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Israël à crédit

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168 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1995
Lecture(s) : 82
EAN13 : 9782296305038
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Israël à crédit

Titres déjà parus dans la même collection
Abdelli-Pasquier Fadhel, La banque arabe de développement économique en Afrique et la coopération arabo-africaine, 1991. Bendelac Jacques, Israël à crédit, 1995. Bensimon Doris, Les Juifs de France et leurs relations avec Israël, 1989. Bensimon Doris, Religion et Etat en Israël, 1992. Besson Yves, Identités et conflits au Proche-Orient, 1991. Billioud Jean-Michel, Histoire des chrétiens d'Orient, 1995. Blanc Paul, Le Liban entre la guerre et l'oubli, 1992. Blin Louis (sous la direction de), L'économie égyptienne. Libéralisation et insertion dans le marché mondial, 1993. Bokova Lenka, La confrontation franco-syrienne à l'époque du mandat (19251927), 1990. Chagnollaud Jean-Paul et Gresh Alain, L'Europe et le conflit israélo-palestinien. Débat à trois voix, 1989. Chagnollaud Jean-Paul, Intifada, vers la paix ou vers la guerre? 1990. Chesnot Christian, La bataille de l'eau au Proche-Orient, 1993. Corn and Jocelyne, L'entrepreneur et l'Etat en Syrie. Le secteur privé du textile à Alep, 1994. De George Gérard, Damas, des Ottomans à nos jours, 1994. Desmet-Grégoire Hélène, Le Divan magique. L'Orient turc en France au XVlIIème siècle, 1994. El Ezzi Ghassan, L'invasion israélienne du Liban, 1990. Ferjani Mohammed-Chérif, Islamisme, laïcité et droits de l'homme, 1991. Essid Hamadi, Chronique du Monde arabe (1987-1991), 1992. Fiore Annie, Rêves d'indépendance. Chronique du peuple de l'Intifada, 1994. Giardina Andrea, Liverani Mario, Amoretti Biancamaria Scarcia, La Palestine, histoire d'une terre, 1990. Gouraud Philippe, Le Général Henri Gouraud au Liban et en Syrie (1919-1923), 1992. Graz Liesl, Le Golfe des turbulences, 1989. Halkawt Hakim, Les Kurdes par-delà l'exode, 1992. Hamilton A.-M., Ma route à travers le Kurdistan irakien, 1994. Hautpoul Jean-Marcel, Les dessous du tchador. La vie quotidienne en Iran selon le rêve de Khomeini, 1994. Heuzé Gérard, Iran aufil des jours, 1990. Ishow Habib, Le Koweit. Evolution politique, économique et sociale, 1989. Jacquemet Iolanda et Stéphane, L'olivier et le bulldozer: le paysan palestinien en Cisjordanie occupée, 1991. Jeandet Noël, Un Golfe pour trois rêves, 1992. Jmor Salah, L'origine de la question kurde, 1994. (suite de la liste enfin d'ouvrage)

@Editions L'Harmattan, 1995

ISBN: 2-7384- 3395-2

JACQUES BENDELAC

Israël à crédit

5. 7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris

Editions L'Harmattan

COLLECTION

"COMPRENDRE

LE MOYEN-ORIENT" CHAGNOLLAUD

dirigée par Jean-Paul

De la Méditerranée orientale à l'ancienne Perse, lieu d'émergence de prestigieuses civilisations et berceau des trois grandes religions monothéistes, le Moyen-Orient est une région unique par l'importance extraordinaire de ce qu'elle a donné au monde. Aujourd'hui, il est le théâtre de tant de drames enchevêtrés que les origines des conflits comme les enjeux en présence se perdent souvent dans le tumulte des combats: vu de l'Occident, il paraI"tplus "compliqué" que jamais au point que beaucoup renoncent à y voir clair. Il est pourtant indispensable de chercher à comprendre ce qui s'y passe car le destin de cette région nous concerne directement: outre les liens religieux, culturels et politiques que l'histoire a tissés entre nous, les bouleversements constants qui la secouent affectent gravement nos ressources énergétiques, nos équilibres économiques et même notre sécurité. Loin des rigidités idéologiques et des conceptions a priori, cette collection entend contribuer à rendre plus intelligibles ces réalités apparemment insaisissables en publiant des ouvrages capables de susciter une véritable réflexion critique sur les mouvements profonds qui animent ces sociétés aussi bien que sur le jeu complexe des relations internationales. Elle est ouverte à tous ceux qui partagent cette nécessaire ambition intellectuelle.
Jean-Paul CHAGNOLLAUD

Du même auteur

Lesfonds extérieurs d'Israël, Economica, Paris, 1982 (Collection "Perspectives économiques et juridiques")

AVANT-PROPOS

A en croire les données de la Banque mondiale, Israël arrive au 23ème rang mondial pour le pouvoir d'achat de son revenu par tête, autrement dit pour le niveau de vie de sa population environ 12 000 dollars par habitant en 1993. Ce succès, atteint après seulement 45 années d'existence, illustre bien le paradoxe de l'économie israélienne: "pays pauvre aux citoyens riches", Israël est un des rares pays au monde qui parvient à consacrer près d'un tiers de son budget à son effort militaire et un autre tiers au remboursement de sa dette extérieure, tout en garantissant à sa population un niveau de vie semblable à celui de nombre de pays d'Europe. Certes, depuis son indépendance, Israël bénéficie de l'aide économique et militaire américaine, pour un montant global de plus de 50 milliards de dollars, au rythme actuel de 3 milliards de dollars par an. De même, les communautés juives de la Diaspora contribuent chaque année pour plus d'un milliard de dollars, sous la forme de dons volontaires ou de prêts à l'Etat juif. Autrement dit, chaque Israélien aurait disposé, depuis la création de l'Etat, de plus de 20 000 dollars par tête, autant de flux qui permettent de relativiser le "miracle" de l'économie israélienne. En fait, le crédit dont jouit Israël auprès de la communauté financière internationale s'est traduit par un endettement sans précédent de l'Etat et de ses citoyens. Ainsi, Israël totalisait en 1993 une dette extérieure de 23 milliards de dollars; chaque habitant est donc endetté, à sa naissance, pour quelque 4 500 dollars, un record mondial... Ce qui n'empêche pas la consommation privée de croître régulièrement: le nombre de véhicules en circulation, d'ordinateurs domestiques ou d'appareils électroménagers atteint ici un taux par habitant parmi les plus élevés du monde. Cette frénésie de consommation alimente un patrimoine immense, estimé à quelque 230 milliards de dollars, soit quatre fois la production nationale annuelle. Ce niveau de vie ostentatoire trouve sa contrepartie dans l'endettement excessif de l'Etat et de ses 9

citoyens qui vivent au-dessus de leurs moyens officiels. Il semble donc évident que les seuls revenus déclarés sont insuffisants pour acquérir ne fût-ce qu'une partie de ce capital. Ce paradoxe reste inexpliqué pour la plupart des observateurs de la réalité économique et sociale israélienne. Et pourtant une analyse attentive des mécanismes de financement de l'Etat d'Israël montre que l'Argent y est partout présent, en quantité souvent non négligeable, et empruntant parfois des circuits non officiels. L'ampleur de cette "économie noire" atteindrait 25% du revenu national annuel, avec une accumulation de capitaux noirs estimée à plus de 50 milliards de dollars... Aujourd'hui, le processus de Paix dans la région ouvre des perspectives exceptionnelles à l'économie israélienne. Les besoins engendrés par les nouveaux immigrantsconsommateurs - près de 600 000 juifs soviétiques sont arrivés en Israël entre 1989 et 1993 - se traduiront-ils par un enrichissement général, ou, au contraire, aggraveront-ils les inégalités déjà criantes? Et la Paix permettra-t-elle de corriger les revers du "miracle" israélien comme la pauvreté ou le chômage? Une analyse aux sources de l'Argent et du Pouvoir en Israël permettra de ramener à leur juste proportion les succès de l'économie israélienne et d'entrevoir l'économie de la Paix de demain.

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CHAPITRE 1 UN PAYS PAUVRE AUX CITOYENS RICHES

Le socialisme des premiers sionistes devait conduire à une société égalitariste, où chacun travaillerait selon ses capacités et recevrait selon ses besoins. Mais cet idéal ne résistera pas aux réalités économiques. Une échelle des salaires trop étroite réduisait la motivation et décourageait les meilleures volontés. Progressivement, des éléments de différenciation sont intervenus dans les rémunérations afin de stimuler les efforts. Résultat: Israël est aujourd'hui un des pays développés présentant une répartition des revenus et des patrimoines parmi les plus inégalitaires du monde. L'argent d'abord Qu'il est loin le temps des premiers pionniers de l'Etat juif animés par la seule foi dans la Rédemption de la Terre promise. Des fortunes colossales, des salaires exorbitants..., bref l'Argent est progressivement devenu la nouvelle foi des Israéliens qui n'ont guère rien à envier du niveau de vie des citoyens européens. Mais il y a plus que l'Argent. Il y a aussi des avantages non monétaires composés de voitures de fonction, notes de frais et primes diverses qui drainent des fonds considérables. Aujourd'hui, ce sont ces facteurs qui vont décider du niveau de vie des Israéliens et créer la différence. Car l'inégal partage de l'Argent a engendré des poches de pauvreté qui auraient fait frémir les fondateurs de l'Etat juif. Quant à l'Etat lui-même, il paie en endettements et déficits la course effrénée de ses administrés à la consommation.
Un salaire "moyen" très moyen

Combien sont payés les salariés israéliens? La première difficulté qui surgit pour qui veut comparer les salaires israéliens à ceux perçus en Europe provient du calcul de 11

l'impôt sur le revenu. En Israël, ce dernier est prélevé directement à la source, chaque mois, justifiant les écarts importants pouvant exister entre le salaire "brut" et le salaire "net". La seconde difficulté provient de l'inflation et de la dépréciation du shekel dans le courant de l'année, rendant aléatoire toute comparaison internationale. Un premier élément de réponse nous est fourni par le Bureau Central des Statistiques qui publie le salaire mensuel brut par branche économique (tableau 1). Tableau 1 Salaire mensuel brut en 1992 par branche économique
Branche Agriculture Industrie Electricité, eau Construction Commerce, hôtellerie Transports Services financiers Services publics Services personnels Moyenne Salaire moyen (en shekels) 1 838 3 626 6470 2963 2797 4602 3 163 2738 2328 3084 Nombre de salariés (en milliers) 48,9 330,7 15,5 102,1 219,5 79,8 245,3 544,8 62,0 1648,6

Cette grille montre un écart de 1 à 3,5 entre le salaire moyen des agriculteurs et celui des employés de l'électricité et de l'eau. Mais il s'agit là que de comparaisons globales, qui ne comparent pas toujours ce qui est comparable. En fait, l'échelle des salaires est beaucoup plus ouverte que ne le laissent croire les chiffres officiels, surtout lorsque l'on y inclut les suppléments de salaire (monétaires ou non) qui sont mal saisis par les comptables nationaux et qui représentent parfois une partie essentielle du revenu d'un foyer israélien. Des fonctionnaires privilégiés En Israël comme ailleurs, le premier "privilège" du fonctionnaire est de l'être à vie. Cette garantie de l'emploi est importante en période de chômage, mais compense surtout la relative faiblesse des rémunérations. Le traitement des fonctionnaires israéliens est un chef12

d'oeuvre de comptabilité. La complexité de la fiche de paie est telle que peu de salariés sont capables de comprendre le calcul de leur rémunération. La technique est connue et simple: tout écrire Sans rien laisser dans l'ombre, depuis le salaire de base jusqu'au versement de primes, en passant par la retenue de l'impôt à la source. Il existe deux grilles principales du salaire de base (brut): une pour les diplômés de l'enseignement supérieur, et une pour les autres. Chaque grille se subdivise en onze grades et onze échelons intermédiaires. Pour les universitaires, le premier grade correspondait à un salaire de 615 shekels en avril 1993, le dernier grade à 2 687 shekels, soit un écart allant de 1 à 4,4. Pour les non-universitaires, l'écart va de 575 shekels à 1 870 shekels, soit un écart de 1 à 3,2. Jusque-là, rien d'anormal. Le "piquant" dans le traitement des fonctionnaires réside dans les primes qui permettent de faire la différence d'un salarié à l'autre, et qui, elles, ne sont pas toujours rendues publiques. Un répertoire de ce type existe pourtant, et il comprend plus de mille primes et suppléments divers, sous des dénominations parfois énigmatiques: prime de vêtement, de repos, d'effort, de ponctualité, de téléphone, de perfectionnement, d'alerte, de déplacement, de nuit, de rendement, d'ancienneté, de coiffure, de transport, de garde d'enfants, de représentation, d'entretien de la voiture... A côté de ces versements mensuels, certains fonctionnaires bénéficient aussi d'autres avantages monétaires, généralement annuels: paiement de l'assurance automobile et de la carte grise; remboursement des frais de branchement du téléphone, de la colonie de vacances des enfants ou des frais d'études; assurance médicale et dentaire... Ces versements uniques atteignent souvent des sommes énormes, équivalant à plusieurs mois de salaire. Autres avantages financiers dont bénéficient les agents de la fonction publique: les services fournis par une banque spécialement créée à leur intention et qui leur est réservée, la banque Yahav, notamment dans le domaine des prêts bonifiés et de l'épargne professionnelle. Cette banque des fonctionnaires octroie des prêts pour tous les usages (achat de logement, voiture, électroménager, soins médicaux...) à des conditions extrêmement avantageuses: faible taux d'intérêt (de l'ordre de 7,5% l'an en 1993, comparé à une inflation de 10%), non-indexés et remboursables sur des périodes allant jusqu'à trois années. Les "fonds d'épargne professionnelle" font aussi partie des avantages sociaux dont on parle peu: il s'agit de plans d'épargne alimentés conjointement par le salarié à 13

hauteur de 2,5% de son salaire, et par l'employeur qui y contribue pour 7,5 % du salaire; après une durée minimale de six ans, le salarié bénéficie d'un pactole considérable équivalant à plus dix fois son traitement annuel, alors que lui-même n'y a contribué que pour le quart. A noter que cette forme d'épargne "obligatoire" s'est progressivement répandue à beaucoup d'entreprises du secteur privé ou semi-privé du pays. Au total, ces primes et avantages monétaires, parfois fictifs, dépassent souvent le salaire de base et constituent l'essentiel du traitement des fonctionnaires israéliens. Tous pourtant ne bénéficient pas des mêmes avantages; ces derniers sont peu importants pour les fonctionnaires du bas de l'échelle, et plus substantiels en haut de la hiérarchie, ce qui se traduit par un élargissement de l'éventail des rémunérations que n'indique pas la moyenne. Electricité: le courant passe La Compagnie israélienne d'Electricité illustre clairement le fait connu que plus un employeur domine le marché, mieux il traite son personnel. Résultat: les 12 000 salariés titulaires de la Compagnie nationale d'Electricité sont parmi les mieux rémunérés du pays, et perçoivent des avantages non monétaires exorbitants. Il suffit d'une menace de grève qui paralyserait tout le pays, pour obtenir des augmentations de salaire en dehors des accords-cadres fixés par le gouvernement. Ainsi, en août 1991, le Tribunal du Travail, à la demande du Trésor, devait ordonner l'annulation d'une prime "illégale" de 8% versée aux salariés de l'Electricité depuis 1988. Quelques jours de grève perlée ont amené le ministre des Finances à accorder, officiellement cette fois, une prime de 6% aux mêmes salariés; il a aussi été convenu que le trop-perçu durant les trois dernières années ne serait pas restitué par les heureux bénéficiaires. Autre avantage qui défraie régulièrement la chronique économico-énergétique du pays: la consommation gratuite, et sans limite, d'électricité par les salariés de la Compagnie nationale. Résultat: le tout-électrique est de rigueur, poussant à une consommation par tête exorbitante, jusqu'à 25 000 kwh par an, soit six fois la consommation moyenne du pays. Aucun des partenaires sociaux, syndicats inclus, n'est parvenu à supprimer, ou tout au moins à limiter, ce gaspillage qui tourne au scandale national dans un pays où l'ensemble des ressources énergétiques est importé.

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Des salaires à l'américaine

La moyenne des salaires occulte l'existence de rémunérations extrêmement élevées, "à l'américaine" pour reprendre l'expression la plus utilisée en Israël. En voici quelques exemples relevés au hasard des bilans communiqués à la Bourse de Tel Aviv ou reproduits par la presse israélienne: - Discount Investment: son directeur-général a perçu en 1990 une rémunération moyenne de 830 000 shekels, soit une moyenne mensuelle de 69 000 shekels, moitié en salaire, moitié en suppléments divers. La masse salariale des cinq principaux cadres de cette grande société financière du pays se montait à 2,9 millions de shekels, y compris le PDG. - Bank Leumi: son président et ses trois directeurs ont perçu en 1990 la somme de 4,3 millions de shekels, primes et bonus compris. - Tadiran: les cinq salariés les mieux payés du leader israélien de l'électronique ont perçu 1,8 million de shekels en 1990. - Delta: l'entreprise textile a distribué 25 000 shekels par mois à son directeur général et 20 000 shekels en moyenne à chacun de ses cinq cadres supérieurs. - Elite: l'entreprise de chocolaterie a versé en 1991 no 000 shekels à son président, soit 60 000 shekels par mois; les quatre cadres supérieurs de l'entreprise ont perçu chacun entre 503 000 et 674 000 shekels en douze mois. - Tsur Shamir: la compagnie d'assurance a versé 768340 shekels à son président en 1990 (69 849 shekels par mois) et un total de 2,7 millions de shekels à ses cinq cadres supérieurs. Une conclusion s'impose de ces quelques chiffres: les plus hauts salaires se concentrent dans le secteur financier (banques et assurances), ainsi que dans certaines grandes entreprises qui font figure de leader dans leur secteur. Il faut aussi préciser que, dans leur grande majorité, les hauts salaires israéliens restent encore inférieurs aux salaires perçus, à emploi équivalent, aux Etats-Unis. Il n'empêche qu'en fonction des normes et des moyennes israéliennes, ces rémunérations peuvent paraître choquantes. Enfin et encore, ces chiffres n'indiquent pas tout: la rémunération des cadres dirigeants en Israël est composée d'autres avantages difficilement saisissables, comme logement ou voiture de fonction. Ainsi, le PDG d'une société de haute technologie a bénéficié, en 1990, au-delà d'un salaire de 25 000 dollars par mois, d'un prêt de 150 000 dollars sur huit mois à intérêt nul, d'une voiture de fonction ainsi que 15

de l'option sur l'achat de 75 000 actions de l'entreprise au prix préférentiel de 1,5 dollar l'unité (au lieu de7,25 dollars selon le cours officiel), soit un gain supérieur à 400 000 dollars.
Des retraites dorées

Légalement, chaque salarié a droit, après 144 mois de travail, à une allocation-retraite versée par la Sécurité sociale israélienne. Son montant est fixé uniformément à 16% du salaire moyen par individu (538 shekels en décembre 1993, soit I 076 francs), et à 24% pour un couple (807 shekels en décembre 1993, soit 1 614 francs). Pour celui qui devra s'en contenter, la baisse du pouvoir d'achat à l'âge de 65 ans (60 ans pour les femmes) est dramatique. Par contre, ceux qui bénéficient d'une retraite complémentaire financée par l'employeur auront plus de chance. Ce complément est un avantage accordé par l'employeur à son personnel, au gré des contrats de travail personnels ou des accords sectoriels négociés avec les syndicats. Les conventions collectives prévoient généralement des indemnités de départ équivalentes à un mois de salaire par année d'ancienneté, ainsi qu'une pension se montant à 2% du salaire de base par année de travail; autrement dit, après 35 ans de travail, le salarié percevra une retraite complémentaire mensuelle équivalente à 70% de son dernier salaire, et qui sera financée par l'épargne de l'employeur auprès d'un fonds réservé à cet effet. Mais attention, le calcul de la retraite complémentaire ne considère que le salaire de base (primes exclues), ce qui réduit de beaucoup la portée de cet "avantage". Pour beaucoup de cadres supérieurs de sociétés privées, les conditions de départ à la retraite constituent un des articles les plus importants du contrat de travail qui les lie à leur employeur. Bien entendu, le montant de cet avantage doit être pris en compte lorsque l'on cherche à calculer la rémunération réelle du salarié, ou vu différemment, ce que coûte le salarié à son employeur. Si ces accords de retraite restent discrets, et on comprend pourquoi, quelques révélations récentes indiquent que dans ce domaine, la générosité des employeurs n'a pas de limite, surtout lorsque le PDG ou le directeur du conseil d'administration se fixe à lui-même le montant de ses indemnités, bien sûr par contrat en bonne et due forme. On peut citer, par exemple, les indemnités de retraite du rédacteur en chef du grand quotidien du soir Maariv qui, en 1991, après 25 années de travail, a perçu la somme astronomique de 3,85 16