irréversible d’acquérir l'indépendance. En 1946, il fallait lâcher la bride, donner la main et conduire pacifiquement ces pays vers l’émancipation, dans le sillage du bateau France, qui en valait bien d'autres, malgré l’entêtement
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